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Akseli Gallen-Kallela : une passion finlandaise
Exposition, Paris, Musée d’Orsay, du 7 février au 6 mai 2012

Akseli Gallen-Kallela "Autoportrait"

L’exposition


Considéré comme l’un des artistes les plus emblématiques du génie finlandais au tournant des XIXe et XXe siècle, Akseli Gallen-Kallela n’a jamais fait l’objet d’une exposition monographique en France. Ses liens avec Paris sont cependant étroits. Il fut élève de l’Académie Julian dans les années 1880, triompha à l’Exposition universelle de 1900 avec les fresques du pavillon finlandais sur des thèmes tirés de l’épopée du Kalevala, exposa de nouveau à Paris en 1908 avant de s’embarquer pour l’Afrique d’où il ramena une série flamboyante de peintures et aquarelles.

C’est de cette brillante carrière, dans laquelle s’imbriquent naturalisme, néoromantisme, symbolisme, expressionnisme - et qui accorde une place aux arts décoratifs -, que rend compte l’exposition. Elle rassemble des oeuvres, provenant de prestigieuses institutions finlandaises et de collections privées, qui constituent les manifestes d’un art trop longtemps réduit à l’expression d’un sentiment national.


Repères biographiques


Akseli Gallen-Kallela "Garçon et Corneille" - 1884 - Helsinki, Ateneumin TaidemuseoLa Carélie, située aux confins de ce qui était alors un grand-duché de Finlande, jadis sous domination suédoise puis annexé à l’empire russe en 1809, est considéré comme le berceau du peuple finnois. Paru en 1890, le Kalevala allait devenir la pierre angulaire d’une identité nationale finlandaise qui devait s’affirmer avec force dans les années 1890, période de russification autoritaire. La glorification par les écrivains et les artistes des mythes fondateurs, des paysages, des coutumes et du folklore caréliens prit toute sa signification politique. Elle est au coeur de l’oeuvre de deux des plus grands artistes que la Finlande ait connu jusqu’alors : le compositeur Jean Sibelius et le peintre Akseli Gallen-Kallela.

L’exposition du musée d’Orsay révèle l’oeuvre de ce dernier, où l’inspiration nationale s’articule à d’incessantes recherches formelles, trempées dans les grands courants d’avant-garde européens.

Né à Pori, sur la côte ouest du grand-duché, Axel Waldemar Gallén quitte le lycée à 16 ans pour se consacrer à la peinture. Trois ans plus tard, en 1884, il est à Paris, où il fera plusieurs longs séjours, étudiant a l’académie Jullian, sous la direction de William Bouguereau et Tony Robert-Fleury, puis dans l’atelier de Fenand Gormon. Mais c’est Jules Bastien-Lepage, le maître naturaliste, qui exerce sur lui le plus fort acsendant. En témoignent ses oeuvres de jeunesse, dans une palette fine de gris colorés qui décrivent l’apreté de la condition paysanne.

Akseli Gallen-Kallela "La mère de Lemminkäinen" 1897 - Helsinki, Ateneumin TaidemuseoLes années 1893-1894 marquent son grand tournant vers le symbolisme. Il se montre très réceptif aux courants théosophique et occultiste, à la lumiere desquels il interprète les mythes originaires de son pays. Son art évolue vers un plus grand synthétisme des formes, la stylisation des décors et l’exagération des couleurs, à l’exemple de Gauguin et des peintres “cloisonnistes”. C’est dans ce style, souvent proche de l’illustration graphique, qu’il produit ses oeuvres les plus marquantes, dévolues aux récits kalévaléens ou aux paysages de son pays natal.

En 1895, Gallen est à Berlin, en contact étroit avec l’avant-garde allemande dont les courants de la décennie suivante (Phalanx, Die Brücke) devaient fortement l’influencer. Mais la mort brutale de sa fille le décide à rentrer en Finlande. Il s’installe avec sa famille dans une région reculée au centre ouest du pays, au milieu de forêts et de lacs, et fait bâtir sa première maison atelier. Construite selon les techniques traditionnelles et inspirée de l’architecture venaculaire, kalela, c’est son nom, obéit aux préceptes des Arts and Crafts de William Morris, que Gallen admirait et dont il fut le premier à introduire les théories dans les pays scandinaves.

Curieusement c’est dans le domaine des arts décoratifs qu’il obtient la notorieté internationale. A l’exposition universelle de Paris en 1900, le pavillon finlandais est un vif succès, en partie grâce aux créations de Gallen. Son ami Louis Sparre, qui avait crée en 1897 une fabrique d’arts décoratifs sur le modèle de William Morris à Londres, lui avait demandé de concevoir un espace au sein du pavillon. Cette chambre, baptisée Iris, révéla le goût finlandais au public international. Gallen recut une médaille d’or pour ses textiles, et une médaille d’argent pur son mobilier. Son tapis Flamme est, depuis, resté l’emblême du design finlandais.

Akseli Gallen-Kallela "Autoportrait avec un guépard" 1910 - Collection privéeEn 1907, le premier parlement finlandais est élu au suffrage universel, mais il est vite dissous par les russes. Gallen retourne à Paris en 1909 puis s’embarque avec sa famille à Marseille pour l’afrique orientale britannique (l’actuel Kenya). Durant les seize mois que dure son séjour, il entre en contact avec les peuples indigenes, amasse une grande quantité de matériaux ethnographiques et peint des toiles que l’on pourrait qualifier d’expressionnistes ou de fauves, tant la couleur y est virulente et la facture débridée. Cette parenthèse flamboyante est un des points forts de son oeuvre dévolue à la célébration des mythes nordiques.

Akseli Gallen-Kallela "La défense de Sampo" 1896 - Finlande, Turku Art MuseumEn 1922, il commence à travailler sur son projet de Suur-Kalevalaa. Pendant plusieurs années, il recherche des ornements et une typographie. Mais c’est pendant un voyage au Mexique et en Amérique du nord qu’il trouve comment illustrer en rendant l’esprit des poèmes du Kalevala. Il peut alors terminer son Suur-Kalevala de 75 pages.

En 1931, il est invité à Copenhague pour parler de son œuvre et pour rencontrer d’autres artistes nordiques. Sur le chemin du retour, il meurt d’une pneumonie, le 7 mars 1931 à Stockholm pendant son sommeil. Il est enterré au Cimetière de Hietaniemi à Helsinki.


Bibliographie


Akseli Gallen-Kallela : une passion finlandaise
Catalogue de l’exposition par Hatje Cantz
Musée d’Orsay, 2012
En commande


Ressources numériques


A lire dans l’Encyclopaedia Universalis
sur place à la médiathèque et dans les bibliothèques du réseau


L’exposition en pratique


Musée d’Orsay
1 rue de la Légion d’Honneur
75007 Paris

Ouvert de 9h30 à 18h00 (sauf le lundi)
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h30

Visiter le site du Musée d’Orsay

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