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Albert Marquet, peintre du temps suspendu
Présentation et sélection bibliographique, mai 2016

Exposition, musée d’art moderne de la ville de Paris, du 25 mars au 21 août 2016

11 avenue du Président Wilson - 75016 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h

Consulter le site du musée d’art moderne de la ville de Paris

L’exposition


Le Musée d’Art moderne consacre à Albert Marquet (1875-1947), une importante monographie regroupant plus d’une centaine d’œuvres -peintures et dessins-, certaines montrées pour la première fois en France. Le parcours chronologique et thématique de l’exposition permet de redécouvrir un artiste inclassable qui a évolué avec les mouvements de l’époque, du post-impressionnisme au fauvisme, tout en conservant son indépendance stylistique.

Marquet a passé sa vie à voyager entre les rives de la méditerranée et de la Seine, faisant du paysage et de l’eau, ses motifs favoris. Il a construit son œuvre loin des débats artistiques du moment, en maintenant une amitié indéfectible avec Henri Matisse, rencontré en 1892 dans l’atelier de Gustave Moreau.

Du fauvisme auquel il est associé à ses débuts, il ne retient que quelques caractéristiques : la simplification des formes, une autonomisation relative de la couleur, l’apparence d’improvisation rapide. Mais Marquet recherche une harmonie tonale afin de montrer l’essentiel, veut synthétiser les sujets avec justesse et équilibre, « peindre comme un enfant sans oublier Poussin » (Marquet).

Le parcours de l’exposition met en lumière cette constante recherche de modernité à travers les différents aspects de son œuvre : depuis ses premiers travaux à Paris et à Arcueil aux côtés de Matisse, ses œuvres de la période fauve, ses nus si caractéristiques entre étude académique et face à face sensuel, jusqu’à son obsession du paysage, de la variation à la série, « cette très particulière domination optique du monde » pour reprendre les mots de Jean Cassou, à la fois moderne et intemporelle.


Albert Marquet


Albert Marquet est un peintre post-impressionniste français né à Bordeaux le 27 mars 1875, mort à Paris le 14 juin 1947 et inhumé à La Frette-sur-Seine.

Né dans une famille modeste de Bordeaux, Albert Marquet est encouragé à pratiquer la peinture et le dessin, pour compenser son handicap physique, un pied-bot qui le gène pour la marche. Myope, Albert est d’un naturel silencieux et réservé. En 1890, il s’installe à Paris avec sa mère qui tient une mercerie, pour suivre des cours de dessin, il a 15 ans et fait la connaissance de Henri Matisse de six ans son ainé qui prend sous sa protection "l’English" surnom donné à Marquet par ses camarades d’atelier moqueurs. En 1894, Ils entrent aux Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Gustave Moreau et Marquet débute de manière académique en dessinant des nus. Il devient ami avec Henri Manguin, Flandrin, Rouault et Camoin. En 1898 avec Matisse ils fréquentent l’Académie Julian et rencontrent Derain et Jean Puy. Manguin s’installe dans un atelier dans le 17e arrondissement qu’il partage avec Marquet et ses camardes. 1899, premier succès, Albert Marquet est admis au Salon de la Société nationale des beaux- arts à Paris et au Salon de Grenoble. Pour vivre, Marquet et Matisse sont peintres de décor de théâtre et peignent les décorations et frises pour l’exposition universelle de 1901.

1901, Albert Marquet participe au Salon des Indépendants. Et en 1902, la Galerie Berthe Weill lui ouvre ses portes pour une exposition de groupe. Il découvre le travail de Claude Monet et suit sa technique en réalisant des séries de toiles sur un même motif à différentes heures de la journée. Après un été en Normandie avec la famille de Manguin, il participe au premier salon d’automne en 1903. En 1904, il expose avec la galerie Druet, l’Etat lui achète : "Les arbres à Billancourt". En 1905, il signe un contrat d’exclusivité avec la galerie Druet lui assurant enfin des revenus stables. Il visite Manguin en Provence avec Camoin. La même année, il participe à la fameuse "cage aux fauves" au Salon d’Automne, qui regroupe des peintres à la couleur heurtée et franche : Matisse, Manguin, Derain, Vlaminck et Camoin.

Port à Honfleur (1911)

En 1906, il loue une chambre quai du Louvre. Il apprécie de peindre des vues plongeantes depuis sa fenêtre au calme. Son père décédé, suivi par sa mère en 1907. Il visite la Normandie avec Dufy, expose et se lie avec le Cercle de l’art moderne au Havre, composé de collectionneurs et d’industriels havrais. En 1907 il voyage à Londres et en Italie. Avec Matisse ils partent pour le Sénégal et Dakar.
De retour à Paris, il reprend l’atelier, quai Saint-Michel laissé par Matisse et s’y installe avec Yvonne-Ernestine, jeune femme vive et délurée, son modèle ; qui partage sa vie jusqu’en 1922. Il peint des nus impressionnants de présence avec les amies-compagnes d’Yvonne. Sa peinture est faite alors de portraits, de nus féminins, de dessins, caricatures de passants ou même de dessins érotiques.

Les expositions se succèdent à Paris, Hambourg, Berlin, Dresde, Munich, Moscou Odessa, Kiev, Saint-Pétersbourg, Riga. ou Liège. En juin 1909 il est à Naples puis en Sicile. En septembre, il séjourne à Marseille, Tanger et Séville.

Depuis son appartement en 1910, il peint les inondations de la Seine. En 1911, après un séjour en Normandie, il part pour Tanger de là il écrit à Matisse ; "Je ne serai jamais un orientaliste." Les années suivantes répètent les même voyages. En 1913, ses oeuvres sont à l’Armory Show de New York puis à Chicago et Boston.

Albert Marquet est mobilisé et reformé. Il rejoint Juan Gris et le sculpteur Manolo à Céret. Avec Matisse et suivant la recommandation de Marcel Sembat, ils envoient des paquets aux amis sur le front.

En 1916, après la mort de son marchand Eugène Druet, Marquet renouvelle son contrat avec la galerie Druet et la galerie Bernheim-Jeune, contrats qui courent jusqu’en 1931. En 1917, Claude Monet achète "Un port de Naples" et invite Marquet à lui rendre visite à Giverny. En 1918, il rend visite à Renoir avec Matisse à Cagnes-sur-mer. En 1920, encore convalescent de la grippe espagnole, Elie Faure son ami et médecin lui conseille de partir pour Alger.

A l’occasion de son séjour en Algérie, il rencontre une jeune écrivaine Marcelle Martinet (sous le nom de Marcelle Marty, puis de Marcelle Marquet) originaire d’Alger, qui lui sert de guide. Marquet timide, se confie à elle, à travers une longue correspondance. Intelligente, cultivée, Marcelle devient sa confidente et le 10 février 1923, sa femme à Alger. Avec elle il découvre les oasis du sud algérien, le Sahara, le Maroc ou la Tunisie. Marcelle devient sa secrétaire et prend en charge sa correspondance. A partir de cette date, il passera tous les hivers à Alger, voyageant le reste de l’année, en Norvège, en Italie, en France métropolitaine.... faisant de lui un voyageur perpétuel, dont la peinture en est le carnet de voyage et est reconnue à travers de très nombreuses expositions à travers le monde (Le Caire, Chicago, Stockholm...) et catalogues. Il peint les ports, les paysages qu’il a traversé quasiment sans aucun personnage.

En 1931, le céramiste Josep Loorens Artigas lui enseigne la céramique. Marquet découvre le village de la Frette-sur-Seine et y loue une maison près du chemin de halage et y installe un atelier. En 1938, il participe aux actions caritatives pour la défense les intellectuels allemands chassés par les nazis. En 1940, après avoir mis à l’abri ses œuvres, il est contraint de quitter la France métropolitaine, pour Alger, de peur des représailles pour avoir signé la pétition de protestation des artistes et des intellectuels contre le nazisme. Sa maison est réquisitionné par les allemands. Ses oeuvres sont confiés à Vlaminck. Marquet vit à Alger pendant toute la durée de la guerre. Il refuse de participer au Salon des Tuileries qui exige de lui un certificat de « non-appartenance à la race juive », et y fait décrocher des cimaises ses œuvres prêtées par des collectionneurs par "solidarité avec ses amis juifs". En 1942, il organise à Alger une vente pour la Résistance nationale. En 1946, il revient à Paris. David Weill lui propose de rentrer à l’Académie des Beaux-Arts, en réponse Marquet non seulement refuse mais demande la dissolution de l’Académie et de l’École des Beaux-Arts. Il refuse la Légion d’honneur également. Il participe à des ventes caritatives pour les enfants juifs (Œuvre de protection des enfants juifs) et pour les prisonniers de guerre. Il prend sa carte au Parti Communiste.

Opéré d’un cancer de la prostate, Albert Marquet s’éteint le 14 janvier 1947 après avoir peint des vues de Paris. Son corps repose dans le cimetière communal de La Frette-sur-Seine. Son épouse lui survit. Auteure de livres pour enfants, elle devient son historiographe et publie biographies, catalogues et de nombreux récits de voyages. Elle décède en 1982.


Bibliographie


Albert Marquet : du fauvisme à l’impressionnisme
exposition, Musée d’art moderne de Troyes
RMN, 2003
ART 759.064 MAR

Albert Marquet, peintre du temps suspendu
catalogue de l’exposition. - Paris-Musées
en commande

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