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Alexander Calder, les années parisiennes 1926-1933
Présentation et sélection bibliographique - Mars 2009

L’exposition

Paris, Centre Georges Pompidou, 18 mars au 20 juillet 2009

Artiste transatlantique, Alexander Calder (1898-1976) est bien connu en France grâce à ses grands mobiles qui dressent leurs antennes colorées dans nos villes et nos parcs.

Le but de l’exposition, consacrée aux premières années de création de Calder à Paris (1926-1933), est d’explorer les sources de cet « art d’ingénieur », notamment à l’origine de son premier chef d’oeuvre, le Cirque. Grâce aux nombreuses pièces exposées, mises en mouvement à l’aide de films, de documents d’archives, les visiteurs d’aujourd’hui pourront retrouver la magie des créations animées de l’artiste et la truculence de ses portraits au fil de fer, inspirés par des vedettes et artistes de l’époque.

L’exposition met aussi en valeur l’autre temps fort de la création de Calder qui, en 1930, après une visite à l’atelier de Mondrian, bascule définitivement vers l’abstraction.

Alexander Calder


Alexander Calder, né à Philadelphie le 22 juillet 1898 et mort le 11 novembre 1976 à New York, était un sculpteur et un peintre américain.

Alexander Calder est le fils de deux artistes. Ingénieur de formation, il a surtout réalisé des mobiles, assemblages de formes animés par les mouvements de l’air, et des stabiles, « la sublimation d’un arbre dans le vent » d’après Marcel Duchamp.

En 1923, il entre à l’Art Students League of New York où il étudie avec des peintres de l’ ?cole Ashcan comme John Sloan et George Luks. En 1924, il travaille comme illustrateur auprès de la National Police Gazette. En 1925, il réalise sur commande l’illustration des spectacles du cirque Ringling bros. and Barnum & Bailey circus.

Il va se découvrir une fascination pour le thème du cirque qui débouchera sur son Cirque de Calder, une performance où interviennent des figures faites de fil de fer et dans laquelle l’artiste joue le rôle de maître de cérémonie, de chef de piste et de marionnettiste en faisant fonctionner manuellement le mécanisme, le tout étant accompagné de musique et d’effets sonores. Le Cirque de Calder se produira à Paris en 1926.

Calder avec Josephine Baker, 1929

Il s’installe en France en 1927, où il fabrique des jouets et donne des représentations avec son cirque de marionnettes, en fil de fer ainsi qu’en en bois articulés. Il entre en contact avec des artistes de l’avant-garde artistique parisienne comme Joan Miró, Jean Cocteau, Man Ray, Robert Desnos, Fernand Léger, Le Corbusier, Théo van Doesburg et Piet Mondrian en 1930 qui aura une grande influence artistique sur lui. Il abandonne la sculpture figurative en fil de fer qu’il avait pratiquée depuis 1926 pour adopter un langage sculptural entièrement abstrait.

Only only bird, 1951, Phillips collection

Calder dans son studio de Paris, 14 Rue de la Colonie, en 1931. Photographie de Marc VauxEn 1931, il s’incorpore au groupe Abstraction-Création, qui se consacre à la non figuration.  ? la galerie Percier, il expose une série d’œuvres abstraites faisant référence au monde naturel et aux lois de la physique qui le gouvernent. Construites en fil de fer et en bois, la plupart de ces œuvres évoquent la disposition de l’univers. Il commence aussi à construire des sculptures composées d’éléments mobiles indépendants entraînés par un moteur électrique ou par manivelle manuelle. En 1932, il expose trente de ses sculptures qualifiées de mobiles par Marcel Duchamp et qui marquent le début de sa carrière.

En 1943, le Museum of Modern Art de New York organise une première rétrospective, suivie en 1946 par une exposition à Paris préfacée par Jean-Paul Sartre, et en 1952, il obtient le grand prix de la Biennale de Venise.

En 1958, il réalise le mobile du siège parisien de l’UNESCO, dix mètres de haut, deux tonnes d’acier noir, cinq bras.

En 1962 il s’installe dans son nouvel atelier du Carroi, d’une conception très futuriste et dominant la vallée de la Basse-Chevrière à Saché en Indre-et-Loire. Il n’hésitait pas à offrir ses gouaches et de petits mobiles à ses amis du pays ; il fit même don à la commune d’un stabile trônant depuis 1974 face à l’église : une anti-sculpture affranchie de la pesanteur.

L'homme, 1967, Parc Jean Drapeau, MontréalIl fit fabriquer la majeure partie de ses stabiles et mobiles aux Etablissements Biemont à Tours, dont l’Homme, tout en acier inoxydable de 24 mètres de haut, commandé par l’International Nickel du Canada (Inco) pour l’Exposition Universelle de Montréal en 1967. Toutes les fabrications seront faites d’après une maquette réalisée par Calder, par le bureau d’étude pour concevoir à l’échelle réelle, puis par des ouvriers chaudronniers qualifiés pour la fabrication, Calder supervisant toutes les opérations, et modifiant si nécessaire l’œuvre. Tous les stabiles seront fabriqués en acier au carbone, puis peints, pour une majeure partie en noir, sauf l’Homme qui sera en acier inoxydable (brut), les mobiles étant fabriqués en aluminium et duralumin.

Il collabora au projet de Hervé Poulain, Art Cars, qui consistait à personnaliser un bolide pour les 24 heures du Mans. En firent de même Andy Warhol, César, Arman, Roy Lichtenstein, Wolinski, Franck Stella...

Alexander Calder meurt d’une crise cardiaque à New York, le jour du vernissage d’une rétrospective de son œuvre.


Le Cirque de Calder

La Magie Calder
Réal. Carlos Vilardebo
Les Films du paradoxe, 1996
JEU 735.23 VIL (VHS-DVD)
ART 735.23 CAL (DVD)




Le sculpteur américain Calder est surtout connu pour ses mobiles et ses stabiles géants. Lorsqu’il arrive en France en 1926, il devient très vite la coqueluche du Tout-Paris artistique qui se presse aux représentations de son cirque miniature. Il y présente avec beaucoup d’humour et de dextérité les personnages traditionnels du cirque, qu’il a fabriqués avec ingéniosité à partir de dessins croqués sur le vif. Calder travaille avec des bouts de ficelle et réussit un tour de force : les multiples petites figures articulées, à base de bois, de fil de fer et autres ressorts s’animent comme par enchantement au bout de ses gros doigts.

Avec des bouts de ficelle, Calder réussit à donner vie, avec humour et poésie, aux personnages traditionnels des Arts de la Piste (voltigeurs, jongleurs, écuyères, dompteurs, ... une troupe de 200 figurines !

« La petite histoire de mon cirque »

« J’ai toujours adoré le cirque : à New York, je faisais des croquis pour un journal satirique, la Police Gazette. J’avais un laissez-passer, j’y allais tous les jours. C’est de là que date ma décision de réaliser un cirque, pour me distraire... »

Lorsque Calder commence ses premières silhouettes pour le cirque, il est fasciné par les frères Fratellini. De 1926 à 1929, il improvise une multitude de personnages : voltigeurs, jongleurs, écuyères, trapézistes, dompteurs, avaleurs de sabre, clowns, équilibristes, danseuses, conducteurs de chars, brancardiers, cantatrices, chiens savants et toute une ménagerie de chevaux, lions, éléphants, otaries... En quatre ans, le cirque augmente considérablement. La troupe, près de 200 figurines, est au point et les numéros bien réglés. Le spectacle dure plus de deux heures avec entracte. Plusieurs dizaines de personnes y assistent, que Calder installe sur des bancs de fortune. Le plus petit cirque du monde a trouvé son public...

« Mon premier acrobate était un sauteur qui avait des jambes en fil d’acier, des mains en plomb, le corps vêtu de velours jaune, et une tête faite d’une tranche de bouchon, avec des cheveux et moustaches peints à la gouache. On le laissait tomber sur ses pieds et après plusieurs tours et avec un peu de chance, il retombait sur ses mains. Il y avait aussi un dompteur de fauves et son lion. Le lion qui avait un corps en fil de fer et une tête d’étoffe orange faisait plusieurs acrobaties, et puis se trouvant assis sur un socle, lâchait deux, trois marrons que je couvrais vite avec de la sciure de bois. En tout il y a environ vingt numéros, avec un entracte, des cacahuètes et la musique exotique du gramophone dirigé par ma femme (qui est un superbe chef d’orchestre), et avec les bruits d’un tambour, des cymbales, un tuyau en carton pour faire parler le lion. Si vous aimez le cirque en grand, peut-être vous aimerez le mien ! (...) Pour la plupart des gens qui regardent un mobile, ce n’est rien de plus qu’une série d’objets plats qui bougent. Pour un petit nombre, cependant, ça peut être de la poésie. »

Quand l’art fait ses valises

Lorsque Calder présente son cirque, il amorce sans le savoir une véritable révolution de la sculpture. Phénomène spectaculaire, vivant et éphémère, qui nécessite les mains de Calder pour donner le mouvement, le Cirque perd en partie son sens s’il reste inanimé, sous la cloche de verre d’un musée. Et surtout, comme le « vrai » cirque, il est populaire et drôle.


« Quatre ans de cirque ambulant de New York à Paris en passant par Londres, quatre ans de pitreries sociales, où le métier d’artiste se présente nu, dans sa dérision. Quatre années irreconstituables : les historiens glissent sur elles comme sur la patinoire du cirque. Pour la première fois avec Le Cirque, on a le sentiment que la sculpture peut être faite par tous, sera faite par tous. » Alain Jouffroy

« Par sa nature et son fonctionnement, Le Cirque est une oeuvre d’un genre tout à fait inédit ; l’artiste le trimbalait dans des valises au gré des représentations qu’il organisait chez des particuliers ou en galerie. Omniprésent, il traverse toute la vie de Calder jusqu’à ce dépôt qu’il en fit au Whitney Muséum de New York qui l’acquit en 1982, six ans après sa mort. » Philippe Piguet

Mobile en haut stabile en bas
telle est la Tour Eiffel
Calder est comme elle
Oiseleur du fer, horloger du vent, dresseur de fauves noirs
Ingénieur hilare
Architecte inquiétant
Sculpteur du temps
Tel est Calder.

Jacques Prévert


Bibliographie


Le halebardier, 1971, Sprengel MuseumART 735.23 CAL

Alexander Calder, 1898-1976
Exposition, 10 juillet - 6 octobre 1996, musée d’art moderne de la ville de Paris
Paris-musées, 1996

Calder, la sculpture en mouvement
Arnauld Pierre
Gallimard, 1996 (Découvertes)

Calder intime
Daniel Marchesseau
Bibliothèque des arts, 1989

Calder, les années parisiennes, 1926-1933
Catalogue de l’exposition
En commande

Calder, 1898-1976
Gérard-Georges Lemaire
Cercle d’art, 1998 (Découvrons l’art)
Annexe Renoir

Vache, 1929, MoMa, New YorkAlexander Calder, arêtes de poissons "fishbones"
Milos Cvach
Centre Georges Pompidou, 1989 (L’art en jeu)
JEU 730 CAL

Calder, le magicien des airs
Caroline Larroche
Palette, 2008 (L’art et la manière)
JEU 735.23 CAL

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