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Arman
Biographie et sélection bibliographique, novembre 2010

L’exposition

Contrairement aux idées reçues, la musique n’adoucit pas (toujours) les mœurs. C’est parce que son père lui faisait écouter enfant du violoncelle à longueur de journées qu’Arman se venge des années plus tard en détruisant l’instrument à coups de masse. Une performance visible dans la section « Colères et coupes » de la passionnante rétrospective du Centre Pompidou. Dans la même section, la vidéo « Conscious Vandalism » le montre saccageant un appartement middle class à coups de hache. Le salon ravagé, présenté au public, fait forte impression.

35 ans plus tard, le geste artistique n’a rien perdu de sa violence. Chez Arman, tout tourne autour de l’objet. Arman est, selon sa propre formule, « le paysagiste, ironique ou non, de la société de consommation. » Et l’archéologue de la société post-industrielle dans laquelle nous vivons.

Forte de 120 tableaux, installations et films, cette exposition parcourt l’oeuvre du peintre Arman, de la seconde moitié des années 50 aux dernières années du XXe siècle. Membre fondateur du Nouveau Réalisme, influencé par les grandes figures des avant-gardes historiques comme Schwitters, Picasso ou le typographe proche du groupe De Stijl, Nikolaas Werkman, il intègre dès 1958 le grand format et la règle de composition en ’all over’ de l’expressionisme abstrait américain. Tout comme il est l’un des premiers à employer comme matière les objets manufacturés produits par la société de consommation.

Exposition, Paris, Centre Georges Pompidou, du 22 septembre 2010 au 10 janvier 2011

Biographie


Arman, né Armand Pierre Fernandez le 17 novembre 1928 à Nice et mort à New York le 22 octobre 2005, est un artiste français, peintre, sculpteur et plasticien, célèbre pour ses « accumulations ». Il fut l’un des premiers à employer directement, comme matière picturale, les objets manufacturés, qui s’apparentaient pour lui à des extensions de l’humain, à croissance et multiplication continues.

Fils unique d’Antonio Fernandez, marchand de meubles et d’antiquités, d’origine espagnole, et de Marguerite Jacquet, issue d’une famille de fermiers de la Loire, le jeune Armand montre très tôt des dispositions pour le dessin et la peinture. Après son baccalauréat, il étudie à l’école des Arts décoratifs de Nice, puis à l’école du Louvre. Il rencontre Yves Klein et Claude Pascal à l’école de judo qu’ils fréquentent à Nice en 1947. Avec ces deux amis, il s’intéresse un temps aux philosophies orientales et à la théorie rosicrucienne. Fin 1957, Arman, qui signe ses œuvres de son prénom en hommage à Van Gogh, décide d’abandonner le « d » d’Armand et officialise sa signature d’artiste, en 1958, à l’occasion d’une exposition chez Iris Clert.

En octobre 1960, il fait l’exposition « Le Plein » où il remplit la galerie d’Iris Clert d’objets de rebut et du contenu de poubelles sélectionnées. Cette exposition est le contrepoint de l’exposition « Le Vide » organisée deux ans plus tôt à la même galerie par son ami Yves Klein. Toujours le même mois, sous la houlette du critique d’art Pierre Restany, Arman devient, avec Yves Klein, l’un des membres fondateurs du groupe des Nouveaux Réalistes (proclamés par lui « nouvelles approches perceptives du réel »), aux côtés notamment de François Dufrêne, Raymond Hains, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Jacques Villeglé, rejoint plus tard par César, Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle, Christo et Gérard Deschamps.

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