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Artemisia (1593-1654) : pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre
Présentation et sélection bibliographique, mars 2012

En pratique

Exposition, Musée Maillol
du 14 mars au 15 Juillet 2012

59/61 rue de Grenelle - 75 007 Paris<br<
Ouvert tous les jours de 13h30 à 19h00<br<
Nocturne le vendredi jusqu’à 20h45

Visiter le site du Musée Maillol

Artemisia Gentileschi - Autoportrait en allégorie de la peinture (1638-1639) Royal collection, Windsor

L’exposition


Pour la première fois en France, l’exposition au Musée Maillol permet de découvrir la peinture d’Artemisia Gentileschi.

Elle est née « Artemisia Gentileschi » 1593 – 1654, fille d’Orazio Gentileschi, l’un des plus grands peintres de la Rome Baroque.

 ? l’aube du XVIIe siècle en Italie, quand les femmes étaient mineures à vie, quand elles appartenaient à leur père, à leur mari, à leurs frères ou à leurs fils, Artemisia Gentileschi a brisé toutes les lois de la société en n’appartenant qu’à son art. En quête de sa propre gloire et de sa liberté, elle a travaillé pour des princes et des cardinaux, gagné sa vie à la force de son pinceau, et construit son œuvre, inlassablement. Par son talent et sa force créatrice, elle est devenue l’un des peintres les plus célèbres de son époque, l’une des plus grandes artistes de tous les temps.

Le drame de sa vie personnelle, le viol qu’elle a subi dans sa jeunesse, et le retentissant procès que son père intentera par la suite à son agresseur, l’artiste Agostino Tassi, ont profondément marqué sa vie et sa carrière. Ce scandale a contribué à occulter son génie. En effet, comme Le Caravage, il a fallu attendre plus de trois siècles pour qu’elle soit à nouveau reconnue et universellement appréciée.


Repères biographiques


Artemisia Lomi Gentileschi (née le 8 juillet 1593 à Rome, morte à Naples vers 1652) est une peintre italienne de l’école caravagesque.

Remarquablement douée et aujourd’hui considérée comme l’un des premiers peintres baroques, l’un des plus accomplis de sa génération, elle s’impose par son art à une époque où les femmes peintres ne sont pas facilement acceptées. Elle est également la première femme à peindre l’histoire et la religion à une époque où ces thèmes héroïques sont considérés comme hors de portée d’un esprit féminin. Elle nous a laissé d’elle un autoportrait d’une grande vigueur qui dénote une maîtrise consommée de son art et de l’art. Ses peintures expriment souvent le point de vue féminin.

- Les débuts romains

Artemisia Gentileschi - Suzanne et les vieillards (1610) Collection Schönborn, PommersfeldenLa première œuvre attribuée à Artemisia, qu’elle signe dès l’âge de 17 ans, est sa Suzanne et les vieillards, réalisée en 1610 (Collection Schönborn à Pommersfelden). La toile laisse entrevoir comment, sous la conduite paternelle, Artemisia, en plus d’assimiler le réalisme du Caravage, n’est pas indifférente au langage de l’école bolonaise, qui s’inscrit dans le mouvement d’Annibale Carracci.

 ? 19 ans, alors que l’accès à l’enseignement des Beaux-Arts, exclusivement masculin, lui est interdit, son père lui donne un précepteur privé, le peintre Agostino Tassi. Un scandale marque alors sa vie. Artemisia est violée par Tassi employé à cette époque avec Orazio Gentileschi à la décoration à fresque des voûtes du Pavillon des Roses dans le Palais Pallavicini Rospigliosi de Rome. Un mois après la conclusion du procès, Orazio arrange pour Artemisia un mariage avec Pietro Antonio Stiattesi, modeste peintre florentin, qui aide Artemisia, violentée, abusée et dénigrée, à retrouver un statut honorable. Peu après, le couple s’installe à Florence, où ils ont quatre enfants, dont seule la fille, Prudenzia, vécut suffisamment pour suivre sa mère lors de son retour à Rome puis à Naples.

- La période florentine (1614-1620)

 ? Florence, Artemisia connaît un succès flatteur. Elle est acceptée à l’Académie du dessin (elle est la première femme à jouir d’un tel privilège), montre qu’elle est capable d’entretenir de bon rapports avec les artistes les plus réputés de son temps, comme Cristofano Allori et de conquérir les faveurs et la protection de personnes influentes, à commencer par le Grand-duc Cosme II et plus particulièrement de la Grande-duchesse Christine de Lorraine. Elle entretient de bonnes relations avec Galileo Galilei, avec lequel elle reste en contact épistolaire bien après sa période florentine. Elle travaille notamment au palais Buonarroti où le neveu du grand Michelangelo (Buonarroti le Jeune), occupe parmi ses amateurs une place d’une particulière importance.

- De nouveau Rome, puis Venise (1621-1630)

Artemisia Gentileschi - Judith et Holopherne, Musée Capodimonte, NaplesL’année de l’arrivée d’Artemisia à Rome coïncide avec celle du départ de son père Orazio pour Gênes. Séparée de son mari, Artemisia s’installe à Rome comme une femme désormais indépendante, en mesure de prendre une maison et d’élever ses enfants.

La Rome de ces années voyait encore une présence nourrie de peintres caravagesques (d’évidentes correspondances existent, par exemple, entre le style d’Artemisia Gentileschi et celui de Simon Vouet), mais elle voyait également, durant le pontificat d’Urbain VIII, le croissant succès du classicisme de l’école bolognaise ou des audaces baroques de Pietro da Cortona. Artemisia démontre qu’elle a la juste sensibilité pour accueillir les nouveautés artistiques et la juste détermination pour vivre en protagoniste cette extraordinaire saison artistique de Rome, passage obligé des artistes de toute l’Europe. De cette période date son amitié avec Cassiano dal Pozzo, humaniste, collectionneur et grand mécène des beaux-arts.

Il est certain qu’entre 1627 et 1630 elle s’installe, sans doute à la recherche de meilleures commandes, à Venise, en font foi les hommages qu’elle reçoit des lettrés de la cité lagunaire qui célèbrent sa qualité de peintre.

- Naples et la parenthèse anglaise (1630-1653)

Artemisia Gentileschi - Judith et la servante (1620) Galerie des Offices, FlorenceEn 1630 Artemisia se rend à Naples, estimant qu’il pourrait y avoir de nouvelles et plus enrichissantes possibilités de travail dans cette cité florissante. C’est à Naples que pour la première fois Artemisia est amenée à peindre des toiles pour une cathédrale, celles dédiées à la vie de San Gennaro à Pozzuoli. La Naissance de Saint Jean Baptiste (Prado), Corisca et le satyre, (Collection privée), sont des œuvres de cette première période napolitaine. Artemisia y démontre encore une fois sa faculté d’adaptation aux goûts artistiques de l’époque et sa capacité à se risquer dans d’autres sujets avec les différentes Judith, Suzanne, Bethsabée, Madeleine pénitente, grâce auxquelles elle accroît sa célébrité.

En 1638, Artemisia rejoint son père à Londres où Orazio devenu peintre de la cour de Charles Ier a reçu l’importante charge de la décoration d’un plafond (Allégorie du Triomphe de la Paix et des Arts) dans la Casa delle Delizie de la reine Henriette Marie à Greenwich. Après autant de temps, père et fille se trouvent à nouveau liés par cette collaboration artistique, mais rien ne laisse penser que le motif du voyage londonien était uniquement de venir affectueusement porter secours à son vieux père. En effet, Charles Ier la réclamait à sa cour et un refus n’était pas possible. Orazio meurt, de manière inattendue, assisté par sa fille, en 1639.

Nous savons qu’en 1642, dès les premiers signes de la guerre civile, Artemisia a déjà quitté l’Angleterre. On ne connaît rien ou presque de ses déplacements suivants. De fait, en 1649, nous la trouvons de nouveau à Naples, d’où elle correspond avec le collectionneur Don Antonio Ruffo de Sicile qui est son mentor et un bon commanditaire dans cette seconde période napolitaine. La dernière lettre à son mécène, que nous connaissons, date de 1650 et témoigne de la pleine activité de l’artiste. Artemisia meurt en 1653.


Artemisia Gentileschi - Autoportrait à la mandoline, Minneapolis

Bibliographie


Artémisia : un duel pour l’immortalité / Alexandra Lapierre
Laffont, 1998 (Pocket)
R LAP

Artemisia (1593-1654) : pouvoir, gloire et passions d’une jeune peintre (catalogue de l’exposition)
Gallimard
En commande


Ressources numériques

A lire dans l’Encyclopaedia Universalis
sur place à la médiathèque et dans les bibliothèques du réseau

- Artemisia Gentileschi
- L’art baroque
- Caravage

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