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Biographie de Fela
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Fela Ransome Kuti

Fela Ransome Kuti naît le 15 octobre 1938 à Abeokuta (Nigeria), d’un père pasteur, autoritaire et d’une mère dirigeante de l’Union des femmes du Nigeria dans les années 50. Elle milite aussi pour la décolonisation d’un pays encore sous le joug de la Couronne britannique. Autant dire que le jeune Fela Kuti a de qui tenir, et que son combat pour la cause noire sera assorti d’un caractère bien trempé dont il fera preuve au cours de sa carrière.

Auteur, compositeur, arrangeur, saxophoniste, pianiste, chanteur-dénonciateur, Fela Anikulapo Kuti incarne non seulement un courant musical, l’afro-beat, mais aussi une idée : « la musique comme arme culturelle et politique ».

Fela 1958-1976

L ’Adolescent grandit dans un milieu très éduqué, où la musique tient une place importante. Il s’initie au jazz et étudie la trompette, avant de passer au saxophone ténor.

En 1958, Fela part à Londres étudier la médecine mais choisit une autre voie, celle de la musique et s’inscrit au Trinity Collège Of Music. Immergé dans le milieu jazz de la capitale anglaise au début des années soixante, Fela fréquente divers clubs où il joue avec son ensemble, le Koola Lobitos, qu’il dirige et rebaptisera plus tard Afrika 70.

De retour au Nigeria en 1963 devenu indépendant en 1960, Fela trouve un emploi de musicien dans la formation de la radio nationale. Le saxophoniste est aussi connu pour ses prises de position contre les régimes dictatoriaux qui se succèdent dans un pays en proie à la guerre civile. Après sa démission de la radio, Fela effectue de fréquents voyages au Ghana voisin, découvrant l’importance du highlife, version moderne de la musique africaine, et se passionne pour les innovations apportées par James Brown au Rhythm ‘n’ blues.

En 1969, il part aux Etats-Unis, et c’est là-bas qu’il découvre et épouse les thèses du panafricanisme. Sa rencontre avec Sandra Smith, une militante noire des Black Panthers va façonner sa nouvelle identité et donner une base politique à son nouveau son : l’Afrobeat. Moins jazz et plus proche des rythmes africains, rythmes répétitifs jusqu’à la transe soutenant les harmonies audacieuses du saxophoniste et scandés par une impressionnante section de cuivres. Fela a changé, sa musique aussi. Son groupe tient régulièrement concert dans le fief de Fela, la boîte de nuit Africa Shrine, à Lagos, lieu mythique où la censure est inexistante, ou l’on vient pour écouter de la musique, ou débattre en toute liberté.

Pour être entendu d’une plus grande partie de la population, Fela opte pour le pidgin (langage des rues de Lagos). Il remodèle son groupe qui devient Afrika 70 et son batteur n’est autre que Tony Allen. Durant cette décennie, le saxophoniste multiplie les enregistrements. Personnage haut en couleur, Fela est désormais à la tête d’un grand ensemble musical incluant une trentaine de femmes occupant les postes de choristes ou danseuses.

Après une arrestation le 30 avril 1974 pour détention de cannabis et détournement de mineures, le musicien décide de s’isoler dans une véritable forteresse nommée Kalakuta baptisée "République de Kalakuta".
Il se sert de sa musique comme d’une redoutable arme pour brosser un sombre tableau des mœurs socio-politiques.

La réaction du gouvernement ne tarde pas et en 1974, l’armée prend d’assaut sa maison. Puis en 1977, une attaque est menée chez lui par près de 1000 soldats, pendant laquelle les femmes seront violées, la maison incendiée, les hommes tabassés, et la mère de Fela , âgée de 82 ans, jetée par la fenêtre. Elle succombera des suites de ses blessures. Bouleversé, Fela Kuti sombre dès lors dans un africanisme immodéré.

Fela 1977-1983

Harcelé par la police il s’exile au Ghana dont il est chassé l’année d’après parce qu’ il a soutenu une manifestation d’étudiants qui ne supportent plus la dictature. De retour au pays , il épouse les 27 femmes de son groupe et devient animiste.

En 1979 il avait crée son propre parti politique, le Movement Of People (M.O.P) et se présentera aux élections de 1983, mais le chemin vers la présidence est enrayé lorsqu’en 1981, les autorités l’enferment pour possession de cannabis et interdisent dans la foulée son parti et sa branche culturelle, les YAP (Young African Pioneers).

En hommage à sa mère, Fela change son nom de Ransome en Anikulapo Kuti et décide alors de quitter le Nigeria pour les Etats-Unis, ensuite il s’ installe en France qu’il considère comme sa terre d’accueil. Malgré un grand concert au Festival du Jazz de La Villette à Paris en 1981, Fela ne trouve pas d’autre label susceptible de publier ses disques et il retourne chez lui.

Fela 1983-1997

Libéré de prison en 1986, Fela rentre dans une sorte de semi-retraite que seuls quelques concerts dans son club privé et la sortie d’un album viennent troubler. Underground System (1993) est le dernier album original publié du vivant de Fela. Malade du Sida, il abandonne totalement toutes ses habitudes occidentales, et refuse même tout traitement médical. Fela meurt le 2 août 1997.

Fela Kuti est une légende africaine, et la nation toute entière pleure l’un des hommes les plus valeureux de son pays. Le 12 août, près d’un million de Lagossiens descendent spontanément dans les rues pour lui rendre un dernier hommage et l’accompagner dans sa dernière demeure. Même disparu, Fela gardera à jamais l’amour inconditionnel et l’immense respect que lui vouent les millions de personnes qu’il a pu approcher. Pour tous ces gens, il restera “Abami Eda”, le chef spirituel.

Heureusement la relève est présente avec son fils Femi qui ouvre un nouveau club appelé le New Africa Shrine., dans un style plus sobre que son mythique père, suivi par Seun Kuti révélation de l’année 2008.

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