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Chemins de traverse VI

Partir, laisser le quotidien pour se retrouver sur les chemins, les mers et les continents... Coups de folie diront certains, coups de cœur diront d’autres. Passion des hommes ? Méditer, se rencontrer, ralentir le temps qui passe.Vivre son destin ailleurs, provoquer l’aventure, la rencontre, braver l’inconnu. � ?tre libre ! Simplement se faire plaisir. Découvrons quelques écrivains voyageurs d’hier et d’aujourd’hui qui ont franchi le pas, ces explorateurs du monde et de l’humain. Partez avec eux pour ailleurs... Frédérique


Echappées belles de l’été...

Robinson des mers du sud

Tom Neale
Arthaud (Sans limites)
LOI 910.4 NEA

C’est sur un caillou de corail désertique, où il n’y a pas âme qui vive, que Tom Neale a choisi de passer près de vingt ans de sa vie. Cet ouvrage est le récit des six années que ce solitaire bourlingueur a passé à aménager son îlot pour en faire, au dire de Bernard Moitessier, « un atoll magique... Là très simplement, avec ses mains, sa conscience et son courage, avec sa pelle et sa machette magiques, avec sa sueur et avec son amour, un homme avait participé à la création du monde »
Vivez avec lui son installation, sa sérénité, mais également ses doutes. Riez aux facéties de son aventure, à sa rencontre avec un futur compagnon volatile... qui aurait bien pu passer à la casserole (cette histoire est un monument de drôlerie et d’émotion !). Une superbe échappée ! L’expérience enrichissante d’un homme discret et attachant. Un récit prenant et plein d’humour.

« 
Le 4 août 1953, dix mois après mon débarquement sur l’île,j’accueillis mes premiers visiteurs. C’était inattendu. Il y avait belle lurette que je ne me demandais plus si je me réveillerais un jour pour découvrir un yacht ou une goélette sur le lagon. J’étais si accaparé par ma vie à Souvaro qu’il m’arrivait rarement d’accorder une pensée au monde extérieur.
Je coulais des jours très heureux. Je ne me sentais jamais seul même si de temps en temps il m’arrivait de marcher le long du récif en souhaitant l’arrivée de quelqu’un- non pas que j’eusse besoin de compagnie mais simplement parce que tout cette beauté semblait trop parfaite pour la garder pour moi seul.

Il faisait particulièrement beau ce jour-là. Une légère brise soufflait de l’est. Aux alentours de 2 heures de l’après-midi, je pris mon harpon et allai flâner le long du récif, moins pour me procurer du poisson que pour faire une promenade. Au bout de quelques pas, la journée m’apparut si belle et tranquille que je m’arrêtai pour mieux contempler le littoral. Alors, dans le lointain miroitant, j’aperçus une voile. J’eus d’abord du mal à y croire mais, en toute certitude, j’avais sous les yeux l’un des plus beaux spectacles que puisse offrir le Pacifique : un voilier forçant des voiles sur les eaux bleues. Selon toutes les apparences, il se dirigeait vers l’entrée du lagon. Je n’avais pas vu de voilier depuis si longtemps qu’il me fallut un long moment pour admettre la réalité et réaliser que, dans une heure ou deux, je serais en train de parler avec des humains, des hommes, peut-être des femmes. Leur parler au lieu de me parler à moi-même ! »

Amazonie mangeuse d’hommes :
Incroyables aventures dans l’enfer vert


Ricardo Uztarroz
Arthaud (Esprit d’aventure)
LOI 910.4 UZT

Passionné par l’Amazonie, coauteur de L’Amazonie : la foire d’empoigne (Autrement, 1990), Ricardo. Uztarroz, journaliste, relate les différentes explorations tragiques au coeur de la forêt amazonienne de 1925 jusqu’aux années 1960. A travers ces histoires, l’auteur dévoile les mythes de l’enfer vert qui ont nourri la littérature populaire, de Conan Doyle et Le monde perdu aux aventures de Bob Morane... Mais aussi le récit des aventuriers d’hier, aux noms oubliés de Percy Gawcett, grand explorateur, le vrai Indiana Jones, en passant par Raymond Maufrais à la recherche du roi blanc - mythe inachevé, les conspirateurs Pizarro et Orellana - les maudits de la conquête, le dandy de l’Eldorado Walter Raleigh.
Mythique, délirante, hostile, démesurée, luxuriante, fascinante,l’Amazonie ne faillit pas, même aujourd’hui, à sa réputation celui de la forêt vierge dévorant ceux qui osent la violer... L’homme est toujours attiré par cet enfer vert et se perd toujours dans ses entrailles.

« C’est un milieu foncièrement hostile à l’homme. Sa riche biodiversité n’est qu’un leurre. Sur la forêt amazonienne règnent avant tout la pourriture et les insectes de toutes sortes, fourmis, moustiques, mouches, abeilles, et surtout vers et larves qui se nichent partout. [...]. Les micro-organismes prolifèrent, grouillent, se transforment en humus.
« Cette diversité s’accompagne d’une dispersion de la faune et de la flore » , souligne la géographe Martine Droulers. C’est précisément cette dispersion qui rend la survie d’un homme seul, et même d’un petit groupe, improbable dès qu’il s’éloigne des berges des fleuves.
La mésaventure -dont il s’est fallu de peu qu’elle ne connaisse une issue fatale - de deux randonneurs français au début de l’année 2007 est venue, si nécessaire, apporter une preuve supplémentaire que la mort guette celui qui s’y perd, et s’y perdre est facile tant le désordre de la nature annihile rapidement votre sens de l’orientation. »

La Véritable histoire de Robinson Crusoé et l’île des marins abandonnés

Ricardo Uztarroz
Arthaud (Esprit d’aventure)
LOI 910.4 UZT

L’île Robinson Crusoé est un lieu de légendes : marins abandonnés, actes de piraterie, quête d’or... Voici, une étude historique et contemporaine sur l’origine du mythe du roman de Daniel Defoe qui se serait inspiré d’un fait réel. Un corsaire écossais, Alexander Selkirk, se querelle avec son capitaine lors d’une escale dans l’île déserte chilienne Mas a Tierra. Convaincu que rapidement un navire le recueillera, il demande qu’on le débarque. Erreur fatidique ! La fiction n’a rien à voir avec la réalité : Selkirk est réduit à l’état d’animal, comme renvoyé à l’origine de l’humanité.

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Ecrivains voyageurs d’hier...

Reine des coupeurs de tête, ma vie à Bornéo

Margaret Brooke
Olizane (Objectif terre)
LOI 910.4 BRO

En 1840, régna sur l’Etat du Sarawak, province de Malaisie, une dynastie de Rajah blancs, d’origine anglaise, les Brooke. Jeune fille anglaise, mariée sans amour au rajah, Margaret Brooke, débarque au cœur de Bornéo, pays encore largement inexploré. Curieuse d’esprit et téméraire, refusant de se lamenter sur son sort, Margaret découvre ce pays et ses habitants qui toucheront son cœur. Elle nous décrit ici, avec poésie les larges fleuves bordés de mangroves, la jungle et les montagnes aux ciels tourmentés mais aussi avec forts détails dignes d’un ethnologue, les us et coutumes des tribus Dayaks avec lesquelles elle s’est liée. Loin du titre « racoleur » , un livre au style imagé, balançant entre un certain romantisme et une description très réaliste, minutieuse de la découverte.

« Une branche d’orchidée blanche et jaune pâle dérivait vers nous tel un sourire sur l’eau. Un de nos Dayak tenta de me l’attraper mais je le retins. Je préférais que la fleur mourût dans l’eau plutôt que de la voir se faner dons la chaleur de ma main. »

Je ne mens pas autant que les autres voyageurs :

Lettres choisies, 1716-1718

Lady Mary Montagu
Payot
LOI 910.4 MON

En août 1716, venant de Londres, Lady Mary Wortley Montagu débarque à Rotterdam. Elle a vingt-sept ans , un fils de trois ans, et s’engage en famille sur la route de Constantinople où son mari vient d’être nommé ambassadeur extraordinaire de la Couronne d’Angleterre. Eprouvée par un mariage qui ne tient pas ses promesses et une maladie qui a altéré sa beauté, l’installation à Constantinople arrive à point nommé. Elle n’a pas le titre d’ambassadrice mais un statut qui lui donne accès à la haute société sans pour autant la cantonner au cercle protocolaire. Elle peut vivre assez librement dans la ville où les femmes étrangères ne sont pas soumises à la rigueur musulmane : elle se promène vêtue à la turque, apprend la langue, visite les plus grands harems.

C’est une piquante observatrice et conteuse des mœurs ottomanes. Outre cette expérience, les auteurs ont sélectionné également des lettres sur les étapes de la voyageuse à travers l’Europe, rapportant sa découverte de la cour de Vienne (description de la bibliothèque du prince Eugène...), de la Hongrie ravagée par les guerres et puis, au retour, du Paris de la Régence grouillant de créatures ridicules. Sur ces dernières étapes, la voyageuse montre un esprit plus vif, plus critique et plus sensible. Femme d’esprit Lady Montagu nous livre un témoignage historique, et littéraire. Voltaire disait d’elle que c’était « une femme d’Angleterre qui a le plus d’esprit et le plus de force dans l’esprit » . Une écriture agréable, imagée, colorée et vive. Un récit à découvrir.

Champs (de bataille) de Karlowitz...

« On y voit encore des marques récentes de cette journée si glorieuse, mais si sanglante : la plaine est couverte de crânes et d’ossement d’hommes, de chevaux et de chameaux qu’on n’a point enterrés : je n’ai pu voir sans horreur une telle quantité d’hommes sacrifiés, et j’ai gémi sur les cruautés de la guerre qui non seulement légitime le meurtre, mais en fait même un titre de gloire. Il me semble qu’il n’y a point de plus grand preuve de la folie du genre humain, malgré toutes les prétentions que nous avons à la raison, que cette rage avec laquelle on se dispute d’un petit coin de terre, tandis qu’il y en a tant de fertiles à peupler et à cultiver. Il est vrai qu’actuellement un usage général en a fait une chose inévitable mais n’est-ce pas la plus grande preuve d’un défaut de raison que cet empire si bien établi d’un usage aussi contraire à l’intérêt général de l’humanité » [...]

Andrinople, 1er avril 1717 ...

« Les premiers sofas se couvrirent de coussins et de riches tapis sur lesquels ces femmes se placèrent ; ceux de derrière furent occupés par leurs esclaves qui se mirent à les coiffer. Il m’a semblé qu’il n’y avait aucune distinction de rang. Toutes les baigneuses étaient dans l’état de pure nature, c’est-à-dire, en bon anglais, qu’elles étaient toutes nues et que rien ne cachait ni leurs beautés ni leurs défauts : mais il ne leur échappait aucun geste indécent, aucune posture lascive. Leur démarche et leurs mouvements avaient une certaine grâce noble et majestueuses telle que Milton nous peint celle de la mère du genre humain. Quelques-unes d’entre elles ont des formes aussi parfaites que ces déesses sorties du pinceau de Titien ; la plupart, dont la peau est d’une blancheur éclatante, parées seulement de leurs beaux cheveux dont les tresses tombaient sur leurs épaules et qui étaient parsemés de perles et de rubans, me représentaient parfaitement les Grâces. »

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Journal de voyage dans l’Arctique
John Muir
José Corti

LOI 910.4 MUI

1881. Depuis une bonne trentaine d’années, la conquête des pôles est devenue l’objet d’une lutte acharnée entre les nations et l’on ne compte plus les tentatives, officielles ou privées. Personne n’a encore atteint le Pôle, le passage du nord-ouest reste toujours à découvrir, seul celui du nord-est vient de céder à la ténacité du Suédois Nordenskjöld.
Les voyages dans cette zone sont périlleux. C’est ainsi qu’à San Francisco, plus personne n’a de nouvelles du capitaine De Long et de son équipage, partis deux ans plus tôt pour l’océan glacial à bord de la Jeannette. Une expédition de secours est organisée, les responsables de cette mission proposent à John Muir de les accompagner.
Ecrivain américain, né en � ?cosse (1838 - 1914), John Muir fut un des premiers naturalistes modernes. Ses lettres et essais sont des références. Son activisme a contribué à sauver le Vallée du Yosemite ainsi que d’autres espaces sauvages. Le Sierra Club, qu’il a fondé, est à ce jour une des plus importantes organisations de conservation des � ?tats-Unis. Ses écrits et sa philosophie ont fortement influencé la naissance du mouvement environnemental moderne.

Partir dans le Nord, l’occasion est trop belle pour ne pas la saisir. Le spécialiste de la glaciation n’est jamais allé aussi haut en latitude. Pendant tout le voyage, l’aventurier naturaliste va tenir ce journal, qui nous permet de suivre au jour le jour la route du Corwin dans la banquise, le long de côtes parfois méconnues.

Curieux de tout John Muir ne se limite pas, à la géologie des contrées qu’il traverse, mais c’est avec la même passion et le même enthousiasme qu’il s’intéresse aux problèmes de navigation parmi la glace, aux oiseaux et aux mammifères marins pointant alors du doigt les excès d’une chasse déjà industrielle qui met les espèces en péril - ou à la flore arctique dont il dresse minutieusement l’inventaire. Quant aux populations locales, Tchouktches et Inuits, dont les rudes conditions de vie et l’adaptation parfaite au milieu suscitent son admiration, l’auteur fait preuve envers elles d’une ouverture d’esprit hors du commun à l’époque.

Un récit d’une précision incroyable sur les détails (faune, flore...), une écriture descriptive, dense, un rythme fidèle à la découverte de cet aventurier naturaliste. Pour les amateurs du genre.

Carnets de voyage...

L’Oncle d’Amérique :

Carnets d’un fils de cordonnier qui voulait conquérir le monde

Jean-Pierre Guéno
Omnibus
LOI 910.4 GUE

Jean-Pierre Guéno nous dévoile ce carnet de voyage découvert comme un trésor au fond d’un grenier. Rempli de souvenirs, d’anecdotes, illustrés par des aquarelles, cartes postales, découpages, des lettres échangées, ce carnet nous entraîne dans la vie de Louis Surenaud, fils de cordonnier qui partit vers le nouveau monde...

Partez en voyage, grâce à ce carnet très imagé témoin d’un esprit curieux, ouvert d’une aventure humaine, d’un ré-enracinement heureux ailleurs.

« Je voudrais que tu saches que j’ai trouvé la lumière dans ce « nouveau monde. » Non pas tant parce qu’il te paraît exotique, mystérieux et lointain, mais parce que j’y ai appris que notre beau pays, la France, n’était pas le centre de l’Univers. Dans cette foule où se mélangent des espagnols, des indiens, des martiniquais, des haïtiens, des mexicains, des créoles et où la plupart des gens sont métis, dans cette foule où les sangs blanc, noir, rouge et jaune se sont mêlés au fil de l’Histoire, j’ai compris que l’humanité était avant tout riche de sa diversité. Que les hommes de bonne volonté ne pouvaient s’épanouir que dans l’agrégation, dans la somme de leurs différences... Que ce qui est différent de nous, que ce que nous avons du mal à comprendre ne cesse de nous enrichir. Et que, s’il devait y avoir un jour des hommes pour prétendre le contraire, tu devrais t’en méfier comme du diable... »

Au fil du Mékong :

De Saïgon à Angkor

Arnaud d’Aunay
Gallimard
LOI 915.96 MEK

Le voyage que propose Arnaud d’Aunay se déroule, de Saigon à Angkor, au fil du majestueux Mékong. L’artiste traduit toute l’énergie de la métropole vietnamienne, l’animation des villages flottants, la magie silencieuse et grandiose des temples, l’enchevêtrement du minéral et du végétal, les bonzes aux robes safran et aux visages aussi énigmatiques que ceux des Bouddhas de pierre, les femmes khmères à la beauté paisible et fière. Une version personnelle du Cambodge d’aujourd’hui marquée encore par les drames d’hier.

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Ecrivains voyageurs en images...

Paris Jérusalem : 6000 km à pied
Edouard et Mathilde Cortès

Gédéon (DVD)
LOI 910.4 COR

Edouard et Mathilde se sont mariés le 9 juin 2007. Une semaine plus tard, ils partent en voyage de noces. Où ça ? Pas en République Dominicaine, ni même à l’île Maurice ! Bien trop différent de l’image du couple qu’ils s’imaginent construire. Edouard propose à sa femme un voyage d’exception... à pied de Notre Dame de Paris à Jérusalem.

La Boudeuse :

Les Aventuriers des îles oubliées

Patrice Franceschi
MK2 (DVD)
LOI 910.4 FRA

Dans le sillage des grandes expéditions du passé, Patrice Franceschi et son équipage de marins, de scientifiques, s’embarquent à bord de son trois-mâts goélette « La Boudeuse » pour une circumnavigation de trois années d’Ouest en Est.

O Gengis ! :

6000 km sur les traces de Gengis Khan

Alan Simon, racontée par Jean Reno
Studio Canal (DVD)
LOI 910.4 GEN

Pour cette famille de nomades Kalmouks, un grand voyage commence, un pélerinage à travers les paysages sauvages et sublimes du Kazakhstan et des steppes de Mongolie. Après une traversée de plus de 6 000 kilomètres, ils découvriront enfin le sens profond de leur quête : la véritable histoire de leurs origines...

Qhapaq Nan :
A la recherche de la grande route Inca

Laurent Granier, Megan Son
MK2 (DVD)
LOI 910.4 GRA

Voici le récit filmé du voyage des auteurs à travers tout le continent sud-américain, le long de la cordillère des Andes à la recherche des traces de Qhapaq Nan, la route qui reliait les principaux sites de l’Empire Inca. Nous découvrons les vestiges de la route encore existants, les sites archéologiques à proximité, les paysages, mais aussi la vie quotidienne des personnes rencontrées du Chili à l’Equateur.

et bien d’autres ...

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Ecrivains voyageurs d’aujourd’hui...

Au bout de mes rêves :
Souvenirs 1974-2004

Antoine
Arthaud (Sans limites)
LOI 910.4 ANT

Globe-flotteur ou Les 7 péchés capitaux du navigateur solitaire
Antoine
Arthaud (Sans limites)
LOI 797.1 ANT

Après huit années à exercer à plein temps le métier de chanteur populaire, Antoine découvre la navigation à voile. Sur sa goélette en acier de 14 mètres, Antoine largue les amarres en octobre 1974, pour un tour du monde de six années. De Port-Etienne à Rio, de l’île du Prince à Sainte-Hélène, de Tristan da Cunha à Cayenne, il parcourt 17000 miles. Dans ces pages, ce sont les réflexions du marin solitaire, tout comme celles d’un esprit libre qui compte découvrir l’univers, qui nous entraînent dans sa conception de la vie. Au bout de mes rêves (Souvenirs 1974-2004) est le deuxième tome d’une trilogie.

« Bon d’accord, vous ne vous sentez pas seul, mais quinze jours, c’est long, qu’est ce que vous faites tout ce temps-là ? Je ne sais pas très bien moi-même : des fois ça peut paraître un peu longuet, surtout lorsque le calme vous démoralise un peu ; mais en général on ne voit pas le temps passer, il y a pléthore d’occupations à envisager, d’ailleurs : les manœuvres inhérentes à la marche du bateau, d’abord, et je vous ai dit leur complexité et l’importance quelles prennent dans des régions comme le Pot au Noir. Des travaux d’entretien, de bricolage, d’aménagement, d’amélioration du confort, par exemple ; et puis toutes les choses qu’on n’a jamais le temps de faire dans la vie normale : lire les œuvres de Henry Miller, de Colette ou de Jules Verne, l’encyclopédie (la mienne, la Britannica, passe rarement une journée sans que j’en ouvre un ou plusieurs volumes, qui se retrouvent, au bout de quelques jours, éparpillés aux quatre coins du bateau) ; écrire, enfin, un moyen comme un autre de réfléchir ; c’est à bord qu’a été écrite la quasi totalité de ce livre, c’est à bord que j’écris mes chansons, c’est en mer que j’ai écrit quelques milliers de pages (dont la plus grande partie ne sera certainement jamais publiée, si même elle était publiable), ce qui me permet de m’éclaircir les idées dans beaucoup de domaines » .

L’Odyssée amérindienne
Julie Baudin
Glénat (Hommes et Horizon)
LOI 910.4 BAU

Avides de faire un grand voyage, Julie Baudin et David Ducoin portèrent leur choix sur l’Amérique. Ce continent aux pays multiples, aux paysages si divers, aux myriades de noms de lieux, aux différentes Amériques, s’imposaient à leur esprit. Mais plus encore, forts d’une curiosité croissante, les peuples d’Amérique, ceux qui étaient là « avant » , les peuples premiers, les amérindiens appelaient cette nouvelle aventure humaine.
Les sacs furent bouclés, les voilà partis pour un an, deux années de belles et fortes rencontres. Vous découvrirez les Inuits d’Alaska, les descendants de ces gens du début du nouveau monde, les peuples aux noms qui chantent à vos oreilles comme dans de vieux western - les Navajos- mais aussi ceux qui ont enchanté vos rêves de trésors, d’exploration de cités perdues, les Incas, les Mayas et beaucoup d’autres. A chaque fois, la rencontre se fait intense. Sachant approcher, écouter, comprendre, participer au quotidien des familles, nos deux voyageurs se voient ouvrir les portes et accèdent aux traditions spirituelles et culturelles.

Mais plus encore qu’un voyage découverte, c’est une leçon de survie qui ressort de ce récit. En effet, les amérindiens, ces peuples d’avant ont dû combattre l’oubli dans lequel l’Histoire a voulu les enfermer, résister au rouleau compresseur de la normalisation, aux volontés diverses de les parquer et d’annihiler leur culture, leurs différences. Beaucoup ont péri, certains souffrent encore humiliés par ceux qui courent après le progrès sans tenir compte de leurs racines. Il y a la réalité tragique des réserves sous volonté gouvernementale de » protection, préservation d’une culture » , l’extermination de peuples en minorité assimilés à de pauvres arrières et lentement poussés à l’intégration forcée si ce n’est au suicide ethnique. Mais, certains d’entre eux espèrent qu’une nouvelle vision de notre terre, de son équilibre permettra leur retour en pleine lumière. Ce sont ces inquiétudes, ces regrets, ces espoirs que les auteurs vous transmettent. Avec une écriture agréable, riche en informations mais non professoral, les auteurs emportent avec eux le lecteur dans ce récit vivant, attractif et attachant : une aventure humaine auprès des amérindiens.

[...]

« Chaque arrivée dans un nouveau lieu a cela de fascinant qu’elle représente une porte s’ouvrant sur un « tout est possible » . On ne connaît personne, on ne sait pas où l’on va loger, et la moindre ville apparaît d’avance comme un serpent vicieux qui n’en finit pas de s’enrouler autour de vous pour vous étouffer. Et pourtant, on sait intérieurement que tous ces inconvénients sont en fait des avantages. »[...]

« D’après Joachim, la méthode ne pouvait être mieux conçue. Le concept de pensionnat pour Amérindiens n’était pas neuf lorsque le gouvernement canadien s’y intéressa : il avait déjà fait ses preuves au � ?tats-Unis où, le génocide ayant laissé des survivants, on avait cherché le moyen d’assimiler les Amérindiens pour faire lentement disparaître leur culture et leur identité pour faire d’eux des hommes blancs, pour tuer « l’indien » en eux. En enlevant les enfants à leurs parents, non seulement compromettait-on l’avenir de la tradition, mais aussi condamnait-on toute la société visée. Les grands-parents, porteurs du savoir, perdaient leur rôle de transmetteurs. Les parents, les oncles et les tantes, celui d’éducateurs. Sans l’enfant, il n’y a plus de raison de vivre, tout simplement parce qu’il n’y a plus de rôle à remplir. C’est ainsi qu’est morte une bonne partie de la société Dénée. Une partie qui, malgré les indemnisations, les excuses et les remords, ne renaîtra pas. Joachim a vu sa famille, oncles, tantes, cousins, frères, mourir de l’alcoolisme. Sans les quelques anciens qui ont su garder la tête hors de l’eau, peut-être serait-il lui aussi six pieds sous terre à l’heure qu’il est » [...]

« � ?tes-vous prêts à guérir ? A demandé Bob. L’idée ne m’était jamais venue à l’esprit que je pouvais être malade, mais les mots de Bob brûlaient en moi comme une vérité palpable. « On vient toujours dans une hutte pour une raison. J’ai bien cherché, et j’ai pensé que cette raison était probablement enfouie quelque part. Creuser devait être ma façon à moi d’accepter le fait d’être « malade ». Je ne percevais plus qui pleurait, qui geignait, qui crachait Caroline a dû sentir mon désarroi parce qu’elle m’a dit que je pouvais pleurer si je le voulais. Mais je ne savais pas comment faire. Après un long moment à écouter ce qui se passait autour de moi, je me suis lancée. J’ai parlé au Créateur. Lui, peut-être, pouvait m’aider à comprendre pourquoi j’étais là. J’ignore s’il a répondu, mais en tout cas, je me suis mis à verser de grosses larmes. J’étais sur la bonne voie. » [...]

« A San Luis, l’argent n’existe pas, ou presque, Bien qu’à quelques kilomètres à peine de Santiago, le village ne vit que de la forêt, ce qui fait dire à Marin, Luis et Ramon, les trois frères fondateurs du village, que les Shuars ne sont pas pauvres. La pauvreté leur est une notion étrangère qui se réfère à un mode de vie lié à l’argent, à la société de consommation. Comment prétendre être pauvre alors qu’on n’a qu’à se servir pour obtenir sa nourriture et les matériaux pour fabriquer sa maison ? Pourtant, certains Shuars se sont laissés convaincre par la parole occidentale qui n’a de cesse de leur répéter qu’ils sont pauvres parce qu’ils n’ont ni argent, ni électricité, ni eau courante. Certains ont fini par y croire : ce sont ceux qui, aujourd’hui, coupent la forêt au détriment de leur propre peuple. »

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Terres lointaines
Walter Bonatti

Arthaud (Sans limites)
LOI 910.4 BON

Abandonnant l’aventure alpine, mais toujours féru de grands espaces, Walter Bonatti transporte aux quatre coins du monde son inépuisable désir d’exploration. Du Grand Nord américain au cap Horn et des savanes africaines aux déserts d’Australie, il parcourt les régions les plus reculées, les plus âpres et les plus surprenantes de la planète, en quête d’une nature encore préservée. Il sait transmettre l’émotion et le profond respect ressentis face aux animaux sauvages qu’il rencontre comme face aux peuples dont il partage quelque temps la vie. Bonatti reste aujourd’hui une légende vivante, une référence absolue pour les alpinistes. Il incarne l’engagement et l’éthique, l’inventivité et l’élégance, mais aussi la droiture morale d’un homme libre. Ce récit permet de découvrir et de comprendre cet homme qui a toujours privilégié dans sa vie, le rêve, la curiosité, la fantaisie et l’intégrité. Une belle écriture, riche, dense. Un livre que vous pouvez dévorer petit à petit, lieux par lieux. Partez en voyage...

« Après les hautes montagnes, un monde immense m’attendait. J’ai donc commencé à me mouvoir dans une nature différente mais non moins riche d’émotions et de merveilles : dans les terres les plus reculées, les plus âpres et les plus étranges de notre planète. Dès lors, je suis allé un peu partout, et chaque chose que j’ai faite à toujours été pour moi la plus belle et la plus importante, la plus riche de sensations, parce que j’avais intensément désiré chaque expérience avant de la vivre » [...]

Krakatoa...
« Je contourne un promontoire, et l’émotion me coupe le souffle. Léchées et corrodées par le ressac rugissant, des parois de cendres menaçantes, hautes d’une centaine de mètres, tombent à pic. Au centre de la barrière la plus consistante se détache, immense et tourmentée, une cascade de magma solidifié. Les vagues écumeuses, qui ourlent entièrement le fleuve de lave, bouillonnent en rencontrant la grande coulée. »[...]

Dans le centre rouge de l’Australie

« C’est presque le soir quand, à l’horizon, commence à se profiler la silhouette reconnaissable entre toute de l’Ayers Rock. Exactement comme dans la description qu’en fit celui qui le découvrit, il s’élève brutalement de la plaine comme un énorme caillou lisse d’une belle couleur jaune-rouge... De loin, son aspect grandiose est impressionnant, de près il a quelque chose d’angoissant. Sa beauté semble sortie d’un rêve, ses proportions d‘un cauchemar. L’Ayers Rock renvoie à des choses lointaines, à des époque primitives et, au-delà encore, à d’autre mondes. »

Motel blues

Bill Bryson
Payot
LOI 910.4 BRY

Avec ce livre Bill Bryson replonge tout au fond de l’Amérique profonde, celle de son enfance, dont il va sillonner une quarantaine d’� ?tats au volant d’une vieille Buick prêtée par sa mère. De ce voyage il rapportera un portrait à hurler de rire... et bien plus sérieux qu’il n’y paraît.

« Je suis né à Des Moines. Ce sont des choses qui arrivent. Quand on naît à Des Moines, ou bien on accepte la situation sans discuter, on se met en ménage avec une fille du coin nommée Bobbi, on se trouve du travail à l’usine Firestone et on vit là jusqu’à la fin des temps ; ou bien on passe son adolescence à se plaindre à longueur de journée que c’est un trou et qu’on n’a qu’une envie, en partir, et puis on se met en ménage avec une fille du coin nommée Bobbi, on se trouve du travail à l’usine Firestone et on vit là jusqu’à la fin des temps »

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La Route d’Oxiane

Robert Byron
Payot
LOI 910.4 BYR

En 1933, l’Anglais Robert Byron (1905-1941), grand esthète, quitte Venise pour l’Inde, via la Perse et l’Afghanistan, à la recherche des origines de l’architecture et de la culture islamiques. Dans ce récit retraçant son voyage au jour le jour, l’auteur exprime, avec un œil averti et en amateur incontesté d’architecture, la beauté de ces lieux ou leur insuffisance esthétique quand c’est le cas selon lui. Un leitmotiv qui invite le lecteur à le suivre dans ses pérégrinations en Irak, en Perse et, point ultime, en Afghanistan, le long du fleuve Oxus. Des galas dans les ambassades à l’inconfort heureux du camping sauvage et des chambres miteuses, Robert Byron ne manque pas d’anecdotes de voyages, de rencontres et d’événements insolites. � ? travers les multiples efforts pour acquérir visas, autorisations de visites et les ruses pour photographier les monuments malgré les interdictions formelles, l’auteur relate l’ambiance et la vie quotidienne dans l’Asie centrale des années 1930. Il exprime ses sentiments par rapport aux différents peuples, mais aussi les sentiments de ces peuples les uns envers les autres, dans le cadre d’un contexte international bien différent du nôtre, mais non sans intérêt pour le lecteur d’aujourd’hui. Ce livre est un témoignage sur les pays traversés en 1930. Le franc-parlé de Byron donne une note typique au livre, et ses anecdotes une note joyeuse et parfois triste à son voyage. Une écriture dense et très descriptive

« Quiconque a tant soit peu lu les récits de voyage des années trente est inévitablement amené à considérer Route d’Oxiane comme le sommet du genre. Mon exemplaire personnel, déformé par quatre voyages en Asie centrale, ne m’a pas quitté depuis le jour de mes quinze ans. » (Bruce Chatwin.)

Poussières mexicaines
Pino Cacucci
Payot

LOI 910.4 CAC

Pino Cacucci est amoureux du Mexique, difficile d’en douter à la lecture de ses Poussières mexicaines, récit de la traversée ethnologique, historique et littéraire d’un pays magique et déroutant. Avec la générosité d’un homme passionné, sans complaisance pour autant, Pino Cacucci nous entraîne à sa suite dans un roman réel. Au Mexique, aucune frontière ne délimite la littérature de la réalité et le questionnement du vrai n’aura donc pas cours dans ce voyage. Tout est vrai. Tout est faux.
De la mégalopole, Mexico, surnommée Kakfkatitlan par certains, en passant par les routes désertes de la Sierra, l’auteur croisera des dresseurs de coqs de combat au sommet de leur art, des rockers clandestins assoiffés de rifs, des Prix Nobel philosophes, des souvenirs de combattants aztèques épris de liberté... Le livre de Pino Cacucci est une invitation au voyage brillante, lumineuse et diablement séduisante.

Comme le souligne très modestement l’auteur, ces pages ne pourront jamais contenir tout le Mexique. Une citation de Carlos Fuentes résume toute l’entreprise : « On ne peut pas raconter le Mexique. On doit croire au Mexique. Avec passion, avec rage, avec un abandon total... »

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Au pays des mangas avec mon fils
Peter Carey
hoëbeke (� ?tonnants voyageurs)

LOI 910.4 CAR

Confronté à la passion envahissante de son fils Charley pour les playstation, films d’animation, mangas, et par ce biais pour un certain Japon, l’auteur se prend au jeu et décide d’approcher ce monde fascinant pour amener son fils à découvrir le « Japon réel » . Pour Charley, L’Eté de Kikujiro par Takeshi Kitano, les mangas achetés chez Forbidden Planet, Akira en tête, alimente son intérêt pour ce Japon imaginaire. Vient le jour où le père, invité à interviewer quelques-uns des grands noms de l’animation, propose à son fils de partir au Japon. Charley accepte, à condition de ne pas être obligé de voir le « Vrai Japon « . C’est le début d’une aventure ponctuée de rencontres prestigieuses, qui s’achèvera en toute logique sur un entretien avec Hayao Miyazaki (dessinateur de manga, réalisateur de films d’animation - Princesse Monoké, Tombeau des lucioles...-).
L’auteur désorienté sera amené par son fils à apprécier les différents aspects de cet autre Japon, les samouraïs n’étant pas absents des mangas d’aujourd’hui.

L’auteur raconte son initiation au monde de l’animation japonaise, et ses relations avec ce fils qui le fascine par sa connaissance et son ouverture d’esprit sur cet autre Japon. Sans être didactique, à travers quelques œuvres du cinéma d’animation japonais, des mangas, nous découvrons les codes, les personnages, les valeurs qui guident les auteurs.

Un court récit de Peter Carey, écrivain australien, qui s’exprime dans une écriture simple. Un voyage qui s’adresse aussi bien au connaisseur qu’au néophyte, mais toutefois dans lequel vous serez plus à l’aise si vous êtes un peu initié.

« [...] Mon fils, je le savais, ne renoncerait jamais à un tel cadeau. Ce volume superbement réalisé, extrêmement coûteux, dans lequel chaque petite donnée se rapportant à Mobile Suit Gundam était soigneusement répertoriée et illustrée, avec tout le respect que l’on pourrait attendre du manuel destiné au propriétaire d’une Rolex Rocket Ship, j’étais condamné à le traîner jusque chez nous, à l’autre bout du monde. � ?à aussi, c’était le vrai Japon et nous n’étions pas fichu d’en lire un traître mot.

Nous nous sommes ensuite rassemblés dans une autre salle de conférences où l’on nous a invités à poser à Yuka, l’auteur de la bible que nous avions entre les mains, toutes les questions qui nous plairaient. Charley, comme d’habitude, rechignait à parler, mais une fois de retour à New York, quand j’ai écouté les bandes enregistrées, et que je me suis entendu interroger Yuka - C’est quoi, cette folie des robots ? C’est quoi, un Otaku ? -[..] Je me suis demandé si quelqu’un du dehors aurait vraiment eu du mal à se rendre compte que mon fils était en réalité l’auteur de mes questions ?
Paul a traduit la réponse de Yuka. [...] « Vers le milieu des années 1980, il y avait un auteur japonais de science-fiction, une femme, qui s’appelait Moto Arai. Un de ses trucs stylistiques consistait à s’adresser au lecteur de façon très formaliste, en utilisant le pronom de la deuxième personne, Otaku, qui est une forme beaucoup plus distante que le « vous » français par exemple. Son livre a tellement plus à ses fans qu’ils ont adopté cet usage incongru, se désignant mutuellement par le mot « Otaku » .

J’avais suffisamment lu pour m’imaginer que je comprenais. « mais n’est ce pas une façon de s’adresser aux autres qui indique un respect extrême, ai-je demandé. -No » s’est écrié Yuka en anglais. Charley m’a lancé un coup d’œil fulgurant. »

[...] Le soir même, quand nous sommes arrivés au Ryokan, un fax nous attendait. « Je crains,écrivait-elle (Mme Miyagi), avec cette modestie qui la caractérise, que vous n’ayez pas bien compris mon médiocre anglais aux studios Ghibli, donc je pense qu’il vaut mieux que je vous précise de façon plus détaillée ce qu’a dit M. Miyazaki. « Il a dit qu’à son avis, l’imagination est l’une des plus importantes facultés humaines, donc le but de ses activités créatrices est de développer l’imagination des enfants qui représentent les générations à venir.L’imagination est capable de créer un monde entièrement différent, selon l’usage qu’on en fait. Elle peut donner naissance à la vertu, ou bien aux armes de destruction qui menacent la terre entière. Il a dit, au passage, que les risques potentiels lui faisaient peur. »

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L’Appel de la steppe
D’Istanbul aux confins de la Mongolie, à la rencontre des nomades de l’Alta

Antoine de Changy
Presses de la Renaissance (Esprit de voyage)
LOI 910.4 CHA

Antoine de Changy et Célina Antomarchi-Lamé nous offrent le récit de leur périple, à vélo, à travers la Turquie, l’Iran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan, la Chine de l’Ouest, qui les a menés à vivre près d’une année au cœur des steppes, en Mongolie, avec une famille d’éleveurs nomades perpétuant un mode de vie ancestral et traditionnel. Chasse à l’aigle, courses de chevaux, vie sous la yourte, rencontres inattendues et partage sont au rendez-vous de nos deuxvoyageurs.
Grâce à une écriture alerte, agréable, les auteurs nous vont vivre leur quotidien et celui d’un peuple de cavaliers authentiques et fiers dont ils dressent un portrait intimiste, amoureux et fidèle. Un superbe récit qui se savoure...[...]

Turquie

« La cloche sonne la fin des classes. Dans la cour, tout les élèves de l’école, en uniforme dans leur tablier bleu, sont en récréation. La meute nous repère et nous prend d’assaut. Un assaut formidable. Tous veulent nous parler, nous toucher, ils se tirent et se bousculent pour agripper nos vélos. Je sors mon appareil pour photographier cette mare d’enfants et cette forêt de bras tendus. Le rassemblement tourne à l’hystérie. Les professeurs interviennent, dix minutes sont encore nécessaires pour nous faire sortir de la cour. La piste pour repartir tourne autour de l’école, la course des gamins soulève un nuage de poussière, leurs cris nous portent jusqu’à la sortie de la ville.
Un kilomètre plus loin, les jambes toujours flageolantes, nous nous arrêtons. Nous n’avions jamais imaginé, anticipé une telle réaction, nous sommes submergés par leur enthousiasme et leur spontanéité. Tout ce bonheur qu’on nous envoie à la figure est extrêmement grisant, mais brutal aussi, bouleversant. 
 » [... ]

Samarkand

Nous nous y reposons plusieurs jours sans nous lasser de l’effervescence des couleurs du marché. Couleurs saurées des épices présentées dans de grands sacs en toile de jute, couleurs vives des fruits, essentiellement des pommes rouges et jaunes, et couleurs fades des légumes cultivés dans un sol pauvre : carottes, navets, pommes de terre et choux. Le vert des herbes, posées à terre, côtoie le blanc frais de tous les produits laitiers que des femmes vendent dans des bassines ou dans des bouteilles en plastique. Elle attendent en ligne, dans leurs robes bariolées, le derrière fatigué posé sur un seau ou débordant d’une caisse. Dans les allées plus passantes, des femmes se baladent les bras remplis d’or, elles vendent les fabuleuses galettes de Samarkand à la mie dense, le pain est encore chaud. » [...]

Kirghizstan

« Le vélo nous emmène dans des paysages époustouflants, mais c’est à cheval que nous atteignons le cœur du pays. Au galop dans les nouvelles herbes, au milieu des troupeaux, ça sent le cuir chaud et la sueur, nous rêvons en couleur. A chaque fois que le terrain le permet, nous nous lançons dans des courses effrénées. Sans retenue, nous nous enivrons du roulement des sabots sur la terre. Cette euphorie sauvage nous emporte bien au-delà des steppes » [...]

Mongolie

 
« Incrusté dans un rocher haut perché dans la montagne, je surveille les animaux. Ces étendues me subjuguent plus encore qu’au premier jour maintenant que je sais les vies qui s’y acharnent. Si je repère un troupeau au loin, je cherche le rocher derrière lequel une autre âme s’abrite. Je sais que l’autre berger fait de même, tant croiser quelqu’un dans ces montagnes est un petit événement »

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Un chemin de promesses
6000 km à pied et sans argent, de Paris à Jérusalem

Edouard et Mathilde Cortès
XO
LOI 910.4 COR

Sur le principe du voyage sans pécule, Sonia et Alexandre Poussin ont fait des émules. Mais si le livre de ces derniers étaient à la fois le récit d’une fabuleuse aventure humaine et la transmission de renseignements sociologiques et politiques sur les pays traversés, le récit de l’aventure d’Edouard et de Mathilde est différente : à chacun son style !

Mariés le 9 juin 2007, Edouard et Mathilde sont partis une semaine plus tard, en voyage de noces à pied à pied de Notre Dame de Paris à Jérusalem. Près de 6000 km de sentiers, de routes à travers 14 pays d’Europe et du Moyen-Orient, 232 jours de marche pour mieux se connaître dans le royaume de la foi. A la manière des pèlerins, Edouard et Mathilde Cortès transportent un minimum d’affaires.
Leurs besaces sont légères pour permettre à leurs pensées de s’envoler. Sans un sou, ils vont à la rencontre des habitants pour demander le gîte et le couvert. Les rencontres sont belles mais aussi parfois terribles. Une écriture alerte, un récit sympathique pour un texte sur le ressenti, l’évolution d’un couple dans l’aventure. Une certaine fraîcheur et innocence...

 

« Le point de départ de cette aventure, c’est notre amour. Nous nous sommes dit «  oui » pour le meilleur et pour le pire, et oui pour ce voyage de noces hors du commun : nous irons de Paris à Jérusalem à pied et sans un sou en poche. Six mois, huit mois, un an, peu importe, puisque nous avons décidé, il y a une semaine, de marcher ensemble toute la vie. » [...]

 
« Il est temps de quitter la côte pour nous enfoncer dans le montagne. De ferme en ferme, les gens nous saluent d’un grand geste amical. Nous savon peine leur dire bonjour dans leur langue, le serbo-croate. Une vieille dame tout en noir nous fait signe d’approcher. Nous en profitons pour lui demander notre direction. Souriante, elle se met à nous parler. Nous ne comprenons rien. Elle éclate de rire et nous entraîne chez elle » [...]

 
« Aujourd’hui nous sommes invités par une famille d’artistes. « Venez visiter notre atelier » , lance Radomir, le père. «  Si vous voulez, je vous dessine » , propose Djordje, le fils. En quelques minutes, il griffonne deux silhouettes, sacs aux dos, avec des grands bâtons. Sous sa plume s’ouvre la montagne noire qui se fend en deux pour nous laisser passer. «  A vous de dessiner le décor autour des deux personnages, nous dit-il en nous tendant le dessin. Moi je peins mes rêves, vous vous les vivez. »

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Odette du Puigaudeau :
une bretonne au désert

Monique Vérité
Picollec (Bibliothèque celtique)
LOI 910.4 VER

 
Descendante d’armateurs nantais et de marins dunkerquois, fille d’un peintre de l’école de Pont-Aven, Odette du Puigaudeau (1894-1991) fut tour à tour peintre de papillons, dessinatrice dans les laboratoires du Collège de France, styliste chez Jeanne Lanvin. Puis elle participa à des campagnes de pêche sur des thoniers bretons, devint journaliste à L’Intransigeant, et dans des revues féminines.


Changement de cap, en janvier 1934, elle se lança, avec son amie Marion Sénones, « pieds nus à travers la Mauritanie « . Ce premier voyage fut une révélation ! Tout en restant fidèle à ses origines bretonnes, Odette du Puigaudeau consacra sa vie au Sahara occidental et mena une vie d’aventures au temps des derniers rezzous, une vie scientifique et littéraire tournée tout entière vers le peuple maure.
L’auteur, Monique Vérité, est conservateur à la Bibliothèque Nationale de France : elle a rencontré Odette du Puigaudeau à Rabat, au soir de sa vie.

Au pays des sables
Isabelle Eberhardt
Losfeld (Arcanes)
LOI 910.4 EBE

 
Il y a cent ans, vêtue en cavalier arabe, Isabelle Eberhardt (Genève, 1877 - Aïn Sefra, 1904) parcourait les pistes sahariennes. Elle y partageait le quotidien des bédouins et des marabouts. Dans le grand voyage dont elle a fait sa vie, guidée par son désir d’écrire, elle a abordé et franchi les étapes qui font d’elle bien plus qu’un écrivain voyageur : c’est l’un de ces rares auteurs capables de s’exprimer au cœur de la culture de l’autre.. Isabelle Eberhardt meurt à vingt-sept ans, noyée en plein désert dans la crue d’un oued...
Au pays des sables rassemble les nouvelles inspirées de son premier long séjour au Sahara, en 1902.
Publiées peu après dans la presse algéroise et métropolitaine, elles révèlent la naissance d’un écrivain mais aussi le Souf, l’une des régions les plus secrètes du Sud algérien.
� ?diteurs et biographes d’Isabelle Eberhardt depuis vingt ans, Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu ont rétabli les écrits, parfois censurés ou adultérés, dans leur version originale et proposent cette nouvelle lecture d’une œuvre devenue pour beaucoup le support des rêves d’existence hors du commun.

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Chasseurs de trésors :
L’Or des incas

Philippe Esnos
Alphée

LOI 910.4 ESN

Loin des « aventuriers » aux expéditions lourdes, des baroudeurs «  routard » aux sacs à dos, Philippe Esnos pourrait être l’Aventurier, le Indi, dont certains rêvent de mener les aventures.

Voici, un homme qui s’élance dans la recherche de trésors, et ce à corps perdu. C’est l’Aventure avec un A majuscule, celle qui vous prend aux tripes et qui s’attache à la chasse aux trésors.
Parfois sans un pécule, se moulant dans le pays, fréquentant toutes les couches d’une société, devenant presque invisible pour mieux entendre, chercher l’indice qui donnera l’impulsion du départ, ne craignant pas de se faire engloutir par la jungle pour mieux en connaître les dangers, notre chasseur est aussi un rat de bibliothèque. On a rien sans rien !

Vivant des situations de danger pour sa propre vie, côtoyant la fièvre de l’or dont on peut ne pas revenir, garder sa ligne de conduite voilà la vie trépidante, rugissante et dévoratrice de notre auteur. Inconscient non, un homme expérimenté, qui connaît des « trucs » mais à aussi des règles pour rester en vie et approcher ce qu’il cherche. Le personnage est attachant, l’aventure surprenante dans notre monde si prévisible et parfois aseptisé.

L’écriture est belle, riche et parfois vive dans ses termes. Le rythme est celui de la chasse poursuivie, avec ses enthousiasmes, ses découragements, ses déceptions mais aussi ses frénésies. Un bon récit d’aventure, à déguster pages par pages sans vouloir aller plus vite que l’écriture... Nous savons que les trésors existent, même si certains sont des chimères ... Alors vivez page par page le rêve, pourquoi brûler les étapes pour savoir si...Quand à la question faut-il des chasseurs de trésors  ? Suivez Philippe Esnos à la poursuite de l’or des Incas !

« J’ai eu plusieurs fois l’occasion, en Afrique notamment, de voir débarquer des aventuriers américains, Pour les six Blancs qui formaient l’équipe en question, il y avait vint-cinq Noirs pour transporter de l’eau minérale, des moustiquaires, des écrans solaires, des conserves USA et jusqu’aux chiottes chimiques ! Elle est où l’aventure là  ? Mon système s’apparente un peu au vrai joueur de poker. Le vrai joueur, c’est celui qui avant toute technique joue largement au-dessus de ses moyens ! C’est la seule façon de connaître l’émotion. Le milliardaire qui joue trois clopinettes sera éventuellement agacé de perdre, surtout pour son ego mais jamais il ne connaîtra le frisson de se retrouver sans rien ! Enfin chacun sa manière de faire, en ce qui me concerne je me suis plus d’une fois retrouvé dans la même situation que Groucho des Marx Brothers qui confessait : «  Je suis parti de presque rien et je suis vite très vite arrivé à la misère ! » Pourtant à chaque fois j’ai rebondi, grâce aux circonstances, aux copains qui m’appuyaient, à la persévérance, à la chance quelques rares fois, mais toujours seul et en me démerdant ! »[...]

 
« José Pablo me tend un bouquin relié, écrit à la main de manière cursive dans la plus pure tradition des couvents ou des notaires du début du siècle. Sur la couverture en cuir, je peux lire en lettres dorées Llanganatis, La tumba de Atahualpa.-Tu trouveras dans cet ouvrage unique dont je te demande de prendre extrêmement soin une relation de deux cents pages, ainsi que les conclusions sur la sépulture de l’Inca. Ce travail a demandé plus de dix ans à mon confrère, le père M., qui a épluché toutes les archives religieuse d’� ?quateur et plus particulièrement celles des Franciscains qui arriveront ici en 1534, bien avant les pères jésuites. Selon moi c’est le seul trésor qui mérite d’être recherché, trésor archéologique, bien entendu !
L’abbé s’interrompt, accepte un verre d’eau minérale cette fois et me regarde. -Alors, qu’est-ce que tu dis de tout ça  ? Avant d’avoir parcouru les documents, elle est pas belle cette histoire ? - Belle, je ne sais pas, mais passionnante, ça oui ! Mais à propos, José, pourquoi tu me racontes toute cette histoire  ? Tu as forcément une idée derrière la tête, un truc du genre et si j’envoyais le gringo Felipe dans les montagnes, ça ne serait pas une bonne idée ça  ?. Ca le fait sourire, l’homme à la soutane, il me fixe de son regard brillant et passionné. »[...]

 
« Devant la porte du tambo une femme s’affaire. C’est une indienne en jupe bleue brodée de noir. Elle est belle avec sa ceinture de couleur vive qui souligne sa taille fine. Une série de colliers de petites boules dorées rehausse son cou, tandis que ses bras sont ornés de bracelets d’argent. Deux petites filles aux longues tresses et aux jupes chatoyantes se tiennent à côté d’elle. Je m’approche du Tambo sur la pointe du regard tandis qu’un chien jaune vient, elles me sourient, faisant étinceler la blancheur de leurs dents, tandis que leur mère s’approche de moi. Le moment est magnifique, le lieu flamboyant d’immobilité et de quiétude. Nous nous saluons tandis que les petites filles m’entourent, me prenant les mains pour m’inviter à m’asseoir avec elles auprès du foyer. »
[...]

 
 
« Septième jour, le déluge s’abat sur moi, je patauge depuis des heures dans la confusion la plus totale. Après trois heures de marche j’arrive à la lisière d’un plateau. Devant moi s’étend un terrain découvert dont les pentes montent jusqu’aux nues pesants comme des enclumes grises. Dans une timide éclaircie, la crête de la Lom Culabrilla se dévoile et apparaît, droite comme une sentinelle dominant le reste de la cordillère. Au sommet de cette pente qui n’en finit plus, j’essaie de me tracer une piste, étroite, accrochée au flanc de la montagne. Ma main droite est tétanisée à force de sabrer la végétation. Néanmoins, je progresse. Je descends maintenant, retenant de mon mieux mon pas dans ces terrains de boue, mon pas surchargé qui, au moindre dérapage, se terminera 100 mètres en contrebas. [...] Il est 16 heures ce septième jour, je marche depuis 8 heures alors je jette l’éponge. »

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La Grande aventure de la Boudeuse :
Mon tour du monde à la rencontre des peuples en péril.
1, De l’Amazonie aux îles du Pacifique

Patrice Franceschi
Plon

LOI 910.4 FRA

Dans le sillage des grandes expéditions du passé, Patrice Franceschi et son équipage de marins et de scientifiques s’embarquent à bord de son trois-mâts goélette « La Boudeuse » pour une circumnavigation de trois années d’Ouest en Est. Au cours de celle-ci, le navire et son équipage se sont consacrés essentiellement à la découverte de huit peuples mal connus ou difficiles d’accès, disséminés entre l’Amérique du Sud, le Pacifique, l’Asie et l’Afrique. Ces huit peuples ont pour dénominateur commun de vivre dans des îles perdues, sur les berges de fleuves oubliés ou le long de côtes délaissées, d’où leur appartenance à ce que l’on peut appeler d’une manière générique les « peuples de l’eau « .
L’originalité des expéditions de « La Boudeuse « tient à l’approche et au regard porté sur ces peuples au cours des expéditions terrestres. Non pas le regard ethnologique habituel, consistant à décrypter et expliquer les différences culturelles, mais le regard philosophique permettant de chercher les ressemblances humaines par-delà les différences. En somme, chercher ce qui rassemble les hommes plutôt que ce qui les sépare.
Dans le contexte des rapports humains contemporains, cette approche originale fait toute la modernité de ces
expéditions traditionnelles. Marins, écrivains, philosophes, artistes ou aventuriers, ils ont été nombreux à faire partie de l’équipage de La Boudeuse pour participer à cette grande aventure humaine autour de la planète. L’auteur nous en raconte le premier volet

.
 

« Je me réveille à l’aube, à cette heure ténue entre toutes où les premières lueurs du jour affleurent entre les interstices des planches de notre case ; je me retourne dans mon hamac et, brusquement, je les aperçois : mille yeux curieux, mobiles, pénétrants, avides, qui m’observent par ces interstices et disparaissent aussitôt que mon regard croise le leur. [...]Je songe à ce que vient de dire mon vieil ami : si j’étais Yuhu, surtout un jeune Yuhu, que ferais-je au juste  ? Quelle questions me poserai-je en découvrant dans mon village des étrangers aussi différents de moi ? Ma curiosité ne serait-elle pas exacerbée  ? Ne me demanderais-je d’où ils viennent, comment ils vivent, ce que sont leurs coutumes et leurs usages ? Sûrement m’arriverait-il de regarder par le trou de la serrure... »

Mes 40 979 kilomètres à pied autour du monde
Serge Girard
Scali
LOI 910.4 GIR

 
Coureur de longue distance, Serge Girard a eu, tardivement, la passion des courses de grand fond en lisant un roman «  La Grande course de Flanagan » qui relate la première traversée en courant des USA, de Los Angeles à New-York en 1928. L’auteur est détenteur de plusieurs records du monde : traversée de l’Australie en courant en 1999, traversée en courant de l’Amérique du sud en 2001, traversée de l’Europe et de l’Asie en 2006. Voici le récit de ses aventures, depuis l’origine de ses paris fous au dépassement de soi et de la douleur. Serge Girard raconte son parcours, le quotidien de chaque voyage avec ses rencontres incroyables au gré des pays traversés.

 

« Je me compare souvent à un marin, un marin des continents. Traverser les mers à la voile un continent en courant d’un océan à un autre l’aventure est identique : enivrante, excitante et incertaine,. Dès que je termine une traversée, comme un marin, je n’ai qu’une seule envie et obsession, repartir au plus vite. » 

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Bali, Java, en rêvant
Christine Jordis
Rocher (La Fantaisie du voyageur)
LOI 910.4 JOR

 
Fuyant les parcours balisés, Christine Jordis, en écrivain à la fois précis et lyrique, nous entraîne de découverte en découverte au cœur des îles indonésiennes.

 

« Au XIXe siècle, on évoquait volontiers le « mirage de l’Orient « , crainte et fascination mêlées, fastes inouïs et cruauté sans pareil, et la jungle où rôdaient des forces incontrôlables, celles de l’instinct à l’état pur. Je ne sais si cette idée de l’Orient s’est inscrite dans ma mémoire au fil de mes lectures, mais le seul mot de Java, ou celui de Bali, agit sur une zone de mon esprit, qu’on pourrait appeler goût de l’évasion ou besoin de l’ailleurs, à la façon d’un puissant stimulus. Java, Bali, c’est bien plus qu’un voyage ou un pays à découvrir : un départ dans l’imaginaire, une incursion en terre de poésie. "

Magic bus :
Sur la piste des hippies, d’Istanbul à Katmandou

Rory Maclean
Hoëbeke (Etonnants voyageurs)
LOI 910.4 MAC

Poussés par leurs rêves, les «  Voyageurs Intrépides » ont pris la route avec leur minibus et voitures déglingués en quête d’une nouvelle vie, d’un ailleurs... Dans les années 60-70, ils furent des milliers, ces «  Hippies » à partir sur la piste quand la piste ne les prenait pas... Tous en procession du Pudding Shop d’Istanbul vers Katmandou, en passant par l’Iran, l’Afghanistan. Que sont-ils devenus ces doux rêveurs, ces fidèles de gourous, ces adeptes des fumées célestes, ces idéalistes  ? Se sont-ils intégrés  ? Quelle a été l’influence de ce mouvement (parfois excessif) dans les sociétés traversées  ? Comment s’est passé le retour au pays  ?
C’est ce que nous propose de découvrir Rory Mac Lean. En 2001, l’auteur a pris la piste à la rencontre des Intrépides. Témoignages émouvants, réalité cruelle, découverte surprenante, lucidité... Le chemin «  Peace and Love » est devenu depuis dans bien des coins guerre et chaos.
Au moment de sa sortie, ce livre a déclenché un véritable mouvement sur internet, des milliers d’anciens «  voyageurs intrépides » se sont retrouvés, échangeant photos, documents, souvenirs.
 

« Sean a insisté à d’innombrables reprises sur le riche héritage social qu’ont laissé les Intrépides une fois de retour chez eux. «  En dépit de tous ceux qui sont tombés en route, plusieurs milliers de voyageurs sont revenus en Occident, nantis de tout le poids de leur expérience qu’ils ont fait porter sur la société occidentale, en retrouvant leurs racines et en reprenant le fil de leur vie, car ils avaient bien intégré à leur existence ce qu’ils avaient appris en Inde. Il ne fait aucun doute que le voyage en Orient a contribué à rehausser des existences individuelles, à faire fusionner les cultures occidentales et orientales et à disséminer les anciennes traditions spirituelles indiennes, notamment la philosophie bouddhiste, le yoga et la méditation. La piste a été un symptôme, un catalyseur et un sous-produit de la révolution des années 1960, ainsi qu’une quête du sens de la vie à travers la spiritualité orientale. Le « voyage » par excellence de cette époque fut pour beaucoup de gens, le plus grand de tous les apprentissages. » [...]

« Suivre la piste, c’est peut-être ce que j’ai fait de mieux dans ma vie. Et je suis revenue chez moi mieux armée pour comprendre les problèmes multiculturels » [...]

 
« Je me rappelle Rome, j’ai descendu les marches de la Piazza di Spagna avec les pieds salis par le goudron récolté sur la plage, - dit Penny avec une joie paisible en tripotant ses bijoux et en tirant de nouveau sur les mèches de ses cheveux -. Je me rappelle avoir suivi des rues bordées d’arbres en Autriche, en cueillant des cerises que je mangeais aussitôt et dont le jus dégoulinait sur ma blouse. Je me rappelle avoir volé un poulet en Yougoslavie et l’avoir fait rôtir à la broche sans même le plumer. Elle tire lentement sur le joint, retient la fumée, puis elle continue. « Je me rappelle des phonographes dont on tournait la manivelle, des glaces à la cardamome, je me rappelle avoir dansé dans le désert et m’être baignée à poil dans une mer comme celle-ci. Mais je me rappelle surtout le Népal, couleur de jade et d’argent. On y est arrivé à la saison des moussons, avec de l’eau dans les rizières et les palais qui ressemblaient à des pièces montées. - Penny a vécu neuf ans au Népal - Dans une brume de beauté, l’Inde, c’était déjà le pied mais le Népal, putain c’était le paradis terrestre.. J’y ai vécu les jours les plus heureux de ma vie, les plus magiques.
[...]

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Deux saisons à l’âge de pierre
Peter Matthiessen
Payot (Petite bibliothèque du voyageur)

LOI 910.4 MAT


 
En 1961, Peter Matthiessen débarque en Nouvelle-Guinée avec l’expédition Harvard-Peabody pour découvrir un territoire encore inviolé par l’homme blanc : celui des Kourelou, une tribu extrêmement primitive qui, après un temps d’adaptation réciproque, permet aux explorateurs de s’approcher de plus près. Le livre relate ce séjour dans un univers d’une beauté à jamais perdue où la vie, l’amour et la mort retrouvent leur violence originelle. Un extraordinaire témoignage sur la vie, les us et coutumes de cette tribu (attention âme sensible s’abstenir), une description minutieuse et prenante de ce que l’auteur a vécu, observé. Une plongée dans ce qui semble être un autre espace temps.

 

« Ce matin-là, dans un myrte couvert de fleurs roses, Toukoum découvrit un nid d’oiseaux. Le nid avait la forme d’une petite conque, faite d’herbes soyeuses, entourées d’une mousse verte, la sphaigne. Deux minuscules oisaeux, jaune et vert olive, s’y trouvaient : et, bien qu’ils ne se fussent jamais exercés avant que Toukoum les eût découverts, ils étaient capables de voleter sur de courtes distances.
De toute la matinée, Toukoum ne se sépara pas du nid, et il fit voler les petits oiseaux. Ils partaient selon une ligne oblique, dirigée vers le sol, et inévitablement, ils le rencontraient. Toukoum prenait plaisir à regarder les oiseaux ; il leur parlait et les encourageait, mais il faisait cela sans réfléchir, sans se rendre compte de ses sentiments, pas plus qu’Akou, Eken et Wérékma n’avaient compris pourquoi elles avaient cueilli des fleurs. Dans l’après-midi, Toukoum rapporta les oiseaux à la maison pour les manger. »

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Avant d’aller dormir chez vous :
Quand rien n’est prévu tout est possible...

Antoine de Maximy
Florent Massot

LOI 910.4 MAX

 
Qui n’a pas entendu parler ou vu dans ses aventures, l’homme à la chemise rouge  ? Celui que l’on invite où qui se fait inviter à dormir chez vous... Celui qui parfois dérange, qui ne laisse pas indifférent. Le spectateur de «  J’irai dormir chez vous » (JDCV) s’interroge, se prend au jeu et s’attache à ce personnage qui déroute, franchit les barrières culturelles pour rentrer dans l’intimité de son hôte sans pour autant faire du «  rentre dedans » mais simplement parce qu’il y a été invité.

Faite connaissance avec Antoine de Maximy qui dans cet ouvrage vous dévoile son parcours, ses attentes, ses doutes mais aussi son ambition de réaliser ses rêves. Vous découvrirez une vie riche en expériences. Antoine de Maximy a exercé les métiers d’ingénieur du son, de caméraman, réalisateur dans différents contextes tels que le reportage de guerre, le documentaire animalier, la canopée de l’Amazonie, chaque fois, l’auteur en est revenu transformé, et doté d’un enseignement qui lui servira notamment pour son aventure de «  JDCV » . 
A la lecture, vous comprendrez comment et pourquoi cet homme a conçu ce thème de « J’irai dormir chez vous » , pourquoi aborde-t-il l’inconnu d’une façon qui peut paraître si familière ? 

 
Le récit du voyage intérieur explique le voyage au sens propre. Dans un style alerte, simple, l’auteur vous
emmène à la découverte de ce qui l’a amené au succès qu’il connaît aujourd’hui. Une enfance bohème, des parents ouverts sur les autres et le monde, des rencontres décisives pour un avenir qui s’annonçait incertain, une façon de rebondir à chaque événement. Un homme plein de ressources, de rêves, d’attentes. « Quand rien n’est prévu, tout est possible... »

 
Une écriture fluide, un livre attachant et agréable à lire sur un étonnant personnage.

 
 

« Plus loin, un combattant d’une vingtaine d’années, la kalachnikov en bandoulière, nous amène devant le cadavre de sa mère. Patrick lui pose une question. Sa réponse me sidère : pour gagner, nous devons nous battre et pour nous battre, nous devons mourir. Bien sûr, il ne vient pas d’apprendre que sa mère est morte. Il le sait depuis des mois. Mais je comprends alors qu’il n’est pas près de déposer les armes. Il ira chercher sa vengeance très loin s’il le faut. [...] Je crois que tout le monde est capable des pires atrocités. Pas comme ça, du jour au lendemain, Tout dépend de ce qu’on a vécu avant. Et je ne dois pas croire que je suis au-dessus de ça. Nous avons tous un potentiel de tueur. En avoir conscience me permettra peut-être un jour d’empêcher les autres de basculer dans une folie meurtrière. Mon deuxième passage à Beyrouth aura été la découverte d’une autre réalité du monde. » [...]

 
« A presque quarante-cinq ans, j’ai été successivement ingénieur du son, réalisateur, caméraman et présentateur. Je me dis parfois que faire un documentaire seul m’amuserai. Je crois que c’est une envie qui vient de loin. [...] Un autre aspect me séduit dans cette drôle d’idée : filmer de vraies rencontres. On en voit rarement à la télévision Tout simplement parce qu’on demande aux gens s’ils sont d’accord pendant la préparation du film. C’est logique, mais ensuite la rencontre n’a plus rien de spontané. J’ai décidé de faire le contraire, de partir au hasard et de demander aux gens ensuite. Je ne le sais pas encore, mais cette méthode à de nombreux avantages. Je découvrirai par exemple, que lorsque les gens sont pris au dépourvu, ils sont beaucoup plus naturels.
 
J’avais envie de retrouver les relations qu’on avait enfant, quand mon père ramenait un voyageur à la maison. C’était juste après 68 et l’appartement était un lieu de passage et d’échange. Ces « visiteurs » s’arrêtaient quelques jours... Pour nous, les enfants, c‘était une formidable fenêtre ouverte sur le reste du monde. A l’époque, nous ne voyagions pas du tout. En repensant à cette époque, je savais qu’il était possible de se faire inviter chez les gens. A mon tour, j’ai envie d’être le voyageur de passage, l’ami éphémère. »

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Le Monocle de Joseph Conrad

Jacques Meunier
Payot (Petit bibliothèque Payot)
LOI 910.4 MEU

 
Jacques Meunier est poète, voyageur, ethnologue. Il collabore depuis quinze ans au journal Le Monde. Il est l’auteur de plusieurs reportages ethnologiques Une écriture riche pour une réflexion sur le voyage, la découverte.


 

« Poète ou ethnologue  ? Les deux. Je regarde le monde en stéréo. Je voyage dans les mythes et la logosphère. J’aime à mélanger le théorique et le vécu. Je pratique une ethnologie narrative, buissonnière, drôle si possible. Le Monocle de Joseph Conrad représente dix ans d’articles et de vagabondages. Dix ans au cours desquels mes pas ont croisé ceux d’autres aventuriers, d’autres voyageurs, d’autres ethnologues. » A courir le monde, j’ignore ce qu’est un livre de chevet, mais ma valise est pleine d’ouvrages savants que je vais consommer sur place. Alfred Métraux, Claude Lévi-Strauss, Pierre Clastres et bien d’autres font partie de mon bagage. Ce sont mes outils de travail, mes guides sur les lieux-dits du savoir, et j’y tiens. Il m’arrive aussi d’écrire sur ma propre société. La panne, le pourboire, les histoires belges... sont des sujets de réflexion aussi riches que le cannibalisme ou les origines des Indiens d’Amérique. Vous trouverez tout cela dans Le Monocle de Joseph Conrad. Et peut-être qu’une part de vous-même se devinera et se reconnaîtra dans ce vers quoi tend son auteur : une pensée nomade. » 

Les Montagnes dans les nuages
Adèle O’Longh
Hoëbeke (Etonnants voyageurs)
LOI 910.4 OLO


 
 
Au hasard d’une rencontre, Adèle O’Longh se retrouve sur les chemins de la Chine pour rejoindre « la Montagne dans les Nuages » , lieu sacré des dieux Tao, lieu d’énergie. Mais, il faut mériter cette ascension au propre comme au figuré et pour cela laisser de côté ses réflexes d’occidentaux, désintoxiquer son âme et s’affronter en renonçant à ses certitudes. Oublier le temps, libérer l’énergie, écouter... Prendre corps avec un arbre, et ce qui paraît invraisemblable devient vraisemblable... C’est ce que va découvrir notre auteur au rythme lent de son voyage, lors des rencontres prévues ou imprévues avec les maîtres d’arts martiaux ou simplement au détour d’une rue avec Pearl l’étudiante avide d’amitié loin de son village, lors d’un périple en taxi.

 
Rien n’est gratuit, tout geste, toute parole provoquent ou apaisent les évènements. Découvrez une Chine aux sentiments méconnus qui se révèle : les influences des esprits, des lieux, des dieux. Sans être totalement «  une passagère du silence » , le récit d’Adèle O’Longh est un chemin initiatique nous transportant dans des moments de grâce rare. Même si au cours de la lecture, vous pourriez avoir le sentiment de rester sur votre faim, ce livre laissera plus de traces que vous ne pourriez le supposer. Vous y reviendrez. Une écriture simple, enthousiaste parfois adolescente pour une vision décalée et personnelle de la Chine.

 

« Et tant mieux si la route est longue... »

 
« J’ai l’impression d’être seule dans ce temple. C’est oppressant, voilà, je me sens comme asthmatique soudain, j’ai du mal à respirer. Pourtant, il n’y a rien d’anormal, ici, à part cette eau croupie, décidément dérangeante, décidément un peu déplacée dans un temple...Je ne sais pas pourquoi, je suis de plus en plus fatiguée, de plus en plus mal. Toutes les statues des pagodes sont des statues guerrières, certains personnages saluent poing dans l’air, en posture martiale, ce qui devrait plutôt me plaire, mais non. Ca ne va pas. Il y a quelque chose qui ne va pas, quelque chose qui cloche, que je ne vois pas mais que je perçois. [...]

« Il y a des temples blancs et des temples noirs... »
 
[...]

 
 
« Tout était en fleur. Partout, des graminées graciles. Entre les pierres géantes, la terre était parsemée de pins, et la surface de l’eau des rizières se troublait légèrement sous la brise.
J’ai traversé une prairie couverte de fleurs oranges et je suis arrivée sur un petit plateau, au sommet d’une colline qui redescendait en pente douce, de rizière en rizière. » [...]

 
 
« Elle est incroyablement heureuse d’être là, Pearl. Son bonheur à fossettes vaut toute la vue, effectivement spectaculaire, qu’on a depuis cette terrasse. «  On ne voit pas le ciel, dit-elle, on le voit rarement ici, pas comme chez moi. Mai tant pis, on en est près quand même ». Elle me regarde, les yeux brillants. 

« Tu es contente ? � ?a te plaît ? - Beaucoup, je dis.- Tu vois, dit Pearl. C’est beau, Guilin, vu d’ici. On dirait une autre ville, un autre monde.- Une autre planète, je réponds. »
Elle sourit et se bourre de cerises. « Oui, tu as raison. Ici, c’est une autre planète. » 

 
Elle avait vraiment envie de parler, Pearl. Envie de raconter son village, la cuisine des sa mère, ses copines, ses amis de la fac de Kunming aussi, et son amoureux, qu’elle n’a pas revu depuis son départ.. Elle avait envie de dire combien ça lui coûtait de ramper en bas, à elle qui avait grandi dans un village perché sur un nid d’aigle. « Un peu comme ici, alors, je dis .- Oui, un peu... ». Elle rigole encore. Sauf que chez moi, ça ne sent pas mauvaise et qu’on peut toucher le ciel avec les doigts »[...]

 
« Je me dis que je ne peux pas demeurer ici éternellement. C’est très plaisant pourtant, c’est vrai. Dali est une ville facile à vivre, maisons basses, ruelles, lac... Mais qu’en est-il de ma décision de poursuivre la route  ?
En réalité, je sais que cette question est une fausse question, que faire la route, c’est précisément ça, se planter pour un temps où le vent nous dépose, que l’important est ce qui se trouve entre les pas. Garder son axe, quel que soit le lieu géographique, quel que soient les mouvements apparents, voilà l’essentiel. Rester les pieds enracinés dans le sol. Quel que soit le sol, la tête reliée aux étoiles, quelles que soient les étoiles. Et puis, il est bon de prendre des décisions et de changer d’avis. Ca apprend à cesser d’en prendre. » [...]

 
« Je délaisse la branche et m’assois confortablement. Je me concentre sur la respiration, suivant les préceptes qui m’ont été enseignés, afin de se recharger. De me brancher sur l’énergie de l’arbre. Comme cette fois, à Pékin, avant que monsieur Lin ne reste coincé. On s’était assis tous les deux en tailleur, les yeux mi-clos, au pied de l’un des cyprès pluri-centenaires du parc Tiantan, pour méditer. A trois mètres de la route de l’Autel du Ciel, comme si on avait été au beau milieu d’une forêt. Monsieur Lin avait eu un coup de barre et désirait reprendre des forces. Ca m’avait un peu coûté, cette fois-là, de me mettre à méditer à la vue de tous, mais beaucoup moins que de faire du taiji dans le parc de la place Titananmen. Par contre, ici, pas de problème.
Qu’est ce que je suis bien, sur cet arbre ! »

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Le Journal d’Hadrien et Camomille :
1 300km à travers la France

Hadrien Rabouin
Rocher

LOI 910.4 RAB

Hadrien rêve depuis qu’il est enfant, de partir sur le chemin de l’école. Il donne corps à son souhait après avoir obtenu son bac et décide de partir avec 20 euros en poche et un sac de riz. Pour se donner le temps de faire son chemin, de permettre à son esprit de vagabonder, Hadrien, fils d’agriculteurs, choisit comme compagne de route « Camomille » , une belle vache du troupeau de ses parents. Ainsi commence l’aventure sur les routes de France, aventure qui étonne et suscite l’attention des gens rencontrés. Le pas lent et sûr de Camomille, mais aussi parfois boudeur, donne à son compagnon le temps de savourer paysages et belles rencontres.

Une écriture jeune, simple, pleine de couleurs, de sentiments, d’amitié, et d’humour pour retracer le vécu de ce couple peu ordinaire pour une aventure extraordinaire. Un sage Candide...

« Mercredi 27 août au réveil dans un gîte, à Chanceau-Près-Loche (Indre-et-Loire)

« On me demande de parler, de livrer mes secrets. Mais moi, je ne suis rien. Plus tard, peut être. On ne demande pas à un bébé de parler, on lui demande juste d’évoluer, de regarder et de décortiquer, de comprendre ou du moins d’essayer. A ceux qui m’interrogent, je réponds volontiers : Ce n’est pas à moi de parler mais à vous. Mon rôle est d’écouter. »

Une petite touche d’humour : allez voir le blog de Camomille http://camomille7317.skyrock.com :

« Mon voyage en tant qu’agent secret : j’ai passé 4 mois à suivre un jeune pas très clair. En fait, - je vous le dis mais ne le répétez pas - si je l’ai suivi c’était uniquement pour le surveiller. Un jeune qui part sans argent, la guitare sur le dos et avec les cheveux longs par dessus tout je vous dis pas le look.... Je l’ai donc observé pendant 1300 km - je vous dis pas les ampoules - mais cela valait le coup. Oui, grâce à ce baba cool j’ai fait plein de rencontres et suis devenue une vraie star ! » 

A marche forcée : à pied, du cercle polaire jusqu’en Inde, 1941-1942
Slavomir Rawicz
Phébus (D’ailleurs)
LOI 910.4 RAW

A marche forcée est le récit d’un voyage d’un genre particulier. L’auteur raconte son séjour dans les griffes du NKVD (la police secrète Russe) puis sa fuite.
Militaire polonais, arrêté par les russes en novembre 1939 puis accusé d’espionnage après un jugement inepte, Slavomir Rawicz est conduit en Sibérie en compagnie de cinq mille autres prisonniers. Cet homme mû par un solide désir de survivre a réussi à trouver une faille dans le système carcéral sibérien. Il entraîne avec lui quelques camarades sur le long chemin de la liberté.

 
 
Sylvain Tesson a suivi le parcours de Slavomir Rawics et raconte son périple dans deux ouvrages.

  L’axe du loup :
de la Sibérie à l’Inde sur les pas des évadés du Goulag

Sylvain Tesson
R. Laffont
LOI 910.4 TES

Sylvain Tesson a suivi à pied, à cheval ou à vélo, pendant huit mois, sur 6.000 kilomètres, de la Sibérie au Golfe du Bengale, l’itinéraire de S. Rawicz qui avec ses compagnons s’est évadé d’un goulag de Lakoutie et a fui vers l’Inde.

« L’essentiel est de comprendre que l’évadé politique est nécessaire à l’histoire. Il prouve qu’aucun barbelé n’est infranchissable, qu’il y a toujours une faille dans le rempart. La force de l’évadé tient dans le fait qu’il n’a rien à perdre et que chaque pas le rapproche de la mort ou de la délivrance, ce qui signifie, dans les deux cas, d’une situation préférable à l’enfer qu’il laisse derrière lui. »

Sous l’étoile de la liberté :
Six mille kilomètres à travers l’Eurasie sauvage

Sylvain Tesson
Photographies Thomas Goisque
Arthaud
LOI 910.4 TES
Le photographe Thomas Goisque a rejoint Sylvain Tesson lors de son périple en Eurasie et ce à quatre reprises, pour constituer l’album photographique et documentaire de « l’axe du loup » à la rencontre des survivants du système concentrationnaire. De très belles photos et un commentaire riche en informations et en impressions, accompagnent les témoignages des rencontres, des paysages côtoyés par Sylvain Tesson.

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Carnets d’un expatrié au cœur de la Chine
Christophe Tanguy
Maxima
LOI 910.4 TAN


Ingénieur détaché sur un site industriel de la Chine, Christophe Tanguy a tenu, au fil des quelques 30 mois que dura son séjour, un carnet quotidien dans lequel il a noté les péripéties professionnelles et personnelles qui ont ponctué son immersion dans le monde chinois.
 
De son arrivée à l’usine, des réunions jusqu’aux relations d’amitié qu’il tisse avec les Chinois, Christophe Tanguy n’omet rien de son séjour.
 
Plus un constat du quotidien qu’un récit de voyage, l’auteur nous livre son journal un peu statique sans réelle analyse. Cette narration a l’avantage d’être fidèle à la réalité. Intercalées dans les compte rendu de réunions, les pages décrivant la vie de tous les jours, les excursions, les rencontres avec les habitants ne sont pas sans intérêt.

« Seize heures, c’est le rush dans les couloirs et les escaliers de l’usine. Le bâtiment se vide en quelques minutes, direction les parcs à vélos et les grands bus articulés blancs et verts. Quand tout est calme et semble désert, Zhao Zhen me tend une petite clef jaune en me faisant comprendre que c’est celle du bureau. Puis il se prépare à partir en m’expliquant que je dois attendre jusqu’à cinq heures pour fermer moi-même à clé. Peut-être est-ce la contrepartie de la pause repas plus longue dont bénéficient les expatriés ? »

« Mon hôte semble ravi de me recevoir, mais paraît un peu ému. C’est un grand jeune homme un peugauche,sansdoutelefilsdelamaison.Ilm’inviteàlesuivreàtravers une vaste cour en terre cure, ocre, jusqu’à un porche obturé par des dizaines de bicyclettes. Péniblement nous nous engageons dans une cage d’escalier, faisant fuir au passage quelques poules. L’endroit est sombre, dépourvu d’éclairage, les marches encombréesd’objetsdivers,caisses,potichesetvieillesferraillesqu’ilm’indiqueaufuretàmesurede notre ascension. Les paliers se reproduisent tous à l’identique,béton brut et ports métalliques. Pas un bruit,pas une présence humaine,une atmosphère carcérale. L’appartement est auquatrième niveau,la porte est entrouverte,on nous attend. Le changement est radical,le lieu est propret,les murs peints de frais,le sol couvertde linoléum, l’ensemble meublé à bon marché, divan en skaï, table ronde couverte d’une toile cirée, petites chaises à pieds métalliques. Trois générations vivent ici, d’abord une grand-mère collée contre le téléviseur, puis les parents, elle la cinquantaine à l’élégance un peu voyante, lui, massif et silencieux et enfin les autres, entre deux âges, sans doute de la famille proche. »

Peregrinus mund

Alain Verdier
Terre de brume (Récits d’errance)
LOI 910.4 VER

 
Peregrinus Mundi est le fruit de trente-cinq années de pérégrinations autour du globe en quête d’une utopie. Ce livre est une succession de relations de voyage, une traversée du monde à la découverte de lieux, de peuples qui ont toujours fasciné, captivé l’imagination de l’auteur.
D’île en île, de continent en continent, c’est un périple dans l’espace et dans le temps qui a débuté sur la grande plage de Saint-Malo où un adolescent rêvait d’horizons lointains.
Alain Verdier veut partager avec nous ses découvertes, toujours avec ce souci du détail historique, de la citation adéquate, cet engouement pour le mystère.

« La nuit tombante sur le lac fut inoubliable. Le ciel était particulièrement clair et les étoiles se reflétaient dans les eaux noires. Je vis le ciel passer d’un bleu profond en un noir argenté au-dessus de moi. Je me souvins des mots de John Muir, le célèbre naturaliste et écrivain américain : «  alors avec le cœur pur retourne à ton travail et, quel que soit ton destin, tu n’oublieras jamais ces belles étendues sauvages. Tu te souviendras avec joie de tes randonnées dans le merveilleux pays de Yellowstone. » [..]

« Quelqu’un a dit que pour visiter Machu Pichu, il faut préparer son âme, aiguiser ses sens et oublier pendant quelques heures les petits problèmes de sa vie agitée [...]. Enfin seul parmi les ruines énigmatiques, je sentis que la cité revivait. J’entendais des voix étranges dans le vent. Je voyais des ombres inquiétantes sur les murs de pierre. Je pouvais presque entendre le son des tambours qui accompagnait les rites des jeunes prêtresses du soleil. Mais cette fois je n’ai pas rencontré Pancho. C’était le seul alpaga (un cousin du lama) qui avait le privilège de se promener librement parmi les ruines. Il adorait poser pour les photographes. Un des gardes m’informa qu’il venait de mourir. »

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Autres aventures

Tragédie à l’Everest
Jon Karkauer
Presses de la cité
LOI 796.522 KRA


 
Initié à l’alpinisme dès son plus jeune âge, Jon Karkauer mène une vie d’aventurier et multiplie les expéditions, en Alaska et sur le mont Everest notamment. C’est à partir de ces différentes expériences, que l’écrivain et journaliste puise l’inspiration de ses récits. Journaliste reporter pour des revues comme National Geographic ou Outside, Jon Krakauer est un homme d’esprit et de terrain.
En mars 1996, le magazine Outside propose à son journaliste de réaliser son rêve : participer à une ascension de l’Everest avec un groupe de huit personnes conduit par un guide réputé Rob Hall. L’auteur vivra alors la mutation qui s’opère dans le monde de la montagne : l’intervention de l’aspect commercial lors des expéditions.
 Dans Tragédie à l’Everest, Jon Krakauer témoigne avec courage et lucidité, humanité, du drame du 10 mai 1996 sur le Toit du monde, drame dont il a été partie prenante. Certains concernés de près ou de loin lui ont reproché son récit de l’aventure à l’état brut. Bien que remontant à de nombreuses années, cette expérience taraude toujours l’auteur. Depuis, Jon Karkauer poursuit sa carrière d’écrivain et est devenu «  célèbre » grâce à son roman ’Into the Wild’, adapté au cinéma par Sean Penn en 2007.

Les passionnés de montagne, les amateurs de récits vécus ne manqueront pas à la lecture des premières pages de se dire «  voilà du déjà vu ! » . Mais les marches d’approche ne se ressemblent-elles pas dans leur vécu, si ce n’est le paysage, la flore, faune qui diffèrent  ? Certains pourraient les résumer à quelques mots : matériel, acclimatation, découverte du groupe (les hommes sont toujours représentés dans leurs excentricités, leurs désirs, leurs exigences,
compétences, incompétences), bobos quotidiens, maux d’altitude, découragement, enthousiasme, euphorie, déprime, coups de gueule du guide, du «  client » ...Caricature  ? Non, tout dépend de celui qui raconte et de ceux qui vivent ces moments jusqu’à pour certains en mourir. Ne lâchez pas la ligne de vie, petit à petit, elle vous conduira vers le cœur du récit, palpitant, haletant, où il serait si facile de tomber du côté de l’arête pathos.
Jon Krakauer raconte sans emphase : c’est magnifique, c’est terrible, cruel... Le drame se déroule sous vos yeux et vous ne pouvez que vous interroger... Exploit et argent, moralité et réalité, humanité et performance. C’est bouleversant ! Des drames en montagne, il y en a toujours eu, et il y en aura encore, malheureusement ; des récits aussi, mais chacun a sa sensibilité, son message.

 

« Plusieurs personnes - auteurs et éditeurs - m’ont déconseillé d’écrire ce livre «  à chaud » . Elles m’ont suggéré d’attendre deux ou trois ans afin que la distance me permette de trouver la perspective adéquate. Cet avis était plein de bon sens. Pourtant, je n’en ai pas tenu compte. Ce qui s’était passé sur la montagne continuait à me torturer et je pensais que l’écriture pourrait me libérer du souvenir de l’Everest.
 
Bien entendu, ça n’a pas été le cas. J’admets qu’un auteur qui écrit pour soulager sa peine, comme je l’ai fait dans ce livre rend bien peu service à ses lecteurs. Mais j’espérais qu’en libérant mon âme, dans le trouble et le tourment qui suivirent ce malheur, mon récit y gagnerait quelque chose. Je voulais qu’il ait ce caractère brut, direct et véridique que le temps et la dissipation de mon angoisse auraient pu atténuer.
Parmi ceux qui m’ont mis en garde contre la tentation d’écrire tout de suite, plusieurs m’avaient déjà déconseillé d’aller sur l’Everest. Et, de fait, les raisons de ne pas y aller ne manquaient pas, mais l’escalade d’une telle montagne est un acte profondément irrationnel. C’est le triomphe du désir sur la raison. Quiconque l’envisage sérieusement se place, presque par définition, au-delà du raisonnement.
La vérité, c’est que je savais parfaitement ce qu’il en était mais que j’y suis allé malgré tout. En cela, je suis en partie responsable de la mort de mes camarades, ce qu’il me sera difficile d’oublier avant longtemps » 
Seattle, novembre 1996

 
« Les hommes jouent la tragédie parce qu’ils ne croient pas la réalité de celle qui se déroule véritablement dans le monde civilisé. »
José Ortéga y Gasset

 
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Les Aventuriers de l’extrême
Chistine Le Scanff
Calmann-Lévy

LOI 910.4 LES

Pourquoi grimper les montagnes, se faire chahuter dans un bateau seul sur l’océan, pourquoi se lancer les défis les plus fous jusqu’à en souffrir  ? Pour tenter de comprendre ce qui poussent ces aventuriers de l’extrême, l’auteur Christine Le Scanff a rencontré quinze d’entre eux dans différentes disciplines. Les réactions face à ceux que l’on a coutume d’appeler les «  conquérants de l’inutile » sont aussi extrêmes que leurs pratiques, suscitant rejet ou fascination. Leur acharnement parfois, leur persévérance, leur souffrance provoquent admiration mais également interrogation. Ainsi sont abordées les questions : qu’est-ce que l’extrême, pourquoi  ? Est-ce un comportement infantile  ? Est-ce une compétition contre soi-même ou contre les autres  ? Comment accepter la souffrance au risque d’en mourir, réagir au moment où çà bascule, çà dérape  ? Une écriture agréable vous permet de faire ce voyage dans l’aventure intérieure et d’en méditer la portée.


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