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Chemins de traverse VIII (3)
Auteurs D - L

L. Durrell

Voyageur impénitent selon les uns ou exilé volontaire selon les autres, Lawrence Durrell est un homme perpétuellement en quête de paysages et de rencontres.


Dans son univers essentiellement méditerranéen, les îles, les côtes, la mer, le soleil et les vignes sont les composantes fondamentales d’une oeuvre où résonnent, inlassables, les échos d’un profond bonheur de vivre. Un sens aigu de l’observation, servi par une écriture élégante et riche, donne à ses oeuvres un goût de réel et d’irréel confus.
La connaissance profonde des lieux, de l’histoire, le vécu des rencontres, l’imagination des situations, font que les œuvres de Lawrence Durrell présentent plusieurs niveaux de lecture et ravient le lecteur.

Issu d’une famille anglo-irlandaise, Lawrence Durrell est né en Inde en 1912. C’est à l’âge de douze ans qu’il découvre l’Angleterre où, après des études médiocres, il gagne sa vie comme pianiste de jazz dans une boîte de nuit. A partir de 1935, il s’installe à Corfou. Il a été successivement diplomate à Athènes, au Caire, à Alexandrie, à Rhodes, directeur du British Council en Argentine, attaché de presse à la Légation britannique de Belgrade, professeur à Chypre. Lawrence Durrell a terminé sa vie à Sommières dans le Gard où il est mort en 1990.

Les Iles grecques
Lawrence Durrell
Bartillat
LOI 910.4 DUR

Deux mille îles grecques… Grâce à elles, l’auteur a acquis une renommée considérable par ces ouvrages les décrivant. Ceux-ci ne sont pas à proprement parler des relations de voyage. " Il serait beaucoup plus exact, de les considérer comme des livres écrits en "résidence à l’étranger" ce qui explique la justesse des descriptions, les conseils avisés.

Il fallait le talent de Lawrence Durrell pour évoquer les îles en un volume charmant. En effet, Durrell a passé là de longues années de sa vie. Il y a puisé l’inspiration où les souvenirs personnels se mêlent aux descriptions des lieus, aux mythes et à l’histoire.

L’auteur s’intéresse à un très grand nombre d’îles : des îles ioniennes aux Cyclades en passant par les Sporades et d’autres encore. Ce panorama, vivant, évoque bien sûr les vestiges d’un passé fabuleux sans que les aspects concrets de la vie contemporaine soient oubliés. Durrell parle en connaisseur et en amoureux de ces sites. Son enthousiasme sait transmettre l’essentiel. Il s’émerveille devant la lumière, les ports ou la flore. Son érudition n’est jamais pesante.

Dans un style remarquable, Durrell mêle ensemble dans un même élan, une seule coulée, une égale harmonie, la description et l’évocation des sites, les habitants, l’architecture, l’archéologie et les souvenirs d’un voyageur exceptionnel.

Avec lui comme guide, nous naviguons d’île en île à la recherche de nouveaux éblouissements. Un livre agréable à lire qui accompagnera soit le voyageur dans sa visite, soit le lecteur dans son rêve des îles.

Santorin

"La ville est à environ trois cents mètres d’altitude. Sur la jetée où l’on débarque, une colonne de mules maussades attendent de hisser les visiteurs le long d’une échelle de Jacob qui n’en finit pas. De cet escalier aux nombreux et dangereux zigzags, le regard plonge vertigineusement dans l’oeil bleu turquoise de la mer couchée tout en bas. C’est un aventure. Le vieil hôtel Atlantis est tout en haut, à un endroit idéalement stratégique. On peut se calmer les nerfs en absorbant un ouzo ou un cognac, tout en jouissant du demi-lointain de la vue, dont la pareille est encore à trouver...

C’est tellement le moment clef du voyage dans les Cyclades que même le style dithyrambique est déplacé, s’agissant d’une expérience authentique, d’une impression réelle de notre sensibilité et non pas d’une simple curiosité."

L’Esprit des lieux :
Lettres et essais de voyage

Lawrence Durrell
Gallimard (Du monde entier)
LOI 910.4 DUR

Recueil de lettres et d’articles, L’Esprit des lieux nous fait assister aux principales étapes de ce long périple qui mena l’auteur de l’Inde où il naquit jusqu’aux environs de Nîmes où il a passé la fin de sa vie. Il a séjourné à Corfou, à Chypre, Rhodes, Athènes et Le Caire, en Yougoslavie et en Amérique du Sud.
Dans ce volume riche en anecdotes et en observations, Lawrence Durrell nous montre qu’il croit en l’essence des lieux et à l’influence des paysages sur la personnalité humaine. Une très belle écriture, riche en mots, en images, en émotions. Un livre que l’on garde pas trop loin de soit pour voyager et quitter le quotidien.

"Marlowe suivit des yeux la longue ligne de la côte qui paraissait s’étirer sous ses yeux comme une carte en relief : quadrillée de couleurs vives et nettes dans le soleil. Au nord, il y avait un énorme remous à la pointe de Lefkimo. Ailleurs, le miroir de la mer était immobile, comme indifférent à l’unique bateau de pêcheur à voile latine qui reposait sur elle, ne révélant ni creux, ni vague, ni ride. Vers l’est, se dressaient les montagnes perdues dans la brume. Très doucement, comme s’il doutait de sa puissance, un vent, dont le parcours avait de quelque manière évité l’eau éprouva la souplesse de deux cyprès nains dans le jardin et les fit osciller. "Je suppose que c’est toujours ainsi", finit-il par dire en ayant le sentiment d’avoir brisé le silence stupidement."




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Lieve Joris

Les Hauts plateaux
Lieve Joris
Acte sud (Aventure)
LOI 910.4 JOR


Sur les traces de son oncle missionnaire, de Minembwe à Uvira, en Afrique, Lieve Joris a marché pendant sept semaines au Congo de l’Est, non loin du Burundi et du Rwanda. Un pays de collines vertes, juxtaposition de peuples cultivateurs et de peuples éleveurs de vaches. Une région peu peuplée, résistante, restée à l’écart de la colonisation belge ; une région où se côtoient des ethnies et des tendances politiques pas forcément d’accord entre elles. Un petit bout de carte qui est pourtant éminemment important dans la géopolitique de l’Est africain.

Comme pour mettre un point final, après des années, à tout son travail de recherche affective, d’approche des contradictions, de suivi des conflits, d’empathie pour les habitants d’un pays que ses ancêtres ont colonisé, Lieve Joris a réalisé quelque chose de très simple : marcher de village en village, accompagnée d’un guide et de porteurs.

Lieve Joris se livre, dit sa fatigue, son énervement, et transcrit la misère, l’usurpation des pouvoirs locaux, les débordements de la religion sur des âmes crédules.

Elle traverse ces pays oubliés au milieu de l’immense Afrique trouvant ainsi l’opportunité de tenter des contacts aussi vrais que possible. Le récit de Lieve Joris, affectueux et cruel, progresse dans cet univers oublié du monde. C’est cette aventure qu’elle nous raconte dans "Les Hauts Plateaux", récit qui a obtenu le prix Nicolas Bouvier 2009.

"Que vas-tu faire là ? Il n’y a rien à voir chez nous. Enfoncés dans leur col, les gens marchent dans les collines et se mettent au lit à quatre heures de l’après-midi tellement ils s’ennuient."

Les avertissement de mes amis de la vallée résonnaient en moi. Il était préférable de rester en mouvement ici, car, dès qu’on s’arrêtait, le temps s’immobilisait. Personne n’avait besoin de moi, au contraire, je dérangeais , : je ne portais pas de pagne, tenais ma canne dans ma main gauche, ne témoignais pas de ma foi, ne venais pas apporter de moulins, de médicaments ni lancer des projets ou distribuer des bourses - oui que faisais-je ici, au fond ?"




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Francis Lacassin

Aventure en bottes de sept lieues
Francis Lacassin
Rocher (Littérature)
LOI 910.4 LAC

� ? quelle force mystérieuse obéissent les aventuriers délaissant la sécurité et le confort pour réaliser leurs rêves de conquête les plus fous à l’autre bout du monde ? C’est ce que tente d’élucider Francis Lacassin. En nous entraînant à travers différents destins prodigieux portés par une énergie hors du commun : la longue équipée d’Exmelin, chirurgien huguenot, aux côtés des flibustiers des Caraïbes au XVIIe siècle, la ruée vers l’or de Jack London dans le Grand Nord canadien en 1897, la mission d’évangélisation du père Evariste Hue dans l’Empire chinois de 1840, ou le reportage d’Albert Londres sur la traite des Noirs en Afrique coloniale de 1927, ou encore le pèlerinage à pied d’Alexandra David-Néel pendant huit mois vers Lhassa en 1924...


Destins qui s’écrivent entre une lutte épuisante pour la survie et des rencontres uniques en des temps et des lieux mythiques. Car le voyage finit par devenir une manière de vivre. Un cheminement étoile dans l’Histoire, où nous étanchons notre propre soif d’aventure au fil de pages palpitantes.

"Quel enfant n’a pas rêvé, en voyant le ciel et la terre se réconcilier après un orage, de partir là-bas où paraît finir l’arc-en-ciel ? Comme si le mystère de ce prodige lumineux gardait la porte d’un pays des merveilles. Un pays lointain accessible aux seuls initiés assez curieux et courageux pour triompher des épreuves qui en barrent le chemin."

Frédéric Lecloux

Lentement vers l’Asie
Frédéric Lecloux
Glénat (Hommes et horizons)
LOI 910.4 LEC

Istanbul sur les quais du Bosphore une envie soudaine de voyage. Pas une aventure, un voyage pour le voyage. Une vraie dérive vers l’Asie qui se donne le temps du monde et des gens. Le voyage commencera à bord d’un ferry pour Odessa, emmenant l’auteur et sa femme à petite allure. S’arrêtant au rythme des rencontres et des amitiés ou selon le bon vouloir des douaniers, le chemin continue, en train vers Moscou et l’Asie centrale, à l’avant d’un camion entre Kashgar et le Tibet occidental, à pied autour du mont Kailash, à l’arrière d’une jeep vers Lhassa, puis descend se poser à Katmandou pour quelques mois.

� ?couter un ingénieur russe épris de Boulgakov dans le train pour Alma-Ata, croquer la poussière des camions sur la route interdite de Kashgar au mont Kailash, apprivoiser l’odeur rance qui flotte sur Lhassa, regarder couler, avec les habitants de Katmandou, des journées douces et lentes... et mille autres scènes du quotidien construisent au jour le jour un voyage étonnant.

Cette lente route d’Istanbul à Katmandou chemine au fil de la curiosité, de l’émerveillement, de l’humour, de rencontres incroyables et des multiples paysages d’un quotidien revisité par une émotion qui recrée le monde et donne à voir.

« La maisonnée entièrement féminine nous adopta. La moitié de ces dames travaillaient également au salon de coiffure adjacent d’où l’on ressortait puant l’eau de rose et la raie sur le côté. Elles tuaient les heures creuses assises dans les fauteuils de la réception à causer ou à me faire parler à l’occasion. Puis pendant que je me concentrais sur le vocabulaire, les déclinaisons, elles y allaient d’une gestuelle troublante et ambiguë. L’une d’elles particulièrement pour me donner envie de sentir au moins ses mains dans mes cheveux, avait des manières efficaces de les croiser sur ses jambes bien faites et toutes satinées de nylon blanc. La dame du deuxième étage qui octroyait les clefs des douches contre cinquante tengués par personne, elle, me donnait plutôt envie de rester sale.

Puis il y avait Irina, notre dame d’étage. Elle était russe et amère. Elle avait besoin de parler comme nous de dormir. Quand elle pouvait nous coincer entre le corridor et la chambre, jamais elle n’hésitait : elle se lançait. Parfois, elle appuyait ses monologues de croquis frénétiques pour être sûre que je comprenais tout. Son ressentiment, elle voulait que je n’en perde pas une miette…que je me fasse une idée bien complète de son affreux destin, que j’en assimile tout le désespoir… La catastrophe de sa vie, c’était la Perestroïka ! »

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