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Chemins de traverse VIII (5)
Auteurs Ti - W

Anne-Sophie Tiberghien

Mon cœur s’appelle Amazonie
Anne-Sophie Tiberghien
Pages du monde

LOI 910.4 TIB disponible ?

En rupture avec notre monde, à la recherche d’une raison de vivre, Anne-Sophie Tiberghien, avec sa fille Samantha, atterrit à Puerto-Ayacucho, capitale d’Amazonie vénézuélienne, après huit années d’aventures à parcourir les continents. Désireuse d’approcher des tribus indiennes authentiques et difficilement accessibles, elles parviennent à remonter de pirogue en pirogue le fleuve Orénoque et à pénétrer sur leur immense territoire protégé au cœur de la jungle. A force de patience et d’oubli de soi, elles finissent par être acceptées et reconnues par une tribu yanomami.

Elles partagent la vie rude et téméraire de ce peuple fier, apprennent à survivre en milieu hostile et participent à la quête de gibier et de nourriture fraîche. Mais lors d’une migration rituelle des Yanomami, leur destin bascule.

Un matin, avec le chef de la tribu et ses épouses, Anne-Sophie tombe dans une embuscade tendue par des guerriers ennemis. Elle reçoit, dans le dos, une flèche empoisonnée au curare. Elle est laissée pour morte. Sauvée par les chamans, Anne-Sophie gardera pour les Yanomami une véritable fascination.

Publié pour la première fois en 1983 aux éditions Robert Laffont dans la collection « Vécu », ce récit foisonnant et émouvant retrace le parcours hors du commun d’une mère et de sa fille. La rage de vivre faite femme.

La réédition de ce témoignage exceptionnel, enrichi de photos et de textes inédits, permet de mieux comprendre la culture d’un peuple dont le territoire, la forêt tropicale amazonienne, est au cœur d’enjeux écologiques et économiques importants.

Anne-Sophie Tiberghien est membre de la prestigieuse Société des Explorateurs à Paris, aventurière, écrivain, reporter-photographe, cinéaste, Anne-Sophie Tiberghiern est une des rares femmes conférencière à Connaissances du Monde.

Un récit à découvrir pour les néophytes ou à purpleécouvrir.

"La nuit, j’aime me réveiller quand il n’y a plus de bruits ; Des feux s’étiolent, la braise s’endort sous la cendre. Le "cercle des feux" s’efface lentement dans l’obscurité sécurisante de la forteresse yanomami. Même les chiens dorment, blottis au plus près des foyers. Quelques braises, réveillées par le vent, sont alors des étoiles rouges. Elles se répondent en anneaux et courent en rond le long du Shabono. Tout est tranquille. J’ai du mal à croire qu’il y a tant de monde qui dort, tant de bruits dans la journée. J’entends souffler la terre. Les poitrines, au rythme lent du temps qui coule, se soulèvent et s’abaissent. Les peurs, les moqueries, les gênes, les incompréhensions, les difficultés sont absentes. J’ouvre, larges, mes poumons au ciel noir qui tresse à l’enceinte sa couronne de nuit. Je respire. Heureuse de vivre, d’être là, au coeur de cette vie, au centre de l’expérience choisie. Heureuse d’être vivante. De sentir Samantha contre moi endormie sans soucis, partageant le sommeil indien. Heureuse de demain qui viendra."

[...]

De jour en jour, montent les lourdeurs cinglantes de l’effroi. Gronde la peur sourde. L’ennemi, encore invisible, hante tous les esprits, se presse dans les conversations. Les regards se font inquiets, les cous se tendent, les têtes se tournent, les bruits, les cris retiennent davantage l’attention. Tous attendent l’attaque sur le qui-vive. Les nerfs sont à vif. L’imminence de la guerre est notre quotidien.

Un tout jeune garçon vient se blottir contre notre feu. Fort de sa maturité d’enfant de la jungle, il m’explique ce que tous purpleoutent et n’osent formuler :
"on attend les ennemis. Ils sont très en colère. ils ont beaucoup de flèches, leur territoire abonde du roseau nécessaire. ils viennent nombreux. Ils vont venir au conuco. Quand les femmes y seront pour manger et récolter, ils surgiront, les battront et les voleront. Il brûleront le verger, puis le shabono. Il ne restera rien d’ici. Ils vont flécher."



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Emile Vedel

Lumières d’Orient
Emile Vedel
Kailash (Bibliotheca asiatica)
LOI 910.4 VED


Marin et écrivain, Emile Vedel (1858-1937), évoque les lieux et les océans parcourus au cours de sa carrière d’officier de marine. Ses carnets de voyage sont parus en 1901, préfacés par Pierre Loti. L’auteur porte un regard enthousiaste, précis et parfois pittoresque sur Ceylan (Sri-Lanka), Madurai (Inde du Sud), Canton (Chine), la Polynésie, et surtout le Cambodge. En effet, c’est au travers de son évocation d’Angkor que ces récits ont établi leur notoriété : Pierre Loti s’en inspirant librement dans son Pèlerin d’Angkor. Dans un style imagé, Emile Vedel dessine sous nos yeux les temples khmers. Au long de notre lecture, ils apparaissent dans toute leur splendeur et leur fragilité. Puis, nous suivons l’auteur dans son voyage en Polynésie au travers de l’évocation de souvenirs, de rencontres et de réflexions (cités par Victor Segalen dans "Les immémoriaux"). Entre érudition et observation, histoire et anecdotes, ce sont des paysages et des civilisations qui renaissent entre les lignes.

Dès la lecture des épreuves, Pierre Loti disait : « Aucune inexactitude de détail. Le tout est charmant, plein de vie, de vitesse et de soleil. »

"Le ciel est d’une pureté magnifique, étincelant d’étoiles, l’air rafraîchi par l’humidité des bois. La terre exhale des senteurs violentes de fleurs inconnues et de moisissures perpétuelles. La clarté des torches s’embrume dans la vague de poussière que nous soulevons, et, pour se donner du courage contre les tigres très purpleoutés, les conducteurs entonnent une chanson gutturale, accompagnés par les clochettes des attelages. Ma petite caravane, enveloppée dans un nuage de sable et pailletée des lumières des torches, doit sembler à un cortège de feux follets galopant sous la forêt profonde vers quelque rendez-vous de sabbat.

Tout d’un coup, comme si l’on tirait brusquement un rideau, le bois s’ouvre sur la droite de la route, laissant apercevoir une immense clairière. Compeng-Keo allonge sa torche dans cette direction et me crie joyeusement :

" -Naï, Na¨ (maître, maître), Angkor-Wat ! "

A mes pieds, s’étend un large sillon tout sombre ; au fond, brillent des reflets d’étoiles ; c’est un fossé rempli d’eau large de trois cent mètres. devant moi, un pont s’allonge dans l’obscurité. Je cherche vainement de l’autre côté, en l’air, l’entassement de constructions que doit présenter le temple. Mais tout est trop éloigné, et les cimes des borassus et des arékiers qui se dressent au premier plan masquent les massifs de pierre. Sur ce trou, béant, ouvert dans la forêt majestueuse, plane un silence inquiétant, comme la nuit sait en faire dans les endroits de ruines.. »



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Michel Vieuchange


Smara
Carnets de route

Michel Vieuchange
Payot (Voyageurs)
LOI 910.4 VIE

1er novembre 1930. Smara, ville mythique, ville fantôme, abandonnée aux sables du désert de Mauritanie. Un Européen la sillonne, prend des photos, en lève le plan. Smara : son rêve. Il a vingt-six ans, il a lu Nietzsche et Rimbaud. Ces ruines, il leur parle - les tutoie. Déguisé en femme, caché dans un couffin, il a parcouru des centaines et des centaines de kilomètres. Ses pieds sont des plaies et il est pris par des pillards sans foi ni loi.

Chaque jour, il risque la mort à être découvert en ce territoire interdit, cette "zone dissidente", comme l’appellent pudiquement les militaires : refuge de tribus irréductibles, blanc sur les cartes, d’un blanc aveuglant qui se teinte peu à peu de noir pour l’explorateur brûlé par son rêve fou. Carnets de route, livre jamais écrit (Vieuchange meurt à son retour, dans les bras de son frère), ces notes fiévreuses, saluées par Claudel et Benveniste. Jamais en notre langue le désert n’avait été raconté, célébré avec cette âpreté, cette violence - et cette poésie.Si après soixante-dix ans « Smara », les carnets de route posthumes de cet explorateur aux mains nues est devenu un livre culte, il résonne aussi comme une énigme

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Astrid Wendlandt

Au bord du monde :
Une vagabonde dans le Grand Nord sibérien

Astrid Wendlandt
R. Laffont
LOI 910.4 WEN


Astrid Wendlandt est une journaliste franco-canadienne. Alors qu’elle est en Russie pour un reportage, son chemin croise quelques secondes le chemin d’un Nénets, venant de nulle part et partant vers l’horizon blanc. Cette vision la bouleverse. " Il est des appels que l’on ne peut ignorer toute sa vie. Je n’ai jamais vraiment su pourquoi. Les Nenéts sont devenus mon fil d’Ariane, les sentinelles de mon existence "

Alors que la culture inuit canadienne, dont les légendes ont bercé son enfance, "s’est dissoute dans le whisky, le cholestérol et la social-démocratie ", la culture Nénets s’est maintenue malgré l’effondrement du régime communiste et la collectivisation forcée. Pourquoi n’ont-ils pas été engloutis par la modernité ? C’est ce qu’Astrid va chercher à savoir en partant vivre quelques mois auprès d’eux.

Au bord du monde, l’impact de la société Gazprom est important car elle phagocyte toute la région pour profiter au maximum des ressources de gaz naturel enfouies sous le permafrost. Les Nenéts ne bénéficient pas des retombées de cette manne financière, sauf peut être des livraisons plus régulières d’alcool, des rotations des hélicoptères qui emmènent leurs enfants en internat à la ville pour les scolariser. La disparition de leurs traditions arrive au grand galop. Vont-ils succomber aux mêmes maux que les Inuits du Grand Canada ? L’auteur étant d’origine canadienne sait pourquoi elle s’interroge et fait bien le parallèle entre les deux peuples.

Comme le sous-titre l’indique, l’auteur nous raconte ses jours passés dans le Grand Nord sibérien au pays des Nenéts. Il ne s’agit en aucune façon d’un traité ethnologique sur les Nenéts. L’auteur présente également la Sibérie, la toundra, son rôle de prison à ciel ouvert sous le communisme, les conséquences sur ce fragile environnement du réchauffement de la terre. A travers ses rencontres russes et nénetses, Astrid Wendlandt va nous faire partager le quotidien difficile de ces familles qui dépendent entièrement de leur rennes.

L’écriture réaliste permet de bien visualiser les images du quotidien vécu. Le récit est bien documenté. De nombreux auteurs, économistes sont cités et la liste en est faite en fin d’ouvrage. Astrid Wendlandt parle également de sa quête de sens et de ce qu’elle y découvrira sur elle-même.

« Le temps passe vite mis s’écoule lentement. Les journées se répètent et ne sont jamais tout à fait les mêmes. Ce clan vogue sur un radeau en pleine mer. Chaque membre contribue à sa façon au bien-être du groupe : les anciens apportent leurs contes, les jeunes filles leurs talents de couseuses, les enfants leurs rires, les grands-mères leur esprit critique et les hommes leur dévouement aux rennes. Il y a toujours quelqu’un avec qui travailler, jouer, rire ou pleurer. Je mettrai la semaine à faire la connaissance de tous mes hôtes, soit une trentaine. Les membres du ce clan me donnent beaucoup et n’attendent rien de moi. Je me sens acceptée. Je n’aurais jamais imaginé nos échanges faciles, si fluides et si naturels. Je me prépare toujours au pire ? Grâce à cela, tout se passe bien. »

[...]

La jeune mère se penche sur son bébé et sussurre une berceuse : "Ecoute les clochettes, ne pleure pas, écoute les clochettes..."
Le petit ne dort pas. Il fixe la dent d’ours suspendue au-dessus de sa tête sur l’anse de son berceau. Elle le protège du mauvais oeil. Ses frères et soeurs se baladent sans surveillance parmi les rennes. "

[...]

Novy Urengoy doit sa naissance au froid. Les hommes n’y sont pour rien. Un coup de tête du ciel, selon la légende. Un soir, Noum volait au-dessus des plaines de Sibérie. Le froid mordit. Voulant cacher ses mains dans les plis de son manteau, il ouvrit les bras et les poches de gaz et de pétrole qu’il retenait, essaimèrent dans toute la toundra. Au fil des lunes, elles pénétrèrent la terre gelée. Des printemps plus tard, les Russes les décelèrent et se déclarèrent les nouveaux maîtres de la plaine. Vision nenets de l’histoire."



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Mariusz Wilk

Portage
Mariusz Wilk
Noir sur blanc (Littérature)
LOI 910.4 WIL

Le terme de portage désigne l’action de porter (souvent à dos d’hommes) une embarcation, quand la navigation d’un fleuve est interrompue par un obstacle. Par cette métaphore, Mariusz Wilk aborde la thématique du voyage, du chemin, des rencontres que l’on y fait et de la beauté de la nature du Grand Nord.

Dans de courts textes qui prennent souvent la forme d’un journal et de notes de voyage, Wilk explore les contrées dangereuses et sublimes des îles Solovki, dans la mer Blanche. En se basant sur des documents trouvés notamment dans les bibliothèques des monastères, l’auteur s’intéresse aux différentes populations des îles à travers l’histoire : schismatiques fuyant la répression au XVIIe siècle ; paysans affranchis du servage ; prisonniers des camps soviétiques basés aux Solovki, qui ont participé, souvent au prix de leur vie, au creusement du canal Belomor, qui relie la mer Blanche à la mer Baltique. Cette première partie est un peu ardue en raison de nombreuses références à l’histoire.

La seconde partie du récit, plus aisé à lire, raconte le voyage en bateau des îles Solovki au lac Ladoga, en Carélie, que l’on rejoint par le tristement célèbre canal Belomor.

Iconoclaste, provocateur, dans une prose âpre et vigoureuse, nourrie par ses lectures, ses réflexions et ses rencontres avec l’autre, Mariusz Wilk ne nous livre pas seulement une peinture du Grand Nord, mais de toute la Russie.

« Pendant le voyage en bateau de la mer Blanche au lac Ladoga, j’ai pris des notes, j’ai écrit mes pensées et mes rêves, le parcours, les rencontres avec les gens, la nourriture, les odeurs et les noms des plantes, les couleurs des nuages et les directions du vent ainsi que des bribes d’histoire lues pendant l’hiver. En un mot, j’ai jeté sur le papier le moment qui passait. »




Le Journal d’un loup
Mariusz Wilk
Ed. Noir Sur Blanc
LOI 910.4 WIl

Retiré dans les îles Solovki, de la mer Blanche, Mariusz Wilk (wilk ou loup), jeune journaliste polonais, observe la vie de ce petit archipel oublié et tente, au travers de ce microcosme, d’expliquer le quotidien, les contradictions, les grandeurs et la décadence de ce vaste pays en pleine mutation qu’est la Russie. Riche en anecdotes et en détails historiques, le récit de Wilk dépasse le cadre du reportage journalistique. Vrai témoignage « de l’intérieur », il livre une vision passionnée et fascinante de la Russie postsoviétique. Un regard fasciné, complice, parfois décalé. Une tranche de vie par un amoureux de la Russie.

"Les nuits blanches, sur l’archipel de Solovki, diffusent des lueurs douces, dans des tons lilas, allant de violets déteints au premier plan, tout près de la rive, à l’amarante qui s’intensifie au loin, sur la ligne d’horizon, où le soleil se noie dans la mer en un clin d’oeil. L’eau, le ciel, les nuages et les pierres présentent toutes les nuances de rose ; même la brume et l’écume ont l’air d’une mousse couleur de canneberge. Pendant les nuits blanches, la mer Blanche est une mer d’huile : pas un frisson, pas une ride ; on dirait un grand miroir obscurci dans lequel se refléteraient l’archipel et les hommes. Et où l’on se refléterait soi. Des hommes sont assis dans leurs bateaux ; noirs dans le contre-jour, on dirait qu’ils n’existent pas ; ils forment des trouées sombres sur le fond lilas."



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