Accueil > Les collections > Bibliographies > Musique, Cinéma, Arts & Loisirs > Musique > Claude Debussy (1862-1918)
Claude Debussy (1862-1918)

Comme Claude Monet en peinture et Stéphane Mallarmé en poésie, Claude Debussy a su créer un style particulièrement nouveau en libérant la musique de ses formes conventionnelles. Son style s’illustre dans une conception nouvelle de l’espace musical, autant dans le répertoire intimiste que dans le genre orchestral.

Biographie


Debussy enfant
Achille Claude Debussy naît à Saint-Germain-en-Laye, le 22 août 1862. Rien ne destinait Debussy à la musique : ni ses parents, qui le destinaient à la carrière de marin, ni ses proches n’avaient de don pour la musique. Il ne fut vraiment découvert que grâce à Mme Mauté de Fleurville, élève de Chopin, qui lui transmit l’amour du piano.

Les années d’apprentissage : 1872-1884

Préparé par Antoinette Mauté de Fleurville, il se présente puis est admis au Conservatoire de Paris en 1872. Il obtient des prix pour le solfège et un second prix de piano en 1877.

De 1877 à 1880, il étudie l’harmonie et compose ses premières mélodies. En 1880, il est recommandé à Madame Nadejda von Meck, protectrice de Tchaïkovski, qui l’engage comme professeur de piano pour ses enfants. Le jeune Debussy étudie la composition. Il gagne sa vie comme accompagnateur dans une classe de chant.

Claude Debussy au piano dans la propriété d'Ernest Chausson à LuzancyDurant les étés 1881 et 1882, il rejoint Madame Van Meck en Russie. Grâce à ces séjours en Russie, prolongés par des voyages en Autriche et en Italie, Debussy sort de son milieu étroit parisien, s’enrichit sur le plan culturel et fait des rencontres déterminantes : à Venise il rencontre Wagner, à Vienne il entend Tristan pour la première fois, en Russie il découvre les chants tziganes, Moussorgsky et Boris Godounov.

En 1884, il remporte le prestigieux Prix de Rome avec la cantate L’Enfant prodigue et obtient une place à la Villa Médicis pour trois ans.

La construction d’un langage musical propre – La vie de bohème (1884-1892)

Il écourte son séjour à Rome et rentre en France après seulement deux ans. Le séjour à la villa Médicis fut très mal vécu par Debussy : il s’ennuie, il trouve l’atmosphère guindée irrespirable.

De retour à Paris, il fréquente les milieux littéraire et artistique où il rencontre les poètes symbolistes. Il se lie d’amitié avec Paul Dukas, fait la connaissance de Mallarmé.

Les premiers chefs-d’œuvre (1890-1903)

Debussy et LilyInspiré par les textes de Mallarmé, Debussy amorce, en 1892, la composition du Prélude à l’Après Midi d’un faune. Terminée en 1894, l’œuvre est un triomphe.

Il compose Nocturnes (Nuages, Fêtes et Sirènes) : inspirée par la peinture de Whistler, cette œuvre maîtresse sort définitivement des schémas symphoniques traditionnels. L’harmonie et la couleur instrumentale forment un ensemble parfaitement homogène.

En 1899, Debussy se marie avec Rosalie (Lily) Texier. Il commence à être recherché, rencontre des personnalités telles que Léon Daudet, Reynaldo Hahn, Marcel Proust. Sa situation matérielle s’améliore grâce à sa collaboration à la Revue Blanche.

1902, L’année de Pelléas

Projet de décor pour "Pélléas et Mélisande"En 1893, il assiste à la première représentation de Pelléas et Mélisande, une pièce de Maurice Maeterlinck, il en est vivement impressionné. Le jeune compositeur décide de mettre la pièce en musique, il y travaillera dix ans.

Pelléas est créé à l’Opéra Comique de Paris en 1902, mais dans une ambiance des plus houleuses créée par Maeterlinck (avec qui Debussy s’est brouillé). Le chef d’orchestre garda son sang froid et l’œuvre put être terminée. Les critiques furent mauvaises, mais la deuxième représentation fut un triomphe. Debussy devient un compositeur célèbre et reconnu par ses pairs.

avec sa fille Claude-Emma ("Chouchou")En 1903, Debussy fait la connaissance d’Emma Bardac, femme belle, brillante, musicienne. Ils se marient après avoir divorcé tous les deux. Désormais, Debussy vit une vie tranquille et à l’abri du besoin. En 1905 naquit sa fille chérie, Claude-Emma (pour qui il écrira Children’s Corner, une suite pour piano seul).

Pelléas triomphe dans le monde entier, le grand compositeur français atteint la célébrité.

L’après Pelléas et Mélisande et les années de maturité : 1905-1912

Edition originale de la partition de "La Mer" (1905)Debussy compose un poème symphonique, La Mer (1905). La structure musicale est riche, la conception des timbres y est audacieuse et très nouvelle. Si le succès n’est pas immédiat, de nombreux compositeurs contemporains ont vite été fascinés par cette œuvre.

Avec les deux livres de Préludes pour piano (1909-12) aux titres évocateurs (Voiles, Le vent dans la plaine, Des pas sur la neige, Brouillards, La terrasse des audiences au clair de lune...), Debussy prouve une fois de plus que la couleur et les thèmes musicaux priment ainsi que parfois une grande audace harmonique.

Parallèlement à sa carrière de compositeur, Debussy publie de nombreux articles dans des journaux ou revues, en qualité de critique musical.

Commencées en 1905, les Images pour orchestre sont achevées en 1912. Elle sont consacrées à l’Ecosse pour Gigues, à l’Espagne pour Iberia, et à la France pour Rondes de printemps.

Dernières grandes compositions (1912-1917)

Sur un argument et une chorégraphie de Nijinski, Debussy compose un ballet, Jeux, sur le thème de la jalousie amoureuse. Le ballet est créé en 1913 mais le scandale du Sacre du Printemps de Stravinski a fait oublier le raffinement et l’écriture toute aussi moderne de l’œuvre de Debussy. Au bord de la Marne

Il continue à signer ses plus belles pages. En 1915, il dédie à Chopin ses deux livres d’Etudes pour piano, chefs-d’œuvre de la littérature pianistique.

Il compose ensuite des sonates dans l’esprit français du XVIIIème siècle. La Sonate pour piano et violon de 1917 est très prisée des musiciens et du public. Debussy aura du mal à la terminer, il est déjà très malade.

Dès 1910, Debussy souffre d’un cancer au colon dont l’évolution est lente et douloureuse. Pourtant, le compositeur entame une tournée en novembre 1913, à Saint-Pétersbourg. Toutes ses représentations sont couronnées de succès.

Il s’éteint le 25 mars 1918 dans un Paris encore en guerre.


Découvrir Claude Debussy en 10 œuvres


Prélude à l’après midi d’un faune (1894) Projet de décor pour "Prélude à l'après-midi d'un faune (Léon Bakst)

Le Prélude à L’Après-midi d’un faune est une œuvre symphonique. Elle est créée le 22 décembre 1894 à Paris. Debussy écrit dans sa note explicative : « La musique de ce Prélude est une illustration très libre du beau poème de Mallarmé [L’Après-Midi d’un faune] ; elle ne prétend pas en être une synthèse. Il s’agit plutôt de fonds successifs sur lesquels se meuvent les désirs et les rêves du faune dans la chaleur de cet après-midi ».
MUS 3 DEB 27

Nocturnes (1899)

Les Nocturnes est un triptyque symphonique avec chœur de femmes en trois tableaux symphoniques. Le projet initial est né de la vision de tableaux du peintre américain James Whistler que Debussy appréciait. Composés entre 1897 et 1899, les trois nocturnes sont Nuages, Fêtes et Sirènes. Les deux premiers furent créés le 9 décembre 1900 à Paris aux Concerts Lamoureux, l’œuvre entière le 27 octobre 1901.
MUS 3 DEB 20

Pélleas et Mélisande (1902)

Debussy signe là le premier ouvrage lyrique qui fait entrer la musique dans la modernité fracassante du XXème siècle. Il s’agit d’un manifeste décisif qui inscrit désormais de nouvelles perspectives esthétiques pour la musique, en particulier dans sa relation avec le texte. L’opéra, comme la pièce de Maeterlinck, est une transposition du mythe de Tristan et Yseult : deux jeunes gens sont irrésistiblement amoureux ; leur amour est interdit par la présence d’un mari âgé et violemment jaloux et ne peut s’accomplir que dans la mort.
MUS 3 DEB 35

La Mer, Trois esquisses symphoniques pour orchestre (1905)

La Mer, trois esquisses symphoniques pour orchestre est une œuvre orchestrale. Sa composition est achevée en 1905 pendant le séjour de Debussy sur la côte de la Manche à Eastbourne. La pièce n’est pas très bien reçue (en raison surtout d’une mauvaise exécution), mais est devenue au fil du temps une des compositions orchestrales de Debussy les plus jouées. Le critique Marnold fait preuve d’une compréhension qui touche Debussy : "Il y a des pages, écrit-il, où l’on croit côtoyer des abîmes et discerner jusqu’au fond de l’espace."
MUS 3 DEB 20

Suite bergamasque, Clair de lune (1905)

La Suite bergamasque est une pièce pour piano, publiée en 1905. Elle compte parmi les plus célèbres de ce compositeur et est souvent considérée comme une des plus fascinantes. Le troisième mouvement est le célèbre Clair de Lune, un chef d’œuvre de douceur et de tendresse.
MUS 3 DEB 11.11

Préludes, livre I (1910) ; Préludes, livre II (1912)

Les deux livres de Préludes pour piano furent composés entre décembre 1909 et avril 1913. Bien que considérés comme un sommet de la musique impressionniste, ces Préludes doivent être regardés comme une invitation au voyage et à la rêverie. Le musicien prend soin de n’indiquer les titres de ses Préludes qu’en fin de morceau, de façon à permettre à l’interprète de découvrir ses impressions propres. Les titres étaient choisis pour créer chez l’auditeur des associations d’images ou de sensations.
MUS 3 DEB 11.11

Images pour orchestre (1912)

Images pour orchestre est une œuvre pour orchestre en trois parties : Gigues, Ibéria, Rondes de printemps. Debussy composa la musique entre 1905 et 1912. Il avait d’abord pensé écrire cet ensemble d’images pour deux pianos, comme une suite aux Images pour piano, mais c’est finalement pour l’orchestre que l’œuvre a été arrangée.
MUS 3 DEB 20

Jeux (1913)

Jeux est un ballet en un acte commandé par Diagilehv, chorégraphié par Vaslav Nijinski. Celui-ci en fait une œuvre difficile, qu’il rend confuse par le mélange de mouvements « modernes » (inspirés du tennis, du golf) et de danse académique. Le matin de la première (1913), Debussy fait paraître dans Le Matin un article prenant ironiquement ses distances avec la chorégraphie de Nijinsky. Le ballet est accueilli froidement. Ultime œuvre pour orchestre du compositeur, son importance n’a cessé d’être réévaluée au cours du XXéme siècle.
MUS 3 DEB 20

Etudes (1915)

Les douze  ?tudes pour piano ont été composées en août et septembre 1915. Comment ne pas penser aux  ?tudes de Chopin, à la fois cheval de bataille technique de tous les pianistes, et fabuleuses pièces de concert à la musicalité irréprochable ? Comme chez Chopin, les études de Debussy n’appellent pas une virtuosité froide, elles transcendent la fonction pédagogique. Pour le reste, ces études sont un véritable monde à part. Elles sont la synthèse de tout l’univers pianistique de Debussy, la clé qui permet d’y pénétrer, aussi bien sur le plan technique que "spirituel".
MUS 3 DEB 11.11

Sonate pour violon et piano (1917)

Dédicace à Emma Debussy. Cette sonate appartient à un cycle inachevé de ″Six sonates pour divers instruments, composées par Claude Debussy, musicien français″ (page de titre de l’édition originale), cycle entamé en 1915. Debussy est déjà très malade quand il compose cette troisième et dernière sonate instrumentale à Arcachon en 1917.
MUS 3 DEB 12.41

Version imprimable de cet article Imprimer

Rester connecté

Newsletter :


Votre navigateur n'accepte pas le Javascript ou bien votre Plugin Flash n'est pas à jour (version 7 minimum). C'est dommage, c'est plus joli avec...

Auditorium Médiathèque
L’Ecoute-aux-Portes Médiathèque    Forum Médiathèque    Galerie Médiathèque    Libris Café Médiathèque    Salle de réunion Médiathèque
Bibliothèque Mont-Valérien    Bibliothèque Renoir    Bibliothèque Les Mazurières    Tout public    Professionnel
Jeunes    Adultes    Exposition    Conférence    Rencontre-Débat
Atelier    Projection    Conte    Concert    Visite
Spectacle    Littérature    Art    Cinéma    Patrimoine
Sciences    Société    Histoire    Actualité    Jeunesse
Musique    Poésie    Théâtre    Philosophie    Photographie
Médiathèque    Bibliographie    Coup de coeur    Dossier