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Claude Parent, l’œuvre construite, l’œuvre graphique
Présentation et sélection bibliographique, février 2010

L’exposition


Reconnu aujourd’hui par les jeunes générations, Claude Parent fut longtemps oublié, marginalisé dans une utopie qui fascine encore hors de nos frontières, en Amérique comme en Asie. “Utopiste du territoire”, comme le qualifiait récemment Paul Virilio, son complice dans l’aventure de la “Fonction oblique”, Claude Parent est l’un des héros de la modernité.

L’expérimentation est son champ d’investigation permanent. On lui doit deux des icônes de l’architecture contemporaine : la Maison de l’Iran à la Cité universitaire de Paris et l’église Sainte-Bernadette du Banlay à Nevers. Auteur également de « maisons cultes » comme la Maison Drusch à Versailles (le célèbre cube renversé), ou la Maison Bloc à Antibes, Claude Parent a travaillé en série sur deux programmes qui manient la grande échelle : les centres commerciaux et les centrales nucléaires. Pour EDF, il deviendra en quelque sorte le directeur artistique du programme “architecture du nucléaire” et dessinera personnellement deux “Maisons de l’atome” sur les sites de Cattenom et de Chooz.

Parallèlement à l’œuvre construite se développe l’œuvre graphique. L’exposition exploite la mine d’archives, notamment maquettes et dessins, conservées par le FRAC Centre (à l’initiative de Marie Ange Brayer et Frédéric Migayrou - ce dernier étant commissaire de l’exposition, aux côtés de Francis Rambert, directeur de l’Ifa) et l’Institut français d’architecture.

L’exposition s’attache aussi à mettre à jour les influences affichées ou non des idées de Parent dans le travail d’autres architectes, dont Rem Koolhaas, Snohetta ou Zaha Hadid...
Le parcours de Claude Parent est jalonné de rencontres décisives avec des personnalités comme Ionel Schein, André Bloc, Paul Virilio, mais aussi des artistes comme Nicolas Schöffer, Jean Tinguely, Yves Klein. Autant de « périodes » de son œuvre ou de collaborations ponctuelles qui font de cet architecte une figure complexe dont le visiteur de l’exposition découvrira toutes les facettes.

Cité de l’architecture et du patrimoine, 20 janvier au 2 mai 2010


Biographie


Claude Parent, né le 26 février 1923 à Neuilly-sur-Seine, est un architecte français connu, avec Paul Virilio, pour son œuvre sur l’architecture oblique. Professeur avec lui à l’  ?cole spéciale d’architecture à Paris, ils ont formé dans leur atelier plusieurs grands noms de l’architecture contemporaine française, comme Jean Nouvel.

Il obtient le grand prix national de l’architecture en 1979 et il est élu président de l’Académie d’Architecture, puis membre de l’Académie des Beaux-Arts en 2005.

Claude Parent, architecte créateur de l’architecture oblique, polémiste, animateur, publiciste est né en 1923. Ses études d’architecture, inachevées, ont été précédées d’études scientifiques (préparation à Polytechnique, mathématiques supérieures, mécanique rationnelle, etc.), mais "il a obtenu le privilège de figurer parmi les huit professionnels inscrits à l’Ordre sans posséder de diplôme" (enquête du journal Le Monde, 1966).

Il a vingt six ans lorsqu’en 1949, après un stage de deux ans aux Monuments historiques, il rencontre Ionel Schein avec qui il travaillera jusqu’en 1955 ; tous deux seront "enfants de Le Corbusier".

En 1951, il rencontre André Bloc, fondateur de la Revue Art d’Aujourd’hui, et l’année suivante, ce sera la rencontre avec Nicolas Schöffer, rencontre fondamentale que Michel Ragon décrit dans son livre Monographie critique d’un architecte : Claude PARENT (ed. Dunod, Paris, 1982).

La première rencontre avec l’utopie, sans doute même la révélation de ce que pouvait être l’utopie architecturale, s’est faite en 1952 avec la rencontre de Nicolas Schöffer.

Parent et Schein, alors étudiants à l’école des Beaux-Arts, virent par hasard, rue Bonaparte, en voisins, à la Galerie Mai, une exposition qui était la risée de la plupart de leurs condisciples, celle d’un sculpteur qui présentait des sortes de tours d’acier et d’aluminium : Nicolas Schöffer.

Schöffer traduisait alors en sculptures le langage plastique de Mondrian. Imprégné des idées du constructivisme russe (alors pratiquement totalement inconnu en France) du néo-plasticisme du Stijl, et des théories du Bauhaus, la rencontre de Schöffer fut pour les deux étudiants la découverte d’un monde totalement inconnu.

Leur ambition, qui répondait à celle de Schöffer, était de traduire ce même langage que le sculpteur avait réussi à faire passer dans la troisième dimension, dans le domaine de l’architecture et même de l’urbanisme. Pendant quatre ans (1952-1955), Parent et Schöffer multiplièrent les dessins, les maquettes et les textes affirmant leur volonté de créer une architecture et un urbanisme "spatio-dynamique", c’est à dire où une "modification permanente des volumes, donc un mouvement implicite apparent de ces volumes" serait engendré par le mouvement de l’utilisateur. Leur première réalisation concrète fut, au Salon des Réalités nouvelles de 1953, une Maison de la Radio et de la Télévision. Cette maquette est signée Schöffer sculpteur, Parent et Schein architectes.
Mais la séparation de Parent et Schein va s’opérer pendant cette collaboration avec Schöffer et c’est Parent seul qui étudiera avec Schöffer la "ville spatio-dynamique".

De longues unités d’habitation en bandes, à deux niveaux, supportées par des pylônes de seize mètres de haut ; des hélicoptères bourdonnant autour des bâtiments ; des automobiles circulant entre les pylônes... "C’était magnifiquement schématique, dit aujourd’hui Parent, bête à pleurer à l’éclairage de l’Histoire, enthousiasmant et rempli du bruissement continu de la passion".

Mais même André Bloc, qui pourtant avait accueilli Nicolas Schöffer dans le Groupe Espace, où il jouait un rôle extrêmement actif, refusa de prendre au sérieux "la ville spatio-dynamique" et de la publier dans l’Architecture d’Aujourd’hui.

Pourtant le travail théorique de Schöffer et Parent faillit se concrétiser deux fois : la première avec un super-marché à Chatenay-Malabry .(..que) l’architecte-en-chef du secteur a refusé ; la seconde avec deux habitations qui, dans le cadre d’une exposition à St Cloud, auraient échangé entre elles des informations dans un parc. Mais le prêteur ayant demandé d’écrire en lettres géantes le nom d’une marque d’apéritif sur leur réalisation, celle-ci fut abandonnée.

Claude Parent précise que la théorie spatio-dynamique fut avant tout l’idée de Schöffer et qu’il a servi à ce dernier de technicien sensible, qu’il a aussi consacré son premier argent d’architecte à construire les trois maquettes des architectures spatio-dynamiques et, qu’enfin, c’est grâce à Nicolas Schöffer qu’il a pu rencontrer Polieri (qui allait lui ouvrir le domaine utopique du théâtre) et Pierre Henry par lequel il allait aborder très tôt le domaine alors expérimental de la musique concrète.

« Schöffer, Yves Klein, Polieri, Agam, Virilio ont été de merveilleux compagnons de l’utopie. Aucun d’entre eux n’avait eu une formation d’architecte. Tous étaient, à des titres divers, des "artistes ».

Quand Ionel Schein et Claude Parent se seront séparés de Schöffer, ils s’attacheront à traduire en architecture des formes crées par des sculpteurs.

Et Claude Parent de confier à Michel Ragon : "Jusqu’en 1970, ce qui m’a sauvé de l’architecture ambiante, ce sont les artistes. C’est grâce à eux que je suis vivant".


La fonction oblique


Dès le débuts des années soixante, Claude Parent s’impose à lui même une rupture par la mise en crise du formalisme d’un certaine continuité spatiale. L’apparition de la discontinuité dans son langage architectural le conduit à construire un nouveau vocabulaire architectural.

Avec la construction de l’ ?glise Sainte Bernadette entre 1963 et 1968, il affirme l’avènement d’une culture de l’oblique et accomplit ici ses recherches sur le brutalisme. La culture de l’oblique, en rupture avec le traditionnel plan horizontal, est le projet de sa carrière qu’il conduira, porté par une grande inspiration utopique et sociale, accompagné par la pensée critique de Paul Virilio qu’il rencontre quelques années plus tôt.

Jusqu’au milieu des années soixante-dix, Claude Parent poursuit ses recherches sur ce qu’il appelle "La Fonction Oblique" et tente de déployer ce vocabulaire à différents projets, notamment des projets d’habitations. Seuls quelques projets trouvent leur concrétisation : on citera l’appartement d’Andrée Bellaguet à Neuilly en 1971, le réaménagement de son propre appartement à Neuilly en 1973, ou encore la maison de l’artiste Michel Carrande à Soual en 1974. Avec le réaménagement de son propre appartement, Claude Parent fait preuve d’un rare investissement personnel puisqu’il va jusqu’à prouver qu’il habite lui même un espace dessiné selon ses théories sur les plans obliques.

Au cours des années suivantes, bien que la fermeture de son agence dans le milieu des années soixante-dix ait apporté une période de doute, il continue ses recherches graphiques et persévère au développement d’un vocabulaire spatial toujours plus riche comme en témoignent ses travaux "Colères et envahissements" en 1973, "Habitat Oblique" en 1973, "Cascades et Tombes" en 1974. Parallèlement à ses expérimentations graphiques, Claude Parent cherche à impliquer concrètement l’oblique dans des programmes beaucoup plus concrets (Concours du Plateau Beaubourg en 1970, le projet de la ville oblique La Colline en 1971, les bureaux EDF à Libreville au Gabon en 1973, l’Hôtel de Ville de Monceaux-les-Mines en 1973).

Quelques réalisations

— Villa André Bloc, Antibes (1961)

— Maison « Bordeaux le Pecq » (1966)

—  ?glise Sainte-Bernadette du Banlay, Nevers (1963-1966)

— Villa Drusch à Versailles

— Pavillon français de la Biennale de Venise (1970)

— La fondation Avicenne (ex-pavillon d’Iran à la Cité internationale universitaire de Paris), Paris avec Moshen Foroughi et Heydar Ghiai.

— La centrale nucléaire de Cattenom, dont le Centre d’Information du Public (Maison de l’Atome)

— Le collège Vincent d’Indy (1988) sur l’avenue Vincent-d’Indy à Paris.

— Le Théâtre Silvia-Monfort (1991)

— Le centre d’animation de Roissypole Aeroport de Roissy Charles de Gaulle (1995)

— Siège « EDF Industries » avec B Reichen et P. Robert, Saint-Denis (1998)













Bibliographie


Parent-Virilio : grandes conférences
Réal. par Gilles Coudert
Après, 2009 (Rémanence)
ART 720.1 PAR (DVD)
Réal. dans le cadre du cycle des Grandes Conférences conçues par Alain Julien-Laferrière et organisées par le Centre de Création Contemporaine et l’université François Rabelais à Tours le 11 décembre 1996.
La collaboration entre Claude Parent et Paul Virilio dans le cadre du groupe Architecture Principe (1963/65) a été pour l’histoire de l’architecture contemporaine un moment décisif. Cette conférence est le lieu d’une confrontation passionnante et émouvante entre ces deux esprits dont les positions théoriques sur l’architecture et le monde contemporain sont parmi les plus audacieuses et significatives de ces trente dernières années.

Claude Parent : l’œuvre construite, l’œuvre graphique : catalogue de l’exposition de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine
HYX, 2010
En commande
Mise en lumière de l’œuvre architecturale de Claude Parent avec la présentation de son œuvre graphique. Présentation de diverses réalisations : maison Morphain (La Celle-sur-Seine), théâtre de Dakar, église Sainte-Bernadette du Banlay (Nevers), appartement d’André Bellaguet (Neuilly-sur-Seine) et de divers projets.

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