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David BOWIE

Le dernier vidéoclip de David Bowie pour la chanson Lazarus, diffusé le 7 janvier, montrait le chanteur, le visage à moitié caché sous un bandeau sur un lit d’hôpital. Il avait suscité quelques commentaires de fans qui voyaient là comme une image annonciatrice. Le matin du 11 janvier, le compte Facebook officiel de l’un des artistes les plus réputés du monde de la pop et du rock a annoncé sa mort, survenue le 10 janvier, à New York, « paisiblement, après une bataille courageuse de dix-huit mois contre le cancer ».

Toujours innovateur et excentrique, David Bowie a su toucher plusieurs générations avec ses chansons en mêlant au rock de nombreuses autres influences musicales.
Ziggy Stardust, Aladdin Sane, le Thin White Duke, et l’icône glam, la star ’’eighties’’ peroxydée, le réfugié berlinois. David Bowie est là, quelque part, irréductible à l’une ou l’autre de ces apparitions, premier artiste pop à avoir considéré la métamorphose comme un moteur systématique de la création.
Avec ces masques bien plus intimes que leur sophistication ne pourrait le laisser entendre, c’est toujours un chanteur qui s’exprime publiant une quantité de disques majeurs pour l’époque, classiques aujourd’hui.

Un demi-siècle après ses débuts, la carrière protéiforme de David Bowie représente encore un modèle en termes d’art audiovisuel, constamment à la frontière de l’avant-garde et du divertissement. Croisement d’influences et de collaborateurs sans cesse renouvelés – notamment Andy Warhol, Brian Eno, Nile Rodgers ou Nine Inch Nails – l’œuvre de Bowie se veut en perpétuelle mutation.

Bowie était à l’honneur lors d’une exposition au Philharmonie de Paris du 03 Mars au 31 Mai 2015.


Haut de pageDavid Bowie
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ALBUMS STUDIO (1967-2013)

DAVID BOWIE
[Decca]
Enr. 1967
2 BOW
(en commande)

Avec ce premier album, on est à des années lumières des expérimentations et de la créativité dont l’anglais fera preuve par la suite. Ici, le style est des plus conventionnels pour l’époque, en 1967. Les 14 titres présents sont des chansons au format radio standard, dépassant rarement les 3 minutes. Le chant si reconnaissable de Bowie est bien sûr présente et on peut déjà remarquer un certain talent au niveau mélodique.

SPACE ODDITY
[Mercury / EMI]
Enr. 1969
2 BOW disponible ?

"Space oddity"... Voilà le véritable départ de... "l’odyssée" de David Bowie ! Ce deuxième album laisse mieux appréhender le génie et le style du encore tout jeune (22 ans) anglais. C’est donc ici, avec en particulier, le single "Space oddity", que Bowie connait le succès pour la première fois. Bien au-delà de ce titre acoustique ultra-connu, l’album comporte des morceaux tous très personnels, toujours sur une base folk, mais avec de plus en plus de rock.

THE MAN WHO SOLD THE WORLD
[Mercury / EMI]
Enr. 1970
2 BOW disponible ?

Une chanson emblématique, celle qui a donné son titre à l’album paru en 1970, et qui sera même reprise fidèlement sur un live de Nirvana, aura suffi à faire de ce disque, une oeuvre centrale de David Bowie. C’est l’occasion de faire connaissance avec un Bowie qui flirte avec la science-fiction et l’électricité. Celle de la guitare de Mick Ronson irradie des titres comme "The Width Of A Circle" ou "Black Country Rock", la production de Tony Visconti - et son jeu de basse omniprésent - la rendant encore plus vicieuse, surtout dans les solos. Mais Bowie ne serait pas déjà Bowie s’il n’y avait des chansons comme "All The Madmen", avec ses vocaux théâtraux, ses arrangements imaginatifs, et toujours cette façon de chanter entre deux eaux. Cette ode à la folie, avec la voix bizarre, affectée, est autant une déclaration au monde qu’une profession de foi. Celle d’un artiste qui proclame son identité avec laquelle les années suivantes devront compter.

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HUNKY DORY
[RCA / EMI]
Enr. 1971
2 BOW disponible ?

’’Hunky Dory’’ adopte des atmosphères plus traditionnelles que ’’The Man Who Sold The World’’ . La production est élégante à l’image de la pochette montrant le chanteur dans une pose à la Lauren Bacall. Sont réunis le guitariste Mick Ronson, le batteur Mick Woody Woodmansey et le pianiste prodige Rick Wakeman qui illuminera l’album de couleurs ’’cabaret’’.Trevor Bolder, remplace Tony Visconti à la basse. Quand David Bowie publie ’’Hunky Dory’’, le monde n’est pas tout à fait prêt à entendre ces histoires d’androgynes, adeptes d’Oscar Wilde. Lui, en revanche a pensé toute son entreprise, et avec cet album, il s’apprête à installer durablement son nom, ses métamorphoses et ses obsessions dans le paysage musical. ’’Hunky Dory’’ renferme tous ces ingrédients, des chansons comme "Changes" et "Life On Mars ?" diffusent instantanément l’insolent génie de Bowie. Un brin de cynisme pour ces textes irrévérencieux, et surtout un sens redoutable de la mélodie et des arrangements. ’’Hunky dory’’, pour certains fans, est le premier classique de Bowie. Sa grande cohérence et les immenses progrès vocaux du chanteur font de ce disque un chef d’œuvre indiscuté.

THE RISE AND FALL OF ZIGGY STARDUST
[RCA / EMI]
Enr. 1972
2 BOW disponible ?

’’The Rise and Fall of Ziggy Stardust’’ est aux années 70 ce que ’’Sgt. Peppers Lonely Heart’s Club Band’’ fut aux années 60. ’’Ziggy Stardust’’ est le premier album ’’post-moderne’’ selon les critiques à sa sortie. Cet album concept ultime, compilation de morceaux autour d’un thème de science fiction racontant l’histoire d’un extraterrestre venu d’une planète inconnue qui va accomplir une trajectoire de rock star sur la planète terre, va permettre à David Bowie d’accéder enfin à ce statut de star si convoité. Le groupe resserré autour de Bowie (guitare et saxo) comprend le guitariste et arrangeur Mick Ronson, la paire rythmique de Trevor Bolder à la basse et Mick Woodmansey à la batterie. Doté d’un groupe solide, The Spiders From Mars et d’un son souple et sobre, David Bowie peut dérouler l’histoire du premier personnage de sa carrière, ’’Ziggy Stardust’’. A sa sortie en juin 1972, ’’The Rise and Fall of Ziggy Stardust’’ grimpe immédiatement dans les premières places des charts anglais et consacra David Bowie comme super-star.

ALADDIN SANE
[RCA / EMI]
Enr. 1973
2 BOW disponible ?

1972, Bowie vient non seulement de livrer à la face du monde un album de légende ("Ziggy Stardust") mais il produit coup sur coup trois disques essentiels pour l’avenir du rock : "Raw Power" d’Iggy & the Stooges, "Transformer" d’un Lou Reed en pleine dégringolade existentielle, et à un degré moindre, "All The Young Dudes" de Mott the Hoople. Après cette année artistiquement très riche, David Bowie démarre 1973 sur les chapeaux de roue, l’homme caméléon frappe très fort avec la sortie de "Aladdin Sane". La coupe en brosse de couleur orange et l’éclair bicolore découpant le visage de Bowie posera la pochette en canon indépassable de l’esthétique du mouvement ’’glam’’. La physionomie androgyne de Bowie provoque fascination, peur ou adulation. Les Spiders from Mars furent renforcé par Mike Garson pianiste d’avant garde jazz et Ken Fordham au saxo. L’album a été composé essentiellement sur la route lors de tournées à travers les États-Unis : ’’Watch that man’’ à New York ; ’’Panic in Detroit’’ à Détroit ; ’’Time’’ à La Nouvelle-Orléans ; ’’The Craked Actor’’ à Los Angeles ; ’’Drive-In Saturday’’ entre Seattle et Phoenix.

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PINUPS
[RCA / EMI]
Enr. 1973
2 BOW disponible ?

Ce "Pinups" n’est pas un nouvel album de Bowie ! Non, ce LP est tout simplement un bon délire, une petite récréation dans la carrière de l’artiste anglais. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que Bowie ait été inactif pendant des mois avant d’enregistrer cet album, bien au contraire... Ici, il s’agit tout bonnement de 12 reprises de groupes plus ou moins obscurs des années 60. On retrouve en vrac des grosses pointures telles que les Who, les Yardbirds, les Kinks ou encore Syd Barrett, mais aussi des formations beaucoup moins connues comme Them, Easybeats ou Mojos, il permet au passage de réhabiliter ces groupes du "Swinging London" un peu oublié de leur période. C’est d’ailleurs un des grands mérites de la carrière de Bowie, s’influencer de groupes expérimentaux et mettre leurs idées dans des disques plus accessibles au grand public et permettre de découvrir cette scène. Si il est sûr qu’il souffre de la comparaison avec ’’Aladdin Sane’’ sorti la même année, il est important de redécouvrir cet album.

DIAMOND DOGS
[RCA / EMI]
Enr. 1974
2 BOW
(en commande)

Après qu’il ait enfanté quelques chefs d’œuvres, on a souvent à tort reproché à David Bowie la médiocrité de ’’Diamond Dogs’’. Il réalise un album noir, l’œuvre d’un mutant aux abois à l’image d’Halloween Jack, son personnage mi-homme mi-chien peint pour la pochette signée Guy Peellaert. Fasciné par l’écriture de Burroughs et l’univers d’Orwell ("1984" et "Big Brother" y font allusion), Bowie signe un album conceptuel dont émerge le single "Rebel Rebel". Bowie a enregistré cet album quasiment tout seul, en plus de chanter, il a assuré la totalité des parties de guitares, et joue également du saxo (son premier instrument) et des claviers vintages (Moog et Mellotron). Il est toutefois aidé par le bassiste Herbie Flowers (le fameux riff de "Walk On The Wild Side" de Lou Reed, c’est lui), le batteur Aynsley Dunbar (finalement non retenu pour être de la Jimi Hendrix Experience, mais frappeur de fûts pour John Mayall, Frank Zappa et Lou Reed), et son pianiste virtuose Mike Garson, qui jouait sur ses albums précédents.

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YOUNG AMERICANS
[RCA / EMI]
Enr. 1975
2 BOW disponible ?

La surprise fut totale quand David Bowie sortit l’album ’’Young Americans’’. L’ambiance terrifiante du précédent disque ’’Diamond Dogs’’ fait place à un climat soul exubérant. Le divorce avec toute influence rock est définitivement consommé. David Bowie domicilié à New York fréquente le guitariste Carlos Alomar, musicien à l’Apollo le célèbre club de musique afro-américaine qui l’initie aux musiques soul et funk. Bowie va s’inspirer du son le plus sophistiqué et clinquant du moment le ’’Philadelphia Sound’’ dont le style allie une science diabolique de la ballade soul à des textes engagés sur les ghettos. Leur musique est construite sur un groove constant auquel sont rajoutés cordes et cuivres. Outre Carlos Alomar, l’équipe comprend le pianiste Mike Garson, Willy Weeks à la basse, Tony Newmark, et le saxophoniste David Sanborn. Bowie engage aux chœurs la femme de Carlos Alomar, Robin et Luther Vandross et rappelle son producteur Tony Visconti. La plupart des morceaux furent des prises ’’live’’ et l’enregistrement se fit en deux semaines dans la ferveur et la motivation. ’’Young Americans’’ demeure un album essentiel à qui veut saisir la versatilité de Bowie et sa capacité à se réinventer.

STATION TO STATION
[RCA / EMI]
Enr. 1976
2 BOW disponible ?

Après le virage ’’soul plastique’’ de l’album ’’Young Americans’’, David Bowie développe un style plus sobre avec une base funky mais mixée avec des influences européennes dont le rock allemand atmosphérique de Neu ! et Kraftwerk. En partie influencé par son rôle dans ’’The Man Who Fell To Earth’ (’’L’Homme Qui Venait D’Ailleurs’’), et toujours prompt à innover, Bowie s’est transformé en Thin White Duke, un personnage composite dérivé du sien dans le film (l’extraterrestre Thomas Jerome Newton), mais également inspiré par Buster Keaton et les artistes de cabaret européens. Le titre d’ouverture de plus de dix minutes annonce la couleur sans équivoque : l’auditeur sait que David Bowie est de nouveau en pleine mutation majeure. Il précède le Top 10 hit (de chaque côté de l’Atlantique) ’’Golden Years’’, morceau très singulier qui évoque le funk et la soul de son album précédent. ’’Word On A Wing’’ est la première des deux ballades du disque, et aborde le thème de la religion, ’’TVC15’’ et ’’Stay’’ se suivent et mettent davantage en exergue la couleur funky du disque. Grand admirateur de la version de Nina Simone de cette ballade, David Bowie a repris ’’Wild Is The Wind’’ de Dimitri Tiomkin et Ned Washington en clôture du disque. De l’avis général, il s’agit là d’une des plus incroyables expériences vocales de sa discographie.

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LOW
[RCA / EMI]
Enr. 1977
2 BOW disponible ?

’’Est-tu prêt à sacrifier un mois pour quelque chose qui ne sortira jamais ?’’. C’est en ces termes que David Bowie sollicita Tony Visconti pour participer à son futur album. Furent conviés Brian Eno, qui alliait brillamment funk, rock et musiques européennes, le guitariste Carlos Alomar, la paire rythmique Dennis Davis, Georges Murray et le guitariste soliste Rick Gardener. Brian Eno vint avec son synthétiseur EMS et son jeu de tarot des ’’stratégies obliques’’ dont chaque carte comporte un ordre censé débloquer toute impasse créative en studio. Bowie rompt avec l’orthodoxie pop en divisant le disque en une face pop de chansons et une face entièrement composée d’instrumentaux. L’apport essentiel de ’’Low’’ réside surtout dans cette ’’fameuse’’ face B instrumentale qui révolutionna la pop music des années 70. Les instrumentaux semblent rythmés par le tic-tac d’un métronome, pulsation sur laquelle se greffe la musique. Un tas de claviers furent mis à contribution pour créer cette ambiance. Premier volet de que l’on appelle la trilogie berlinoise ’’Low’’ marqua 1977 par sa radicalité et fit de Bowie un des rares musiciens de sa génération reconnu par la scène punk naissante et plus tard par la new wave.

HEROES
[RCA / EMI]
Enr. 1977
2 BOW disponible ?

Quand paraît cet album - c’est le second que Bowie publie en cette année 1977 -, le monde du rock, particulièrement au Royaume-Uni, est agité par les turbulences du punk. Mais lui est déjà ailleurs... Sa rencontre avec Brian Eno a déjà donné un ’’Low’’ paru quelques mois plus tôt où les deux hommes explorent, défrichent et inventent. Avec ’’Heroes’’, Bowie va parvenir à un équilibre entre sa veine la plus mélodique et les obsessions synthétiques de Eno. Il s’adjoindra pour cela le guitariste parfait : Robert Fripp, du groupe King Crimson, qui est l’homme des expériences les moins prévisibles. La production est toujours confiée à Tony Visconti. Les séances ont lieu dans les studios Hansa de Berlin. Comme ’’Low’’, l’album fut partagé en une face de chansons et une face d’instrumentaux. Il est amusant de noter qu’il s’agit du seul album de le trilogie ("Low" - "Heroes" - "Lodger") sur lequel se trouve un tube de Bowie, mais alors quel tube ! Sans aucun doute, "Heroes" (le titre) est l’un des plus grands morceaux des années 70. Et c’est surtout par ces géniales 6 minutes que l’album sera connu. Alors qu’elles ne sont que la porte d’un univers à découvrir.

LODGER
[RCA / EMI]
Enr. 1979
2 BOW disponible ?

Dernier volet de la trilogie berlinoise (même si enregistré à Montreux puis à New York) en compagnie de Brian Eno, "Lodger" est plus orienté pop, plus divers et coloré aussi que "Heroes" et "Low", les deux albums précédents, mais tout aussi expérimental et surtout aussi inventif et inspiré. Aucun instrumental ambiant cette fois-ci mais des titres tendus et concis, bourrés d’idées et de sonorités nouvelles. Bowie chante, joue du saxophone et de la guitare comme à son habitude, est entouré ici du fidèle Carlos Alomar (batterie, guitare rythmique), qui l’accompagne depuis "Young Americans" et qui jouera encore sur quelques albums ultérieurs, Brian Eno (synthétiseurs, "ambiant drone", piano préparé et effets sonores en tout genre), Adrian Belew, futur King Crimson (guitares très innovantes, mandoline), Georges Murray (basse), Dennis Davis (percussions), Sean Mayes (piano), Simon House (violon), Roger Powell d’Utopia (synthétiseurs) et Tony Visconti (chant, guitare et co-producteur de l’album avec Bowie). L’album est composé de deux parties, la première est une sorte de voyage, de cartes postales de voyages, tandis que la seconde s’intéresse à dénoncer certains travers du monde occidental, non sans auto-critique ni sens de l’humour tout britanniques. Encore un album fabuleux, c’est aussi le plus méconnu, qui clôt de la meilleure des manières une trilogie d’une richesse époustoufflante.

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SCARY MONSTERS (AND SUPER CREEPS)
[RCA / EMI]
Enr. 1980
2 BOW disponible ?

A peine sa trilogie berlinoise achevée que déjà Bowie est de retour en avril 1980 avec un nouvel album sous le bras ! Après ses frasques avant-gardistes, Bowie revient avec un disque plus conventionnel, mais toujours avec un décalage par rapport au reste du monde artistique. En effet, l’album est très déroutant avec toute une tripoté de guest-star de luxe dont Pete Townshend des Who ainsi que Robret Fripp de King Crimson. Dans le prodigieux ’’Ashes To Ashes’’, 1er single extrait de l’album, Bowie rappelle une vieille connaissance ’’Major Tom’’ de ’’Space Oddity’’, son 1er hit et tente d’exorciser son passé de junkie : on sent poindre une possibilité de rédemption voir de normalisation. L’autre gros succès de l’album, est le single ’’Fashion’’, préfigurant l’option funk de ’’Let’s Dance’’. ’’Scary Monsters’’ allie avec panache des sons d’avant garde avec le sens mélodique des plus grands albums de pop music.

LET’S DANCE
[EMI]
Enr. 1983
2 BOW
(en commande)

’’Let’s Dance’’ fut le plus gros succès de David Bowie et une tentative radicale de se débarrasser de ses anciens attributs musicaux : balayés les guitares dissonantes et les synthés insidieux new-wave . Le guitariste Nile Rodgers du groupe funk Chic producteur de hits en pagaille remplace Tony Visconti. Bowie en l’engageant veut produire un album plus calibré commercialement, plus dansant afin d’obtenir une grosse avance de son nouveau label EMI. Il retient à la basse le portoricain Carmine Rojas, Omar Hakim comme batteur, Carlos Alomar à la guitarie rythmique et comme guitariste soliste Stevie Ray Vaughan du groupe Double Trouble, texan de 28 ans maîtrisant une formule blues rock fraîche et furieuse. Bowie place ’’Let’s Dance’’ sous le signe d’une pop enjouée, divertissant et tout ce qui faisait sa particularité a été ici aplani. David Bowie est devenu une star planétaire aux talents multiples, mais, au grand dam de ses fans, il ne choque plus.

TONIGHT
[EMI]
Enr. 1984
2 BOW disponible ?

D’un côté, ’’Tonight’’ apparaît comme la suite logique de ’’Let’s Dance’’. De l’autre, il obéit à une démarche musicale différente, en particulier grâce au rôle majeur conféré aux synthétiseurs et aux arrangements de cordes signés Arif Mardin. Si le fidèle Carlos Alomar est venu prêter main forte à la star anglaise, c’est l’ami de longue date Iggy Pop qui se taille la part du lion, lequel a écrit ou coécrit cinq des neuf titres de l’album. Parmi les autres plages il faut mentionner "Blue Jean", "Loving The Alien" ainsi que "God Only Knows" et "I Keep Forgetting" par lesquelles Bowie rend un hommage sincère aux Beach Boys et au tandem de songwriters Leiber & Stoller.

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NEVER LET ME DOWN
[EMI]
Enr. 1987
2 BOW disponible ?

L’album met fin à la trilogie ’’dance’’ de Bowie, après ’’Let’s Dance’’ et ’’Tonight’’. Il se déroule dans une ambiance théâtrale, très années 80’s,surtout quand on visionne les clips de l’album ’’Time Will Crawl’’, ’’Day-In Day-Out’’ et la tournée qui suivra la sortie de l’album, le ’’Glass Spider Tour’’. Aujourd’hui renié par son auteur, ’’Never Let Me Down’’ marque la fin de la période la plus commerciale de David Bowie. Les mauvaises ventes et la tournée de promotion trop ambitieuse parachèvent le tout et précipitent le mouvement suivant de Bowie : un retour au rock avec la création de Tin Machine.

BLACK TIE WHITE NOISE
[Savage Records]
Enr. 1993
2 BOW disponible ?

’’Black Tie White Noise’’ est un retour de flamme après des années d’errance musicale. Le titre de l’album évoquant ’’White Light White Heat’’ du Velvet Underground est peut-être un signe du désir de Bowie de retrouver dans son passé un regain créatif. Il rappelle le producteur guitariste Ex Chic Nile Rodgers qui sortira frustré de ne pas réitérer un album à succès comme ’’Let’s Dance’’, Bowie préférant faire un disque plus ambitieux et imprévisible. Les arrangements clinquants et pompiers de l’album sonnent assez datés mais reste la qualité du travail mélodique et vocal de Bowie. L’orchestre regroupe des musiciens mercenaires comme le batteur Pugi Bell, ou Richard Hilton aux claviers et des musiciens d’avant-garde comme le génial trompettiste de l’Art Ensemble of Chicago, Lester Bowie.

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1. OUTSIDE
[BMG]
Enr. 1995
2 BOW disponible ?

Après ’’Black Tie White Noise’’, David Bowie est convaincu de revenir à l’expérimentation et la subversion des codes de la pop music. Il rappelle Nile Rodgers et Brian Eno. Le projet fut baptisé ’’Outside’’ en hommage aux artistes de l’’’Outsider art’’. L’équipe regroupe le pianiste Mike Garson, le guitariste Carlos Alomar et Reeves Gabrels, tous musiciens compétents musicalement et capables de s’adapter à l’imprévu. Chaque chanson d’ ’’Outside’’ représente une partie du thème de l’album, une nouvelle tarabiscotée de Bowie : ’’Le Journal de Nathan Adler’’. Autour d’un détective chargé d’élucider le meurtre immonde d’une adolescente au musée d’Oxford Town, gravitent des personnages rocambolesques : trafiquante de drogue adepte du chaos total, ’’Outsider’’, revendeur d’empreintes ADN, minotaure et informateur. Les textes sont fractionnés et recomposés selon système du ’’cut up’’ déjà utilisé lors de précédents albums. David Bowie privilégia les sons plus que le sens afin de coller à l’ambiance de chaos qu’il voulait insuffler à l’album. ’’Outside’’, malgré ses grandes qualités, n’aura qu’un succès modéré. Cependant, il aura permis à David Bowie, après plus de dix ans de déclin, de renouer avec les méthodes expérimentales qui lui avaient si bien réussi dans les années 70.

EARTHLING
[BMG]
Enr. 1997
2 BOW disponible ?

Après le très conceptuel ’’Outside’’, David Bowie étonne avec ’’Earthling’’, un album où s’entrechoquent musiques club et mélodies pop. Il décide de s’immerger aux tout nouveaux rythmes électroniques de la techno et surtout de la ’’jungle’’ ou ’’drum’n’bass’’ dernière création musicale anglaise, déluge de rythmiques de batteries accélérées. Sur ’’Earthling’’, Bowie va assimiler ces nouvelles sources dans des cadres classiques de ’’pop songs’’. L’album enregistré à New York dans l’improvisation réunit Mark Plati, producteur, bassiste et ingénieur du son, Reeves Gabrels, le guitariste déjà présent sur ’’Outside’’, le pianiste Mike Garson, la bassiste Gail Ann Dorsey et le batteur Zachary Alford.

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HOURS
[Virgin]
Enr. 1999
2 BOW disponible ?

David Bowie livre avec ’’Hours’’ un album bien plus ’’classique’’ que ’’Earthling’’. Alors que ’’Outside’’ et ’’Earthling’’ furent avant tout des expériences soniques, ’’Hours’’ étonne par son insistance sur les compositions. Les sujets traités sont tournés vers l’introspection en s’attardant sur la crise de la quarantaine et les regrets qui parcourent l’existence. Déjà à l’œuvre dans ’’Earthling’’, Mark Plati, rajouta des lignes de basse sur l’album et devint par la suite co-producteur. ’’Hours’’ est un pas de côté après les grandes innovations stylistiques de ses deux précédents albums, mais prouve cependant que Bowie maîtrise l’art de la chanson pop.

HEATHEN
[ISO]
Enr. 2002
2 BOW disponible ?

Après l’électro ’’Earthling’’ et le dépouillé ’’Hours’’, ’’Heathen’’ est un nouveau départ pour David Bowie qui pendant l’année 2001 va soigner le nouvel ouvrage. Au terme de vingt-deux ans de brouilles, Bowie retourne à son producteur fétiche des années 70 Tony Visconti. David Bowie rend hommage à ses artistes favoris avec trois reprises. Il reprend le nerveux ’’Cactus’’ des Pixies dans une version plus sage mais fidèle à l’esprit dérangé du leader Black Francis. Le rocker canadien Neil Young, est remercié sur une reprise vigoureuse du très folk ’’I’ve Been Waiting For You’’ perle de son premier album éponyme. David Bowie salue ainsi l’un des rares de sa génération qui continue à influencer (tout comme lui) des artistes récents comme Nirvana, Pearl Jam et autres Smashing Pumpkins. Plus étonnante est la relecture de ’’I took a space.. ’’ morceau du Legendary Stardust Cowboy chanteur country déjanté qui contribua à inspirer le personnage de Ziggy Stardust.

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REALITY
[ISO]
Enr. 2003
2 BOW disponible ?

Le succès du précédent ’’Heathen’’ prouva que l’alchimie entre Tony Visconti et David Bowie opérait toujours. Tony Visconti est donc reconduit ainsi que le guitariste Earl Slick, le divin pianiste Mike Garson et le batteur phénoménal Sterling Campbell qui inonde ’’Reality’’ de sa frappe précise et souple. ’’Heathen’’ baignait dans une atmosphère ouatée et spirituelle, ’’Reality’’ semble plus taillé pour la scène par son approche plus directe et rock.

THE NEXT DAY
[ISO / Columbia]
Enr. 2013
2 BOW disponible ?

David Bowie fait son grand retour avec son 24ème album studio, "The Next Day", dix ans après le disque "Reality". Cet album de 14 titres a été enregistré dans le plus grand secret entre 2010 et 2012. Sa pochette a été pensée par le graphiste britannique Jonathan Barnbrook et reprend celle du précédent album du chanteur, "Heroes", sorti en 1977, tout en tirant un trait dessus. Musicalement rock et grosses guitares sont au rendez-vous, normal c’est un certain Tony Visconti qui l’a co-produit.

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TRIBUTES

Philip GLASS
Heroes - Low Symphonies
[Decca]
450 GLA disponible ?

La musique minimaliste de Philip Glass des années 1970 a influencé notamment les compositions de David Bowie et de Brian Eno de la même époque. Bowie, collaborant avec Eno, écrit alors deux albums expérimentaux ’’Low’’ et "Heroes" où se retrouvent des techniques compositionnelles d’écriture empruntées notamment à ce courant. C’est en 1996 que la chorégraphe américaine Twyla Tharp, amie de longue date de Glass, lui demande de composer une partition symphonique pour son ballet à venir. Suite à une rencontre entre Tharp, Glass et Bowie, ce dernier donne son accord pour réitérer l’expérience de 1992 de la Première Symphonie de Glass inspirée de l’album ’’Low’’. Philip Glass compose alors sa quatrième symphonie dite ’’Heroes’’ autour de certains motifs de six chansons de l’album éponyme bouclant ainsi une boucle d’influences mutuelles avec le célèbre chanteur.

Dylan HOWE
Subterranean - New Designs on Bowie’s Berlin
[Motorik Recordings]
1 HOW disponible ?

Le batteur anglais publie "Subterranean", composé de thèmes issus des albums "Low" et "Heroes" de David Bowie, considérés comme des albums importants et influents de la rock star. Trente-sept ans après leur parution, ces albums se révèlent également une mine de thèmes jazz. Fils de Steve Howe, guitariste du groupe Yes, ce musicien né en 1969 s’est autant illustré dans la chanson, en accompagnant Ian Dury, Wilko Johnson, Nick Cave, Damon Albarn, Ray Davies, Paul McCartney et David Gilmour, qu’en trio ou quatuor jazz. Dès l’introduction de "Subterranean", son premier album en dix ans, on est conquis par la profondeur de sa démarche.

COMPILATION
We were so turned on - A tribute to David Bowie
[Manimal Vinyl]
2 BOW disponible ?

Hommage à David Bowie de la scene internationale. Il est difficile de dépasser le génie du compositeur !!!

LIVRES

Matthieu THIBAULT
La trilogie Bowie-Eno : Influence de l’Allemagne et de Brian Eno sur les albums de David Bowie de 1976 à 1979
[Camion Blanc – 2011]
781.66 BOW disponible ?

Cet ouvrage s’intéresse à la trilogie d’albums (’’Low’’, ’’Heroes’’ et ’’Lodger’’) nés de la rencontre entre D. Bowie et B. Eno, ses idées, ses concepts, sa musique, et aux influences de l’Allemagne sur la création musicale. L’auteur propose une description des séances d’enregistrements et une analyse des albums.

Matthieu THIBAULT
David Bowie : l’avant-garde pop
[Le Mot et le Reste – 2013]
781.66 BOW disponible ?

Un demi-siècle après ses débuts, la carrière protéiforme de David Bowie représente encore un modèle en termes d’art audiovisuel, à la frontière de l’avant-garde et du divertissement. Cet ouvrage analyse la discographie complète du dandy transformiste, période par période, jusqu’à son retour avec un nouvel album en 2013.

NEJIB
Haddon Hall : quand David inventa Bowie (BD)
[Gallimard – 2012]
BD NEJ disponible ?

A la fin des années 1960, David Bowie, encore méconnu, s’installe avec femme et amis dans une vieille demeure de la banlieue londonienne : Haddon Hall. La troupe tente alors de vivre en communauté entre conflits d’ego, difficultés du quotidien et projets artistiques collectifs.

Chris WELSH
Intégrale David Bowie : les secrets de toutes ses chansons 1970-1980
[Hors Collection – 2001]
781.66 BOW disponible ?

Chris Welsh dresse à travers la chronique décryptée de chacune de ses chansons de l’époque, un portrait serré de l’homme Bowie, masqué par ses incarnations successives, de l’androgyne Ziggy Stardust au glaçant Thin White Duke. Cette décennie 70-80 reste la plus marquante de son œuvre, ponctuée d’albums essentiels. Présente en détail chacune de ses chansons et lève le voile de mystère entourant Bowie.

Victoria BROACKES – Geoffrey MARSH
David Bowie is
[Michel Lafon – 2013]
781.66 BOW disponible ?

Livre rédigé grâce à un accès aux archives, aux costumes de scène, aux œuvres d’art originales de David Bowie qui, rassemblées, donnent un nouveau point de vue sur son travail et ses collaborations. Il retrace sa carrière, depuis ses débuts à Londres à son impact sur l’art du XXe siècle.

DVD MUSICAUX et DOCUMENTAIRES

A REALITY TOUR
[BMG Music]
2 BOW disponible ?

Le légendaire David Bowie présente sur DVD sa tournée ’’Reality Tour’’. Pour la première fois depuis plus de 15 ans, David Bowie a visité les cinq continents et produit des shows de deux heures pendant près d’un an.

BEST OF BOWIE
[EMI]
2 BOW disponible ?

Compilation de clips vidéos.

GLASS SPIDER
[EMI]
2 BOW disponible ?

En 1987 Bowie fait sa tournée la plus spectaculaire et la plus extravagante depuis celle de ’’Diamond Dogs’’. Il y enchaîne un mix des titres de l’album : ’’Never let me down’’ et de tous ses hits.

SERIOUS MOONLIGHT
[EMI]
2 BOW disponible ?

Enr. public au Pacific National Exhibition Coliseum à Vancouver, Canada, le 12 septembre 1983 & le documentaire "Ricochet".

ZIGGY STARDUST AND THE SPIDERS FROM MARS
[EMI]
2 BOW disponible ?

Concert enregistré à Hammersmith Odeon le 3 juillet 1973.

BECOMING DAVID BOWIE
[Chrome Dream]
2 BOW
(en commande)

Ce coffret raconte la fabrication de la légende David Bowie, depuis ses premiers enregistrements sous son vrai nom David Jones, jusqu’à la sortie de ses succès "Ziggy Stardust" et "The spiders from Mars". Le premier documentaire rassemble des images d’archives et des interviews exclusives, et fait intervenir différents collaborateurs de David Bowie. Le second contient des interviews de David Bowie lui-même à différents moments de sa carrière.

THE ROAD TO THE RAILWAY - AND STATION TO STATION
[Socadisc]
2 BOW
(en commande)

Ce documentaire est consacré à la période entre 1972 et 1976 de David Bowie. Il contient des extraits de concerts, des images d’archives, ainsi que des interviews avec des journalistes et des musiciens qui ont travaillé avec lui.

FILMS

BASQUIAT
de Julian Schnabel (1997)
F SCH disponible ?

Hommage a Basquiat, premier artiste noir a avoir vraiment réussi dans le puissant monde des arts, disparu en 1988 a l’âge de vingt-sept ans, a travers l’évocation de sa vie et de son œuvre.
Rôle : Andy Warhol

FURYO (Merry Christmas Mr Lawrence)
de Nagisa Oshima (1983)
F OSH disponible ?

Java 1942 : un camp de prisonniers américains est dirigé par le capitaine Yonoi, un chef japonais à la poigne de fer. A la crainte et au mépris qu’éprouvent les prisonniers et les subalternes du capitaine à l’endroit de ce dernier, s’oppose la résistance étonnante d’un soldat anglais, Jake Celliers. Face à son attitude provocante, Yonoi devient de plus en plus sévère dans le but de faire plier le rebelle.
Rôle : le major Jack "Strafer" Celliers

TWIN PEAKS
de David Lynch (1990)
F LYN

Un meurtre a été commis à Twin Peaks, une petite bourgade de l’Etat de Washington en apparence tranquille. La jeune Laura Palmer est retrouvée morte nue au bord d’un lac, enveloppée dans du plastique. L’agent spécial du FBI, Dale Cooper, envoyé sur place pour démasquer le coupable, mène l’enquête avec le soutien du shérif local, Harry Truman. Ces investigations les amènent à révéler au grand jour les sombres secrets des uns et des autres. Pendant ce temps, d’inquiétants phénomènes se produisent...
Rôle : Phillip Jeffries

LABYRINTHE (Labyrinth)
de Jim Henson (1986)
F HEN disponible ?

Une toute jeune fille romantique se sentant mal à l’aise dans sa famille s’évade en lisant des contes fantastiques. Son livre favori "le Labyrinthe" lui ouvre une nuit les portes d’un autre monde. Sarah voit son jeune frère, Toby, enlevé par une troupe de lutins aux ordres du séduisant et cruel Jareth. Elle part au secours de l’enfant et pénètre dans le labyrinthe qui mène au palais du ravisseur.
Rôle : Jareth le Roi Goblin

LA DERNIERE TENTATION DU CHRIST
de Martin Scorsese (1988)
F SCO disponible ?

L’évocation de la vie de Jésus Christ, écartelé entre son humanité et sa divinité.
Rôle : Ponce Pilate

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