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Désirs et volupté à l’époque victorienne
Présentation et sélection bibliographique, septembre 2013

En pratique

Exposition du 13 septembre 2013 au 20 janvier 2014

Musée Jacquemart-André
158 boulevard Hausmann - 75008 Paris
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Nocturne jusqu’à 20h30 le lundi et le samedi en période d’exposition

Consulter le site du Musée Jacquemart-André

Creania, la nymphe de la rivière Dargle / Frederic, Lord Leighton (1880 - Mexico, collection Pérez Simon)

L’exposition


Première puissance mondiale sous le règne de Victoria (1837-1901), la Grande-Bretagne ouvre la voie à de profonds bouleversements économiques et sociaux. Dans ce contexte marqué par le puritanisme, les peintres expriment à travers leur sensibilité un art qui contraste avec la rudesse de cette époque et sa rigueur morale : retour à l’Antiquité, femmes dénudées, peintures décoratives somptueuses, expressions poétiques et littéraires avec des compositions médiévales, héritières des préraphaélites…

La quête esthétique est le maître-mot de ces artistes qui ont fait de la beauté un absolu et un art de vivre. Le sujet principal de ce mouvement artistique, dénommé "Aesthetic Movement", est la femme. Son corps n’est plus entravé comme dans la vie quotidienne, mais nu, il symbolise une forme de volupté et de désir féminin. Dépeintes dans un cadre de vie réinventé, les femmes se muent en héroïnes antiques ou médiévales. Une nature luxuriante et des palais somptueux servent de décors à ces femmes sublimes, lascives, sensuelles, amoureuses, bienfaisantes ou maléfiques. La peinture devient un rêve éveillé, foisonnant de symboles.

Les œuvres exposées au Musée Jacquemart-André, dont certaines sont de véritables icônes de l’art britannique, appartiennent à l’une des plus importantes collections de peinture victorienne en main privée : la collection Pérez Simón.

L’exposition sera ensuite présentée à Rome au Chiostro del Bramante du 15 février au 5 juin 2014, puis au Musée Thyssen-Bornemisza à Madrid, du 23 juin au 5 octobre 2014.


La boule de cristal / John W. Waterhouse (1902 - Mexico, collection Pérez Simon)

Le préraphaélisme


Le Préraphaélisme est un mouvement artistique né au Royaume-Uni en 1848. Ce mouvement tient la peinture des maîtres italiens du XVe siècle, prédécesseurs de Raphaël, comme les modèles à imiter.

L’histoire des préraphaélites débute avec la rencontre entre William Holman Hunt et John Everett Millais à la Royal Academy. Considérant que l’art anglais était sclérosé par le conformisme académique, ils souhaitaient retrouver les tonalités claires, vives et chantantes des grands maîtres d’autrefois.
Dante Gabriel Rossetti rencontra Millais et Hunt à la Royal Academy où, las des banalités enseignées, ils passaient leurs soirées à contempler un recueil de gravures des fresques du Campo Santo de Pise (réalisées par des artistes tels que Orcana ou Benozzo Gozzoli). En 1847, Hunt, Rossetti et Millais débattirent dans l’atelier de ce dernier, de l’une des œuvres les plus représentatives du talent de l’artiste Raphaël, La Transfiguration (Vatican, Rome). « Nous la condamnions pour son dédain grandiose de la simplicité et de la vérité, pour les poses pompeuses des Apôtres et les attitudes du Sauveur, contraires à une spiritualité vraie ». Ce tableau avait, à leurs yeux, marqué un pas décisif vers la décadence de l’art à l’époque de la Renaissance italienne.
Millais, Hunt et Rossetti fondèrent officiellement la confrérie en 1848, avant d’être rejoints par James Collinson, le sculpteur Thomas Woolner et les critiques d’art William Michael Rossetti et Frederick George Stephens, auxquels se joindront par la suite Walter Deverell, Arthur Hughes et Charles Allston Collins.

Les préraphaélites avaient, entre autres, pour dessein de rendre à l’art un but fonctionnel et édifiant : leurs œuvres avaient pour fonction d’être morales. Mais cela n’excluait pas leur désir d’esthétisme. Le but de ces artistes était de s’adresser à toutes les facultés de l’Homme : son esprit, son intelligence, sa mémoire, sa conscience, son cœur… et non pas seulement à ce que l’œil voit. Les préraphaélites aspiraient à agir sur les mœurs d’une société qui, à leurs yeux, avait perdu tout sens moral depuis la révolution industrielle. Cependant, « il ne suffit pas que l’art soit suggestif, soit didactique, soit moral, soit populaire ; il faut encore qu’il soit national ».

Les préraphaélites vécurent l’apogée de leur triomphe lors de l’Exposition universelle de 1855 qui eut lieu à Paris. Après 1855, le « premier groupe » se désarticula. Rossetti tenta de refonder la confrérie qui vit l’arrivée notamment d’Edward Burne-Jones et de William Morris. Mais ce qu’on nomme communément la « seconde génération » ne respectait plus aussi scrupuleusement le précepte de représentation fidèle de la nature. Beaucoup d’entre eux furent photographiés par leur contemporaine Julia Margaret Cameron, pionnière de la photographie, qui s’inspira de leur mouvement dans ses propres travaux.

Ce mouvement, qui fut pourtant de courte durée, eut une influence importante sur les mouvements artistiques du xixe siècle, particulièrement l’art nouveau et le symbolisme, grâce à des artistes comme William Morris et Aubrey Beardsley.

Beauté classique / John W. Godward (1908 - Mexico, Collection Pérez Simon)


La reine Esther (détail) / Edwin L. Long (1878 - Mexico, collection Pérez Simon)

A lire


La peinture anglaise 1260-1960
William Gaunt
Thames & Hudson, 1993 (L’univers de l’art)
ART 759.942 GAU

Les préraphaélites : un modernisme à l’anglaise
Laurence Des Cars
Gallimard, 1999 (Découvertes)
ART 759.05 CAR

Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde : exposition, Musée d’Orsay
Skira-Flammarion, 2011
ART 709.034 7 BEA

Edward Burne-Jones, 1833-1898 : un maître anglais de l’imaginaire : exposition, Musée d’Orsay
RMN, 1999
ART 759.057 BUR

Sir Edward Burne-Jones
Russel Ash. - Mengès, 1993
ART 759.057 BUR

Dante Gabriel Rossetti
Alicia Craig Faxon. - Belfond, 1989
ART 759.05 ROS

Désirs et volupté à l’époque victorienne : la collection Pérez Simon
Catalogue de l’exposition. - Fonds Mercator
En commande

Les préraphaélites : de Rossetti à Burne-Jones
Guillaume Morel. - Place des Victoires, 2013
En commande


Ressources numériques


Dans l’Encyclopaedia Universalis (à lire sur place à la médiathèque et dans les bibliothèques du réseau)

Dans Bibliovox, la bibliothèque numérique (à lire sur place ou à distance)

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