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Edgar Degas & le nu
Présentation et sélection bibliographique, mars 2012

En pratique

Exposition, Musée d’Orsay
du 13 mars au 1er Juillet 2012

1 rue de la Légion d’Honneur - 75007 Paris
Tous les jours de 9h30 à 18h00 (Fermé le lundi)
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h45

Visiter le site du Musée d’Orsay

L’exposition


Première grande exposition monographique consacrée à Edgar Degas (1834-1917) à Paris depuis la rétrospective de 1988 au Grand Palais, "Degas et le nu" participe de l’ambition du musée d’Orsay de donner à voir l’avancée des connaissances sur les grands maîtres de la deuxième moitié du XIXe siècle, après les hommages à Claude Monet (1840-1926) et Edouard Manet (1832-1883).

Cette exposition explore l’évolution de Degas dans la pratique du nu, de l’approche académique et historique de ses débuts à l’inscription du corps dans la modernité au cours de sa longue carrière. Occupant avec les danseuses et les chevaux une place prédominante dans l’œuvre de l’artiste, les nus sont présentés à travers toutes les techniques pratiquées par Degas, la peinture, la sculpture, le dessin, l’estampe et surtout le pastel qu’il porte à son plus haut degré d’achèvement.

Organisée avec le Museum of Fine Arts, Boston, l’exposition bénéficie du très riche fonds d’œuvres graphiques du musée d’Orsay, rarement montré pour des raisons de conservation, auxquels s’adjoignent des prêts exceptionnels des plus grandes collections, comme celles du Metropolitan Museum of Art de New York ou de l’Art Institute de Chicago.


Biographie


Une formation classique

Edgar Degas (1834-1917), peintre et sculpteur français, est considéré comme l’un des représentants majeurs de l’impressionnisme grâce à sa composition novatrice et à son analyse perspective du mouvement.

Il fut aussi l’un des plus actifs organisateurs du mouvement impressionniste, même si ses conceptions artistiques étaient distinctes de celles de ses amis impressionnistes.

De son vrai nom Hilaire Germain Edgar de Gas, il naît à Paris en juillet 1834 dans une grande famille noble de banquiers, aisée et cultivée. Sa mère était créole, originaire de la Nouvelle-Orléans. Son père, amateur d’art éclairé, permet à son fils d’aménager un atelier dans sa propre maison.

Après de brèves études de droit, il étudie à l’ ?cole des Beaux-Arts sous la direction de Lamothe, un disciple d’Ingres, peintre auquel il devait toujours vouer une admiration sans borne. Il y acquiert une grande maîtrise du dessin qui constituera toujours une caractéristique majeure de son art.

En 1859, il part pour l’Italie où il étudie, à Florence, Naples et Rome, les œuvres du Quattrocento, et peint de nombreux portraits. Il étudiera à fond l’art ancien, tout en programmant dès 1859 dans ses carnets, toute une liste de motifs de la vie contemporaine qu’il projette de traiter : musiciens, danseuses, deuils, cafés le soir... autant de thèmes qu’on retrouvera dans son œuvre.

Par son statut social, sa culture et sa conception artistique, Degas a beaucoup de points communs avec Manet. Plus encore que Manet, c’est un peintre de figures, il ne s’intéresse jamais au paysage.

Une composition novatrice

"La Famille Bellelli" (1858-1860) est l’un de ses premiers tableaux véritablement personnels, et peut être considéré comme l’un des premiers chefs-d’œuvre de l’Impressionnisme.

Ce tableau représente le baron Bellelli, révolutionnaire exilé à Naples en 1848, et sa femme Laura, fille du banquier napolitain de Gas qui vient de décéder, et tante du peintre, avec leurs deux filles, en habits de deuil.

Comme il le fera tout au long de sa vie, Degas choisit une composition inédite, et apparaît déjà comme un maître portraitiste dont l’intérêt principal est de traduire les états psychiques des personnages.

Par sa composition - des personnages aux poses peu contraintes, le père vu de dos comme coincé entre des meubles et relégué à une incompréhensible insignifiance -, il transforme une scène de deuil en une banale scène du quotidien.

Malgré les attitudes pouvant être interprétées comme des signes de cohésion familiale, les regards divergent et sont emplis de froideur. Cette objectivité et cette fugacité des relations humaines sont un leitmotiv dans l’œuvre de Degas.

Comme Manet avec son "Olympia", Degas conservera ce tableau sur lequel il travailla longtemps, jusqu’à sa mort.

Des thèmes contemporains et urbains

A partir de 1861, il devait commencer à abandonner les sujets historiques et s’intéresser au thème des courses de chevaux, coutume aristocratique importée d’Angleterre, que Géricault (1791-1824) avait traité avant lui. A Longchamp, qui venait d’ouvrir, Degas étudiera attentivement l’animation des champs de course - l’univers des jockeys, les préparatifs et le départ des courses... -.

Il se lie dès 1862 avec Manet ("Portrait de Manet", 1864), mais ne rencontrera Monet et Renoir qu’en 1865 au Café Guerbois. De 1865 à 1870, il enverra chaque année ses œuvres au Salon, avec succès. Après 1870, il cessera définitivement ses envois.

Contrairement aux autres impressionnistes, Degas préfèrera toujours travailler à l’atelier et ne partagera ni leur goût de la campagne et du plein air, ni leur recherche sur la lumière naturelle qui était au cœur de leurs préoccupations. Bien au contraire, il se penchera sur les effets de la lumière artificielle (lampes à gaz).

Sa mémoire visuelle lui permet de retranscrire précisément en atelier les sujets qu’il a observés, qu’il recrée dans une composition picturale voulue par lui. Degas revendiquait le droit de l’artiste à traduire ainsi sa volonté artistique, s’opposant en cela aux autres impressionnistes qui privilégiaient la spontanéité de la peinture sur le motif.

Degas dira ainsi de son art :

“ Aucun art n’est aussi peu spontané que le mien. Ce que je fais est le résultat de la réflexion et de l’étude des grands maîtres ; de l’inspiration, la spontanéité, le tempérament, je ne sais rien...”, ou encore : "je ne veux pas perdre la tête face à la nature".

A cette époque, tout en continuant à travailler à des portraits réalistes, comme "La femme aux chrysanthèmes" - 1865, Degas envoie au Salon en 1866 une course de chevaux, et commence à s’intéresser à un autre thème majeur de son œuvre : le théâtre, la danse, la musique.

Avec "L’orchestre de l’Opéra" - 1868-69, Degas signe encore une composition très novatrice, avec en plans superposés vus du premier rang, la fosse aux musiciens, et la scène avec les danseuses de ballet décapitées formant un tourbillon de jambes et de tutus.

Bien que Degas ait rarement porté son regard en dehors des limites de sa sphère sociale, il s’attachera aussi au thème des repasseuses, alors à la mode en littérature et en peinture, qu’il reprendra épisodiquement tout au long de son œuvre ("La repasseuse" - 1869).

 ?pris de "modernité" et admirateur de la vie urbaine, Degas est un observateur sceptique et sans illusions, qui souvent cherche à exprimer dans ses tableaux l’incohérence, l’amèreté, l’insolite ou l’incompréhensible des situations.

Pendant la guerre de 1870, Degas servira, comme Manet, dans la Garde Nationale à Paris. Après la Commune, il ira rendre visite à sa famille à La Nouvelle-Orléans, dont il ramènera le célèbre "Bureau du coton à la Nouvelle-Orléans" - 1873.

Degas est co-organisateur de la 1ère exposition des Impressionnistes, et n’exposera plus que dans les expositions du groupe.

Un peintre du mouvement

N’ayant pas à vendre ses tableaux pour vivre, il va continuer à travailler, sans commande, sur ses thèmes favoris : portraits contemporains, courses de chevaux, scènes de café, monde du spectacle. Dans ce dernier, il va de plus en plus s’intéresser particulièrement au ballet, qui va devenir pour lui le sujet artistique dominant.

Il voit dans le ballet, en dehors de la magie qu’il exerce sur lui, un sujet idéal d’observation du mouvement rapide, et une vaste possibilité de composition spatiale, offerte par toute la surface de la scène.

Rapidement, Degas sera sensible, à travers ses observations des artistes dans les coulisses lors de leur travail - exercices, répétitions - , au décalage existant entre la féerie des costumes et des spectacles et la situation sociale misérable des danseurs.

Pour Degas, le microcosme du théâtre, de la musique et de la danse, qui focalise l’attention de la riche société qui peut s’offrir le luxe des spectacles, va devenir un lieu d’observation privilégié des rapports humains et des rapports contradictoires entre l’art, le travail et les affaires.

L’adaptation à sa maladie des yeux

Degas vécut mal certaines mauvaises affaires de sa famille, quoiqu’il fut toujours à l’abri du besoin, et, surtout va être éprouvé à partir de 1870 par une maladie des yeux, qui ne fera qu’empirer, malgré les soins, jusqu’à une cécité totale, marquant la fin de son activité artistique, en 1911.

D’un caractère difficile et solitaire, Degas vivra de plus en plus dans une certaine misanthropie, mais son activité artistique restera exceptionnelle : à sa peinture qu’il fera évoluer vers des scènes d’intérieur et le pastel, il ajoutera une œuvre de sculpteur (et même une brève et intense œuvre de photographe entre 1895 et 1896).

A compter de 1879, à travers des œuvres telles que “Femme à la coiffeuse”, Degas s’intéressa presque exclusivement au thème pourtant fort ancien des femmes à la toilette.

Ironique, parfois cruel, mais toujours objectif et brillant dans la représentation, son réalisme atteint à une crudité souvent démystifiante de la femme.

Pratiquant depuis longtemps le pastel, il privilégiera cette technique lorsque sa vue trop dégradée lui interdira le travail de l’huile trop minutieux.

Il en profitera pour évoluer vers une technique plus enlevée et plus libre, modelant les volumes par le seul stratagème de la lumière et relevant l’ensemble par quelques touches de couleur pure.

Comme Manet, Degas, le "peintre des danseuses ", mais aussi des modistes, des champs de courses et des cafés, suscitera l’admiration de ses contemporains et le respect des jeunes artistes de son temps.
Degas est une personnalité trop indépendante pour pouvoir se fondre totalement dans le mouvement impressionniste. S’il en est historiquement une des pièces maîtresses, ce qui le lie au mouvement impressionniste, c’est bien plus son esprit frondeur, anticonformiste, son goût de la modernité et le désir d’une peinture contemporaine, que ses conceptions artistiques qui sont souvent en opposition avec celles des impressionnistes.

Degas ne cessa toute activité artistique qu’à partir de 1911, lorsqu’il devint tout à fait aveugle.

L’ensemble de son œuvre de peintre, très importante (2000 tableaux), se caractérise par son approche véritablement objective des sujets traités, l’extrême souci du réalisme, du dessin exact et la recherche et l’étude du mouvement.

Il tente de fixer, à la manière de la photographie naissante - qu’il pratiqua avec succès - le mouvement, au travers de poses naturelles et spontanées.










Bibliographie


Les documentaires sont classés à 759.054 DEG

Degas
Patrick Bade
Hazan, 1994 (Les chefs-d’oeuvre)
Médiathèque et Renoir

Degas : 1834-1917
Jean-Luc Chalumeau
Cercle d’art, 1995 (Découvrons l’art du XIXe siècle)
Renoir

Degas
Pierre Cabanne
Chêne, 1993 (Profils de l’art)

Degas
Exposition, Martigny (Suisse), Fondation P. Gianadda
Fondation P. Gianadda, 1993

Degas
Robert Gordon, Andrew Forge
Flammarion, 1988

Degas : je voudrais être illustre et inconnu
Henri Loyrette
Gallimard, 1988 (Découvertes)
Médiathèque et Renoir et JEU 759.05 DEG

Degas
Ian Dunlop
Ides et Calendes, 1979
Médiathèque et Renoir

Degas et les danseuses : l’image en mouvement
Richard Kendall et Jill DeVonyar
Skira-Flammarion, 2011

Les coulisses de Degas
Richard Kendall
Assouline, 1996 (Mémoire de l’art)

Degas, les nus
Richard Thomson
Nathan, 1988

Il était plus grand que nous ne pensions : Edouard Manet
et Degas

Eric Darragon
Scala, 2011 (Ateliers imaginaires)
ART 759.054 MAN

Lettres
Edgar Degas
Grasset, 1992 (Les cahiers rouges)

Degas parle
Daniel Halévy, Edgar Degas
Fallois, 1995

Degas Danse Dessin
Paul Valéry
Gallimard, 1998 (Folio essais)

En écoutant Cézanne, Degas, Renoir
Ambroise Vollard
Grasset, 1994 (Les cahiers rouges)
ART 759.05 VOL

Degas, sculptures
Anne Pingeot
Imprimerie Nationale, 1991
ART 735.22 DEG

Edgar Degas : pastels, dessins, esquisses
Götz Adriani
Albin Michel, 1985
ART 741.092 DEG

Degas : pastels
Jean Sutherland Boggs, Anne Maheux
Anthèse, 1992
ART 741.092 DEG

Degas, Bodini, Toulouse-Lautrec : portraits inédits de Michel Manzini
Exposition, Bordeaux, Musée Goupil
Somogy : Musée Goupil, 1997
ART 741.092 MAN

- En magasin (disponible sur demande)

Degas
Henri Loyrette
Fayard, 1990

Degas : vie et oeuvre
Denys Sutton
Nathan, 1986

Degas
Jean Bouret
Somogy, 1987

Regards sur une oeuvre
Edgar Degas
Amateur, 1997

Edgar Degas
Anne Roquebert
Cercle d’art, 1987 (Les grands peintres)

Degas : illustre et inconnu
Nathalie Reymond
Séguier, 1988 (Biographie)

Edgar Degas
Anne Roquebert
Ars Mundi, 1990

Degas inédit
Actes du colloque Degas - 1988
Doc. française, 1989 (Des rencontres)

Degas beyond impressionism
Exposition, Londres, National Gallery
National Gallery publ., 1996

The private collection of Edgar Degas
Exposition, New York, Metropolitan Museum of Art
Metropolitan Museum of Art, 1997

Degas landscapes
Richard Kendall
R. Kendall, 1993

- Films documentaires

Edgar Degas : un homme libre
Réal. Antoine Vollerin ; entretien avec Pierre Cabanne
Mémoire des arts, 2007

Edgar Degas : the unquiet spirit
Réal. David Thompson et Ann Turner
Arthaus Musik, 1980

Edgar Degas
A.K. vidéo, 2003 (Portrait d’artiste)

La danse et Degas
Réal. Mischa Scorer
Arte vidéo, 2006
Espace Arts et Pôle Jeunesse

La petite danseuse de Degas
Chorégr. Patrice Bart
Opus Arte, 2008
LOI 792.842 BAR

- Romans

La petite danseuse de Degas
Michel Peyramaure
Bartillat, 2007
Mazurières R PEY
Médiathèque GCE R PEY


- Pour les enfants

Documentaires classés à 759.05 DEG

Edgar Degas : la peinture en mouvement
Sandrine Andrews
Palette, 2007 (L’art et la manière)

Degas : l’observateur invisible
David Spence
Saint-Jean, 2000 (Les grands maîtres)

Degas : le geste peint
Jacqueline Loumaye
Casterman, 1992 (Le jardin des peintres)

Un dimanche avec Degas
Rosabianca Skira-Venturi
Skira, 1991 (Un dimanche avec)

J’ai rêvé que j’étais une ballerine
Anna Pavlova ; ill. Edgar Degas
Gautier-Languereau, 2001
J PAL PL


Ressources numériques


A lire dans l’Encyclopaedia Universalis
sur place à la médiathèque et dans les bibliothèques du réseau

Edgar Degas

A lire dans Bibliovox
sur place à la médiathèque et dans les bibliothèques du réseau
et à distance demander un accès à Bibliovox

- Les artistes et l’affaire Dreyfus 1898-1908 de Bertrand Tillier. - Champ Vallon, 2009

- Citations d’artistes expliquées : La voix des créateurs, les voies de la création de Michèle Ressi. - Eyrolles, 2009

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