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Fantastique : grotesques & hybrides dans l’art 1-Jérôme Bosch
Présentation et bibliographie - novembre 2017

Cycle de conférences "D’autres Europes, Mitteleuropa & Russie"

Les êtres hybrides peuplent l’imaginaire de l’humanité depuis la nuit des temps. Chaque civilisation possède les siens selon des formules de représentation souvent divergentes, mais qui étonnent par leur abondance et leur richesse.

  • Jérôme Bosch (vers 1450 -1516)- 25 novembre 2017 - 15h
Le titre proposé appelle naturellement à ce que l’on se penche, en premier lieu sur l’univers pictural d’un artiste inclassable : Jérôme Bosch, qui est aujourd’hui un des peintres les plus connus au monde. L’on ne sait pas grand chose sur la vie de Jérôme Bosch si ce n’est qu’il était à la tête d’un atelier reconnu et prospère et qu’il était membre d’une confrérie élitiste celle de "Notre-Dame" qui rendait un culte particulier à la Vierge.
Bosch est certainement l’un des artistes les plus énigmatiques de l’histoire de l’art. Ses peintures, qu’elles offrent une lecture évidente ou qu’elles utilisent un langage symbolique particulier, sont empruntes d’un style personnel, héritage des enlumineurs et des marges des manuscrits qu’ils illustraient. Ces marges sont souvent peuplées d’ êtres hybrides, monstrueux ou encore comiques et elles ont sans doute constitué ce qu’on appellerait aujourd’hui une banque d’images dans laquelle le peintre a abondamment puisé pour les magnifier et les élever au rang le plus haut de l’art pictural. Il demeure en même temps l’héritier de ses glorieux aînés, les représentants du premier siècle d’or de la peinture flamande : tel, Robert Campin, les frères Hubert et Jan van Eyck, Rogier van der Weyden, Hugo van der Goes ou Derick Bouts, pour ne citer que les plus connus. Homme cultivé et grand observateur de son époque, il mit son savoir au service de son imagination hors du commun et réalisa ainsi la production qui constitue l’ensemble de son oeuvre. Celui que l’on a appelé le faiseur de diables disparaît vers 1516. Son influence se retrouve dans la peinture flamande post-boschéenne en particulier dans les tableaux de Brueghel l’ancien. Jérôme Bosch sera ensuite peu à peu oublié durant les quatre siècles suivants. Son oeuvre sera finalement redécouverte au XXème siècle et jouera un rôle incontestable sur le travail du mouvement surréaliste et sur celui d’autres peintres
  • Pieter Brueghel l’Ancien (vers 1525-1569) - 17 mars 2018 - 15h
L’influence de Bosch sur Pieter Brueghel l’Ancien ne s’exerce pas spécifiquement dans la représentation du fantastique ou de l’étrange, mais plutôt dans la part réaliste déjà présente chez Bosch, comme chez tous les grands visionnaires (sans cette part de réalisme, leurs visions apparaîtraient fausses, dénuées de tout fondement naturel et donc illisibles aux yeux du plus grand nombre) et que Breughel développera de la plus belle manière. La biographie de Brueghel est tout aussi lacunaire que celle de Bosch. En faisant la jonction entre le Moyen Âge et la Renaissance, il dépasse l’art des Primitifs flamands et s’affranchit de celui des Italiens ; l’unité de ses compositions, son talent narratif et son intérêt pour les « genres mineurs » en font un artiste inclassable dans l’histoire de l’art. Certains historiens se sont attachés à établir un lien entre Jérôme Bosch et Bruegel, unis par une tradition figurative. Bosch représente la fin du Moyen Âge, il est le dernier « primitif » et Bruegel commence un nouveau siècle, une ère moderne qui s’ouvre à la découverte de l’homme et du monde. Cependant, l’œuvre de Bosch veut inspirer une terreur dévote, totalement absente de celle de Bruegel. Pour l’un, le monde n’est qu’un « rêve de Dieu » ou une tromperie du Diable ; la Nature est une tentation nuisible. Pour l’autre, l’action humaine prend au contraire toute sa valeur : joies ou défis au destin, l’homme doit tenter l’aventure malgré les menaces.
  • L’héritage fantastique jusqu’à nos jours - Samedi 5 mai 2018 - 15h
Johann Heinrich Füssli ou Henry Fuseli, (7 février 1741 à Zurich – 16 avril 1825 (à 84 ans) à Putney Hill) est un peintre et écrivain d’art britannique d’origine suisse. Il montre très tôt dans sa carrière, un attrait particulier pour les sujets fantastiques. Dès la cinquantaine, il a vécu en Angleterre où il a réalisé des illustrations d’œuvres de Shakespeare, de Dante, ainsi que de l’épopée germanique des Nibelungen. Il a été reconnu par les Surréalistes comme un de leurs précurseurs.
Max Ernst, né le 2 avril 1891 à Brühl et mort le 1er avril 1976 à Paris, est un peintre et sculpteur allemand naturalisé américain en 19481 puis français en 19582, dont l’œuvre se rattache aux mouvements dadaïste et surréaliste.
Salvador Dali, Salvador Dalí, de son nom complet Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech (1904 - 1989) un peintre, sculpteur, graveur, scénariste et écrivain catalan de nationalité espagnole. Il est considéré comme l’un des principaux représentants du surréalisme, et comme l’un des plus célèbres peintres du XXe siècle.
Zdzisław Beksiński (né le 24 février 1929 à Sanok – mort le 21 février 2005 à Varsovie) est un peintre, photographe, dessinateur et sculpteur polonais illustre, de tendance surréaliste et fantastique. Ce peintre est particulièrement intéressant parce qu’il s’est très tôt intéressé à la pratique du dessin et de la peinture numérique.

Jérôme Bosch : repères biographiques


Hieronymus van Aken dit Jérôme Bosch appartient à une famille de peintres originaire d’Aix-La-Chapelle. Il est né à Bois le Duc, mais sa date de naissance demeure inconnue à ce jour. On la situe aux alentours de 1450. On ne dispose sur lui que d’une trentaine de documents d’archives. Une dizaine traite de transactions financières sans aucun rapport avec son activité de peintre. En 1481 il apparaît en qualité d’époux d’Aleit Vanden Meervenne, une femme riche plus âgée que lui. L’analyse de différents documents révèle que ses impôts le situaient dans la classe supérieure de la bourgeoisie.
Bosch appartient à partir de 1486 à la confrérie de Notre-Dame. Selon les archives, le peintre avait des apprentis. D’après ces mêmes documents, Jérôme Bosch décède le l9 août 1516. Ses obsèques sont organisées par la Confrérie dont il est membre.
Plusieurs tableaux portent la signature du peintre, par contre aucun n’est daté. La chronologie varie donc selon l’appréciation des différents historiens de l’art. Il en va de même pour l’attribution des œuvres divisées en tableaux du maître, de membres de son atelier et de ceux que l’on appelle ses suiveurs.

La signification de l’œuvre à partir de quelques exemples

Pour comprendre Jérôme Bosch, on doit tenir compte des références culturelles et spirituelles en vigueur dans l’Europe du Nord au Moyen-Age finissant.

Les auteurs n’ont de cesse de célébrer Jérôme Bosch, peintre génial et inégalable inventeur d’images. Chacun d’entre eux y apporte sa vision, ses théories, si bien que l’amateur d’art, celui qui n’est en rien spécialiste se sent piégé par des informations contradictoires. Certains tableaux de Bosch lui avaient plu, mais maintenant après s’être documenté, il se sent perdu.

Prenons pour exemple son œuvre sans doute la plus connue : Le Jardin des délices.
Déjà, le titre a été inventé. Visiblement, le peintre n’en avait donné aucun. Ce retable a la forme d’un triptyque. Quatre scènes y sont représentées. Elles sont indissociables.
Le retable fermé : Le paysage désolé représente la Création du monde probablement au troisième jour. Dans le coin supérieur gauche on aperçoit un vieillard coiffé d’une tiare. La citation du psaume 33 identifie le personnage comme Dieu au moment de la création du monde.
Le retable ouvert : la lecture du récit s’effectue de gauche à droite. Le premier volet et le panneau central possèdent un horizon commun. La scène du volet se situe au Paradis terrestre. La scène du panneau droit représente l’Enfer. Dans le contexte théologique de l’époque, la seule relation possible entre le Paradis terrestre et l’Enfer est le péché. Le panneau central représente donc l’humanité avant que le déluge ne s’abatte sur elle pour la punir de sa luxure.
A l’époque de Bosch la signification des symboles n’était pas établie. Le même symbole pouvait offrir des significations multiples. Faire allusion à des concepts différents, voire contradictoires. Leur logique appartient au temps pré-cartésien. Les investigateurs scientifiques sont souvent déroutés, car leur raisonnement empreint d’une logique moderne se heurte aux concepts médiévaux sur la base desquels Bosch a fabriqué ses images. Dans les textes qui ont pu servir d’inspiration au peintre ou encore aux théologiens ayant dressé le parcours d’un de ses retables on constate l’omniprésence du diable. On remarque que le simple fait de respirer, donc d’exister, constitue le premier pas sur le chemin de la dépravation. Savonarole poussait l’aversion pour les plaisirs de la vie jusqu’à reprocher à sa mère « charnelle » de l’avoir conçu à partir d’un désir coupable. Il s’agissait alors de mépriser le monde, de refuser toute sensualité, de bannir tout désir de profiter de la vie, d’accumuler des biens. C’était une mise en garde contre les ruses du diable, une exhortation à résister à la tentation. L’Homme devait comprendre que son véritable destin se situerait dans l’au-delà. C’est ce message que semble-t-il, Jérôme Bosch s’est employé à traduire en images. Ignorer que ses tableaux parlent principalement d’une humanité pervertie par le péché, c’est peut-être s’interdire une compréhension plus profonde de son œuvre.

Repères chronologiques

1337- Début de la Guerre de Cent Ans.
1364 - Prise de pouvoir de Philippe le Hardi.
1370 - Naissance de Hubert van Eyck (décédé en 1426) « L’Agneau mystique ».
1378 - Naissance de Robert Campin encore appelé le Maître de Flémalle.
1380 - Naissance des frères de Limbourg, enlumineurs, auteurs des illustrations des « Très Riches Heures du Duc de Berry » vers 1411-1416.
1390 - Naissance de Jan van Eyck. Naissance de Philippe III le Bon, fils de Jean sans Peur. Philippe règnera de 1419, après l’assassinat de son père, jusqu’en 1467, soit un règne de 47 ans, neuf mois et 11 jours. Surnommé le « Grand-duc d’Occident », il est le souverain le plus riche d’Europe.
1400 - Naissance de Rogier van der Weyden. Thomas a Kempis « L’imitation de Jésus Christ ».
1412 – Naissance de Jeanne d’Arc.
1415 - Naissance de Dirk Bouts. Robert Campin peint « L’Annonciation ».
1420 - Commande du « Retable de l’Agneau mystique ». Hubert van Eyck débute les travaux. Le Retable est achevé par son frère Jan en 1432. « L’Agneau Mystique » constitue un des sommets de l’art occidental toutes périodes confondues.
1420/1540 - Les Grandes Découvertes sont amorcées sous l’impulsion du prince portugais Henri le Navigateur.
1421 - Début de la construction du Dôme de la cathédrale de Florence par Filippo Brunelleschi (1377-1446).
1430 - « La Trinité affligée » de Robert Campin (panneaux dits de Flémalle). Naissance de Hans Memling.
1431 - Naissance de Mantegna. Exécution de Jeanne d’Arc à l’âge de 19 ans.
1433 - Naissance de Marsile Ficin.
1434 - Jan van Eyck « Les époux Arnolfini » ; 1435 - Jan van Eyck « La Vierge du chancelier Rolin » ; 1436 - Jan van Eyck « La Madone au Chanoine van der Paele » aurait été achevée en 1436 selon une inscription sur le cadre. Il s’agit du plus grand tableau conservé du peintre. (122 x 157 cm)
1438 - Rogier van der Weyden « La Descente de Croix »
1439 - Concile de Florence : Rencontres des Eglises d’Orient et d’Occident dans l’espoir d’une réunification afin de faire face à la menace des Ottomans musulmans. L’Occident redécouvre l’univers de la philosophie grecque et surtout celle de Platon. Cosme de Médicis, présent au Concile, frappé par ces découvertes se promet de fonder une Académie dédiée à l’enseignement de la pensée platonicienne.
1440 - Naissance de Hugo van der Goes. Rogier van der Weyden « Saint Luc dessinant la Vierge ».
1443 - Rogier van der Weyden commence à peindre le Jugement dernier commandé par le chancelier Nicolas Rolin pour les hospices de Beaune. Le polyptique sera achevé en 1452.
1445 - Naissance de Sandro Botticelli
1450 - Probable naissance dans une famille de peintres originaires d’Aix-la-Chapelle de Jheronimus van Aken à Bois le Duc ; (‘s-Hertogenbosch en néerlandais) qui prendra comme nom de peintre Bosch pour souligner son appartenance à la ville où il est né et a vécu. Naissance de Martin Schongauer. Rogier van der Weyden « Triptyque des sept sacrements ».
1452 - Naissance de Léonard de Vinci. Rogier van der Weyden « Triptyque Braque ».
1453 - Fin de la Guerre de Cent ans. Disparition de l’empire byzantin. De nombreux lettrés émigrent en Italie où leur apport intellectuel ouvre les portes de la première Renaissance.
1454 – Mort du peintre Jan van Aken, grand-père de Jérôme Bosch.
1456 – Impression typographique de la Bible à 42 lignes à Mayence, Allemagne.
1459 - Fondation de l’Académie platonicienne par Cosme de Médicis. Elle est dirigée par Marsile Ficin. Ce dernier fait appel aux plus grands érudits pour traduire et interpréter les textes anciens et établir de nouvelles interprétations.
1458 - Naissance de Sébastian Brant « La nef des fous ».
1463 - Naissance de Pic de la Mirandole « De la dignité de l’homme ».
1464 – Mort de Rogier van der Weyden.
1466 – Mort de Donatello.
1468 – Bosch « L’Adoration des Mages », une réalisation capitale dans laquelle éclate toute l’originalité du génie de Bosch Mort de Gutenberg.
1469 – Naissance d’Erasme de Rotterdam « Eloge de la folie ».
1470 - Naissance de Mathis Gothart Nithart dit "Grünewald". Hugo van Goes « L’Adoration des Mages », « La Mort de la Vierge ».
1471 - Naissance d’Albrecht Dürer.
1472 - Naissance de Lucas Cranach l’Ancien. Première impression de la Divine comédie de Dante. Léonard de Vinci peint « L’Annonciation ».
1473 - Naissance de Copernic.
1474 - Première mention de Bosch dans un document d’archives sous le nom de « Jheronimus ».
1475 - Hugo van der Goes peint le « triptyque Portinari ». Bosch « Ecce Homo ». Mort de Dirk Bouts, naissance de Michel-Ange.
1477 - Mort de Charles le Téméraire duc de Bourgogne devant Nancy. Les troupes bourguignonnes sont défaites. C’est la fin du Grand-duché de Bourgogne. Maximilien Ier de Habsbourg épouse Marie de Bourgogne : Les Pays-Bas passent à la dynastie des Habsbourg.
1478 - Sandro Botticelli « Le Printemps ». Naissance de Thomas More « L’Utopie ».
1484 - Marsile Ficin fonde à Florence l’Académie platonicienne de Careggi, une villa des Médicis.
1480 – Mort d’Anthonius van Aken, peintre père de Jérôme Bosch. Léonard de Vinci « Saint Jérôme ».
1482 - Mort d’Hugo van der Goes.
1483 - Naissance de Martin Luther et de Raphaël ; mort du roi Louis XI. Léonard de Vinci « La Vierge aux rochers ».
1484 - Botticelli « La Naissance de Vénus ».
1485 - Alberti rédige son traité De Re Aedificatoria où il expose le programme architectural de la Renaissance. Jérôme Bosch peint « Saint Jérôme en prière ».
1487 - De la dignité de l’homme, de Pic de La Mirandole : " Lorsqu’il écrit l’Oratio de hominis dignitate, qui aurait dû introduire ses Neuf cents thèses philosophiques, théologiques et cabalistiques, Pic a vingt-quatre ans. Bien conscient du fait que « ses façons ne répondent ni à son âge, ni à son rang », c’est pourtant une philosophie nouvelle qu’il propose à ses aînés ; philosophie ouverte, accueillant tout ce qui, depuis les Mystères antiques jusqu’aux religions révélées, émane de ce que l’on pourrait appeler la « volonté de vérité ». L’homme est au centre de cette philosophie, en ce que le divin a déposé en lui ce « vouloir », cette volonté dont il use à sa guise, le créant « créateur de lui-même ». Et cette puissance du vouloir, cette volonté de « se connaître soi-même », Pic la retrouve chez les Sages grecs et orientaux, mais aussi dans la Kabbale juive, la pensée arabe, la scolastique et les auteurs chrétiens. S’agit-il pour autant d’un œcuménisme sans discernement ? Plutôt de la fusion en l’homme de cette intelligence, dévoilée dans le contact entre les différentes sagesses. L’Oratio reste inédite ; les thèses sont publiées en 1486, mais l’Église ne voudra pas entendre – quelle église pourrait vouloir entendre ? Pic devra s’exiler en France avant d’être fait prisonnier et incarcéré au donjon de Vincennes en 1487.
Parution du « Marteau des sorcières » : Le Malleus Maleficarum, est un traité des dominicains allemands Henri Institoris (Heinrich Kramer) et Jacob Sprenger, ayant eu place de coauteur, publié à Strasbourg en 1486 ou 1487. Il connut de nombreuses rééditions. Le 5 décembre 1484, le pape Innocent VIII fait paraître une bulle, à savoir une lettre pontificale faisant acte d’autorité, mettant en garde contre la sorcellerie. Ce document apporte de la légitimité aux deux inquisiteurs, Jacob Sprenger et Henry Institoris, qui s’attaquent alors au problème. Les deux hommes publient le livre Malleus Maleficarum (Le Marteau des sorcières). Catholiques et protestants l’accepteront par la suite comme faisant autorité dans la lutte contre la sorcellerie. Il présentait des arguments théologiques et juridiques contre la sorcellerie, et fournissait des directives pour repérer et éliminer les sorcières. Dans l’étude qui précède sa traduction du Marteau des sorcières, l’auteur Armand Danet démontre « comment la lecture cosmologique, attentive aux désordres et au mal du monde, fait progressivement place, chez les inquisiteurs, à une lecture démonologique centrée sur le maléfice, puis anthropologique et sexologique, accablant la femme, accusée d’être la complice de Satan ».
1490 – Bosch « Saint Jean à Patmos », « Saint Jean-Baptiste dans le désert », « Saint Christophe », « Calvaire avec donateur », « L’Adoration des mages », « Le couronnement d’épines », « Le Portement de croix ». Léonard de Vinci « La Belle Ferronnière ».
1492 - Découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Fin de la Reconquista espagnole avec la prise de Grenade. Expulsion des Juifs d’Espagne. Les musulmans le seront en 1508.
1494 - « La Nef des fous » de Sebastian Brant. Il s’agit sans aucun doute du premier best seller international. L’auteur y déploie une vision pessimiste de l’humanité dont il dénonce les lubies et les égarements. Selon lui, le monde entier plongé dans une nuit profonde, persiste dans un coupable aveuglement, et chaque rue voit passer des imbéciles. Là où Pic de la Mirandole traduit la foi optimiste de la Renaissance italienne, Brant reste l’héritier de la vision d’une nature humaine bien plus sombre, celle qui avait cours dans l’Europe du nord qui dénonçait une humanité corrompue depuis le péché originel, laissant libre cours à son penchant pour le mal, capable de sombrer au niveau des bêtes plutôt que de s’élever au rang des anges. Ses visions pessimistes d’un monde se précipitant vers l’anéantissement seront traduites picturalement par Jérôme Bosch.
Mort de Hans Memling. Naissance de Rabelais.
1495 – Bosch « Triptyque Ecce Homo », « Triptyque de sainte Wilgeforte », « Le Jardin des délices », « Le Jugement dernier » (Bruges).
1496 - Philippe Ier le Beau (fils de l’empereur Maximilien et de la duchesse Marie de Bourgogne) épouse Jeanne Ière de Castille dite « Jeanne la Folle ». L’Espagne passe à la dynastie des Habsbourg.
1497 – A Florence, le moine dominicain Jérôme Savonarole prend momentanément le pouvoir en instaurant une dictature théocratique, ordonne le « bûcher de la vanité ». Selon la légende Botticelli y jeta lui-même certains de ses tableaux.
1498 – Bosch « La Tentation de saint Antoine ». Savonarole est exécuté le 23 mai.
1500 – Michel-Ange sculpte la « Pietà ». Bosch « La mort du juste », « Le Jugement du réprouvé », « Le Jugement dernier » (Vienne) ; « La Tentation de saint Antoine / fragment » (Lisbonne), « Triptyque du Vagabond » [1 : la Nef des fous (Louvre), 2 : La gourmandise et la luxure (New Haven), 3 : La Mort de l’avare (Washington) 4 : Le Vagabond (Rotterdam)].
1503 - Léonard de Vinci « La Joconde ou Mona Lisa ».
1504 - Philippe Ier le Beau, fils de l’empereur Maximilien commande à Bosch un triptyque ayant pour sujet le Jugement dernier.
1506 – Mort de Mantegna et de Christophe Colomb.
1508 – Michel-Ange commence la fresque de la voûte de la chapelle Sixtine. Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas.
1509 – Naissance de Calvin.
1510 – Mort de Botticelli. Bosch « Tête d’une vieille femme ».
1511 – Erasme écrit « l’Eloge de la folie ». Il s’agit d’une thèse humoristique, rédigée en latin de manière volontairement savante, truffée à dessein de locutions grecques, découpée en 68 articles. Érasme y fait parler la déesse de la Folie et lui prête une critique acerbe des diverses professions et catégories sociales, notamment les théologiens, les maîtres, les moines et le haut clergé mais aussi les courtisans dont il brosse une satire mordante
1512 - Michel-Ange termine la fresque de la voûte de la chapelle Sixtine.
1515 - Grünewald achève le Retable d’Issenheim.
1516 – Les obsèques de Jérôme Bosch se tiennent le 9 août. Thomas More publie « Utopia ».
La base de l’organisation utopique est la stricte égalité entre les êtres. Pour assurer cette égalité, il n’existe ni propriété, ni argent. C’est le point central sur lequel le débat s’engage avec Thomas More (lui-même personnage de l’œuvre) qui semble d’abord sceptique vis-à-vis de cette idée, qui encouragerait selon lui la fainéantise. C’est alors que le voyageur Raphaël décrit toute l’organisation d’Utopie : chacun se voit prêter une maison pour dix ans. Tous sont agriculteurs pendant deux ans (ou plus s’ils le souhaitent), et travaillent 6 heures par jour. Il n’y a aucun oisif (pas de « nobles » par exemple). Tous ont les mêmes vêtements. Ils prennent leurs repas en commun. Le temps libre est consacré à des loisirs comme les échecs ou l’apprentissage des belles lettres. Il y a des cours gratuits pour adultes, la culture devant être accessible à tous. Les Utopiens ne sont pas superstitieux, il n’existe aucune forme de divination ou d’augure. Les jeux de hasard sont interdits, le luxe inexistant. La chasse est interdite, sauf pour les bouchers (qui sont des esclaves), par nécessité, il ne s’agit donc pas d’un amusement. L’or et l’argent (le matériau) n’ont aucune importance. Un système de péréquation entre les villes permet d’aider les plus pauvres. C’est seulement par un tel système qu’on peut se soucier réellement de l’intérêt général, quand la fortune de l’État est bien distribuée. Il n’y a pas de pauvres en Utopie. Au contraire, dans les autres formes d’organisation, chacun doit toujours penser à lui-même, et il y a une « conspiration des riches », qui font les lois, et parviennent par ces lois à maintenir leur domination et à exploiter les pauvres. Ils veulent rester supérieurs et se réjouir en se comparant aux pauvres, plus bas qu’eux. « L’orgueil ne mesure pas le bonheur sur le bien-être personnel, mais sur l’étendue des peines d’autrui. ».
Michel-Ange sculpte « Moïse », destiné au tombeau du pape Jules II dont le projet initial de 1505 comportait trois étages et une quarantaine de figures. Souvent remanié, en 1513 à la mort du pape (une trentaine de statues par le contrat du 6 mars), jusqu’en 1545, il se réduira à la version visible aujourd’hui de deux étages. Certaines des statues sont de la main du maître (Moïse, les Esclaves, Léa et Rachel les filles de Laban), d’autres de ses assistants et élèves.
Ce projet fut interrompu par plusieurs autres projets, comme les fresques de la Chapelle Sixtine, la façade de la Basilique San Lorenzo de Florence et les Tombeaux des Médicis, restés inachevés également.
1517 – Luther publie ses « 95 thèses » qui marquent le début de la Réforme.
1519 - Mort de léonard de Vinci.
1520 – Mort de Raphaël.
1525 - Probable naissance de Pieter Breughel, près de Breda. Il décédera en 1569, à l’âge de 46 ans.


Bibliographie


Espace ARTS

L’ABCdaire de Jérôme Bosch
Roger-Henri Marijnissen, Peter Ruyffelaere
Flammarion, 2001
ART 759.03 BOS

Jérôme Bosch : l’œuvre complet
Stefan Fischer
Taschen, 2016
ART 759.03 BOS

Jérôme Bosch, l’œuvre complet
Exposition, Museum Boymans-Van Beuningen, Rotterdam, 1er sept.-11 nov. 2001
Flammarion, 2001
ART 759.03 BOS

Jérôme Bosch
Walter S. Gibson
Thames & Hudson, 1995
ART 759.03 BOS

Beauté de la beauté
Réal. Kiju Yoshida
Carlotta films, 2013
ART 759 YOS (DVD)
3 DVD (6h 40mn). Version japonaise. Sous-titres en français. Contient : Bosch, Bruegel, Caravage, Goya, Delacroix, Manet, Cézanne, Van Gogh.
Jérôme Bosch : le diable aux ailes d’ange
Un film d’Eve Ramboz et Nathalie Plicot
INA, 2017
ART 759.03 BOS (DVD)

Le Mystère Jérôme Bosch
Un film de José Luis Lopez-Linares
Epicentre, 2017
ART 759.03 BOS (DVD)

Journal de voyage aux Pays-Bas : 1520-1521
Albrecht Dürer
Amateur, 2009
ART 759.03 DUR
L’art flamand et hollandais : le siècle des Primitifs (1380-1520)
Christian Heck
Citadelles & Mazenod, 2003
REF 709 ART 32

Peinture flamande de van Eyck à Rubens
Till-Holger Borchert
Citadelles & Mazenod, 2014
ART 759.03 BOR

La technique de la peinture à l’huile : histoire du procédé à l’huile, de van Eyck à nos jours
Xavier de Langlais
Flammarion, 2011
ART 751.45 LAN

Espace Philosophie

De la dignité de l’homme | De hominis dignitate
Jean Pic de la Mirandole
Eclat, 2016
PHI 195 PIC

Eloge de la folie
Erasme
Slatkine, 1995
PHI 189 ERA

Espace Littératures

La Nef des fous
Sébastien Brant
Seghers, 1979
LIT 831 BRA

Espace Histoire

Histoire des Pays-Bas, des origines à nos jours
Christophe de Voogd
Fayard, 2003
HIS 949. 2 VOO

Philippe le Bon, le grand lion des Flandres
Emmanuel Bourassin
Tallandier, 1983
HIS 944.025 PHI BIO

Charles le Téméraire, grand-duc d’Occident
Marcel Brion
Tallandier, 2006
HIS 944.026 CHA BIO

Histoire de l’Empire des Habsbourg, 1278 – 1918
Jean Béranger
Fayard, 1990
HIS 943.602 BER

Espace Romans

Les Démons de Jérôme Bosch
Alexandra Strauss
Télémaque, 2009
R STR

Sites internet de grande valeur

BOSCHPROJECT : http://boschproject.org/#/

CLOSER TO VAN EYCK : http://boschproject.org/#/

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