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Bruegel : grotesques & hybrides dans l’art...


Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525-1569)

Fantastique : grotesques & hybrides dans l’art



Les êtres hybrides peuplent l’imaginaire de l’humanité depuis la nuit des temps. Chaque civilisation possède les siens selon des formules de représentation souvent divergentes, mais qui étonnent par leur abondance et leur richesse.

À l’instar des animaux communs et exotiques, une part de ces créatures fabuleuses était donc décrite dans le bestiaire hérité de l’Antiquité, mais nombre d’entre elles naquirent au Moyen Âge. Les lettrines bien sûr, mais surtout les marges des manuscrits, à partir du XIIIe siècle, en furent peuplées. La créativité des peintres y trouva des espaces favorables à l’invention et à l’épanouissement d’êtres hybrides, de figures animales et d’anthropomorphes.

Pour les chrétiens, les hybrides mi-homme mi-animal incarnaient la dualité de la nature humaine. Dès lors, ce furent des foules de nouvelles créatures qui prirent forme dans des combinaisons délirantes : des parties animales, végétales et humaines sont jointes dans des assemblages invraisemblables et des mues contre-nature. Les métamorphoses successives finissent par faire s’accorder dans ces chimères des portions d’êtres fabuleux. 
D’infinis arrangements sont ainsi créés, censés synthétiser des tempéraments et des comportements légendaires, tant est si bien qu’il semble difficile d’en établir le catalogue, la nature.

La tendance à la création d’univers et d’êtres fantastiques n’a aucunement été affaiblie par le progrès technique des civilisations - bien au contraire. Il suffit de réaliser un inventaire succinct des jeux vidéo pour le constater.

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Repères biographiques




 La biographie de Pieter Bruegel l’Ancien est extrêmement lacunaire et en l’absence de sources écrites, les historiens en sont souvent réduits aux hypothèses. Le lieu et la date de sa naissance prêtent à beaucoup de conjectures, tout comme l’orthographe de son nom.
Grâce à la date de son admission comme maître dans les registres de la Guilde de Saint-Luc à Anvers (en 1551), soit habituellement entre 21 et 25 ans, et à la date de sa mort (1569), « dans la fleur de l’âge » soit entre 35 et 45 ans, on peut situer la date de naissance de Bruegel entre 1525 et 1530, ce qui en fait un contemporain de Charles Quint et de son successeur Philippe II d’Espagne.



Selon Karel van Mander (1548-1606), Pieter serait né « non loin de Breda, dans un village qu’on appelait naguère Bruegel, nom qu’il conserva pour lui-même et pour ses descendants ». Dominique Lampson (1532-1599) évoque lui Pietro Bruegel di Breda vers 1564, nom que reprennent Lodovico Guicciardini en 1567 et Giorgio Vasari en 1568. Toujours selon van Mander, il fut l’élève de Pieter Coecke van Aelst, artiste cultivé, doyen de la guilde des artistes, à la fois peintre et architecte. En 1552, il fait un voyage en Italie, poussant jusqu’à Rome où il a pu travailler avec le miniaturiste Giulio Clovio. Le Port de Naples, le décor de La Chute d’Icare et du Suicide de Saül ainsi que quelques dessins témoignent de son périple.

Entre 1555 et 1563, il est établi à Anvers et travaille pour l’éditeur Jérôme Cock, réalisant des dessins préliminaires pour des séries d’estampes. C’est là qu’il explore l’univers de Jérôme Bosch qu’il introduit dans des dessins destinés à la gravure. À Anvers, il fréquente un cercle d’artistes et d’érudits humanistes notamment le mécène Niclaes Jonghelinck qui possédait seize de ses œuvres. Il fut aussi l’ami du cartographe Abraham Ortelius qui écrivit quelques lignes émouvantes à sa mémoire. Mais sa vie sociale déborde largement de ce milieu intellectuel. Il fréquente volontiers les noces paysannes auxquelles il se fait inviter comme « parent ou compatriote » des époux.

En 1562, à la demande de sa future belle-mère, il s’installe à Bruxelles dans le quartier des Marolles au 132 rue Haute dans une maison à pignons à gradins de style médiéval flamand typique du XVIe siècle. C’est à l’église Notre-Dame de la Chapelle qu’il épouse en 1563 Mayken Coecke, fille de son maître Pieter Coecke van Aelst.

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La Danse de la mariée en plein air

En 1564, naît le premier de ses fils, Pieter Bruegel le Jeune, dit Bruegel d’Enfer. La situation politique et religieuse en Flandres se dégrade. En 1567 le duc d’Albe entreprend une campagne de répression sanglante contre les rebelles, et c’est l’année même de l’exécution des comtes d’Egmont et de Horn que naît en 1568 son second fils, Jan Bruegel l’Ancien, dit Bruegel de Velours. Il semble certain que Bruegel l’Ancien ait reçu la protection du gouverneur des Pays-Bas espagnols, Antoine Perrenot de Granvelle, collectionneur de ses œuvres.

On ignore presque tout de la personnalité de Bruegel, en dehors de ces quelques lignes de Carel van Mander : « C’était un homme tranquille, sage, et discret ; mais en compagnie, il était amusant et il aimait faire peur aux gens ou à ses apprentis avec des histoires de fantômes et mille autres diableries. »

Van Mander narre quelques anecdotes, plutôt fantaisistes, comme ses intrusions dans les mariages avec son ami Hans Frankaert, joaillier à Anvers : « En compagnie de Frankaert, Bruegel aimait aller visiter les paysans, à l’occasion de mariages ou de foires. Les deux hommes s’habillaient à la manière des paysans, et de même que les autres convives, apportaient des présents, et se comportaient comme s’ils avaient appartenu à la famille ou étaient de l’entourage de l’un ou l’autre des époux. Bruegel se plaisait à observer les mœurs des paysans, leurs manières à table, leurs danses, leurs jeux, leurs façons de faire la cour, et toutes les drôleries auxquelles ils pouvaient se livrer, et que le peintre savait reproduire, avec beaucoup de sensibilité et d’humour, avec la couleur, aussi bien à l’aquarelle qu’à l’huile, étant également versé dans les deux techniques. Il connaissait bien le caractère des paysans et des paysannes de la Campine et des environs. Il savait comment les habiller avec naturel et peindre leurs gestes mal dégrossis lorsqu’ils dansaient, marchaient ou se tenaient debout ou s’occupaient à différentes tâches. Il dessinait avec une extraordinaire conviction et maîtrisait particulièrement bien le dessin à la plume. »


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Les Proverbes Flamands Les incursions de Bruegel dans ce qu’il convient d’appeler l’univers fantastique sont rares. D’ailleurs ce qui nous apparait comme fantastique aujourd’hui appartenait au quotidien des gens du Moyen Age et de la Renaissance qui croyaient dur comme fer en l’existence d’êtres surnaturels, anges ou démons. Si par de nombreuses références explicites, Pieter Bruegel peut être considéré comme un digne héritier de Jérôme Bosch, il n’est en rien un suiveur, un copiste. Ses inspirations sont riches et multiples, mais elles sont dominées, voire effacées par son style unique.

Grand dessinateur et peintre excellent, sa vision du monde est sans doute moins « cruelle » que celle de Jérôme Bosch, tempérée par les cercles d’humanistes flamands qu’il a assidûment fréquentés. Pourtant, il ne montre pas plus de commisération que Bosch pour les mendiants, les infirmes, les lépreux qu’il assimile à des simulateurs, des fainéants, des voyous vivant au crochet d’une société dédiée au labeur.
Ces nombreuses représentations du monde paysan peuvent être interprétées de manière diverse. Leurs corps trapus à la limite du grotesque, leurs visages souvent plus que grossiers, les positions souvent gauches dans lesquelles il les montre en action tendraient vers une évidente moquerie. Mais il se dégage en même temps comme regard complice, une façon de célébrer la simplicité de la vie et des êtres.
Le grand œuvre de Pieter Bruegel l’Ancien met surtout l’accent sur l’indifférence des hommes face au sort parfois peu enviable de leurs semblables.

Bruegel meurt en 1569 et est enseveli dans l’église Notre-Dame de la Chapelle à Bruxelles. On retrouve son effigie dans Les Effigies des peintres célèbres des Pays-Bas de Dominique Lampson.


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Une dynastie d’artistes



Première génération
St Jérôme
Pieter Coecke van Aelst

Né à Aelst, le 14 août 1502 (ou le 4 juillet 1507 selon les Liggeren), mort en 1550 à Bruxelles. Peintre, sculpteur, architecte, dessinateur de tapisserie.
Admis dans la guilde d’Anvers en 1525, il étudie la peinture mais aussi l’architecture, la gravure, la sculpture et la géométrie. Il a deux fils légitimes, Pieter et Michel et deux fils naturels, Pauwel et Anton. Plus tard, il épouse la miniaturiste Mayekin (Maria) Verhulst Bessemers dont il a trois enfants : Pauwel (Paul), Kateline et Mayeken, qui deviendra la femme de son élève, Pieter Bruegel dit l’Ancien.

Marie Bessemers, dite Mayekin (Marie) Verhulst
Marie Bessemers
Née à Malines en 1537, morte en 1600. Peintre, miniaturiste.
Mariée au graveur Pieter Coecke van Aelst en 1537, elle a un fils qui deviendra peintre, Paul Coecke van Aelst. Elle se charge de l’éducation (picturale) de ses petits-fils, Pieter et Jan Bruegel à la mort de leur père, Pieter Bruegel l’Ancien.

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Deuxième génération

Pieter Bruegel, dit l’Ancien, le Rustique, le Drôle ou le Vieux

Né vers 1525 à Bruegel (près de Breda) ou à Bruegel (près de Bois-le-Duc), mort le 5 septembre 1569 à Bruxelles. Peintre de compositions religieuses, scènes de genre, graveur et dessinateur. Il fait son apprentissage à Anvers dans l’atelier de Pieter Coecke. Il est reçu dans la guilde anversoise en 1551. Le Repas de noce et la Danse des paysans lui valent ses surnoms. À sa mort, il laisse deux fils qui deviendront peintres, l’un de 5 ans, Pieter dit le Jeune ou d’Enfer, l’autre de un an, Jan dit l’Ancien ou de Velours.

Troisième génération

Jan Bruegel, dit l’Ancien, de Velours, de Paradis ou de Fleurs

Né en 1568 à Bruxelles, mort le 13 janvier 1625 à Anvers. Peintre d’histoires, sujets allégoriques, fleurs et fruits, graveur, dessinateur. Second fils de Pieter Bruegel dit l’Ancien ou de Velours, en raison de la séduction de sa palette. Membre le plus prolifique et le plus doué de la famille, il est nommé peintre de cour en 1609 par l’archiduc Albert d’Autriche.

Pieter Bruegel II, dit le Jeune ou d’Enfer
L'alchimiste
Né vers 1564 à Bruxelles, mort en 1637 ou 38 à Anvers. Peintre de compositions religieuses, sujets mythologiques, scènes de genre, dessinateur. Fils de Pieter Bruegel dit l’Ancien, il est le premier à adopter l’orthographe « Breughel » il a sept enfants dont Pieter (III), qui devient son élève.

David Téniers, dit l’Ancien

Né en 1582 à Anvers, mort le 29 juillet 1649 à Anvers. Peintre d’histoire, compositions mythologique, sujets religieux. Graveur. Fils de mercier, David Téniers est élève de son frère aîné Julian. Il épouse Dymphna Cornelissen de Wilde dont il a 5 enfants : David II (qui épousera la fille de Jan Bruegel, Anna), Julian, Théodor, Abraham et une fille.
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Quatrième génération

Ambrosius Bruegel

Né le 10 août 1617 à Anvers, mort le 9 février 1675 à Anvers. Peintre de paysages, natures mortes, fleurs et fruits. École flamande. Fils de Jan Bruegel dit l’Ancien, il étudie avec son demi-frère, Jan Bruegel II, dit le Jeune et son beau-frère David Teniers II, dit le Jeune. Il devient maître à Anvers en 1645 puis doyen de la guilde en 1663. Ses œuvres sont rares.

Jan Bruegel II, dit le Jeune

Né en 1601 à Anvers, mort le 1er septembre 1678. Peintre d’histoire, de compositions religieuses, sujets allégoriques, fleurs et fruits, dessinateur. Il a onze enfants dont cinq deviendront peintres.

Pieter Bruegel III

Né en 1589 à Anvers, mort en 1639. Peintre de compositions religieuses, scènes de genre.
Fils de Pieter Bruegel II dit le Jeune. Seules œuvres attestées un Saint Ignace en prière et un Portement de Croix.

Hieronymus van Kessel

Né en 1578, baptisé à Anvers le 6 octobre, mort vers 1636 à Anvers. Peintre d’histoires, de portraits, de paysages. Élève de Cornelis Floris en 1594. g. Par la suite travaille pour Jan Bruegel dont il épouse la fille en 1624. Ils ont deux fils dont un est peintre.

David Téniers II, dit le Jeune

Né en 1610 à Anvers, baptisé le 15 décembre 1610, mort le 25 avril 1690 à Bruxelles. Peintre d’histoires, compositions religieuses, scènes de genre, figures, portraits, paysages. Graveur.
Aîné des cinq enfants de David Téniers, dit l’Ancien. Son épouse Anna Bruegel, la fille de Jan Bruegel lui apporte une dot, une rente et surtout l’intimité de Rubens.. Son œuvre est considérable.

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Cinquième génération

Abraham Bruegel, dit Ryngraaf

Né le 28 novembre 1631 à Anvers, mort en 1697 à Naples. Peintre de sujets religieux, scènes de genre, fleurs et fruits. Fils de Jan Bruegel II. Il travaille à Rome entre 1660 et 1671, où il prend le nom de Ryngraaf.

Ferdinand Bruegel

Né en 1637 à Anvers où il est baptisé le 3 juillet, mort après 1662. Peintre.
Fils de Jan Bruegel II. Hormis le fait qu’il a été étudiant à Anvers et qu’il a eu le même enseignement que ses frères, on ne sait rien de la suite de son parcours privé ou professionnel.

Jan Baptist Bruegel, dit Meleager

Né le 26 décembre 1647 à Anvers, mort en 1719. Peintre de natures mortes, fleurs et fruits.
Fils de Jan Bruegel II. Il visite l’Italie, vit à Naples et à Rome ou il prend le surnom de Meleager.

Jan Peeter Bruegel

Né en 1628 à Anvers, mort après 1662 probablement en Italie. Peintre de fleurs. Fils de Jan Bruegel II. Il est maître à Anvers et travaille plus tard à Liège pour le peintre Walter Domerg.

Philips Bruegel

Né le 24 décembre 1635 à Anvers.
Fils de Jan Bruegel II. Il est maître à Anvers en 1655. En 1657 il part à Paris pour 3 ans chez son oncle Jan Valdor, graveur et marchand de tableaux.

Jan van Kessel, dit l’Ancien

Né en 1626, baptisé le 5 avril 1626 à Anvers, mort le 17 avril 1679 à Anvers. Peintre d’histoires, sujets allégoriques, compositions mythologiques, scènes de genre, animaux, fleurs et fruits, peintre à la gouache, dessinateur. Fils de Hieronymus van Kessel, il est l’élève de son oncle Jan Bruegel et de Simon de Vos. Il peint des paysages, des fleurs, des fruits, des oiseaux, des insectes dans le style de Bruegel de Velours. Il a treize enfants dont deux sont peintres.

David Téniers III

Né à Anvers, baptisé le 10 juillet 1638, mort le 10 février 1685 à Bruxelles. Peintre de sujets religieux, scènes de genre, portraits, cartons de tapisseries.

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Sixième génération

F. H. Bruegel, graveur

Fils présumé d’Abraham Bruegel. On connait de lui une suite de dix marines.

Ferdinand van Kessel

Né en 1648 à Anvers, mort en 1696 à Breda. Peintre de paysages, de natures mortes de fruits, d’allégories et de peintures de cabinet sur la vie sauvage, particulièrement de « singeries ».
Fils et élève de Jan van Kessel, dit l’Ancien, il s’installe à Amsterdam en 1680 puis à Breda en 1689. Peintre du stathouder Guillaume III d’Orange-Nassau, il réalise également plusieurs commandes pour le roi de Pologne Jean III Sobieski.

Jan van Kessel II, dit le Jeune

Né le 23 novembre 1654 à Anvers, mort en 1708 à Madrid. Peintre d’histoires, portraits, animaux, fleurs et fruits.

David Téniers IV

Né en 1672, mort en 1771 à Lisbonne. Peintre. Fils de David Téniers III. Actif aussi au Portugal.

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Repères Chronologiques



1477 Mort du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire devant Nancy. Effondrement du grand-duché de Bourgogne.
1499 Michel-Ange : « la Pietà ».
1500 Naissance de Charles Quint à Gand.
1504 Michel-Ange « David ».
1506 Maximilien Ier de Habsbourg, souverain des Pays-Bas. Mort de Christophe Colomb.
1508 Henri VIII, roi d’Angleterre. Le 8 mai Michel-Ange débute les travaux de la voûte de la chapelle Sixtine.
1509 Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas. Sa gouvernance durera jusqu’en 1530.
1509 Naissance de Jean Calvin.
1510 Mort de Sandro Botticelli.
1512 Le 31 octobre le pape Jules II (Giuliano della Rovere, neveu de Sixte IV) inaugure la voûte peinte par Michel-Ange.
1516 Le 9 août, mort de Jérôme Bosch. Publication du « Nouveau Testament » d’Erasme de Rotterdam.
1517 Les 95 thèses de Luther
1519 Mort de Léonard de Vinci. Charles Quint, empereur germanique.

1520 Voyage de Dürer aux Pays-Bas. Excommunication de Luther.
1523 Mise en place de l’inquisition pontificale dans les Pays-Bas.
1525 Probable naissance de Pieter Bruegel entre 1525 et 1530. L’âge du peintre est déduit par la date de sa mort, 1569 et l’obtention de sa maîtrise de la guilde des peintres de Saint Luc d’Anvers.
1527 Sac de Rome par l’armée de Charles Quint.
1528 Mort du peintre et ingénieur hydraulique Mathis Gothart Nithart, plus connu sous le nom de Matthias Grünewald, auteur du retable d’Issenheim.
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1531 Anvers, première place financière d’Europe. Création d’une Bourse d’échanges où se retrouvent entre autre, marchands et financiers, espagnols et flamands, allemands et portugais, italiens et suédois.
1533 Hans Holbein le Jeune « peint les Ambassadeurs », à la demande de Jean de Dinteville. Il s’agit d’un double portrait où figurent le commanditaire et un homme d’église Georges de Selves, tous deux dépêchés par François Ier auprès du roi Henri VIII.
1534 Fondation de la Compagnie de Jésus par Ignace de Loyola.

1541 Michel-Ange : Le Jugement dernier.
1545 Ouverture du Concile de Trente qui inaugure le début de la contre-Réforme.
1546 Publication de l’index des livres prohibés par l’Université de Louvain. Michel-Ange architecte en chef de la construction de Saint-Pierre-de-Rome.
1547 Mort d’Henri VIII et de François Ier.
1549 Présentation de Philippe II à Bruxelles. Pragmatique Sanction par laquelle les provinces constitutives des Pays-Bas sont indivisibles et placées sous l’autorité du roi d’Espagne.

1551 Pieter Bruegel devient franc-maître de la guilde des peintres d’Anvers. Pieter Aertsen peint l’Etal du boucher.
1552 Séjour d’un an de Bruegel en Italie. Il y réalise un grand nombre de dessins de paysages. Des historiens de l’art, spécialistes du peintre, contestent l’authenticité de certains d’entre eux. Ils relèvent assez unanimement une influence du dessin vénitien issu de l’école du Titien.
1555 Abdication de Charles Quint en faveur de son fils Philippe II, roi d’Espagne et souverain des Pays-Bas.
1557 Crise financière à Anvers
1558 Mort de Charles Quint et de Marie Tudor ; Elisabeth, reine d’Angleterre.
1559 Bruegel : « les Proverbes ». Tradition flamande déjà présente dans l’œuvre de Jérôme Bosch. Ou comment faire vivre une sentence pour, que d’un lieu commun, elle puisse devenir un chef d’œuvre pictural énigmatique.

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Suicide de Saul
1562 Bruegel peint le « Le suicide de Saül », « Deux singes », « La Chute des anges rebelles ». Ces trois tableaux appartiennent à des « styles », des manières très différentes.

" Le suicide de Saül", premier roi des Hébreux, se déroule dans un panorama montagneux où grouillent des soldats en arme. Son armée est défaite par celle des Philistins. Saül ne peut ni ne veut survivre à cet échec. Le roi en armure se donne la mort sur un promontoire à la gauche du tableau. Petit personnage perdu dans l’immensité des montagnes. A l’arrière, une ville fortifiée, sans doute Jérusalem. Saül est abandonné de Dieu pour lui avoir désobéi. David va lui succéder et le royaume d’Israël va connaître son apogée sous le fils de David, Salomon.



La chute des anges rebelles
« Deux singes », est un tout petit panneau de 19 x 23 cm Deux colobes à tête rouge, originaires d’Afrique sont enchaînés dans une niche d’où l’on voit Anvers et l’Escaut. Ils peuvent représenter l’homme dominé par le vice ou encore faire référence à des événements politiques annonciateurs de troubles ?

« La Chute des anges rebelles » fait directement référence au monde infernal de Jérôme Bosch. Elle illustre un passage de l’Apocalypse. Hormis les monstres et hybrides clairement issus du monde du maître de Bois-le Duc, Bruegel présente les figures de l’Archange Michel et des anges dans une manière qui n’est pas sans rappeler les illustres anciens Van Eyck ou Van der Weyden.

Même année pas d’unité stylistique, et pourtant dans chacun des sujets abordés de manière différente, la force du talent de Bruegel éclate.
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1563 Bruegel épouse Maycken Coecke. Le couple réside à Bruxelles.
Bruegel peint la « Tour de Babel ». Il aborde le thème biblique de manière originale. La forme conique de la bâtisse rappelle étonnamment les ziggourats qu’il ne pouvait pas connaître. Toujours est-il que la tour qui devait défier Dieu penche déjà dangereusement et s’enfonce dans le sol marécageux du pays flamand. Certains éléments architecturaux ont été empruntés au Colisée romain. Le peintre l’aurait peut-être vu de ses propres yeux ou bien il s’est servi d’une des nombreuses gravures qui circulaient alors à travers l’Europe.
Dans ce tableau, il montre un intérêt particulier pour le travail des artisans, maçons et charpentiers.

1564 Bruegel réalise « le Portement de croix » et « l’Adoration des Mages ». Naissance de son fils Pieter Breughel le Jeune, dit Breughel d’Enfer. Mort de Michel-Ange à 89 ans. La basilique Saint-Pierre-de-Rome reste inachevée. Il faudra attendre 1626 pour voir la fin des travaux qui avaient débuté en 1506 avec de nombreux projets successifs. Bramante, Giuliano da Sangallo et Raphaël, Baldassarre Peruzzi, Antonio da Sangallo, Michel-Ange, Vignola, Vasari, Giacomo della Porta et Domenico Fontana et pour finir Carlo Maderna
Avec « le Portement de croix » l’artiste réalise un de ses plus grands chefs d’œuvre. Là encore il place sa composition dans un ensemble panoramique, où grouillent plus de 500 personnages. Le Christ pourtant situé au centre géographique du panneau est à peine visible. La narration va de gauche en droite : la foule se déplace dans un large mouvement en arc de cercle vers le lieu du supplice : le Golgotha.

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1565 Bruegel achève les mois, suite de six tableaux dont un a disparu.
1566 Les exactions iconoclastes sont durement réprimées. De nombreux retables d’églises disparaissent. Bruegel peint la « Prédication de saint Jean Baptiste. » Un tableau qui peut être interprété comme un soutien discret à la Réforme.
1567 Le duc d’Albe intensifie la répression. La lutte fratricide s’étend, elle durera plus de 80 ans. Bruegel : « La Conversion de saint Paul » qui dans sa manière n’est pas sans rappeler « le suicide de Saül ». Même paysage montagneux, mêmes chemins escarpés, même foule compacte où il est difficile de voir le personnage principal. « Le Pays de cocagne »
1568 Naissance de Bruegel dit de Velours. Institution du Conseil du sang par le duc d’Albe. Confiscations et exécutions. Bruegel peint « La Parabole des aveugles », « Les Mendiants » « Le Misanthrope ». Trois œuvres chargées d’amertume où la fibre pessimiste de l’artiste affleure.
1569 Mort de Bruegel. Guillaume de Nassau, chef des Gueux des Pays-Bas, entré en France avec son armée le 19 novembre 1569, est contraint de rentrer en Allemagne, sans ses troupes et sans argent. Philippe II décide d’établir l’Inquisition dans le Nouveau Monde. le Grand-duché de Lituanie et le royaume de Pologne sont réunis par l’Union perpétuelle de Lublin qui crée la république des Deux Nations. L’État créé s’étend sur 815 000 km.

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Bibliographie



L’ABCdaire des Bruegel
Flammarion, 1998
ART 759.03 BRU disponible ?

Bruegel
Larry Silver
Paris : Citadelles & Mazenod, 2011
ART 759.03 BRU disponible ?

Bruegel, le moulin et la croix
Film de Lech Majewski
d’après l’œuvre de Michael Francis Gibson
dvd
CIN F MAJ disponible ?

Bruegel
Pierre Francastel
Paris : Hazan, 1995 
ART 759.03 BRU disponible ?

La Peinture Flamande :
de Jérôme Bosch à Rubens

Jacques Lassaigne, Robert L. Delevoy
Skira, 1958
ART 759 LAS disponible ?

Peinture flamande de Van Eyck à Rubens
Till-Holger Borchert
Citadelles & Mazenod
ART 759.03 BOR disponible ?

La Peinture flamande et hollandaise
Silvia Bruno
Place des Victoires, 2015
ART 759.03 BRU disponible ?

Le Livre de peinture
vies des peintres
flamands
Karel Van Mander
Paris : Hermann, 2009
ART 759.03 VAN disponible ?

L’art flamand et hollandais :
Belgique et Pays-Bas, 1520-1914

sous direction de Thomas Da Costa
Citadelles & Mazenod, 2002
REF 709 ART 32 (Lecture et consultation sur place) disponible ?

Histoire des Pays-Bas :
des origines à nos jours

Christophe de Voogd
Fayard, 2002
HIS 949.2 VOO disponible ?

Charles Quint
Pierre Chaunu
Fayard, 2000
HIS 943.03 CHA BIO disponible ?

L’Espagne de Philippe II
Joseph Pérez
Fayard 1999
HIS 946.04 PER disponible ?

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