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Fantin-Latour : à fleur de peau
Présentation et sélection bibliographique, septembre 2016

Exposition, musée du Luxembourg, du 14 septembre 2016 au 12 février 2017

19 rue Vaugirard - 75006 Paris
Ouvert tous les jours de 10h à 19h, nocturne le vendredi jusqu’à 22h

Consulter le site du musée du Luxembourg

L’exposition


Henri Fantin-Latour - Autoportrait (1861) Washington, National Gallery of artPremière rétrospective de l’œuvre de Henri Fantin-Latour (1836-1904) à Paris depuis l’exposition de référence consacrée au peintre dans les galeries nationales du Grand Palais en 1982, cette exposition met en lumière les œuvres les plus emblématiques d’un artiste surtout connu pour ses natures mortes et ses portraits de groupe, et révèle également la part importante occupée dans son œuvre par les peintures dites « d’imagination ».

Très attaché dès sa jeunesse à la restitution fidèle de la réalité, Fantin-Latour explora également, avec délectation, une veine plus poétique qui le rapproche des symbolistes. L’exposition, qui embrasse toutes les facettes de cette riche carrière, propose un parcours dense rassemblant plus de cent cinquante œuvres, tableaux, lithographies, dessins et autres études préparatoires.

Suivant un plan chronologique, l’exposition s’ouvre sur les œuvres de jeunesse de l’artiste, en particulier les troublants autoportraits qu’il réalise dans les années 1850-1860. Confiné dans l’atelier, Fantin-Latour trouve alors ses sources d’inspiration au cœur de son intimité : modèles captifs, ses deux sœurs sont mises en scène en liseuses ou en brodeuses, tandis que les natures mortes savamment composées des années 1860 révèlent, déjà, les qualités d’observation exceptionnelles du jeune artiste.

Les coups d’éclat de la décennie 1864-1872, période charnière dans le travail de Fantin-Latour, sont mis en lumière dans la seconde partie de l’exposition. Mu par de grandes ambitions, le jeune artiste travaille alors intensément, innovant avec panache dans le domaine du portrait de groupe. Avec Le Toast (1864-1865), Un atelier aux Batignolles (1870) et Coin de table (1872), il multiplie les œuvres à valeur de manifestes.

Henri Fantin-Latour - Un coin de table (1872) Paris, Musée d'Orsay

La troisième partie de l’exposition présente les séries de natures mortes et de portraits que l’artiste réalise entre 1873 et 1890. Les somptueux portraits de fleurs qu’il brosse alors par dizaines témoignent d’un talent rare dans la composition des bouquets autant que d’une exceptionnelle virtuosité dans le rendu des matières. Ses portraits, qu’ils soient posés ou plus intimistes, illustrent eux aussi un sens aigu de l’observation.

L’artiste se lasse pourtant peu à peu des portraits et des natures mortes, ainsi que le révèle la quatrième partie de l’exposition. « Je me fais plaisir » : par cette phrase écrite dans une lettre à Edwards en 1869, Fantin-Latour évoque les œuvres dites « d’imagination » qui occupent une part croissante dans son œuvre au fil des années. Nourries de sa passion pour la musique, inspirées par des sujets mythologiques ou odes à la beauté du corps féminin sous couvert de chastes allégories, ces œuvres révèlent un visage moins connu de l’artiste.

Entre l’austérité des portraits familiaux, la richesse des natures mortes et la féerie des tableaux d’imagination se dessine ainsi un personnage tout en nuances, dont la personnalité complexe se trouve éclairée par l’abondante correspondance qu’il entretint avec plusieurs de ses amis et artistes de l’époque. L’exposition innove d’ailleurs en consacrant une salle au processus créatif de Fantin-Latour qui, centrée sur L’Anniversaire peint en 1876, présente en parallèle peintures, dessins et lithographies retravaillées à de nombreuses reprises. Cette rétrospective est enfin l’occasion de dévoiler au public un corpus de photographies inédit, saisissant répertoire de formes pour l’artiste.

« Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée de Grenoble, en collaboration avec le musée d’Orsay »
Source : Musée du Luxembourg


Henri Fantin-Latour : repères biographiques


Ignace Henri Jean Théodore Fantin-Latour, connu comme Henri Fantin-Latour, né à Grenoble le 14 janvier 1836 et mort à Buré le 25 août 1904, est un peintre réaliste et intimiste, et lithographe français.

Il étudie avec son père Théodore Fantin-Latour (1805-1872), artiste, puis à la Petite École de Dessin de Paris avec Louis-Alexandre Péron et Horace Lecoq de Boisbaudran. Il entre à l’École des beaux-arts en 1854. Il a pour condisciples Edgar Degas, Alphonse Legros et Jean-Charles Cazin. En 1861, il fréquente brièvement l’atelier de Gustave Courbet, rue Notre-Dame-des-Champs. Il épouse l’artiste peintre Victoria Dubourg en 1876. Il passe ensuite ses étés dans la résidence de la famille de sa femme à Buré en Basse-Normandie.

Membre du groupe dit "de 1863", puis du Cénacle des Batignolles d’où surgira l’Impressionnisme, il est un peu, remarquait Gustave Kahn, le "chaînon qui unit les peintres d’aujourd’hui à la peinture romantique". En 1867, il fait également partie des 9 membres de la "Société japonaise du Jinglar" avec Carolus Duran et les céramistes Félix Bracquemond et Marc-Louis Solon, qui se réunissaient pour dîner à la japonaise.

Fantin rénove le portrait collectif avec de grands tableaux-manifestes : "Hommage à Delacroix", 1864 ; "Le Toast", hommage aux peintres réalistes, 1865, qu’il détruisit lui-même en ne conservant que les fragments de trois portraits conservés à la Freer Callery de Washington, au musée d’Orsay et son autoportrait dans une collection privée néerlandaise ; "L’Atelier des Batignolles", hommage à Manet, 1870 ; "Un coin de table", hommage aux poètes parnassiens, 1872, dont Verlaine et Rimbaud ; "Autour du piano", hommage aux musiciens et musicologues, 1885.

Henri Fantin-Latour - Vase de pivoines (1881) Honolulu Academy of Arts

Ses natures mortes, fleurs ou fruits, ont souvent trouvé acquéreur ; ses scènes d’intérieur sont réalisées dans une gamme quasi monochrome de gris et de brun. C’est son ami Whistler qui a attiré en Angleterre l’attention sur Fantin, à une époque où la peinture impressionniste française était peu appréciée dans ce pays. Il l’a ainsi mis en relation avec son beau-frère Francis Seymour Haden et avec le graveur Edwin Edwards. Passionné de musique, notamment de Berlioz, Schumann et Wagner, Fantin cherche à la transcrire par des peintures fluides exécutées en longues touches (Trois filles du Rhin, 1876), et lui consacre la plupart de ses lithographies. Ses portraits de sa femme Victoria Dubourg, ou de ses amis, Manet, Verlaine, ont un réalisme harmonieux et incisif.

Il est enterré à Paris au cimetière du Montparnasse.


Bibliographie


Henri Fantin-Latour : un peintre intimiste (1836-1904) / Jean-Jacques Lévèque
ACR, 1996 (Poche couleur)
ART 759.053 FAN

Fantin-Latour, à fleur de peau : catalogue de l’exposition
RMN-Grand Palais
En commande

Le groupe des Batignolles : les impressionnistes avant l’impressionnisme : Manet, Renoir, Degas, Bazille, Cézanne, Monet, Morisot, Astruc, Zola... 1865-1874 / Claude Jeancolas
FVW, 2014
ART 759.05 JEA

Des Romantiques aux impressionnistes / Francesco Arcangeli
Montfort, 1995
ART 759.054 ARC

La Vie d’artiste au XIXe siècle / Anne Martin-Fugier
Hachette, 2012 (Pluriel)
ART 709.034 MAR

Au-delà du romantisme : écrits sur l’art / Charles Baudelaire
Flammarion, 1998 (GF)
En commande

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