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Georges Braque
Présentation et sélection bibliographique, septembre 2013

En pratique

Exposition du 18 septembre 2013 au 6 janvier 2014

Galeries nationales du Grand Palais
3 rue du Gnl Eisenhower - 75008 Paris
Ouvert tous les jours, sauf le mardi de 10h à 20h
Nocturne jusqu’à 22h du mercredi au samedi

Consulter le site du Grand-Palais

L’exposition


Le Grand Palais présente la première rétrospective consacrée à Georges Braque (1882-1963), depuis près de quarante ans.

Initiateur du cubisme et inventeur des papiers collés, il fut l’une des figures d’avant-garde du début du XXe siècle, avant de recentrer son œuvre sur l’exploration méthodique de la nature morte et du paysage. L’exposition propose un nouveau regard porté sur l’œuvre de l’artiste et une mise en perspective de son travail avec la peinture, la littérature ou la musique de son temps. Elle réunit des œuvres venues du monde entier.




Repères biographiques


Georges Braque, né à Argenteuil, le 13 mai 1882 et mort à Paris le 31 août 1963, est un artiste-peintre et un sculpteur français. Il est, avec Pablo Picasso, l’un des initiateurs du cubisme. Peintre de compositions animées, figures, intérieurs, natures mortes, paysages, peintre de collage, graveur, sculpteur. L’artiste s’inscrit dans un premier temps dans le mouvement fauve, puis cubiste.

Georges Braque grandit au sein d’une famille d’artisans. Il passe sa jeunesse au Havre et étudie à l’ ?cole des Beaux-Arts de 1897 à 1899 dirigé par Charles Lhuillier.  ? Paris, il suit les cours d’un maître décorateur et obtient son certificat d’artisanat en 1901. L’année suivante, il entre à l’Académie Humbert qu’il fréquente jusqu’en 1904. C’est là qu’il rencontre Marie Laurencin et Francis Picabia.

Du fauvisme au cubisme

Grand nu - 1907-1908 (Centre Georges Pompidou)Il peint ses premières œuvres sous l’influence de l’impressionnisme jusqu’à ce qu’il découvre au Salon d’Automne de 1905 les toiles d’Henri Matisse et d’André Derain. Puis débute une collaboration artistique avec Othon Friesz avec qui il fait un séjour à Anvers, puis l’année suivante, à L’Estaque (Bouches-du-Rhône), d’où il rapporte des tableaux fauves aux couleurs pures et aux compositions géométriques. (Souvenirs d’Anvers). Ses tableaux sont exposés en mars 1906 au Salon des indépendants.

En 1907, il est marqué par l’exposition de tableaux de Paul Cézanne au Salon d’Automne. Il commence à élaborer un nouveau système de représentation en se basant sur la simplification et la géométrisation des formes et la mise à plat de la perspective. Puis, il rencontre Pablo Picasso qui peint alors "Les Demoiselles d’Avignon". C’est pour lui une révélation. En accord avec ces deux influences et son intérêt pour l’art primitif, son orientation picturale est complètement bouleversée. Alors il peint, de décembre 1907 à juin 1908, Le Grand Nu dans lequel il représente les volumes par de larges hachures cernées de noir.



La période cubiste

Lors de l’exposition de ses toiles à la galerie Kahnweiler, le critique Louis Vauxcelles compare sa peinture à un amoncellement de petits cubes. Le mot est dit, de 1909 à 1912, Braque et Picasso élaborent les théories du cubisme. L’artiste ne va plus chercher à copier la nature, mais à la décomposer en masses pour la recomposer. Il représentera le modèle selon plusieurs points de vue, mais en une seule image fixe (comme si le peintre tournait autour du modèle pour en peindre l’intégralité). Ainsi aura lieu une multiplication des facettes. Les formes seront alors géométrisées et simplifiées ainsi que les couleurs qui seront majoritairement des camaïeux de gris et de bruns. Il s’agit d’une peinture toujours figurative, mais complexe. Parallèlement, Georges Braque poursuit sa peinture de paysages influencée par Cézanne, paysages qu’il finit par abandonner pour les natures mortes pour lesquelles il est très connu (Guitare et Compotier en 1909). Il a aussi peint quelques figures comme Torse de femme en 1911.

Femme à la guitare (1913)En 1911, il s’aperçoit que sa peinture s’éloigne trop du modèle. Sa peinture tend vers l’abstraction et cela lui déplaît. Pour renouer avec le réel, il innove avec l’introduction directe dans sa peinture d’objets du réel. Dans Le Portugais, il ajoute des lettres et des chiffres peints au pochoir. Pablo Picasso loue la villa des Clochettes le 25 juin 1912 à Sorgues. Georges Braque le rejoint en louant la villa Bel-Air début août. Picasso fit emporter les pierres où il avait peint un tableau ovale. Braque y découvre la technique des papiers collés que Picasso adopte en novembre. Se souvenant de sa formation d’artiste décorateur il fait des imitations de matière notamment dans Femme à la guitare en 1913. Georges Braque introduit également dans sa peinture des collages, que ce soit de papiers peints, de journaux, d’affiches. Cette technique est appelée « papiers collés ». Il est maintenant plutôt question d’aplats de papier dans un plan frontal que d’amoncellement de volumes, c’est la phase synthétique du Cubisme.

Il réalise également une série de trois toiles, Les Oiseaux, suite à une commande du Louvre. Elles sont visibles sur le plafond de la salle Henri-II.



Retour vers la réalité

La Première Guerre mondiale interrompt l’étroite collaboration avec Picasso.

Braque est mobilisé et doit participer à ce qu’il appelle le "grand carnage". Envoyé au front il est gravement blessé à la tête en 1915 et doit être trépané. Il ne pourra recommencer à peindre qu’en 1917. Son style et ses recherches évolueront dès lors plus individuellement, mais il restera toujours préoccupé par la représentation du sujet comme le prouvent ses très nombreuses études d’ateliers, de guéridons ou de natures mortes. Il attachera une très grande importance à la matière de ses couleurs, aux libertés des formes et au rythme de ses figures. Il poursuit son œuvre dans la même perspective du cubisme, en le faisant évoluer vers des formes moins anguleuses et des tons plus colorés, un peu plus proches de la réalité. Il peindra, de manière plus traditionnelle, dès 1918, des séries de guéridons et de cheminées de 1922 à 1927. Il fait une sorte de « retour à l’ordre » en peignant des Canéphores évoquant les porteuses d’offrandes de l’Antiquité grecque. Braque travaille avec des verts, des bruns et des noirs jusqu’en 1928 où les couleurs réapparaissent et la matière devient plus fluide. Vers 1930, il exécute plusieurs séries : baigneuses, plages, falaises. Puis jusqu’en 1938, il peint des natures mortes décoratives comme la Nappe rose (1933) et la Nappe Jaune (1935).

La guerre est pour Georges Braque synonyme d’austérité et d’accablement. Il se tourne encore plus vers les objets de la quotidienneté de cette période d’occupation, le verre de vin ou le morceau de pain, les poissons. En 1942 sa production devient encore plus féconde, il achève le poële, plusieurs guéridons et des compositions réintroduisant la figure humaine la patience ou décorative (Intérieur à la palette). En 1945, atteint d’une grave maladie, il doit s’arrêter de peindre pendant plusieurs mois. De 1949 à 1956, il compose les Ateliers, huit toiles aux tons « légèrement funèbres » (aux couleurs éteintes). Ce sont les fruits des recherches, souvenirs et évolutions du peintre. Ces œuvres sont le couronnement de nombreuses années de « travail inconditionnel ». Déjà apparaît dans ces travaux, le thème de l’oiseau à la forme très schématisée. L’essor de son vol, de sa liberté, de ses jeux avec la pesanteur et l’espace, de ses migrations semblant sans limites, en a fait un symbole de rêve, de paix et d’évasion. Pour lui, il s’agit aussi d’un message adressé à son ami Laurens, décédé. La peinture reste pour Braque cet espace d’absolu et il continuera ses recherches loin des modes et des salons parisiens.

Il réalise également de nombreux travaux de décoration comme la sculpture de la porte du tabernacle de l’église d’Assy en 1948 ou, de 1952 à 1953, la décoration du plafond de la salle étrusque du musée du Louvre, sur le thème de l’oiseau. Il devient ainsi le premier peintre exposé au Louvre de son vivant. On lui doit aussi la création des sept vitraux de la chapelle Saint-Dominique et celui représentant un arbre de Jessé de l’église paroissiale Saint-Valery de Varengeville-sur-Mer en 1954.

Atelier IV (1951)

Les "Métamorphoses" 1961-1963

La découverte de l’art antique des pays de l’Est méditerranéen au Louvre dans les années 1900 constitue une belle révision sur le vif des leçons reçues au Lycée du Havre par le jeune élève de 6e et 5e. Georges Braque découvre dans les années 1920 l’œuvre d’Hésiode (poète de la Grèce Antique du VIIIe av. J-C. On lui attribue l’œuvre littéraire "Théogonie" qui est une généalogie des dieux grecs). Elle donne à Braque l’opportunité d’une immersion dans l’un des grands problèmes philosophiques qui occupent les hommes depuis qu’ils existent : comment et pourquoi sont-ils sur Terre ?

Le peintre travaille alors sur ce thème à plusieurs reprises sur des gravures, lithographies, mais ce n’est que vers les années 1960 qu’il ressent le besoin de « libérer » ses oiseaux et ses têtes grecques ; il désire leur donner un volume. Pour ce faire Georges Braque fait appel à un jeune maître lapidaire parisien, le Baron Michel Heger de Löwenfeld. Georges Braque va alors exécuter 110 gouaches qu’il confie au baron pour qu’elles deviennent sculptures. Ces dessins s’inscrivent parfaitement dans la geste braquienne : ils vont dans le sens de la simplification à laquelle l’artiste travaille depuis quarante ans. Ils sont la synthèse de la somme de ses recherches formelles. Les sujets retenus en sont des oiseaux, des poissons, des astres, des chevaux et un char ou une charrue et deux têtes humaines.

Par ses qualités humaines, la sagesse de son caractère et sa personnalité très attachante, il sera un des peintres les plus marquants pour les nouvelles générations (en particulier pour Nicolas de Staël). Reconnu internationalement comme l’un des peintres majeurs du XXe siècle, il meurt le 31 août 1963 à Paris. Des funérailles nationales ont lieu devant la colonnade du Louvre le 3 septembre, André Malraux y prononce un discours émouvant. Il est enterré le lendemain au cimetière marin de Varengeville-sur-Mer.


Bibliographie


Braque : 1882-1963 / Eryck de Rubercy
Cercle d’art, 1995 (Découvrons l’art)
ART 759.063 BRA

Braque : vie et oeuvre / Bernard Zurcher
Nathan, 1988
ART 759.063 BRA (en magasin - disponible sur demande)

Cubisme et culture / Mark Antliff et Patricia Leighten
Thames & Hudson, 2002 (L’univers de l’art)
ART 709.040 3 ANT

Journal du cubisme / texte de Pierre Daix
Flammarion, 1982
ART 709.040 3 DAI

Le cubisme : une révolution esthétique, sa naissance et son rayonnement / Serge Fauchereau
Flammarion, 2012
ART 709.040 3 FAU

L’ABCdaire du cubisme / Alyse Gaultier
Flammarion, 2002 (L’ABCdaire)
ART 709.040 3 GAU

Cubisme / Brigitte Léal
Centre G. Pompidou, 2013 (Mouvements)
ART 709.040 3 LEA

Collage : l’invention des avant-gardes : cubisme, futurisme, dada, surréalisme, artificialisme, construtivisme, poétisme, independent group, lettrisme, situationnisme, pop art, nouveau réalisme, arte nucleare / Brandon Taylor
Hazan, 2005
ART 709.04 TAY

Le jour (collage - 1929)

Le Cubisme / Guillaume Apollinaire, Dorothea Eimert, Anatoli Podoksik
Parkstone, 2010 (Art of cerntury)
ART 759.063 APO

Cubisme / Jean-Luc Chalumeau
Cercle d’art, (Découvrons l’art)
ART 759.063 CUB

  • En commande

Les oiseaux (Plafond, musée du Louvre)Georges Braque : catalogue de l’exposition
RMN : Grand Palais, 2013

Braque / Brigitte Léal
Centre G. Pompidou, 2013 (Monographies)

Georges Braque : le défi silencieux / Alex Danchev
Hazan, 2013 (Biographie)

  • Pour les enfants

Georges Braque : La Femme à la guitare / Catherine Prats-Okuyama
Centre Georges Pompidou, 1987 (L’art en jeu)
JEU 759.06 BRA

Le cubisme : la réinvention de l’art / Caroline Larroche
Palette, 2007 (L’art et la manière)
JEU 759.063 LAR

Viaduc de l'Estaque (1908)


Ressources numériques


Dans l’Encyclopaedia Universalis (à lire sur place à la médiathèque et dans les bibliothèques du réseau)

Dans Bibliovox, la bibliothèque numérique (à lire sur place ou à distance)

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