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Glück et la réforme de l’opéra
Bibliographie - Discographie (Mai 2004)

Christoph Willibald GLUCK est né le 2 juillet 1714 à Erasbach dans le Haut Palatinat. Fils d’un garde-forestier, il manifeste très tôt un vif intérêt pour la musique. Il entre au service du jeune prince Lobkowitz en 1736.

La vie de Christoph Willibald GLUCK (1714-1787)


Christoph Willibald GLUCK est né le 2 juillet 1714 à Erasbach dans le Haut Palatinat. Fils d’un garde-forestier, il manifeste très tôt un vif intérêt pour la musique. Il entre au service du jeune prince Lobkowitz en 1736.

A Vienne, l’Empereur ayant imposé son goût pour l’opéra italien, Glück se rend en Italie avec le prince lombard Melzi pour se perfectionner dans ce domaine. Il y réside pendant huit ans. Ses premières années se déroulent auprès du compositeur Gianbattista Sammartini, maître de chapelle à Milan, auteur de nombreuses symphonies. Il donne son premier opéra Artaserse en 1741.

Glück se rend ensuite, en 1745, à Londres et y fait la connaissance de Haendel. Il en profite pour faire représenter son opéra la Caduta dei Giganti . C’est un échec et Haendel dira à cette occasion que Glück maîtrise moins bien le contrepoint que son cuisinier !

Il quitte l’Angleterre en 1746 pour une tournée européenne avec une compagnie d’opéra italien. En 1750, en revenant à Vienne, il jouit d’une renommée internationale et reçoit nombre de commandes de l’étranger. Une de ses partitions les plus remarquables date de cette époque : La Clemenza di Tito dont le livret servira également à Mozart en 1791. En 1762, il donne à Vienne, l’un de ses plus célèbres opéras Orfeo e Euridice.

Glück s’intéresse au vaudeville français dont le chant est plus sobre et il y consacre quelques compositions telles que L’ivrogne corrigé (1760), le Cadi dupé (1761). Il se rend à Paris et y donne son Orfeo en août 1774. Il obtient l’appui de la reine Marie-Antoinette car Glück est son ancien professeur du temps de Vienne. Après de longues démarches son opéra Iphigénie en Tauride est créé à l’Opéra de Paris le 18 avril 1774 avec un succès triomphal. Glück francise plusieurs de ses opéras italiens et obtient de vifs succès ce qui vexe les tenants de l’italianisme qui se regroupent auprès d’un compositeur italien qui vient d’arriver à Paris, Nicola Piccinni (1728-1800), dont la postérité n’a retenu aucun de ses ouvrages.
Les Gluckistes et les Piccinistes vont se livrer des joutes pendant plusieurs années, aboutissant à ce que l’histoire a appelé la Querelle des Bouffons.

Fatigué, Glück retourne à Vienne en 1781 où il fait la connaissance de Mozart avant de s’éteindre le 15 novembre 1787.


Orfeo ed Euridice (1762)


  • Le premier jalon de la réforme

La création d’Orfeo ed Euridice, le 5 octobre 1762 à Vienne, était appelée à faire date dans l’histoire de la musique. Premier opéra « réformateur », cette action théâtrale en musique, comme le dit si bien le sous-titre en italien, unit la plastique d’une vocalité italienne épurée au cadre d’une dramaturgie à la française, tout en renouvelant la double tradition de l’opera seria et de la tragédie en musique.

Le mythe d’Orphée et d’Eurydice est bien connu. Eurydice meurt dans les campagnes de Thrace de la morsure d’un serpent peu de temps après son mariage avec Orphée. Les dieux, touchés par le désespoir d’Orphée, l’autorisent à pénétrer dans les Champs Elysées (le royaume des morts) pour ramener Eurydice, à condition qu’il ne la regarde pas avant d’être de retour sur terre. Orphée, éperdu d’amour, ne résiste pas. Il se retourne, causant ainsi une nouvelle fois la mort de sa bien-aimée. L’opéra de Glück, pour des besoins dramatiques, y ajoute l’épisode de l’Amour qui réunit les époux.

Il y a trois rôles principaux : Orphée, qui peut être chanté par une contralto, une mezzo-soprano ou un contre-ténor ; Eurydice (soprano) et L’Amour (soprano).

Orphée et Eurydice est le premier produit de l’association de Glück avec le librettiste Ranieri de Calzabigi, avec qui il devait encore écrire Alceste (1767), Pâris et Hélène (1770) et Iphigénie en Aulide (1774). Ensemble, ils réformèrent l’opéra, faisant prévaloir l’expression dramatique sur l’ornementation vocale, tout en équilibrant solistes et orchestre dans la partition, comme l’explique après coup le compositeur dans sa célèbre préface à Alceste.

Cette réforme fait que l’on considère souvent l’Orphée et Eurydice de Glück comme le premier opéra « moderne ». Glück y rejette en effet les conventions de l’opera seria italien, le recitativo secco, sans accompagnement, et l’aria da capo (littéralement, « du commencement »), pièce de pure virtuosité vocale, au profit du sujet et de l’orchestre, auxquels il accorde une place importante. Il en résulte une œuvre qui réalise un équilibre extrêmement harmonieux entre les voix, la musique et une riche expression dramatique.

Le thème de la légende d’Orphée et Eurydice, rapporté par le poète latin Virgile dans son poème des Géorgiques, a inspiré de nombreux opéras. Avant celui de Glück, les plus célèbres sont ceux de Giulio Caccini et de Jacopo Peri (1600), de Claudio Monteverdi (1607), de Luigi Rossi (1647). Ce thème fut repris par la suite par Ferdinando Bertoni (1776), Jacques Offenbach (1858) et Ernst Krenek (1915).

Cet opéra connut deux versions : celle en italien, de la création, et une seconde, en français, réalisée pour l’Opéra de Paris douze ans plus tard. Cette dernière version diffère en plusieurs points de la première . Certains rôles ont été transposés : écrit à l’origine pour un castrat, le rôle d’Orphée fut confié à Paris à un ténor . Des séquences de ballet, obligatoire à l’Opéra, durent être ajoutées. De nos jours, la version jouée est généralement un compromis entre les deux versions ; les ajouts de la partition de Paris sont conservés, mais transposés pour être intégrés dans le schéma vocal viennois. Le rôle d’Orphée est alors interprété par une contralto.

  • La version d’Hector Berlioz (1859)

C’est Hector Berlioz, au XIXème siècle, qui a redonné tout son éclat à l’œuvre de Glück. En effet, lorsqu’il arrive à Paris pour suivre des études de médecine, Berlioz découvre les partitions de Glück à la bibliothèque du Conservatoire qu’il recopie pour s’en imprégner. En 1821, Berlioz vit avec passion la musique de son maître. Aux concerts, il suit partitions en main Iphigénie en Tauride (1774) et Iphigénie en Aulide (1779. Glück est la révélation première, celle qui confirme la vocation de Berlioz pour la musique.

Lors de la représentation du 19 novembre 1859, Hector Berlioz fut chargé de remanier la partition à l’intention de Léon Carvalho, directeur du Théâtre-Lyrique et de la chanteuse Pauline Viardot, qui reprit le rôle, en travesti, dans sa tessiture originelle, celle de contralto.

  • La représentation filmée au théâtre du Châtelet en 1999

Pour sa réouverture en 1999, le Châtelet décide de faire appel aux talents conjugués de John Eliot Gardiner et de Robert Wilson pour se confronter avec deux des oeuvres les plus importantes de Glück : Orphée et Eurydice et Alceste.

On reconnaîtra le style de Robert Wilson : ces lenteurs calculées au millimètre près, ces gestes hiératiques qui savent se fondre en une chorégraphie. Bien sûr , la vidéo ne rend que partiellement justice à ce fascinant travail : les scènes très sombres, entre autres, ressortent mal, ainsi que certains éléments du décor.

John Eliot Gardiner dirige l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique, instrument idéal pour ciseler un discours musical équilibré et naturel. Magdalena Kozena campe un Orphée d’une beauté sculpturale et d’un superbe intensité dramatique.


Alceste (1767)


  • L’étape décisive de la réforme de l’opéra

Alceste a été dans l’oeuvre de Glück une étape décisive de la réforme de l’opéra dont Orphée et Eurydice, qui lui est antérieur, constitue le premier versant, comme nous l’avons vu précédemment.

Il n’est par ailleurs guère surprenant que Maria Callas se soit emparée du personnage d’Alceste, à la Scala de Milan en 1954, pour en faire un de ses rôles les plus marquants...

Tout dans Alceste porte l’empreinte de la modernité, et d’abord le personnage principal, cette reine héroïque, descendant aux enfers par amour, tout comme Orphée d’ailleurs, préfigurant déjà la Léonore du Fidelio de Beethoven. Alceste est noble, fière, obstinée, puissante, elle domine son époux, Admète ; elle est l’incarnation du courage et de la grandeur d’âme, et, contrairement à bien des héroïnes d’opéra qu’on assassine, qui se suicident, deviennent folles ou meurent poitrinaires, Alceste est la grande triomphatrice de ce terrible combat avec les forces infernales, elle a le dernier mot et tient tête au monde.

Outre ce personnage hors du commun qui préfigure la femme future, libre de ses choix et de son destin, on remarque la richesse des couleurs et des chœurs, tant admirée par Hector Berlioz.

La création d’Alceste fit grand bruit et déchaîna l’enthousiasme du critique Josef von Sonnenfels : « Je me trouve au pays des miracles ! Un opera seria sans castrats, des airs sans vocalises (ou gargarisme, comme je les appelle) et un livret qui n’est ni moralisateur ni trivial ».

Comme pour Orphée et Eurydice, il existe deux versions d’Alceste : celle de Vienne, en italien, sur le livret de Raniero da Calzabigi, créée le 26 décembre 1767 au Burgtheater de Vienne ; et celle de Paris, sur le texte de François Lebland du Roullet, créée le 23 avril 1776 par l’Académie Royale de Musique. Et, précision qui rapproche une fois de plus l’historique de cette œuvre de celui d’Orphée, Berlioz en établit une autre version pour la reprise parisienne, en 1861.

Berlioz avait fait transposer le rôle-titre dans le grave, pour l’adapter à la tessiture de la cantatrice Pauline Viardot, qui avait déjà créé le rôle d’Orphée, dans la version Berlioz, bien sûr.

Car, en fait, quelle est la véritable voix d’Alceste ? Il est difficile d’affirmer dans l’absolu qu’il s’agit d’un grand soprano dramatique. Or, ce sont souvent de grandes voix de sopranos dramatiques : Germaine Lubin, Kirsten Flagstad, Maria Callas, Jessye Norman, ... qui ont été entendues dans ce rôle, avec parfois quelques exceptions, comme Janet Baker.

Par sa datation et malgré sa modernité d’écriture, Alceste appartient, sans conteste, à l’époque baroque (tout comme la Médée de Cherubini, certes plus tardive, mais bien composée au XVIIIème siècle).

L’intention du compositeur de qualifier son opéra Alceste d’opéra réformé est formulée clairement dans la dédicace adressée au Grand Duc de Toscane. Glück précise en effet que son intention est « d’éliminer définitivement tous les abus qui se sont infiltrés suite à la vanité mal placée des chanteurs et à la bien trop grande complaisance des compositeurs « . Il ajoutait que la musique « devait être au service de la poésie », que l’ouverture devait préparer « à l’action qui va suivre » et qu’il a mis « le plus grand soin pour atteindre une belle simplicité ».

  • La postérité de l’œuvre de Glück

Si on doit faire un bilan de la postérité de l’œuvre de Glück, il faut observer que plusieurs compositeurs du XIXème siècle furent éblouis par son génie et ne cessèrent de se réclamer de lui.

Gaspare Spontini (1774-1851) fut considérablement impressionné par la représentation des deux Iphigénie et d’Alceste à l’Académie Impériale de Musique. Il « forma alors le projet de s’engager sur la voie tracée par l’artiste génial qui avait dessillé ses yeux ».C’est ainsi que naquit , en 1807, un des opéras les plus connus de Spontini, la Vestale, avec le soutien de l’Impératrice Joséphine. Le compositeur puise dans le classicisme de Glück et de Cherubini, tout en se tournant vers l’avenir. Lisons, à ce propos, Hector Berlioz, lequel subit fortement l’influence de son confrère, dans son ouvrage publié en 1852 « Les Soirées de l’orchestre » :
« On a dit que Spontini procédait de Glück. Sous le rapport de l’inspiration dramatique, de l’art de dessiner un caractère, de la fidélité et de la véhémence de l’expression, cela est vrai. Mais quant au style mélodique et harmonique, quant à l’instrumentation, quant au coloris musical, il ne procède que de lui-même »

Hector Berlioz (1803-1869) eut trois modèles dans son existence de musicien : Christoph Willibald Glück, Ludwig van Beethoven et Carl-Maria von Weber. Dans ses Mémoires, Berlioz rapporte qu’après une audition d’Iphigénie en Tauride, il jura de devenir musicien. Il recopia les partitions de Glück à la bibliothèque du Conservatoire, pour mieux s’en imprégner. On a vu aussi qu’il proposa des versions remaniées de ses opéras pour les reprises à l’Opéra de Paris, en s’indignant par la suite que ceux-ci disparaissent progressivement de l’affiche des théâtres français. Si la paternité littéraire des Troyens doit beaucoup à Virgile, celle, musicale, est toute entière, tournée vers la figure de Glück. En effet, les Troyens sont, au sens plein de ces deux mots, une tragédie lyrique, puisque l’action dramatique y est étroitement soumis à la toute-puissance d’une transcendance, laquelle conduit à son gré les évènements et les héros. Un tel sujet est très proche des opera seria, des tragédies lyriques écrites par Glück au XVIIIème siècle. En outre, cette passion que Berlioz vouait à Glück trouve nombre d’échos : Cassandre et Didon descendent d’Alceste, d’Iphigénie et de la Julie de la Vestale de Spontini.
Toutefois, les Troyens apparurent de ce point de vue-là comme une exhumation d’un genre défunt à un moment où triomphaient le mélodrame verdien et déjà le drame wagnérien.

  • La représentation filmée au Théâtre du Châtelet en 1999

Huée par une partie du public au moment des représentations, la mise en scène de Robert Wilson a pourtant le grand mérite d’assurer la lisibilité du drame et de le laisser respirer. Si la griffe du plasticien américain se reconnaît immédiatement (dans les tableaux de lumière comme dans des cubes noirs qui se balancent le long des cintres), elle n’éclipse jamais l’œuvre et ne la dénature pas davantage.

« Quand j’ai mis en scène Alceste, j’ai conçu, plutôt qu’une architecture baroque, une géométrie plus sévère, faite de lignes droites. Non pas pour actualiser cet opéra, c’est plutôt que je recherche un contrepoint à la musique, au texte. ». Dans un décor dépouillé (la statue d’Apollon, un autel, quelques colonnes...), la mise en images se déploie au gré de somptueux dégradés de bleus et de rideaux peints qui nous valent quelques très beaux tableaux (en particulier l’arrivée d’Alceste aux portes des Enfers). L’un ou l’autre tic wilsonien, certaines poses ésotériques ou les soubresauts guerriers d’Hercule peuvent agacer, mais ils ne compromettent pas la fluidité et la cohérence du spectacle.

John Eliot Gardiner a choisi la version française de Glück de l’opéra de 1776 pour la production réalisée par Robert Wilson au Théâtre du Châtelet, l’Orchestre des English Baroque Soloists joue sur des instruments historiques.

En ce qui concerne la distribution, on ne peut que saluer l’admirable diction en français d’Anne Sofie von Otter, le sens de la déclamation classique, l’art du phrasé et aussi de colorer à l’infini un timbre par ailleurs fort séduisant. Certes, la voix n’est pas très puissante, mais cependant bien projetée, et puis quelle poésie, quelle élégance et quelle noblesse ! Par ailleurs, à aucun moment, elle n’a cherché à imiter Maria Callas, dont l’ombre ne pouvait que planer les soirs de représentation au Châtelet. Elle a livré sa propre vision d’Alceste, avec ses moyens, sans jamais forcer sa voix ou chercher à la transformer.


Bibliographie


Leslie Orrey et Rodney Milnes
Histoire de l’opéra
Thames and Hudson, 1991
MUS 782.1 ORR
Pages 83 à 88 sur l’opera seria et la réforme de Glück

Jacques-Gabriel Prod’homme
Glück
Fayard, 1985
MUS 780.92 GLU BIO

L’Avant-Scène Opéra a consacré trois numéros aux opéras de Glück :
Orphée et Eurydice, n°192
Alceste, n°73
Iphigénie en Tauride, n°62
MUS 782.1 GLU



Discographie et vidéographie


  • Intégrales d’opéras

Alceste, tragédie en 3 actes (1767)
A.S. von Otter, P. Groves, D. Henschel,... Monteverdi Choir, English Baroque Soloists, J. E. Gardiner, dir.
2 CD Universal
MUS 3 GLU 35
Un des principaux intérêts de cet enregistrement vient du fait qu’il ne constitue pas un simple décalque des représentations du Châtelet, mais plutôt un prolongement de celles-ci grâce à deux concerts donnés au Barbican Center de Londres. Paul Groves campe un Admète bien chantant, noble, le Monteverdi Choir est toujours aussi somptueux, quant à l’orchestre, il est admirable. John Eliot Gardiner, le maître d’œuvre, a utilisé la version établie par Hector Berlioz pour la reprise parisienne en 1861.

Alceste, tragédie en 3 actes (1767)
J.E. Gardiner, dir. , m. en sc. R. Wilson, réal. B. Large
1 DVD vidéo
MUS 3 GLU 35
Documentaire projeté le samedi 24 avril 2004 à l’Auditorium de la Médiathèque de Rueil-Malmaison

Armide, drame héroïque en 5 actes
M. Delunsch, C. Workman, L. Naouri, ... Les Musiciens du Louvre, M. Minkowski, dir.
2 CD DGG
MUS 3 GLU 35
Armide, est le quatrième opéra que la direction de l’Opéra de Paris commanda à Glück. Présenter Armide à Paris n’avait cependant rien d’une entreprise innocente. En reprenant le livret écrit 92 ans auparavant par Philippe Quinault pour Jean-Baptiste Lully, le fondateur de l’opéra français, Glück choisissait délibérément de se confronter avec l’ouvrage considéré universellement, autant en France que dans le reste de l’Europe, comme l’expression la plus parfaite de la tragédie lyriquefrançaise.

Iphigénie en Aulide, opéra en 3 actes (1774)
L. Dawson, J. van Dam, A.S. von Otter, ... Monteverdi Choir, Orchestre de l’Opéra de Lyon, J. E. Gardiner, dir.
2 CD Warner
MUS 3 GLU 35
Cet enregistrement offre la version la plus complète ; celle-ci correspond à la révision proposée par l’auteur en 1775 avec une sélection des danses les plus intéressantes de la première version. Le travail orchestral est d’une grande beauté, le Monteverdi Choir toujours excellent et les solistes plus que satisfaisants. José van Dam domine de sa noble stature la distribution.

Iphigénie en Tauride, tragédie en 4 actes (1779)
M. Delunsch, S. Keenlyside, Y. Beuron, ... Les Musiciens du Louvre, M. Minkowski, dir.
2 CD DGG
MUS 3 GLU 35
Cet avant-dernier opéra - avant Echo et Narcisse - fut accueilli avec enthousiasme par le public parisien. Il marque ainsi le triomphe de l’opéra « réformé » et la défaite du grand rival de Glück : Piccinni. A la fois testament et manifeste, Iphigénie en Tauride, couronne et illustre ce qui, depuis 1762, avait été l’idéal esthétique de Glück : une approche de la musique et du beau dont les règles soient la simplicité, la vérité et le naturel.

Orphée et Eurydice, opéra en 3 actes (1762)
M. Kweksilber, R. Jacobs, M. Falewicz, Collegium Vocale, La Petite Bande, S. Kuijken, dir.
2 CD Adda
MUS 3 GLU 35
Avec Kuijken, c’est en fait d’Orfeo ed Euridice qu’il s’agit, version originale en italien révisée par Peter Andriessen et Sigiswald Kuijken. A l’audition de cet enregistrement, on est emporté par une interprétation fluide où tout semble parfaitement aisé. L’unité de l’œuvre est totale, car le fil conducteur n’est pas tant assuré par le chant que par le jeu des cordes qui fondent la continuité en même temps qu’elles modèlent le style des chanteurs. René Jacobs donne à son interprétation d’Orfeo une intensité d’émotion unique.

Orphée et Eurydice, opéra en 3 actes (1762)
A.S. von Otter, B. Hendricx, B. Fournier, Monteverdi Choir, Orchestre de l’Opéra de Lyon, J. E. Gardiner, dir.
2 CD Emi
MUS 3 GLU 35
Réussite absolue pour cet enregistrement en français dans l’admirable version de Hector Berlioz (1859), avec un orchestre rythmé, varié, caracolant. Anne-Sophie von Otter offre une véritable leçon de style avec un excellent français, son sens du récitatif déclamé est du pur classicisme. Enfin, les vocalises son chantées à la perfection avec un chic qui évite à tout moment de tourner à la démonstration gratuite.

Orphée et Eurydice, opéra en 3 actes (1762)
J.E. Gardiner, dir. ; m. en sc. R. Wilson ; réal. B. Large
1 DVD vidéo
MUS 3 GLU 35
Documentaire projeté le samedi 3 avril 2004 à l’Auditorium de la Médiathèque de Rueil-Malmaison

Paride ed Elena, opéra en 5 actes
R. Alexander, C. McFadden, ... La Stagione, M. Schneider, dir.
2 CD Delta
MUS 3 GLU 35
Paride ed Elena (Pâris et Hélène) est un des opéras les moins connus et les moins représentés de Glück. C’est dommage, car cette partition regorge de beautés musicales. Paride fut un franc succès lors de sa création à Vienne en 1770, confortant le compositeur dans ses idées. Et c’est en pillant soi-même son propre Paride ed Helena que Glück devait parachever sa réforme : les versions françaises d’Orfeo ed Euridice, d’Alceste et ses derniers ouvrages « parisiens » devaient en effet se nourrir d’emprunts à la musique de Paride.

Les Pélerins de la Mecque ou la Rencontre imprévue, opéra comique en 3 actes (1764)
L. Dawson, C. Le Coz, G. de Mey, ... Orchestre de l’Opéra de Lyon, J. E. Gardiner, dir.
2 CD Warner
MUS 3 GLU 35
Présenté pour la première fois au Burgtheater de Vienne en 1764, cet ouvrage est le point culminant de près de dix ans d’intérêt porté par Glück à l’opéra comique français. Septième et dernier des travaux de ce genre, c’est aussi le plus long (3 actes) et celui dont le style est le plus varié. Dans cet opéra, chants folkloriques et numéros évocateurs de la coquetterie française côtoient des morceaux plus italianisants, sérieux et comiques à la fois, ainsi que des musiques turques et « janissaires » fort prisées à Vienne à cette époque.

  • Récitals lyriques

Roberto Alagna, ténor
Airs d’opéras français
Orchestra of the Royal Opera House, Covent Garden, B. de Billy, dir.
1 CD Emi
Glück : Iphigénie en Tauride, Acte 2 “Quel langage accablant .... Unis dès la plus tendre enfance »
MUS 399 ALA
Saluons le courage de Roberto Alagna qui défend brillamment le répertoire français, plus ou moins oublié. On a déjà apprécié sa diction et sa rigueur stylistique dans ses enregistrements de Manon et Werther de Massenet. Incontestablement, le jeune ténor français s’inscrit dans l’héritage de Georges Thill et d’Alain Vanzo, fervent défenseur d’une certaine tradition vocale. Voilà un chanteur passionné, sincère, plein de fougue, qui ne triche jamais . Accompagnement raffiné de l’orchestre de Covent Garden, dirigé par un jeune chef français obligé de faire sa carrière à l’étranger.

Cecilia Bartoli, soprano
Glück Italian Arias (airs d’opéras italiens de Glück
Akademie für Alte Musik, Berlin, B. Fork, dir.
Universal
MUS 399 BAR
Au delà de son timbre éclatant et de sa technique superlative, Cecilia Bartoli s’impose comme une personnalité lyrique hors du commun. Non content de refuser le titre de diva, elle souhaite donner au public des programmes sortant des sentiers battus en cherchant et fouillant dans les archives pour dénicher des trésors enfouis. Ainsi, six des arias italiens de Glück font l’objet d’un premier enregistrement mondial. Cecilia Bartoli donne toute son intensité dramatique à ces pages rares.

Maria Callas à Paris I
Airs d’opéras français
Orch. Nat. Radiodiffusion française, G. Prêtre, dir.
1 CD Emi
399 CAL
Glück : Alceste, acte 1 « Divinités du Styx » ; Orphée et Eurydice, acte 4 « J’ai perdu mon Eurydice »
Ce récital s’ouvre sur l’un des airs les plus bouleversants de sa discographie, celui d’Orphée, qu’elle n’aborda jamais à la scène. Maria Callas renoue ici avec la grande tradition d’une Pauline Viardot. Même si on peut critiquer le style, Callas s’immerge complètement dans l’art de la diction et de la prosodie françaises, et dans un engagement dramatique qui force l’admiration.

Maria Callas à Paris II
Airs d’opéras français
Orch. Nat. Radiodiffusion française, G. Prêtre, dir.
1 CD Emi
MUS 399 CAL
Glück : Iphigénie en Tauride , acte 2 « O malheureuse Iphigénie ». L’album s’ouvre sur l’unique rôle qu’elle ait abordé au théâtre en italien avec la célèbre mise en scène de Luchino Visconti en 1957 à la Scala de Milan.

Régine Crespin, soprano
Régine Crespin chante l’opéra français
Orch. Divers
1 CD Accord
MUS 399 CRE
Glück : Iphigénie en Tauride, « Cette nuit ... »
La grande Régine Crespin (née en 1927) a gravé la plupart de ces opéras français au début de sa carrière internationale, après une dizaine d’années de maturation dans la troupe de l’Opéra de Paris. C’est un bonheur que d’entendre sa diction parfaite, sa voix majestueuse ample et raffinée.

Kathleen Ferrier, contralto
Wiener Sinfoniker, H. von Karajan
1 CD Tahra
MUS 399 FER
Glück : Orfeo ed Euridice, „Ah dilettea Euridice“
Par ses accents profonds, par son timbre émouvant de vrai contralto qui se situe aux frontières troublantes des deux sexes, Kathleen Ferrier atteint à la beauté absolue, elle donne le frisson des choses sacrées.

Magdalena Kozena, mezzo-soprano
Le Belle immagini
Prague Philharmonia, M. Swierczewski, dir.
1 CD Universal
MUS 399 KOZ
Ses trois premiers disques sous étiquette Deutsche Grammophon avaient fait un tabac, tant dans les colonnes de la presse que chez les discophiles. Talentueuse, la mezzo-soprano tchèque Magdalena Kozena est une chanteuse née, au souffle généreux, à la diction parfaite, à la générosité sans faille. En passe de devenir une immense star lyrique, cette belle chanteuse blonde, favorisée par un physique de mannequin, signe là un nouvel opus discographique : un jalon qui devrait contribuer à l’installer définitivement au firmament. Comme en témoignent les airs de la Finta Giardiniera et de la Clemenzo di Tito de Mozart, dont elle semble se jouer avec une facilité étourdissante. Ou encore les extraits de « Paride ed Elena « ou de « la Clemenza di Tito » de ... Glück.

  • Musique instrumentale et divers

Don Juan, Sémiramis, ballets pantomimes
Tafelmusik, B Weil, dir.
1 CD Sony
MUS 3 GLU 28
Le Ballet « Don Juan » qui eut beaucoup de succès à sa création en 1761 contient la Danse des Furies, que reprit plus tard Glück dans la version française d’Orfeo ed Euridice.

Lieder et musique de chambre
Solistes vocaux, Le Parlement de Musique, M. Gester, dir.
1 CD Assai
MUS 3 GLU 31

  • A découvrir si vous aimez Glück

Médée, opéra en 3 actes (1797)
de Luigi Cherubini (1760-1842)
G. Jones, B. Prevedi, P. Lorengar,... , Orchestra e Coro dell’Accademia di Santa Cecilia, Roma, L. Gardelli, dir.
2 CD Polygram
MUS 3 CHE 35

La Vestale de Gaspare
A. Michaels-Moore, J. Patrick-Raftery, Dimiti Kavratos, ... Coro e Orchestra del Teatro alla Scala, Milano, R. Muti, dir.
3 CD Sony
MUS 3 SPO 35

Les Troyens : extraits
de Hector Berlioz (1803-1869)
R. Crespin, G. Chauvet, Chœur et Orchestre de l’Opéra de Paris, G. Prêtre, dir.
1 CD Emi
MUS 3 BER 35

Les Troyens : intégrale
de Hector berlioz ’1803-1869)
Shirley Verrett, Marylin Horne, Nicolai Gedda, Chœur et orchestre de la RAI de Rome, G. Prêtre, dir.
4 CD Wotre Music
MUS 3 BER 35

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