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Henri Rousseau, l’innocence archaïque
présentation et sélection bibliographique, juin 2016

Exposition, musée d’Orsay, du 22 mars au 17 juillet 2016

1 rue de la Légion d’Honneur - 75007 Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h15

Consulter le site du musée d’Orsay

L’exposition


Peintre éminemment singulier, Henri Rousseau est un cas unique dans l’histoire de l’art européen. Son œuvre s’inscrit pourtant dans son temps, au tournant du XXe siècle. On ne le comprend que mieux en confrontant sa peinture à quelques-unes de ses sources d’inspiration, qui comptent l’académisme comme les œuvres des artistes d’avant-garde l’ayant intronisé comme père de la modernité.

L’exposition L’innocence archaïque se veut une mise en lumière critique de son art. L’archaïsme est le fil conducteur entre les œuvres de cette exposition, présentée une première fois au Palazzo Ducale de Venise en 2015, et aujourd’hui dans les salles du musée d’Orsay.

Les chefs-d’oeuvre d’Henri Rousseau des collections des musées d’Orsay et de l’Orangerie sont confrontés ici aux toiles prêtées par les plus prestigieuses institutions internationales. Des œuvres de Seurat, Delaunay, Kandinsky ou Picasso mais aussi d’artistes méconnus permettent d’évoquer la richesse des liens qui se tissent autour du Douanier Rousseau, creuset d’une voie originale dans l’exploration de la modernité.


Henri Rousseau


Henri Rousseau, dit Le Douanier Rousseau (1844-1910), est un peintre français considéré comme un représentant majeur de l’art naïf. Il a peint au cours de sa vie près de deux cents cinquante tableaux – dont une centaine de perdus, beaucoup ayant été donnés en guise de paiement pour ses dépenses quotidiennes.

Issu d’une famille modeste à Laval, il étudie le droit avant de partir à Paris, où il travaille dans un octroi comme commis de deuxième classe. Il débute à l’âge de 28 ans sa carrière de peintre en autodidacte ; son entrée dans la vie artistique est donc relativement tardive. Pour se familiariser avec les chefs-d’œuvre, il décroche une carte de copiste au musée du Louvre. Il est également persuadé, en adepte du spiritisme, que les esprits guident son pinceau sur la toile.

Il tente sans succès des années durant d’exposer au Salon officiel ; il participera finalement pour la première fois au Salon des indépendants à l’âge de 42 ans, grâce à l’absence de jury d’entrée. Ses tableaux suscitent surtout l’incompréhension et les sarcasmes ; ses contemporains le considèrent comme un « peintre du dimanche ». Alfred Jarry lui donne alors ce surnom de « douanier » en apprenant qu’il occupe le poste de gardien des contrôles et des circulations du vin et de l’alcool à l’octroi de Paris.

Il continue de participer chaque année au Salon des Indépendants et y montre, en 1891, son premier tableau de jungle, Surpris !, représentant la progression d’un tigre dans une brousse luxuriante. Pour la première fois, il obtient des critiques positives et attire la reconnaissance et l’estime de certains peintres avant-gardistes tels qu’André Derain ou Henri Matisse. Ils apprécient « les trente nuances de vert de ses forêts inextricables, où se mêlent sans souci de vraisemblance le houx, le cactus, le paulownia, le marronnier, l’acacia, le lotus ou le cocotier » (Séric Biétry-Rivierre).

C’est un thème qui sera récurrent dans son œuvre, ce qui peut surprendre quand on sait qu’il n’a jamais quitté Paris. Son exotisme est imaginaire et stylisé, issu du Jardin des Plantes, du jardin d’Acclimatation, des revues illustrées et des revues de botanique de l’époque. Pour peindre, il s’évertue à reproduire ce qu’il voit en essayant de le faire coïncider avec ce qu’il sait des faits.
Toujours dans une flore exubérante et extrapolée (en témoignent les nombreux régimes de bananes qui pendent à chaque branche ou la disproportion des feuillages), il met en scène des combats féroces entre un fauve et sa proie, ou le portrait plus apaisé d’un grand animal. Dans ses dernières « jungles », il représente des personnages en harmonie avec la nature.
Il aime également peindre des paysages d’ici, des paysages de lieux qu’il connaît bien. Ils comportent souvent des détails en rapport avec le progrès technique de son temps : dirigeable, poteaux télégraphiques, ponts métalliques, la tour Eiffel. Ces paysages restent dans une tonalité naïve puisque Rousseau n’y fait apparaître aucune notion de perspective.
Il s’intéresse enfin aux portraits, mais là encore les personnages sont représentés figés, de face, le visage le plus souvent inexpressif. S’ils sont plusieurs, ils sont simplement juxtaposés. Ils paraissent massifs, gigantesques en comparaison avec les éléments du décor – on lui reproche encore une fois son manque de perspective.

En 1909, il réussit enfin à vendre plusieurs de ses tableaux à un marchant d’art, ce qui lui permet d’acheter un atelier dans le 14e arrondissement de Paris. Petit à petit, l’estime et la reconnaissance acquises auprès des peintres avant-gardistes s’accroit. Il se lie d’amitié avec Robert Delaunay, Guillaume Apollinaire, puis Pablo Picasso. Ses « jungles » critiquées pour leur manque de réalisme et leur naïveté, seront finalement reconnues comme des modèles, d’où cette phrase de Guillaume Apollinaire lors du salon d’Automne où Henri Rousseau expose Le Rêve : « Cette année, personne ne rit, tous sont unanimes : ils admirent. »
Malgré tout, c’est dans une relative pauvreté que Henri Rousseau meurt le 2 septembre 1910 des suites d’une gangrène de la jambe. Il repose désormais à Laval, sa ville natale.

Coloriste original avec un style sommaire mais précis, il est aujourd’hui considéré comme un peintre majeur de l’art naïf. Ses toiles rappellent les primitifs italiens qui donnaient une dimension aux objets en fonction de leur importance émotionnelle et ont influencé de nombreux artistes, notamment les surréalistes.
Les nostalgiques de l’enfance, les traqueurs de merveilleux et tous ceux qui entendaient naviguer loin des normes reconnaissent l’art exprimé dans ses tableaux. Ils voient en ce Douanier un passeur, un homme à la lisière entre raison et fantasme, entre civilisation et sauvagerie.


Bibliographie


ART 759.05 ROU

Le Douanier Rousseau : portrait
Carole Guberman & David Addison
Naïve vision, 2006

Le Douanier Rousseau, les chemins de l’imaginaire
Doris Kutschbach
Palette, 2006

Henri Rousseau, le Douanier : les livres de la jungle
Jean-Jacques Lévêque
ACR, 2006

Le Douanier Rousseau : le petit livre de la jungle
Claire Frèches-Thory
Gallimard, 2006

Le Douanier Rousseau : jungles à Paris
Réunion des musées nationaux, 2006

Henri Rousseau (DVD)
A.K. Vidéo, 2003

Henri Rousseau dit le Douanier Rousseau
Gérard-Georges Lemaire
Cercle d’art, 1997

Le Douanier Rousseau
Caroline Blanc
Gamma, 1995

Le Douanier Rousseau
Gilles Plazy
Skira, 1992

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