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J’ai décidé d’aimer l’art contemporain - Cycle 2006-2007
Cycle 2006-2007

L’art contemporain, mode d’emploi : cycle de conférences organisé en collaboration avec l’Ecole d’Arts de Rueil-Malmaison et l’Association « Connaissance de l’Art Contemporain ».

- L’art, c’est forcément beau. FAUX !
Mardi 26 septembre 2006 de 18h30
Vous en êtes persuadé : art et beauté sont indissociables. Erreur ! Si vous désirez fréquenter l’art contemporain, abandonnez immédiatement cette idée. Difficile ? Vous avez raison.
{{2e partie : 26mn pour une œuvre : James Lee Byars (1932-1997)}}
« Figure inclassable de l’art de la seconde moitié du XXe siècle, l’artiste américain James Lee Byars en a été une sorte de grand alchimiste comme l’auront été Marcel Duchamp, Yves Klein, Marcel Broodthaers ou Joseph Beuys dont il fut proche. Son œuvre est énigmatique, mêlant les cultures, l’Orient et l’Occident, la religion et la mythologie... {(Jérôme Delormas, Art contemporain - Un choix de 200 œuvres du Fonds National d’Art contemporain - éd. du Chêne).}
- L’art, ça doit ressembler à quelque chose. FAUX !
Mardi 17 octobre 2006 de 18h30
Durant des siècles, l’art a traité de thèmes connus de tous, constituant un fond commun immédiatement reconnaissable. Héritier de toutes les transgressions de l’ère moderne et bénéficiant d’un vaste champ opérationnel, l’artiste d’aujourd’hui crée des « images » à partir de ce qui lui convient, sans se soucier de vraisemblance. Et le résultat, en général, ne ressemble à rien de déjà connu, ni de déjà vu... A l’œil nu !
{{26mn pour une œuvre : Erwin Wurm}} (1954)
« Mes vidéos, mes photographies et mes livres sont aussi des sculptures » déclare Erwin Wurm. « Connue à travers les One-Minute Sculptures de la fin des années 90, l’œuvre de cet autrichien s’est développée à partir de premières sculptures anthropomorphiques au début des années 80, jusqu’aux récentes installations Do it, en passant par les sculptures de pull-overs. Les premières pièces de poussière, qui laissaient seulement voir l’absence d’un objet, engageaient une double problématique, celle de la sculpture entre présence et absence et celle du travail avec l’environnement quotidien.
- L’art, c’est du travail, c’est du fait main FAUX !
« Au Moyen-Age et à la Renaissance, l’artiste tenait sa légitimité de son savoir-faire. Apprenti dès l’âge de dix ans, il entrait dans l’atelier d’un maître qui l’initiait aux rudiments du métier puis lui transmettait ses secrets. Plus tard, il devenait à son tour un maître et formait d’autres élèves.
 ? partir du XVIIIe siècle, les enseignements du dessin, de la peinture et de la sculpture sont dispensés par les Académies, puis par les  ?coles des beaux-arts. Sous l’autorité d’un professeur, l’élève apprend les règles strictes de la représentation. Pour devenir un virtuose, il doit exercer sa main.
Au tournant du XXe, Matisse et les Fauves dénoncent cet amour du métier et le culte du travail fait main. Et plus tard, en 1913, en exposant une roue de bicyclette, c’est-à-dire un objet manufacturé, « tout fait », Marcel Duchamp provoque un séisme qui change radicalement la pratique de l’artiste : son geste ne se confond plus avec sa touche. L’élaboration mentale de l’œuvre prime sur sa facture. L’intuition de Duchamp fait écho aux bouleversements inouï introduit par la révolution industrielle qui met à mal la production artisanale. Et dessine un nouveau monde qui fait passer la main de l’homme au second plan. Dadaïsme, Surréalisme, Nouveau Réalisme, Art minimal, Art conceptuel ou encore Land art retiennent la leçon. Depuis, l’arrivée des nouvelles technologies n’a fait que renforcer cette attitude distanciée. L’artiste est à la tête d’une équipe d’assistants, surveille les étapes de la production d’œuvres réalisées industriellement et, quand cela est nécessaire, fait appel à des chercheurs, des industriels, ou des cinéastes ». {{26mn pour une œuvre : Ann Lee, et plus si affinités... (Pierre Huyghe (1962), Philippe Parreno (1964)}}
« Personnage de manga acheté par Pierre Huyghe et Philippe Parreno au Japon, Ann Lee est devenu le personnage fétiche de plusieurs films et installations, réalisés par des artistes autres que les « parrains » du projet artistique. Il n’est pas question ici de réalisme, -Ann Lee n’est plus même un fantôme mais juste un squelette ou une coquille vide- mais de la façon dont l’art et l’imaginaire collectif peuvent s’emparer de ce qui, au départ, n’était qu’un logo ou un pur produit graphique, pour l’ancrer dans l’espace artificiel de l’installation. Jusqu’à en faire un petit personnage familier et sympathique ». {(Florence de Mèredieu in Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne, Larousse 2004)}
- L’art doit être accessible à tous VRAI ET FAUX !
Pour expliquer sa philosophie, Andy Warhol déclarait : « Le pop art est pour tout le monde. Je ne pense pas que l’art devrait être réservé à une élite ... ». (...)Les reproductions de portraits de stars, de produits de grande consommation ou les photos de journaux qu’il exposait agrandies, recoloriées et démultipliées séduisaient le public qui avait le sentiment rassurant d’avoir déjà vu ça quelque part. (...)
 ? l’inverse, mais à la même époque, Lawrence Weiner, un autre artiste américain, proposait, lui, des œuvres qu’il présentait sous forme de phrases énigmatiques et dont la réalisation était à la charge de l’acquéreur.(...)
Selon cet artiste conceptuel, il n’est pas nécessaire, face à la surproduction d’images offertes par la société marchande, d’en rajouter ! Au contraire l’art, pense-t-il, doit offrir un espace de réflexion, marquer une distance par rapport au réel (...)
(...)Ces deux positions résument deux courants de fond qui traversent l’art de part en part depuis le début du XXe siècle. Mais aujourd’hui, images séduisantes, d’un côté, et démonstrations intellectuelles, de l’autre, s’interfèrent facilement. 2{{6mn pour une œuvre : Jean-Luc Moulène (1955)}}
« Objets et corps mis à nu repliés sur leur forme propre : Jean-Luc Moulène possède l’art de désamorcer les habitudes perceptives, de déstabiliser le regard. Du non visible surgit, qui était pourtant bel et bien inscrit dans le visible.
Figure/fond, pour Jean-Luc Moulène le rapport est éminemment politique. Prenant acte de la disparition d’un « fond social établi », le travail de l’artiste revient à poser des figures sur une « géométrie [désormais] fluide ». Et celles que pose Jean-Luc Moulène sont souvent disjonctives. Par coupes longitudinales dans le réel, elles convoquent, dans le plan-surface des photographies, signes et codes hétérogènes, qui déstabilisent le regard, et rendent perceptible une complexité insoupçonnée dans les gestes et scènes les plus banals. » {(Muriel Denet in Jean-Luc Moulène, www.paris-art.com)}
- L’artiste doit avoir de l’inspiration VRAI ET FAUX !
Pendant des siècles, la peinture a pris pour thème des scènes de la Bible. L’esprit divin semble alors guider la main de l’artiste. (...)Changement de décor : au XIXe siècle, les romantiques exaltent le sentiment de la nature. La peinture prêche un dépassement de soi hédoniste. Aujourd’hui encore perdure l’idée d’un souffle créateur qui « habiterait » l’artiste. Cependant, elle résiste mal à l’analyse d’œuvres prosaïques qui prennent pour cible la réalité quotidienne. La science, l’économie, la politique ou l’écologie représentent des sources d’inspirations actuelles très ... terre à terre ! Mais, en art, rien n’est jamais exclusif et une proposition trouve toujours son contraire. On croise dans la production actuelle des œuvres qui, par leur étrangeté, leur lumière, une certaine invraisemblance ou un sens bizarre du détail, ouvrent à nouveau les portes du rêve, de la magie, de l’inconnu, du sublime ... {{26mn pour une œuvre : Matthew Barney (1967)}}
Photographies, dessins, sculptures, installations sont produit par Matthew Barney conjointement à la série des cinq films « Cremaster » qui constitue, outre un bel exemple d’art total, son expression sans doute la plus aboutie.
Empruntant en effet aux formes plastiques, théâtrale et cinématographique, l’univers singulier de Matthew Barney trouve ses sources dans des références culturelles multiples : mythologie, art, sport, cinéma, spiritualité ...
Reposant sur l’idée de corps mutant, ses films revisitent les codes de la narration pour constituer une suite de contes contemporains.
- L’artiste contemporain fait n’importe quoi ? FAUX !
Le public non averti, et qui se défend d’être spécialiste, reste dubitatif devant un monochrome, face à un tableau sur lequel ne figurent que quelques traits de couleur, ou, confronté à une installation hybride, il se demande si c’est de l’art, si « ça » veut vraiment dire quelque chose. (...) Bref, il trouve que, vraiment, l’artiste se moque du monde.
Décider de vivre de son art constitue un engagement intellectuel, moral et matériel sans équivalent, comparable à un saut dans le vide. (...) Il faut vraiment croire en soi pour entreprendre quelque chose que personne ne vous demande, qui ne répond à aucun besoin immédiat et qui vous renvoie à votre solitude de créateur. (...) « Mais où l’artiste va-t-il chercher tout ça ? » (...) « L’artiste n’a jamais qu’une seule idée », a dit un jour le sculpteur Arman. Et cette idée s’incarne à travers des formes dont il faut chercher l’origine dans la mémoire intime de l’auteur, plaque sensible d’émotions fugaces et marquantes. Elle est aussi à chercher dans l’immense bibliothèque des savoirs et de la connaissance ou à travers l’histoire des hommes.

{{26mn pour une œuvre : Maurizio Cattelan (1960)}}

« Dans ses oeuvres, Maurizio Cattelan parvient à déjouer les règles du jeu du marché de l’art d’une façon subversive et humoristique en produisant des commentaires ironiques et critiques sur des sujets sociaux brûlants. Les tendances racistes en Italie ou l’influence de la mafia peuvent être les thèmes d’une démarche aux connotations parfois interventionnistes, aussi bien que les interrogations immanentes à l’art. Dans la mesure où Cattelan sait parfaitement utiliser les données existantes du marché de l’art, sa démarche est souvent décrite comme parasitaire ». {(Burkhard Riemschneider, Uta Grosenick in Art at the turn of the millenium, Taschen)}
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