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Jean-Léon Gérôme
Présentation et sélection bibliographique, octobre 2010

L’exposition

Pollice verso (1872) Phoenix art museumGérôme fut longtemps stigmatisé comme l’emblème d’un académisme stérile, avant que la perception de l’artiste n’évolue profondément au cours des dernières décennies. Il est aujourd’hui compris comme l’un des grands créateurs d’images du XIXe siècle.

L’exposition permet d’aborder tous les enjeux de son oeuvre, de ses sources à son influence : la place de Gerôme dans la peinture française de son temps, sa conception théâtralisée de la peinture d’histoire, son rapport complexe à l’exotisme, son usage de la polychromie en sculpture, son rôle d’enseignant, son rapport au modèle antique. Elle offre également l’occasion de s’interroger sur la façon dont sa personnalité cristallise le combat anti-académique de la fin du XIXe siècle, et enfin, l’engouement qu’il suscite auprès du public et des collectionneurs américains.

Au-delà de sa séduction immédiate et de son accessibilité, c’est donc la double identité de cette oeuvre, à la fois savante et populaire, poussant l’obsession illusionniste jusqu’à l’étrange, qui la rend aujourd’hui si précieuse aux yeux des historiens d’art et du grand public.

Exposition, Paris, Musée d’Orsay, du 19 octobre 2010 au 23 janvier 2011

Biographie


Jean-Léon Gérôme, né à Vesoul en Haute-Saône le 11 mai 1824 et mort à Paris le 10 janvier 1904, est un peintre et sculpteur français membre de l’Académie des beaux-arts. Emblématique de la peinture académique du Second Empire, Gérôme est parfois qualifié de peintre pompier. Il représenta souvent des scènes orientales ainsi que des thèmes chers aux néoclassiques.

Jean-Léon Gérôme se rend à Paris en 1841 et devient l’élève de Paul Delaroche, qu’il accompagne en Italie en 1844-1845.  ? son retour, il se fait connaître au Salon de 1846 par son "Combat de coqs", toile qui déjà illustre son souci du détail authentique et pour laquelle il reçoit la médaille d’or. Puis il change de genre et expose : "La Vierge, L’enfant Jésus et St-Jean", et, comme pendant : "Anacréon, Bacchus et l’Amour". Gérôme obtient en 1848 une deuxième médaille. Il réalise ensuite : "Bacchus et l’Amour ivres, Intérieur grec et Souvenir d’Italie" (1851), "Vue de Paestum" (1852),"Idylle" (1853).

Le combat de coqs (1847) Paris, Musée d'Orsay

Gérôme voyage en Turquie, sur les bords du Danube en 1854 et en  ?gypte en 1857, tout en remplissant ses carnets de nombreux dessins. En 1855, il envoye à l’Exposition Universelle "Pifferaro, Gardeur de troupeaux", "Concert russe" et une grande toile représentant "Le siècle d’Auguste et la naissance de Jésus-Christ", acquise par le ministère d’ ?tat. Sa réputation augmente considérablement au Salon de 1857, où il expose sept tableaux d’un genre plus populaire, entre autres : "La Sortie du bal masqué" et "Le Duel de Pierrot".

En 1859, il expose au salon une "Mort de César" et deux petites compositions, pleines de détails érudits, l’une retraçant un détail de gladiateurs et intitulée "Ave Caesar", l’autre représentant "Le Roi Candaule". En 1861, il réalise : "Phryné devant l’aréopage, Socrate venant chercher Alcibiade chez Aspasie, Les Deux Augures". Au même salon, il envoie une scène orientale très finement observée et rendue, "Le Hache-paille égyptien", et une merveille d’exécution minutieuse, "Rembrandt faisant mordre une planche à l’eau-forte". Ses meilleures œuvres lui ont été inspirées par le courant orientaliste : "Le Prisonnier et le Boucher turc", "La Prière", "La Porte de la mosquée El-Hacanyn", "Le Marché d’esclaves", "Le Marché ambulant au Caire" et "Promenade du harem".

La mort de César (1867)

Il a souvent peint aussi des scènes historiques telles que "Louis XIV et Molière" (1863), "La réception des ambassadeurs du Siam à Fontainebleau" (1865) et "La mort du Maréchal Ney" (1868).

Dès 1862, ses toiles connaissent une large diffusion, notamment due au fait qu’il a épousé Marie Goupil, la fille d’Adolphe Goupil, un éditeur d’art renommé.

Gérôme a également été un habile sculpteur. Son "Rétiaire" et son "Sagittaire" sont deux figurines excellentes. Ses groupes "Gladiateurs, Anacréon, Bacchus et l’Amour", et ses statues d’"Omphale" (1887) et de "Bellone" (1892) (cette sculpture, en ivoire, métal et pierres précieuses, fut exposée à l’Académie Royale de Londres et attira beaucoup l’attention), "Tanagra", sont autant d’œuvres remarquables. Il entreprend aussi une série de sculptures de conquérants, travaillées dans l’or, l’argent et les gemmes : "Bonaparte entrant au Caire" (1897), "Tamerlan" (1898) et "Frédéric le Grand" (1899). C’est également à Gérôme que l’on doit la statue de duc d’Aumale qui se trouve devant le château de Chantilly (1899).
En 1864, il devient professeur de peinture à l’ ?cole des beaux-arts.

Gérôme connut un large succès de son vivant, si bien qu’il eut son buste dans la cour de l’Institut de France. Son mariage avec Marie Goupil, la fille d’un des grands marchands de tableaux de l’époque, Adolphe Goupil, contribua à son succès commercial, en particulier aux  ?tats-Unis, où son beau père répandit les reproductions photographiques de son œuvre. Pourtant, à la fin de sa vie, sa farouche hostilité envers les impressionnistes, qu’il considérait comme « le déshonneur de l’art français », contribua au déclin de sa popularité. En France en tant qu’artiste représentatif de l’école qui précédait l’impressionnisme, il est devenu le symbole de l’académisme. Cependant, Gérôme a gardé une certaine aura aux  ?tats-Unis où de nombreux musées conservent de ses œuvres.


Bibliographie


La piscine du Harem (1876) Saint-Pétersbourg, Musée de l'ErmitageJean-Léon Gérôme, 1824-1904 : sa vie, son oeuvre / Gerald M. Ackerman
ACR, 1997 (Poche Couleur. Les Orientalistes)
ART 759.053 GER

Gérôme et Goupil : art et entreprise : exposition, Bordeaux, Musée Goupil, 12 octobre 2000-14 janvier 2001
RMN, 2000
ART 759.053 GER

En commande

Gérôme / L. Des Cars
Gallimard (Découvertes)

Jean-Léon Gérôme : catalogue de l’exposition du musée d’Orsay
Skira-Flammarion

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