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Jean-Michel Basquiat
Biographie et sélection bibliographique, novembre 2010

L’exposition

D’origine portoricaine et haïtienne, né en 1960 à Brooklyn dans l’Etat de New York et mort à New York en 1988 à la suite d’une overdose à l’âge de vingt-sept ans, Basquiat appartient à la génération des graffiteurs qui a brusquement émergé à New York à la fin des années 70. En 1977, il commence à signer ses graffitis du nom de SAMO (pour « Same Old Shit ») accompagné d’une couronne et du sigle du copyright. Au cours de sa fulgurante carrière, sa peinture passe de la rue au tableau.

Cette rétrospective composée d’une centaine d’œuvres majeures (peintures, dessins, objets) provenant de nombreux musées et de collections particulières américains et européens, permet de reconstituer le parcours chronologique de l’artiste et de mesurer son importance dans l’art et dans l’histoire de l’art au-delà des années 80.

L’exposition Basquiat a été conçue par la Fondation Beyeler à Bâle - où elle a d’abord été présentée (9 mai - 5 septembre 2010) -, et organisée en collaboration avec le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. C’est la première exposition de cette ampleur jamais consacrée à Basquiat.

Exposition, Paris, Musée d’art moderne de la ville de Paris, du 15 octobre 2010 au 30 janvier 2011

Biographie


Jean-Michel Basquiat commence comme artiste de rue peignant des graffitis, et devient ensuite un artiste *d’avant-garde très populaire et pionnier de la mouvance dite « underground ». Son style est très original, nerveux, violent et énergique.

Les parents de Basquiat appartiennent à la moyenne bourgeoisie. Sa mère, sensible à l’art, emmène fréquemment le jeune Basquiat visiter le MOMA, le Museum of Modern Art et l’encourage à développer ses talents artistiques. En 1967, alors qu’il a 7 ans, ses parents se séparent. Il part vivre chez son père avec ses deux jeunes sœurs. Il se passionne pour la bande dessinée et dessine beaucoup. Un an plus tard, Basquiat est hospitalisé suite à des blessures liées à un accident de la route. Pendant sa convalescence, sa mère lui offre, pour passer le temps, un livre d’anatomie "The Gray Anatomy". Cet ouvrage influencera fortement l’artiste qui s’en inspira plus tard dans les travaux de la première partie de son œuvre et du nom de son groupe de musique : Gray.

En 1976, il commence à peindre au spray sur les murs de Manhattan. En 1977, accompagné de son ami graffitiste Al Diaz, Basquiat poursuit l’art du graffiti en peignant sur les taudis de Manhattan et à proximité des galeries, ajoutant la signature péjorative de SAMO, pour « SAMe Old shit » (ce qui peut se traduire par « toujours la même merde »), signature souvent accompagnée d’une couronne. Lors d’une fugue, il erre quinze jours dans Greenwich Village et découvre les drogues.

En 1978, Basquiat abandonne la Edward R. Murrow High School et quitte la maison parentale, une année avant d’être diplômé. Il s’installe avec des amis, survivant en vendant des T-shirts et des cartes postales dans la rue. Avant 1979, Basquiat gagne un certain statut de célébrité au sein de la scène d’art prospérante de East Village, pour ses apparitions télévisées régulières sur le câble dans les émissions de Glenn O’Brien. En 1979, un article lui est consacré dans The Village Voice. Le milieu de l’art new yorkais commence à s’intéresser à lui. Mais Basquiat se met à écrire "Samo is dead" dans SoHo.

En juin 1980, il se fait connaître en participant au Times Square Show, une exposition d’artistes, patronnée par les Collaborative Projects Incorporated (Colab). En 1981, le poète, le critique d’art et provocateur culturel René Ricard publie "L’Enfant Radieux" dans le magazine Artforum, aidant ainsi Basquiat à lancer sa carrière sur la scène internationale. Cette année-là, la galerie Annina Nosei organise sa première exposition à New York, qui sera suivie de beaucoup d’autres. Pendant les quelques années suivantes, il continue à exposer ses travaux autour de New York aux côtés d’artistes tels que Keith Haring et Barbara Kruger.

Avant 1982, Basquiat se montre régulièrement aux côtés de Julian Schnabel, David Salle, Francesco Clemente et Enzo Cucchi, devenant ainsi partie prenante d’un mouvement que l’on appellera bientôt le néo-expressionnisme. Il sort avec une jeune artiste montante, nommée Madonna, en automne 1982.

En 1983, Basquiat rencontre Andy Warhol, avec qui il collabore intensivement, forgeant finalement une forte amitié. Cette année-là, il devient le plus jeune artiste (à 23 ans) à être invité au Whitney Museum of American Art.

En 1985, Basquiat fait la une du New York Times Magazine dans un numéro intitulé « New Art, New Money : The Marketing of an American Artist ».

En 1988, il meurt suite à une overdose d’un mélange d’héroïne et de cocaïne (speedball) à l’âge de 27 ans, quelques jours avant le second voyage qu’il aurait accompli en Côte d’Ivoire. Ses funérailles ont lieu au cimetière de *Green-Wood à Brooklyn.

Son œuvre reste empreinte des graffitis de ses débuts, où il mélange couleurs vives et textes à thèmes. Ses corps sont peints en « transparence ». On sent également des accents primitifs montrant que Basquiat est fier de ses lointaines origines d’Afrique.

La carrière de Basquiat se divise en trois grandes périodes :

  • Pendant la première, de 1980 à fin 1982, il faisait de la peinture sur toile, représentant le plus souvent des personnages squelettiques et des visages ressemblant à des masques. Ceci montrait son obsession de la mortalité de l’Homme. Il peignait aussi des éléments tirés de sa vie dans la rue : voitures, bâtiments, policiers, jeux d’enfants, graffitis...

  • Une période intermédiaire de fin 1982 à 1985 présente des peintures sur panneaux de toutes matières et de toutes formes, et des tableaux individuels avec traverses intermédiaires visibles, une surface dense avec des écritures, des collages, et des représentations sans relation apparente les unes avec les autres. Ces travaux révèlent un fort intérêt pour l’identité noire et hispanique de Basquiat, son identification avec les personnages noirs historiques ou contemporains, et les événements qui leurs sont liés.

  • La dernière période, débute vers 1986, elle montre un nouveau genre de peinture figurative, dans un style différent avec des sources, des symboles et un contenu contrastant avec ses autres peintures.

Bibliographie


Basquiat / dirigé par Marc Mayer
Flammarion, 2005
ART 759.067 BAS

Basquiat / Jean-Luc Chalumeau
Cercle d’art, 2003 (Découvrons l’art)
ART 759.067 BAS

Jean-Michel Basquiat
A.K. Vidéo, 2003 (Portrait d’artiste)
ART 759.065 BAS

En compagnie de Basquiat / Jennifer Clement
Denoël, 2003 (Denoël et d’ailleurs)
R CLE

Basquiat / réal. et scénario de Julian Schnabel
Pathé vidéo, 2008
F SCH

Catalogue de l’exposition
En commande

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