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Johannes Brahms (1833-1897) : le solitaire vagabond
Bibliographie et discographie, Mars 2009

Le Conservatoire à Rayonnement Régional de Rueil-Malmaison programme un cycle de trois concerts consacrés à la musique de chambre de Brahms (les lundis 2, 9 et jeudi 12 mars 2009 - 20h30 - Auditorium du CRR - entrées libres).

C’est l’occasion d’aller de nouveau à la rencontre de ce compositeur dont le musicologue Alfred Einstein résume en ces termes le portrait et l’itinéraire de son existence : « Départ fougueux, prise de conscience de la grandeur et de la sereine félicité des temps révolus, évocation mélancolique de ce bonheur enfoui, sentiment d’être venu trop tard, et résignation. »

« Brahms est le premier compositeur dont la place dans l’histoire et la personnalité artistique ne coïncident plus [...], non parce qu’il n’était pas un homme de son temps, mais plutôt parce que les possibilités matérielles et musicales de son époque suivaient des voies incapables de comprendre ses aspirations. Il a donc été le premier à devoir se défendre pour rester ce qu’il était ». Wilhelm Furtwängler

Joseph Anton Koch (1768-1839)

Bibliographie


  • Pôle Jeunesse

Johannes Brahms : sa vie, ses œuvres
raconté par Michel Vitold
1 CD Adès, (Le petit ménestrel)
J 746 BRA

  • Annexe de Rueil-sur-Seine

Ann Rachlin et Susan Hellard
Brahms
Gamma Héritage, 1995 (Enfants célèbres)
780.903 4 BRA bio

Jean-Michel Ferran
BrahmsGisserot,, 1998 (Pour la musique)
780.903 4 BRA bio
Excellente initiation

  • Pôle Musique « Paysage » Ferdinand Waldmüller (1793-1865)

José Bruyr
Brahms
Seuil, 1991 (Solfèges)
MUS 780.92 BRA bio
Pour une approche

Claude Rostand
Brahms
Fayard, 1995 (Les indispensables de la musique)
MUS 780.92 BRA bio
Pour un approfondissement


Œuvres vocales et chorales


Caspar David Friedrich (1774-1840)

La Belle Maguelonne
Dietrich Fischer-Dieskau, baryton ; Sviastoslav Richter, piano
1 CD Socadis
MUS 3 BRA 31
Le cycle des Romanzen aus Tieckes Magelone op.33 est un formidable et fantasmagorique chef d’oeuvre ; il contient au moins quatre des plus belles mélodies que Brahms ait inventées. Ceci pour répondre aux allégations proférées par Nietzsche, Bruckner, Hugo Wolf (« Brahms n’a point de thème ! »), lesquels osaient dénier tout génie mélodique au compositeur. Dietrich Fischer-Dieskau et Sviastoslav Richter, s’aventurant sans cesse dans l’illumination, le vertige, n’offrant qu’expression chaleureuse, intensité contenue ou exaltée du moindre phrasé. La diction, la sensibilité, l’élasticité rythmique des deux partenaires se révèlent véritablement inouïes.

La Belle Maguelonne
Christophe Pregardien, ténor ; Andreas Staier, piano ; Sami frey, narrateur
1 CD Warner
MUS 3 BRA 31

Musique sacrée : Motets op.29, 74, 110, Missa canonica, Fest-und Gedenksprüche op.109
RIAS-Kammerchor, Berlin ; Marcus Creed, dir.
1 CD Harmonia Mundi
MUS 3 BRA 42
Dans les deux motets pour chœur mixte à 5 voix a capella op.29, Brahms s’inspire du motet luthérien traditionnel. Par là, il s’inscrit - à la suite de Mendelssohn - dans le mouvement restauratif allemand du XIXème siècle. On y lit clairement son attachement pour la musique ancienne, dont il restitue avec bonheur les techniques d’écriture les plus savantes. Les deux motets pour chœur mixte à capella op.74 sont considérés comme l’apogée de l’œuvre religieuse a capella de Brahms tandis que les trois motets pour 4 et 8 voix a capella op.110 sont ses adieux à ce genre de répertoire et font place au dépouillement, à la pureté, où la technique d’écriture à double chœur est transcendée.

Warum ist das Licht (œuvres vocales sacrées a capella)
Kammerchor Stuttgart ; Bläser der Deutschen Kammerphilharmonie ; Frieder Bernius, dir.
1 CD Carus
MUS 3 BRA 46
Par sa liberté d’inspiration, la splendeur et la beauté de son chœur, le Kammerchor de Stuttgart (chaque pupitre chante d’une seule voix !), Frieder Bernius signent là, l’un des plus beaux disques de musique chorale de Brahms jamais enregistrés. Le programme, très bien conçu, fait alterner les grandes pages a capella, la Missa canonica, des opus accompagnés à l’orgue et le fameux Chant funèbre, aux accents archaïques d’une saisissante beauté. Un disque à emporter sur une île déserte ! (Diapason d’Or).

Georg Friedrich Kersting (1785-1847)Rhapsodie, pour alto, chœur d’hommes et orchestre (1870) ; Chant du Destin ; Chant des Parques ; Nänie
Marjana Lipvosek, alto ; Ernst-Senff Chor ; Rundfunkchor, Berlin ; Berliner Philharmoniker ; Claudio Abbado, dir.
1 CD DG
MUS 3 BRA 34
Peu d’œuvres de Brahms sont autant liées à sa biographie que la Rhapsodie pour alto. Il se livre à une intériorisation de sa souffrance avec une profonde sincérité. En 1869, il apprit le mariage de Julie, la troisième fille de Clara Schumann, dont il était le trop timide amoureux, avec le comte Radicati di Marmorito. En accord avec le texte de Goethe, l’effectif sombre allie le timbre grave du contralto suppliant, un chœur masculin qui joue un rôle discret, presque religieux, et un orchestre réduit aux couleurs endeuillées. Claudio Abbado nous livre ici une vision méditative, hymnique, d’une incomparable noblesse expressive.

Eine deutsche Requiem (Un requiem allemand) (1868)Elisabeth Schwarzkopff ; Dietrich Fischer-Dieskau ; Chœur et Orchestre Philharmonia ; Otto Klemperer, dir.
1 CD Emi
MUS 3 BRA 44
C’est une oeuvre sans précédent dans l’histoire de la musique allemande et n’a aucun rapport avec le messe des morts du culte catholique, qu’illustrent autour d’elle les clameurs de Berlioz et de Verdi. Le climat d’ensemble est essentiellement méditatif, proche de Jean-Sébastien Bach et de Heinrich Schütz, tirant son origine de la cantate funèbre baroque.
Otto Klemperer affirme d’emblée une conception autoritaire (tempo, sévérité du phrasé) et s’y tient. Sa direction privilégie les grandes lignes architecturales. Schwarzkopf et Fischer-Dieskau (exceptionnellement peu affecté) rayonnent d’inspiration mais demeurent soumis à l’austérité du chef. Pour tous ceux qui voient dans le Requiem allemand un monument intemporel, Klemperer reste la référence absolue.
Autre version disponible en rayon : R. Kempe, H. von Karajan.

Eine deutsche Requiem (Un requiem allemand), version de Londres avec pianos (1869)
Sandrine Piau, Stéphane Degout, Brigitte Engerer, Boris Berezovsky, pianos ; Chœur de chambre Accentus ; Laurence Equilbey, dir.
MUS 3 BRA 44
A côté de la version orchestrale, Brahms s’est investi personnellement dans celle-ci qui ne saurait être assimilé à une vulgaire réduction. En effet, le traitement pianistique de l’accompagnement, qui permet de jouer abondamment sur les effets cristallins, suscite un nouveau climat, plus transparent, presque éthéré parfois. Sandrine Piau déploie une ligne très soignée, tandis que Stéphane Degout convainc par son timbre de métal doré. Quant au chœur, il réserve quelques moments de pure grâce dans les passages pianissimi.

Rinaldo (1868) ; Beräbnisgesang (Chant funèbre) ; Gesang der Parzen (Chant des Parques) ; Ellens Gesang (Chant d’Ellen)
Steve Davislim ; Véronique Gens ; Philharmonischer Chor Dresden ; Ernst-Senff Chor ; Dresdner Philharmonie ; Michel Plasson, dir.
1 CD Emi
MUS 3 BRA 34
Brahms a tiré cette cantate du poème de Goethe, lequel s’est inspiré d’un fragment de la Jérusalem délivrée du Tasse. Rinaldo, ersatz d’opéra, occupe une place unique dans l’œuvre de Brahms qui rêva toute sa vie de composer un ouvrage dramatique. Le découpage est assez raide et laisse l’impression d’une succession de « tableaux vivants », sans réelle progression dramatique. Mais la musique possède un éclat viril, et les airs de Rinaldo ont une vaillance, un héroïsme de bon aloi. Une curiosité à découvrir, d’autant que Rinaldo semble annoncer Das Klagende Lied (Le Dit de la plaine) de Gustav Mahler.
En revanche, le Chant funèbre, écrit en 1858, est une œuvre bouleversante où l’imagination de Brahms s’enflamme devant les thèmes éternels de la mort et de la résurrection : résignation devant la mort, sereine comme le sommeil, interrogation sur le but ultime de la vie, confiance en la miséricorde divine. A bien des égards, le Chant funèbre, renoue avec une tradition protestante éteinte depuis la cantate funèbre Actus Tragicus de Jean-Sébastien Bach, tout en préparant le Requiem allemand.
Dernière grande œuvre chorale avec orchestre, écrite sur un texte non religieux mais possédant un contenu philosophique de caractère universel, le Chant des Parques, écrit en 1882, forme avec le Chant du Destin et Nänie, une trilogie inspirée par l’Antiquité.

49 Deutsche Vokslieder (chansons populaires allemandes), 14 Volkskinderlieder (chansons populaires pour les enfants)
Solistes, Chor des Norddeutschen Rundfunks, Hambourg ; Günther Jena, dir.
2 CD DG
MUS 3 BRA 34
Brahms dédia les 14 Volkskinderlieder (publiés en 1858) aux enfants de Robert et de Clara Schumann Ces oeuvres témoignent ainsi de l’intime attachement de Brahms à la famille Schumann, elles marquent en outre l’intérêt intense qu’il porta au chant populaire dans les années 1850.
C’est un tout autre visage que montrent les Deutsche Volkslieder publiés en 1894. Ceux-ci constituent le bilan des efforts que Brahms consacra toute sa vie durant à la préservation du chant populaire allemand alors agonisant. Souvent, la frontière entre chant populaire et lied savant est estompée à un tel point que Brahms lui-même tira vanité de ce que plusieurs lieder ne semblèrent pas aux contemporains être des arrangements de chants populaires, mais d’authentiques lieder de Brahms.
L’exécution du Chœur de Hambourg est superbe et s’inscrit dans la plus haute tradition des chœurs allemands : cohésion, qualité superbe des voix, justesse parfaite, caractère très typé et différencié pour chaque page.

Lieder with orchestra (lieder de Franz Schubert, orchestrés par divers compositeurs)
Anne-Sophie von Otter ; Thomas Quasthoff ; Chamber Orchestra of Europe ; Claudio Abbado, dir.
1 CD DG
MUS 3 SCH 31
“Il n’est pas de lied de Schubert qui ne puisse nous apprendre quelque chose » a affirmé un jour, Brahms qui, tout au long de sa vie se fit l’ardent défenseur de la musique de son brillant prédécesseur. Il collabora à la première édition des œuvres complètes de Schubert, il les interpréta, les dirigea et en fit des arrangements pour orchestre, comme en témoignent les 4 lieder enregistrés ici : « Ellens zweiter gesang » D.838, « Memmon » D. 541, « An Schwagen Kronos » D. 369, « Geheimes » D.719.

Liebeslieder-Walzer op.52 ; Gesänge op.17 ; Weltliche Gesänge op.42 ; Quatuor op.92 ; Gesänge op.104
Monteverdi Choir ; John Eliot Gardiner, dir.
1 CD DG
MUS 3 BRA 30
Les Liebeslieder Walzer (valses de chansons d’amour) sont une œuvre mineure, mais d’une séduction ardente et pure. Les Quatre chants pour chœur à 3 voix op.17 (1860), est une formation originale qui fait appel à une harpe et à deux cors pour soutenir le chœur féminin dans l’illustration du thème de la mort et de l’amour. L’homogénéité des Trois chants pour chœur à 6 voix op.42 (1864) ne vient pas des poèmes, très dissemblables, ni même de l’expression lyrique, variée, mais du jeu polyphonique qui met en œuvre, pour la première fois, l’effectif vocal favori de Brahms : les voix graves prédominent, ce qui permet d’opposer voix masculines et féminines sur des accords parfaits. Dans les Cinq chants pour chœur mixte a capella op.104, la forme stricte, l’écriture savante constituent un dernier témoignage de l’attachement de Brahms à la musique ancienne ; mais cette rigueur se fait discrète, s’efface pour laisser s’épanouir une merveilleuse poésie romantique.

Lieder
Jessye Norman, soprano ; Daniel Barenboïm, piano
1 CD DG
MUS 3 BRA 31

Lieder
Margaret Price ; James Lockart, piano
1 CD Orfeo
MUS 3 BRA 31


Musique concertante


Adolf von Menzel (1815-1905)

Concerto pour piano n°1 en ré mineur op.15
Barry Douglas, piano ; London SymphonicOrchestra ; Stanislas Skrowaczewski, dir.
1 CD RCA
MUS 3 BRA 19.11
Les premières exécutions de ce concerto laissèrent le public désemparé, mais suscitèrent un certain intérêt chez les critiques. L’œuvre n’en mit pas moins un certain temps avant de s’imposer.

Concerto pour piano n°2 en si bémol majeur op.83
Rudolf Serkin, piano ; The Cleveland Orchestra ; George Szell, dir.
1 CD CBS
MUS 3 BRA 19.11
George Szell respire volontairement peu (premier mouvement) et Serkin accentue encore l’effervescence dynamique, rythmique du discours, ce qui donne à l’ensemble une atmosphère de lutte enfiévrée extraordinairement prenante. L’adagio devient, au contraire, d’une retenue quasi marmoréenne, à peine tempérée par l’héroïsme altier conféré au final. L’ardeur de Serkin, son style comme improvisé offrent un contraste aussi savoureux qu’enrichissant avec la sévérité stricte de George Szell.

Concerto pour violon en ré majeur op.77
Anne-Sophie Mutter, violon ; New York Philharmonic Orchestra ; Kurt Masur, dir.
1 CD DG
MUS 3 BRA 19.41

Double concerto pour violon, violoncelle en la mineur op.102
Josef Suk, violon ; André Navarra, violoncelle ; Orchestre Philharmonique tchèque ; Karel Ancerl, dir.
MUS 3 BRA 19.40
Karel Ancerl offre l’image d’un style sévère, perçant, et dont la grandeur dénuée de grandiloquence accompagne avec rigueur les personnalités si différentes de Navarra et de Suk. Le tempo est ample, sans excès, l’orchestre typé et rutilant à souhait, les phrasés d’un beau romantisme intériorisé.


Œuvre orchestrale


Danses hongroises (intégrale)
Radio-Sinfonieorchester Stuttgart ; Georges Prêtre, dir
1CD Forlane
MUS 3 BRA 22
Les Danses hongroises baignent dans la musique populaire que Brahms connaît bien. Il s’en est nourri dans son enfance. Il l’a fréquentée dans les cabarets. Originellement écrites pour piano, elles ont été orchestrées par la suite par Brahms lui-même. Elles sont en fait bien plus tsiganes que hongroises, s’agissant d’adaptations de mélodies originales que le compositeur avait appris à connaître grâce au violoniste hongrois Eduard Remenyi.

Sérénade n°2 en la majeur op.16 ; Variations sur un thème de Haydn op.56a
London Symphony Orchestra ; Michael Tilson Thomas, dir.
1 CD Sony
MUS 3 BRA 22
Cette Sérénade, plus intéressante que la première, innove dans tout son siècle par la prédominance singulière accordée aux vents, la subtilité rythmique et l’imagination formelle. Brahms regarde de près vers l’école néo-allemande de Liszt et Wagner, sous des dehors « néoclassiques », et sa pensée orchestrale annonce ici Schoenberg, Berg ou Stravinsky autant qu’elle rappelle Mozart. Michael Tilson-Thomas explore admirablement la saveur purement instrumentale comme les innovations rythmiques. Mise en place et rigueur de jeu des solistes londoniens sont exemplaires, et vont droit au but, épousant avec une remarquable souplesse les étonnants contrastes, la finesse poétique et la grande densité expressive de l’ouvrage, l’un des plus méconnus de Brahms. A entendre de toute urgence.

Intégrale des symphonies
Orchestre symphonique de la SWR de Stuttgart ; Sergiu Celibidache, dir.
3 CD DG
MUS 3 BRA 24
Comme Schumann, Brahms écrivit quatre symphonies. Il attendit d’avoir quarante ans pour mener à bien sa première symphonie, laissant peut-être deviner la responsabilité qu’il entendait assumer en devenant l’héritier de Beethoven. Pourtant, si certaines références à Beethoven sont évidentes, les symphonies de Brahms s’en différencient aussi par le renoncement au scherzo, si important chez Beethoven, qui est remplacé généralement par un mouvement de demi-caractère, d’esprit tout schubertien. Le mouvement lent reste immuablement en seconde place, alors que les Romantiques le mettent volontiers à la troisième. On peut se rendre compte du travail de répétition acharné avec l’orchestre symphonique de la SWR de Stuttgart. Celui-ci atteint à une nouvelle dimension artistique, à une perfection de la sonorité, de l’équilibre et de la souplesse du phrasé, grâce à la direction de Celibidache.


« Paysage » John Constable (1776-1837)

Œuvres pour piano


Ballades op.10 ; Intermezzi op.118 ; Klavierstücke op.118
Michel Dalberto, piano
1 CD BMG
MUS 3 BRA 11.11
Lorsqu’il a enregistré ces Ballades, Michel Dalberto avait une vingtaine d’années à peine. La couleur d’ensemble, très sombre, s’accompagne d’une souplesse de phrasés fabuleusement maîtrisés. Cette lecture qui s’avère authentiquement « brahmsienne », se situe à l’opposé de l’univers figé, halluciné et visionnaire de Claudio Arrau.

L’Oeuvre pour piano, vol. 1 et 2
Julius Katchen, piano
2 coffrets Polygram
MUS 3 BRA 11.11
Moins virtuose que Liszt, plus proche de Mendelssohn, l’écriture pianistique de Brahms procède à la fois de Bach, de Beethoven, de Mendelssohn et de Schumann. L’œuvre pour piano de Brahms comprend une cinquantaine de pièces réparties entre 1851 et 1893. Julius Katchen (1926-1969), pianiste américain, joua en compagnie de Pierre Monteux et fut invité à plusieurs reprises par Pablo Casals au Festival de Prades. Premier artiste à réaliser l’enregistrement intégral de l’œuvre pour piano de Brahms en 1963, il nous laisse une interprétation de référence, dont l’approche exigeante révèle une splendide maturité technique et intellectuelle.

Sonate en fa dièse mineur op.2 ; Sonate en fa mineur op.5 ; Sherzo en mi bémol mineur op.4 ; Variation s et fugue sur un thème de Haendel op.24 ; Variations sur un thème de Paganini op.35
Claudio Arrau, piano
3 CD Philips
MUS 3 BRA 11.11
Dans les Variations Haendel, Claudio Arrau offre une éblouissante variété de couleurs, choisissant une optique plutôt sobre, jouant d’un phrasé sans retenue, ample et naturel. Le tempo est large, la respiration monumentale dès l’exposé du thème. Malgré son éventail peu ordinaire d’accents, et de nuances, une telle approche transforme quelque peu le propos : les Variations Haendel sont ici comme un tout, un unique parcours à la croissance dynamique affirmée. Arrau domine d’un jeu très intériorisé l’entier parcours des Variations Paganini, la largeur du tempo, la tension du phrasé s’appuyant sur d’extraordinaires bases techniques et stylistiques. Un disque majeur de la discographie.


« Ile des morts » Arnold Böcklin (1827-1901)

Œuvre pour orgue


« Forte ma dolce » : l’œuvre pour orgue
François Ménissier, orgue
1 CD Hortus
MUS 3 BRA 11.31
Comme Mendelssohn et son maître vénéré, Schumann, Brahms place son œuvre d’orgue sous le signe de la renaissance de la musique de Jean-Sébastien Bach. Sur ce point, comme beaucoup d’autres, il ne partage pas les vues de Liszt qui intègre l’orgue dans son mouvement de rénovation de la musique allemande, intitulé par lui-même, « musique de l’avenir ».
Considéré dans sa globalité, ce bouquet d’œuvres semble mêler, tout à la fois, des sentiments enthousiastes de jeunesse, la révélation, peut-être, d’un amour impossible pour une jeune élève, la douleur de la perte de l’amie intime en 1896 (Clara Schumann) et la méditation du compositeur sur l’existence et les fins dernières de l’homme.


Musique de chambre


Caspar David Friedrich (1774-1840)

La production de chambre compte 24 numéros d’opus, revêtant comme la musique de piano, un caractère de confidence, et parfois, de confession. Elle manifeste un souci de la forme beaucoup plus exigeant et parfaitement classique.

Quatuor à cordes n°2 en la mineur op.51 et quatuor à cordes en si bémol majeur op.67
Quatuor Vlach
1 CD Harmonia Mundi
MUS 3 BRA 14.40

Quatuor avec piano n°1 en sol mineur op.25 et n°3 en ut mineur op.60
Arthur Rubinstein, piano ; Quatuor Guarnieri

1 CD Gold Seal
MUS 3 BRA 14.11
Le quatuor n°1 est très caractéristique de Brahms en raison de sa douceur et de son sérieux, de sa tendresse et de sa mélodie, de sa passion et de sa sensibilité. Le quatuor n°3 reflète intimement les tourments intérieurs de la vie sentimentale secrète du musicien, depuis le premier mouvement, empreint de dépression tragique de sa période « Sturm und Drang » à l’atmosphère douce et agréable du crépuscule de sa vie.

The complete quintets
Werner Haas, piano ; membres de l’Octet de la Philharmonie de Berlin
2 CD Philips
MUS 3 BRA 15

Sextuor n°1 en si bémol majeur op.18
Isaac Stern, Alexandre Schneider, violons ; Pablo Casals, violoncelle
1 CD CBS
MUS 3 BRA 16.40
Les sextuors de Brahms sont des œuvres de jeunesse. Ce sont aussi ses premiers essais en musique de chambre sans piano et l’utilisation de six instruments s’explique certainement par le fait qu’il est peu disposé à composer un quatuor à cordes, tâche on ne peut plus exigeante !
Autre version disponible en rayon : Isaac Stern, Alesander Schneider, violons ; Milton Katims, Milton Thomas, altos ; Pablo Casals, Madeline Foley ; violoncelles.

Sextuor n°2 en sol majeur op.36
Quatuor Alban Berg ; Ensemble Amadeus
1 CD Emi
MUS 3 BRA 16.40
Le second sextuor semble avoir été écrit en partie pour se faire pardonner son attitude méprisable envers Agathe von Siebold. Cette jeune femme aurait été désireuse de l’épouser, mais Brahms n’avait nullement envie de renoncer à sa liberté de célibataire ; il la quitta donc, excusant son comportement en lui écrivant par la suite : « Je vous aime ! Mais je ne peux m’enchaîner ». Le nom d’Agathe est conservé pieusement dans le premier mouvement. Après avoir achevé cette œuvre, Brahms écrivit à un ami : « Dans cette œuvre, je me suis libéré de mon dernier amour ».
Autre version disponible en rayon : The Raphael Ensemble

Sonates en sol majeur op.78, la majeur op.100 et ré mineur op.108 pour piano et violon
Gidon Kremer, violon et Valery Afanassiev, piano
2 CD DG
MUS 3 BRA 12.41
C’est un sentiment de rêveuse mélancolie , très nordique, qui imprègne la Sonate en sol majeur op.78 dont le caractère dominant semble à la fois son lyrisme intense et sa prodigalité thématique. Il s’agit certainement d’un sommet absolu de l’inspiration « brahmsienne », en même temps que de toute la musique romantique.
L’enregistrement de Kremer et Afanassiev va vers le rêve éveillé, l’expressionnisme arachnéen, l’imprévisible. Ce Brahms furtif et fantastique n’a pas d’équivalent.
Autre version disponible en rayon : Henryk Szeryng , violon et Arthur Rubinstein, piano.

Sonates n°1 pour clarinette en fa mineur op.120 et n°2 en mi bémol majeur
Michel Portal, clarinette et Georges Pludermacher, piano
1 CD Harmonia Mundi
MUS 3 BRA 12.73
A la fin de sa vie, lorsqu’il avait plus ou moins décidé d’abandonner la composition et menait une vie assez calme et presque uniquement consacrée à l’amitié, Johannes Brahms écrivit 4 œuvres pour clarinette : le Trio pour clarinette, violoncelle et piano, le Quintette pour clarinette et cordes et ces deux sonates écrites en 1894. L’inspirateur en était Richard Mühlfeld, l’un des clarinettistes les plus réputés de l’époque. Ce sont des œuvres toutes intérieures, mélancoliques, se refusant à tout éclat extérieur, et ne faisant nulle concession à la virtuosité.

Sonates n°1 pour violoncelle en mi mineur op.38 et en fa op.99
Paul Tortelier, violoncelle ; Maria de la Pau, piano
1 CD EMI
MUS 3 BRA 12.43
La Sonate op.38 fut la première sonate pour deux instruments que Brahms ait fait publier. Il avait écrit trois mouvements en 1862 à une époque où ses engagements comme pianiste se suivaient à une allure folle, mais il n’acheva l’œuvre qu’en 1865. La Sonate op.99 fut composée en 1886 durant le premier des trois étés de rêve que Brahms allait passer près du lac de Thoune, en Suisse.

Trios pour piano, violon et violoncelle, n°1 en si majeur op.8, n°2 en ut majeur op.87, n°3 en ut mineur op.101
Julius Katchen, piano ; Josef Suk, violon ; Janos Starker, violoncelle
2 CD Decca
MUS 3 BRA 13.11
Ces trois immenses artistes expriment, directement, la substance même des partitions ; phrasés, chaleur des intonations, expression exacte de l’assise rythmique comme de la fluidité thématique.

Trio pour piano, violon et cor op.40
B. Valente, violon ; Rudolf Serkin, piano ; Michael Tree, cor
1 CD Cbs
MUS 3 BRA 31
La mère de Brahms mourut le 1er février 1865 alors que l’opus 40 n’était pas encore terminé. Le cor de chasse (et non cor d’harmonie) n’est pas traité, par rapport à ces deux partenaires, comme un soliste virtuose. Ce sont surtout ses qualités de couleur, d’atmosphère que Brahms s’attache à mettre en valeur.

Trio pour piano, clarinette et violoncelle en la mineur op.14
Emmanuel Ax, piano ; R. Stolzman, clarinette ; Yo Yo Ma, violoncelle
1 CD Sony
MUS 3 BRA 13.73

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