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L’Abbé Pierre
Janvier 2017

Une bio-bibliographie sur l’abbé Pierre, son combat et l’association Emmaüs.

Biographie

Ses premiers pas de religieux

Henri Grouès, de son vrai nom, est né à Lyon en 1912 au sein d’une famille aisée de négociants en soie dont la ferveur catholique ne pouvait que le pousser sur la voie religieuse : dès l’âge de six ans, il voit son père partir chaque dimanche matin s’occuper des plus démunis et, à douze ans, il l’accompagne à la confrérie séculaire des Hospitaliers veilleurs, où les bourgeois se font coiffeurs-barbiers pour les pauvres. Il grandit ainsi, avec ses 7 frères et sœurs. A l’âge de 15 ans, à l’occasion d’un voyage à Assise, sa vocation religieuse lui est venue.

Il part étudier auprès des jésuites, puis, en 1931, il renonce à son héritage et rejoint les Capucins. Ordonné prêtre en 1938, il est ensuite nommé vicaire à la cathédrale de Grenoble en 1939 lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate.

Les années 40 et l’après-guerre

À partir de 1942, Henri Grouès, toujours attentif à la misère, prend une part active à la résistance. Au lendemain de la rafle du Vel’d’Hiv, il s’efforce d’apporter son aide aux juifs rescapés. Son rôle consiste alors à les faire passer, eux et les résistants, à l’étranger. Il participe également à la création de maquis, notamment dans le Vercors et le massif de la Chartreuse et permet à nombre de jeunes d’échapper au STO (Service du travail obligatoire).

Agissant dans la clandestinité, Henri Grouès est contraint de prendre de multiples identités, parmi lesquelles celle de l’abbé Pierre. Mais la Gestapo le poursuit, le contraignant à fuir la France. Il se rend d’abord en Espagne avant de rejoindre Alger, où il rencontre le général De Gaulle.

L’année suivante, il devient aumônier dans la Marine. Considéré comme l’un des grands représentants de la Résistance, on le pousse à entrer en politique. Ainsi, de 1945 à 1951, il est député de Meurthe-et-Moselle, dans le camp du MRP (Mouvement républicain populaire), puis dans celui de la Gauche indépendante.

Emmaüs et la lutte contre la pauvreté

Après avoir risqué sa vie durant la guerre, l’abbé Pierre entreprend un nouveau combat, cette fois-ci contre la misère. En fondant en 1949 le mouvement Emmaüs (en référence à Emmaüs, village de Palestine apparaissant dans un épisode du dernier chapitre de l’Évangile selon saint Luc), il veut venir en aide aux sans-abri et aux plus démunis. En 1951, libéré des contraintes de la vie politique, il consacre toute son énergie aux compagnons d’Emmaüs. L’objectif du mouvement consiste alors à récupérer divers objets dans le but de les revendre. Les bénéfices permettent de construire des logements provisoires.

Ce n’est toutefois qu’en 1954 que le mouvement prend une ampleur considérable. Au cours de l’hiver – particulièrement glacial – une femme meurt dans la rue. Scandalisé, l’abbé Pierre lance le 1er février un appel mémorable sur Radio Luxembourg, qui deviendra célèbre sous le nom d’ "Appel de l’abbé Pierre".
Le lendemain, la presse titre sur " l’insurrection de la bonté". L’appel rapportera des centaines de millions de francs en don. Après l’événement, une loi interdira aux propriétaires d’expulser les locataires non solvables en hiver et de nombreux logements seront construits. Quant à l’association Emmaüs, elle ne cessera de se développer.

Désormais, l’abbé Pierre est profondément ancré dans le cœur des Français.
En 1980, l’abbé Pierre obtient le titre d’Officier de la Légion d’honneur, en matière de droit de l’homme. À partir de l’hiver 1984, il reprend la lutte contre la misère toujours en béret et pèlerine. Il confirmera dès cet instant l’affection que lui portent les Français, une génération après l’autre. Dès lors, sur la plupart des grands débats, il prendra la parole pour se faire « la voix des hommes sans voix ».

Jusqu’à son dernier souffle

Promu en 1992 Grand Officier de la Légion d’honneur, il refuse de porter cette distinction tant que les trois cents familles africaines campant sur l’esplanade de Vincennes ne sont pas relogées. Deux ans plus tard, il se joint à l’association Droit Au Logement pour investir un immeuble de la rue du Dragon. Puis il poursuit son combat, en 1999 dans le XIe arrondissement de Paris, en 2002 à Choisy-le-Roi. En février 2004, une voix familière s’élève de la place du Trocadéro, à Paris, pour appeler à la solidarité. Cinquante ans après son premier appel, l’abbé Pierre, malgré la vieillesse et la fatigue, est toujours là pour défendre les millions de démunis. Six mille personnes assistent à son discours. Quelques mois plus tard, Jacques Chirac lui remet le plus haut insigne de la Légion d’honneur, celui de Grand Croix de l’Ordre de la Légion d’honneur. En 2006, il fait entendre sa voix en faveur de la loi SRU et en 2007 avec les Enfants de Don Quichotte, pour le relogement, la réquisition des locaux vacants et la construction de logements sociaux.

À 94 ans, l’abbé Pierre s’éteint le 22 janvier 2007 à Paris, des suites d’une infection pulmonaire. Il laisse dans son sillage une vie de combats sans répit contre la pauvreté et l’injustice. Prêtre, résistant, homme politique et chiffonnier, il reste à jamais le symbole de la solidarité et de la générosité.

Vous trouverez à la médiathèque

L’Abbé Pierre
Bernard Violet
Fayard, 2004.
282.44 ABB BIO
Cette biographie de l’abbé Pierre tente de discerner ce qui appartient à la réalité et au mythe. Elle aborde toutes les étapes de la vie d’Henri Grouès (amours adolescentes, séjour chez les capucins, Résistance, appel de février 1954, Emmaüs, affaire Garaudy...) et entend apporter quelques révélations (carnets intimes du jeune Grouès, dispositions testamentaires...).

Vous direz à vos enfants : l’entretien-testament de l’abbé Pierre
Réalisé par Guy Soubigou
ICTV, 2007.
282.44 SOU (DVD)
Cet entretien, filmé à la Halte d’Emmaüs, permet à l’abbé Pierre de raconter les débuts d’Emmaüs et de rappeler l’esprit qui a présidé à la création du mouvement. Il y parle des thèmes qui lui tiennent à cœur, et délivre l’essentiel de son message. Il s’intéresse particulièrement à l’avenir des jeunes en traitant de la nouvelle génération planétaire, du sens de la beauté, de la responsabilité, du partage, de la liberté... de l’amour.

Mon Dieu... pourquoi ? : petites méditations sur la foi chrétienne et le sens de la vie
Abbé Pierre avec Frédéric Lenoir
Plon, 2005.
248.4 ABB
L’abbé Pierre nous livre en quelque sorte sa profession de foi. Il n’esquive aucune des questions religieuses qui le hantent : Pourquoi le monde ? Pourquoi la vie ? Pourquoi l’existence humaine ? Il aborde aussi les thèmes de l’Immaculée Conception, du Christ, de la chasteté, du bien et du mal.

Confessions
Abbé Pierre
Albin Michel, 2002.
248.5 ABB
Cette figure emblématique de la lutte contre la misère et l’exclusion livre la quintessence d’une vie de combats à travers ses plus belles pensées.




En route vers l’absolu : entretiens avec Michel Bony
Théodore Monod, l’abbé Pierre
Flammarion, 2000.
248.5 ABB
L’un est protestant, l’autre prêtre catholique ; l’un a parcouru les terres arides, l’autre a consacré sa vie aux victimes de la vie dans les cités. En fait, ils ont en commun leur volonté d’engagement, leur foi en l’homme. La passion, la foi, l’exclusion, la pauvreté, le racisme en France et dans le monde, tels sont les thèmes qu’ils abordent. Ils livrent aussi leurs regrets, leurs espoirs...

Le Mouvement Emmaüs

Porteur d’une vision de société où l’humain est au cœur du système et où chacun à sa place, le Mouvement Emmaüs développe des solutions originales pour lutter contre l’exclusion… Dans le sillage des combats portés par l’abbé Pierre, son fondateur.

En effet, l’abbé Pierre est à l’origine d’un mouvement qui rassemble aujourd’hui près de 18 000 personnes. Prêtre original, longtemps personnalité préférée des Français, il a su créer un Mouvement fondé sur une intuition inédite. En 1949, l’abbé Pierre est appelé auprès d’un ancien bagnard qui vient de faire une tentative de suicide, et, devant son désarroi, il lui dira cette phrase fondatrice pour le Mouvement Emmaüs : « Je ne peux rien te donner. Mais, toi qui n’as rien, au lieu de mourir, viens m’aider à aider ». Puis une vie communautaire s’organise dans la maison qu’il a achetée à Neuilly-Plaisance, autour de l’activité de chiffonnier… Une activité toujours centrale chez Emmaüs ! Après les ravages de la guerre, les rigueurs de l’hiver 1954 tuent. Dans ce contexte de grave pénurie de logements, l’abbé Pierre lance un célèbre appel sur les ondes de Radio Luxembourg. C’est le point de départ de ce qu’on appellera « l’insurrection de la bonté ». Aujourd’hui, 60 ans après cet appel et cet élan de solidarité, le Mouvement Emmaüs reste fidèle à son fondateur et poursuit son combat.

Loin des dispositifs traditionnels de charité et d’assistanat, la possibilité pour chacun de prendre sa vie en main et la dignité sont les leviers du modèle Emmaüs pour remettre debout les accidentés de la vie. Ce modèle s’appuie sur quatre piliers :

  • La solidarité
  • L’accueil inconditionnel
  • L’autonomie par l’activité
  • Le développement durable

Un Mouvement international

Entre 1959 et 1960, l’abbé Pierre mène une série de conférences à travers le monde. Sur son passage, des communautés se forment en Amérique du Sud, en Europe du Nord, en Asie, en Afrique. Afin de faire le lien entre tous les groupes Emmaüs dans le monde, Emmaüs International est créé en 1971, lors d’une assemblée constituante qui se déroule à Montréal. Aujourd’hui, 337 groupes, répartis dans 37 pays aux quatre coins du globe, travaillent avec et pour les plus pauvres, afin de lutter contre les causes de l’exclusion, dans des contextes économiques et politiques très divers.

Vous trouverez à la médiathèque

Un Combat en héritage
Fondation Abbé Pierre, avec la participation de Thierry Delahaye
Actes Sud / Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés, 2014.
362.5 FON (sur le pôle Sciences & Société)
A l’occasion du 60e anniversaire de l’appel lancé par l’abbé Pierre en faveur des mal-logés, cet ouvrage retrace l’histoire de la Fondation Abbé Pierre et ses 25 années d’action dans la continuité du combat de l’abbé Pierre pour le logement.





Les Combats d’Emmaus
Denis Lefèvre ; préface de l’abbé Pierre
Le Cherche Midi, 2001.
362.5 LEF (sur le pôle Sciences & Société)
Denis Lefèvre radiographie ce mouvement : il a visité pendant six mois, une trentaine de communautés et interviewé plus de 250 personnes. A travers des portraits et des témoignages, il fait pénétrer le lecteur dans ce mouvement dont les valeurs transcendent les époques et qui a su s’adapter à des contextes différents, des difficiles années d’après-guerre à nos jours.

Des Objets de rencontre : une saison chez Emmaüs
Lise Benincà
J. Losfeld, 2014.
844 BEN
Après plusieurs mois passés au sein d’Emmaüs Défi à Paris, l’auteure évoque, à travers le prisme des objets, l’ambiance des lieux, les travailleurs sociaux et la multitude de situations qui conduisent à l’exclusion. Elle puise dans la littérature des sources d’inspiration pour étayer sa réflexion.

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