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L’art de la direction d’orchestre (2) : Georg Solti
Biographie - Janvier 2004

L’art et la manière de diriger


Avant de retracer la carrière de Georg Solti, je voudrais vous parler brièvement de la technique et des méthodes de travail de direction d’orchestre. Vous avez eu l’occasion de voir dans le premier documentaire l’extraordinaire variété d’attitudes et de manières de diriger des grands chefs d’orchestre.

La technique, parfois appelée gestique, répond à des conventions générales, mais doit être appliquée particulièrement à chaque partition.

La fonction primordiale du bras droit, tenant la baguette, est d’assurer le tempo (terme qui désigne la plus ou moins grande rapidité d’exécution), de souligner la mise en place rythmique des instruments, enfin, d’indiquer la nuance dynamique par l’amplitude du geste (c’est-à-dire les crescendos, les decrescendos et les accents).

Le bras gauche rappelle les entrées des instruments et exprime le sentiment musical. La symétrie entre les deux bras reste donc exceptionnelle chez les chefs bien formés.

Cependant, ces critères sont généraux, et les fonctions sont fréquemment interverties ou modifiées suivant les exigences de la partition. Le fait que cette action ne puisse être décrite d’une manière à la fois globale et précise indique en même temps l’impossibilité d’une pédagogie rationnelle et unifiée : les plus grands chefs d’orchestre ne sont pas issus d’écoles de direction. L’observation des répétitions d’autrui, l’étude des partitions et une longue expérience professionnelle sont des facteurs déterminants.

Le chef d’orchestre doit ajouter à une gestique efficace de sérieuses connaissances psychologiques. Il doit en effet, s’assurer une collaboration, compliquée, du fait que l’on ne s’adresse pas avec le même vocabulaire à un hautboïste, un corniste ou un timbalier.

Le regard aussi, le rayonnement de la présence physique du chef d’orchestre font partie de l’autorité naturelle, celle qui attire non l’obéissance à contrecoeur, mais la soumission volontaire, mieux l’adhésion librement consentie, voire la conviction dans le meilleur des cas.

Je continuerai à parler de la technique de direction d’orchestre en préambule au dernier volet du chef d’orchestre du XXème siècle consacré à Herbert von Karajan le samedi 17 janvier 2004 à 15h00 dans ce même auditorium.


La carrière de Georg Solti


Georg Solti commence à étudier le piano à l’âge de six ans et se produit pour la première fois en public à 12 ans. Un an après, fasciné par un concert dirigé par Erich Kleiber, il se promet de devenir chef d’orchestre.

Il entre en 1925 à la célèbre Académie Franz Liszt de Budapest pour étudier la composition avec Zoltan Kodaly et le piano avec Ernst von Dohnanyi et Béla Bartok.

En 1930, il est l’assistant à l’Opéra de Budapest, puis chef permanent entre 1934 et 1939. Parallèlement il est nommé, au Festival de Salzbourg, assistant de Bruno Walter en 1935, puis de Toscanini en 1936 et 1937. Cette rencontre sera déterminante pour Solti.

Mais la vague d’antisémitisme en Hongrie l’oblige à fuir Budapest. En 1939, il se réfugie en Suisse où il donne principalement des concerts de piano.

Ce n’est qu’après les hostilités que Solti commence sa carrière de chef lyrique. Entre 1947 et 1951, il est nommé directeur général de la musique à Munich, puis de Francfort de 1952 à 1961. Il donne un nouvel essor au Covent Garden de Londres en devenant son directeur musical entre 1961 et 1971.

Il se forge une réputation internationale en montant le premier enregistrement en studio pour la firme Decca, de la Tétralogie de Richard Wagner, avec l’Orchestre Philharmonique de Vienne.

1969 marque un tournant primordial dans sa carrière : il devient directeur musical de l’Orchestre Symphonique de Chicago, poste qu’il conservera jusqu’en 1991.

Parallèlement, entre 1972 et 1975, Solti est directeur de l’Orchestre de Paris et conseiller musical à l’Opéra de Paris. De 1979 à 1983, il devient directeur artistique de l’Orchestre Philharmonique de Londres et succède à Karajan, son grand rival, à la direction artistique du Festival de Pâques de Salzbourg entre 1990 et 1993.

Georg Solti poursuivra ses nombreuses activités, toujours infatigable jusqu’à sa disparition le 6 septembre 1997 à Antibes.

Issu de la célèbre lignée des grands chefs hongrois tels Fritz Reiner, George Szell, Eugene Ormandy ou Ferenc Fricsay, Solti est la figure de proue du répertoire postromantique allemand et autrichien. Ses interprétations de Beethoven, Brahms et Mahler dont il a enregistré l’intégrale des symphonies, sont considérées comme d’illustres références.
Il a, en outre, dirigé avec brio les œuvres de ses compatriotes, Zoltan Kodaly et Béla Bartok.


Solti, the making of a maestro : le documentaire


Le documentaire que vous allez voir est particulièrement émouvant, d’une part, parce qu’il a été réalisé du vivant et avec la collaboration étroite et constante de l’intéressé qui y a travaillé 12 mois et, d’autre part, parce qu’il a enregistré l’interview finale qui clôt ce documentaire 5 jours très exactement avant sa disparition.

Solti, nous guide sur les différents lieux de sa longue et riche carrière avec ce pouvoir de séduction et de charme plein d’humour caractéristiques des hongrois. Des photos personnelles viennent illustrer l’atmosphère parfaitement harmonieuse des premières années de Solti.
Ces photos, vous pourrez les découvrir sur le superbe site internet officiel du maestro.

Solti nous fait découvrir ensuite sa ville natale, Budapest, la beauté de son site et la richesse de sa vie culturelle et musicale.

Il y a beaucoup de moments privilégiés dans ce livre ouvert. Intense et secrète émotion lorqu’il évoque les adieux avec son père qu’il ne reverra plus jamais, sur le quai de la gare de Budapest au moment où la Hongrie devient fasciste, ou lorsqu’il se recueille devant la tombe de ses grands-parents près du lac Balaton.
Enfin, sur le plan musical, on verra cet instant fabuleux où l’on voit Solti, en 1949, guidait le vieux Richard Strauss à travers la fosse d’orchestre, les musiciens lui faisant alors un triomphe avant de diriger lui-même le 2ème acte du Chevalier à la rose.

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