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La Country Music
Découverte de la musique Country, février 2008

Lorsque nous pensons à la Country, nous avons tous en tête des images d’Epinal de chanteurs habillés en cow-boys, s’égosillant avec un accent à couper au couteau. Mais si la Country connaît ce visage, ce n’est pas le seul car elle est riche de différentes influences évoquées ici et qui en font un véritable mouvement musical, revendiqué depuis comme « la musique de l’Amérique ».

Lorsque nous pensons à la Country, nous avons tous en tête des images d’Epinal de chanteurs habillés en cow-boys avec plus ou moins de goût, s’égosillant avec un accent à couper au couteau. Mais si la Country connaît ce visage, elle est beaucoup plus riche de différentes influences que nous allons aborder ici et qui en font un véritable mouvement musical, revendiqué depuis comme « la musique de l’Amérique ».

Mais cela n’a pas toujours été le cas. La Country a longtemps été considérée comme la musique des « pauvres blancs », « des péquenots » en anglais «  »Hillbilly » » alors qu’elle résulte d’un patchwork d’influences : chants des plantations, mélodies celtiques, blues, ballades des cow-boys, airs de mandoline, rythmes mexicains, polkas germaniques ou encore le yoodle.
Toutes ces influences, ces différences culturelles ont donné naissance à la Country.

Cette musique est une véritable industrie aujourd’hui et assure aux Etats-Unis les meilleures ventes de disques après le style pop-rock.


Les origines


Le berceau de la Country se situe dans les Appalaches, chaîne de montagnes culminant entre 1000 et 2000 mètres d’altitude, recouverte de forêts. Les Appalaches s’étendent sur environ six états : la Pennsylvanie, le Tennessee, le Kentucky, la Georgie, et les deux Virginies.

Dans cette partie des Etats-Unis se sont installés les émigrants irlandais et écossais qui sont c venus avec leurs traditions musicales, leurs instruments comme le violon (l’un des tous premiers instruments des formations musicales de Country).

Ces émigrants ont toujours été des conteurs et narrent à travers des mélodies, des ballades issus du monde celtique des thèmes chers à leur cœur : la vie dans les Appalaches, la misère, la religion, les dures conditions de travail, les amours perdus.

L’autre influence musicale et instrumentale vient d’Afrique avec l’arrivée des esclaves. En effet, il ne faut pas négliger l’influence des noirs dans la Country. Ceux-ci sont venus dans le Nord avec leurs chants, leurs rythmes africains qui à la longue ont subi une longue maturation dans les champs de coton des états du sud. Cette population a apporté le banjo, instrument dérivé des instruments africains occidentaux qui devient vite populaire auprès des musiciens blancs.
S’ajoutent également des échanges musicaux avec les autres communautés vivant dans ces régions (les colons germaniques pour le yoodle, la communauté italienne pour la mandoline, les Français, les Espagnols et les premiers natifs les Indiens).

La religion a un rôle fondamental dans la création de la musique Country, influence psychologique, spirituelle et idéologique. On crée dans les églises des chorales. Le plus souvent ce sont les méthodistes qui passent de village en village pour apprendre les chants religieux et forment une personne qui à son tour transmet son savoir. Les paroles de ces chansons sont proches du peuple. C’est aussi un moyen d’apporter la bonne parole et de tenir informer les populations vivant dans les lieux les plus reculés des Appalaches. Les grands compositeurs de Country des années 20 et 30 sont des compositeurs de chants religieux.

Nommée au début « Old Time Music », la Country est née de la transformation du vieux fonds de ballades anglo-celtiques au contact de la terre américaine.


Les débuts de la country commerciale


Depuis les années 1880, dans le Sud, on trouve de nombreux spectacles de music-hall. Toutes ces formes différentes de spectacles ont une influence dans la diffusion des musiques traditionnelles et de la Country.

blackfaceLes spectacles qui fonctionnent, sont les « blackface » dans lesquels les chanteurs et musiciens se grimaient le visage avec du cirage noir pour se faire passer pour des noirs. Ces spectacles se composaient de plaisanteries absurdes ou obscènes qui leur permettaient de critiquer la Société.

Il existe d’autres formes de spectacles :

- Le Vaudeville (on a gardé le nom français). Le Vaudeville est un spectacle permanent, où se jouent des scènes dramatiques, comiques, des chansons, véritable théâtre populaire. Mais, ce théâtre populaire vit aussi des billets d’entrée, de la vente des photos des artistes, des boissons comme le coca.

Bob Wills
- Le Medicine Show Il s’agit d’un spectacle plus pauvre et plus sommaire que le Vaudeville. Un ou deux bonimenteurs-musiciens-clow attirent les spectateurs et essayent de vendre des boissons soi-disant miracle et tout cela en chanson. Beaucoup de vedettes d’avant-guerre ont fait leurs armes et appris la scène comme Jimmy Rodgers et Bob Wills.

- Le spectacle hawaïen Depuis l’annexion des îles hawaïennes par les Etats-Unis en 1898, de nombreux artistes hawaïens sillonnent les routes des différents états américains et trouvent leur place dans les « Medicine Show » et les Vaudevilles. La guitare hawaïenne est arrivée avec eux. C’est un instrument qui prendra une place bien particulière dans l’orchestre Country.

On ne peut pas comprendre la Country music sans y inclure l’influence de tous ces spectacles commerciaux.

La promotion de cette Country commerciale a été assurée par Ralph Peer. Ce producteur va sur les territoires du Sud à la recherche d’artistes ruraux à enregistrer et à promouvoir, des artistes ayant le sens de la scène, du public, une approche professionnelle. Des auditions sont organisées avec les radios locales comme par exemple à Nashville. Les enregistrements sont vendus par catalogue. La plupart de ces artistes ont joué dans les Vaudevilles ou les « Medicine Show ».

Carter family
L’exemple type est le groupe « Carter Familly », famille chantante : le mari Alvin Pleasant, la femme Sara et la belle-sœur Maybelle. Cette formation va dans tous les villages, les lieux éloignés et récolte les chansons et les musiques. Ce sont les premiers à connaître la gloire, et sont considérés comme les fondateurs de la Country commerciale.
Jimmie Rodgers bénéficie de ce nouvel essor commercial pour devenir la première vedette solo de la Country music, une véritable légende qui suscitera beaucoup de vocations comme Hank Snow.

Autre élément important de diffusion pour la commercialisation de la Country à travers le Sud : la radio. L’émission radiophonique le Grand Ole Opry, est devenue un spectacle hebdomadaire retransmis en direct, et enfin une institution musicale et morale de Nashville en 1941. Ces émissions sont entendues par des milliers de sudistes, et ont suscité maintes vocations.

Nashville devient la capitale de la Country en effet de nombreuses radios, labels, producteurs s’installent dans cette ville. Mais la musique des Appalaches « Old Time Music » s’édulcore avec cette commercialisation et perd peu à peu ses racines.


A l’ouest du nouveau


- Les Cow-boys chantants...

Image romantique des cow-boys, la saga des cow-boys a duré environ une vingtaine d’années entre la guerre de Sécession et le début du 19ème siècle. L’image du cow-boy est parée d’une véritable aura. On écrit des romans, des pièces de théâtre, on tourne des films sur leur vie.

Dans les années 1920, un label Victor (suivi par d’autres) décide d’enregistrer les chansons de cow-boys. Cependant le répertoire n’est riche que d’une centaine de vrais airs. En effet, les chansons de l’Ouest ont pour origine celles des colonies anglaises, corrigées et adaptées au monde de la Prairie. Par exemple la chanson « The Dying cow-boy » a pour version originale l’histoire d’un marin qui décède et qui ne veut pas être jeté à la mer. Dans la version de l’Ouest c’est un cow-boy mourant qui ne veut pas être enterré dans les vastes plaines de la Prairie.

L’apparition du cinéma parlant va imposer l’image mythique du cow-boy. Hollywood va produire d’innombrables Westerns de série, où le héros a une tenue immaculée, un cheval blanc, galope, se bat contre des méchants, courtise la belle en détresse et surtout chante diverses chansons (en moyenne sept).

Dans ces films, on retrouve des ballades de l’Ouest. Mais au fur et à mesure de leur succès et de la pérennité du Western chantant, les compositeurs et les chanteurs sont obligés de puiser dans d’autres sources comme le Vaudeville, le jazz, les variétés de l’époque, ainsi que dans la Country appalachienne et le style de Jimmie Rodgers (grand admirateur de l’image du cow-boy, il sera le premier à s’habiller spécialement en cow-boy sur scène).

- Le Western Swing

Le boom pétrolier dans les états du Texas et de l’Oklahoma, attire une masse d’ouvriers migrants, venant du Sud-Est des Etats-Unis, d’Europe Centrale ou du Mexique. Afin de distraire cette nouvelle population de travailleurs, ou d’émigrés esseulés, sont crées de gigantesques salles de bals où jouent des orchestres grandioses.

Vers les années 34-35, les musiciens texans montent des formations de swing sur le modèle des formations de jazz mais à la sauce Country (ces musiciens passent souvent d’une formation swing à une formation jazz).

Au sein de ces formations, se côtoient divers instruments : les traditionnels de la Country avec d’autres comme le saxophone, la batterie instruments inconnus jusqu’alors et sont introduits de plus en plus des instruments électriques comme la guitare.

Ce Western swing mélange tous les genres comme le square-dance, les airs appalachiens, mexicains, le jazz, le boogie, la polka, la mazurka bref véritable patchwork musical. Ces ensembles de Western swing peuvent compter jusqu’à 80 musiciens, tous habillés en cow-boy et animent aussi des émissions de radios quotidiennes qui servent de promotion, enregistrent des albums et jouent dans les salles de bals.

Le succès phénoménal de ce courant musical et de certains orchestres comme celui de Bob Wills et les Texas Playboys s’étend à tous les états du Sud jusqu’à Nashville. Pourtant à Nashville, on essaye de résister à ce phénomène. Le Western swing est très mal vu par les puritains sudistes. L’orchestre de Bob Wills sera interdit car ce dernier est considéré comme un mauvais musicien, un alcoolique et un pornographe. Cependant les jeunes manifestent un enthousiasme pour cette nouvelle vague musicale. Et,c’est Roy Acuff qui adapte avec succès la musique montagnarde à la sauce Western swing.

Le Western swing connaîtra un immense succès jusque dans les années 40, mais la seconde guerre mondiale marquera le début de son déclin.
La conscription amène la dissolution de nombreux orchestres. Les engagements des formations se font de plus en plus rares à cause de la concurrence du juke-box et la sonorisation.
La construction de Pearl Harbor entraîne la migration de milliers d’ouvriers texans vers la Californie. Les orchestres de Western swing suivent leurs publics et se regroupent en de plus petites formations. Ils jouent dans des clubs chics d’Hollywood et s’offrent ainsi de nouvelles perspectives comme se faire connaître et gagner plus d’argent.

Le Western swing continue tout de même à produire une quantité de bonne musique et aussi considéré comme l’une des sources du rock’n’roll.

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