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La violence : guerre et paix
Un certain regard

John Keegan : « L’histoire du monde est pour une large part une histoire de guerre . »
La violence rythme la tragédie chez les Anciens, le crime, le meurtre habitent les maisons.
Et même si la Renaissance repose sur des valeurs humanistes, l’homme sera encore au centre de conflits sanglants où la prédominance des uns continuera à bafouer l’existence des autres. Qu’en est-il de l’idéal des Lumières ?
Et quel constat peut-on faire aujourd’hui ?


Les ouvrages proposés dans ce document vont tenter de donner des réponses à ces questions. Documentaires, romans, films, documentaires ou de fiction, exposition, … ils envisagent la violence et composent ensemble le visage toujours renouvelé de ce phénomène.



1 La violence dans l’histoire

Shoah
Claude Lanzmann
Gallimard (Folio)
HIS 940.547 2 LAN

« Il n’est pas facile de parler de Shoah. Il y a de la magie dans ce film, et la magie ne peut pas s’expliquer. Nous avons lu, après la guerre, des quantités de témoignages sur les ghettos, sur les camps d‘extermination ; nous étions bouleversés. Mais, en voyant aujourd’hui l’extraordinaire film de Claude Lanzmann, nous nous apercevons que nous n’avons rien su. Malgré toutes nos connaissances, l’affreuse expérience restait à distance de nous. Pour la première fois, nous la vivons dans notre tête, notre cœur, notre chair. Elle devient la notre. Ni fiction ni documentaire, Shoah réussit cette re-création du passé avec une étonnante économie de moyens : des lieux, des voix, des visages. Le grand art de Claude Lanzmann est de faire parler les lieux, de les ressusciter à travers les voix, et par-delà les mots, d’exprimer l’indicible par des visages. »
Simone de Beauvoir

Une histoire de la violence : de la fin du moyen-age à nos jours
Robert Muchembled
Seuil
SOC 303. 62 MUC

L’auteur propose des clefs pour comprendre le phénomène de la violence du Moyen Age à nos jours . Il analyse ses manifestations, les moyens mis en place en Europe pour le contrôler et le sublimer.
« De 1650 à 1960, la violence se trouve réellement apprivoisée en Europe. Non seulement, les taux d’homicides suivent une longue tendance à la baisse pour atteindre des minima absolus au milieu du XXème siècle, mais l’usage plus banale évolue vers des pratiques moins dangereuses, tant dans l’intimité familiale que dans l’espace public où le combat à mains nues prend peu à peu la place de l’affrontement au couteau. Les métropoles urbaines sont le principal moteur du changement.
Contrairement à un cliché répandu, la ville européenne est un puissant amortisseur de violence. …Le spectaculaire mouvement de raréfaction de l’homicide en Europe est bien connu. …Contrairement à des poncifs inexacts, l’urbanisation et l’industrialisation ne sont pas des facteurs d’aggravation mais au contraire d’atténuation à long terme. »
Il clôt son analyse en soulignant que les causes de la vague de violence qui marque le XXIe siècle, semblent être moins liées à une « décivilisation » des mœurs que dans les difficultés accrues pour les démunis de prendre leur part de gâteau social dans une période fortement marqué par le chômage et la peur du lendemain.

Le Destin brisé de l’empire aztèque
Serge Gruzinski
Gallimard (Découvertes)
HIS 972 GRU

Il y a plus de quatre siècles, en Amérique centrale, régnaient les hommes-dieux. Architecture monumentale, sacrifices humains ; la civilisation aztèque était celle de la démesure. Une civilisation puissante, flamboyante et sanguinaire. Les espagnols, qui abordèrent le continent au XVI ème siècle, en furent stupéfaits et horrifiés. « Le spectacle fut grandiose : dans les temples décorés de fleurs, chants et danses se succèdent sans interruption ; sacrificateurs et victimes portaient les parures somptueuses des dieux dont ils manifestaient ainsi la présence sur terre. Des flots de sang ruisselaient sur les parois et les degrés des pyramides ; on imagine parmi quelles odeurs insoutenables, s’exhalant des corps et des entrailles, pouvaient s’exécuter ces sacrifices.
Le chroniqueur Alva Ixtlilochlitl écrit un siècle après la conquête espagnole : « Cette boucherie demeure sans égale dans l’histoire. »
« Comment comprendre cette extraordinaire mises en scène et ces mises à mort organisées en leurs moindres détails ? Les motivations sont multiples. La première et la principale est d’ordre divin et cosmique : les dieux des Nahuas sont mortels. Il faut donc continuellement les nourrir , régénérer le cosmos et aider la courses quotidienne du soleil afin d’éviter ou plus exactement de retarder la disparition d’un monde condamné à l’annihilation. Il faut également obtenir le retour régulier des pluies et la fertilité des sols. Et puis, le sacrifice humain est aussi un instrument de gouvernement qui soutient une politique de terreur, tout en permettant d’éliminer physiquement les vaincus les plus dangereux, dirigeants et guerriers. Les sociétés mexicaines étaient, en quelque sorte, des « sociétés du spectacle », le pouvoir s’y exprimait et s’y exhibait à travers le gigantesque déploiement de la grandeur inexorable des vainqueurs. »

La Violence et le sacré
René Girard
Grasset
SOC 305.8 GIR

Par l’étude comparée de plusieurs mythes, essais, tragédies, et rites appartenant à des cultures diverses et variées, passant de la Grèce antique à l’Afrique primitive, l’auteur cherche à éclairer le lien entre la violence et le sacré, en tentant de remonter à l’origine des sociétés humaines. Ces textes et ces mythes vont s’éclairer les uns les autres, car ils font tous référence aux mêmes mécanismes, que l’auteur va analyser et décortiquer.
René Girard met l’accent sur la ″violence fondatrice″ de toute société humaine, et le rôle de la ″victime émissaire″, dans une relecture très serrée des tragiques grecs et des systèmes qui tentent de donner une explication globale des premières institutions religieuses, culturelles et sociales.
L’auteur entame son livre par une réflexion sur la notion de sacrifice : « C’est la communauté entière que le sacrifice protège de sa propre violence, c’est la communauté entière qu’il détourne vers des victimes qui lui sont extérieures. Le sacrifice polarise sur la victime des germes de dissension partout répandus et il les dissipe en leur proposant un assouvissement partiel. Il y a un dénominateur commun de l’efficacité sacrificielle, c’est la violence intestine, les dissensions, les rivalités, les jalousies, les querelles entre proches que le sacrifice prétend d’abord éliminer, c’est l’harmonie de la communauté qu’il restaure, c’est l’unité sociale qu’il renforce. »
La violence est, pour l’auteur, au fondement de toute pensée religieuse et de tout ordre culturel, c’est-à-dire à l’origine même des sociétés.

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2 La violence : coups de projecteur

Toutes les sociétés même si elles tendent vers un modèle d’organisation excluant toutes formes de violences, portent en elles un niveau de violence incompressible. Même si on cherche l’anéantissement de toutes expressions de violence, elle reste malgré tout inévitablement présente à plus ou moins grande échelle.
Des écrivains, sociologues, philosophes se sont penchés sur ce phénomène, ont tenté de le cerner le plus justement possible pour ensuite offrir l’opportunité de le contrer.
« Dans le monde d’aujourd’hui, où les distances se réduisent, l’injustice et l’instabilité où qu’elles se trouvent sont un danger pour la justice et la stabilité du reste du monde. »
Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix de 1991

La Vida Loca
DVD de Christian Poveda

En Amérique centrale, on les appelle les Maras. Construit sur le modèle des gangs de Los Angeles, ces groupes de jeunes sèment la terreur entre autres à Salvador.
« La Vida Loca, made in USA », c’est la vraie vie là-bas. Des mômes qui souffrent, qui nous défient, nous toisent, nous en veulent et ne nous aiment pas .
Un documentaire sur la solitude humaine absolue, sur la haine de ceux à qui on a tout pris et rien rendu. La haine de ceux qui n’ont jamais rien eu. La haine de l’exploitation, de la soumission et de l’humiliation quotidienne. Il ne s’agit d’un « choc de générations » mais d’un affrontement anthropologique.
« Un crime parfait de la mondialisation » dirait le philosophe Jean Baudrillard.
Pourtant l’écho que trouve ces gangs et la fascination qu’ils exercent ne repose que sur le désespoir visible de pays asservis à une mondialisation outrancière. El Salvador est devenu un exemple universel, à travers le phénomène des gangs qui ravagent le pays, de ce que les états peuvent entretenir de plus tragique dans les rapports Nord/sud. Un véritable dialogue de sourds.

Nouveau fléau mondial qui détruit par la violence aveugle les principes démocratiques et condamne à mort une jeunesse privée de tout espoir d’avenir.

L’auteur de ce documentaire a été assassiné le 2 septembre 2009.
Il a payé de sa vie cette enquête exceptionnelle, sans concession, sans préjugé, au cœur d’un des gangs les plus violents d’Amérique latine.

Le Livre des violences
William T . Vollmann
Tristram
SOC 303.6 VOL

A partir de ses lectures et de ses enquêtes à travers le monde, l’écrivain et journaliste traite de la violence, des différentes tentatives pour la justifier moralement et de ses formes de manifestation à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle.
« Si la violence est une sorte de poussière qui gît dans la maison de l’âme, il semble n’y avoir aucun moyen de la jeter dehors. Nous pouvons simplement la balayer dans un coin ou un autre. Remontons cinquante mille ans en arrière, jusqu’à cet homme de Neandertal que les archéologues ont retrouvé poignardé de face dans la poitrine par un adversaire droitier. »
Après avoir considérer la violence sous toutes se formes, l’auteur dresse un état des lieux sur les différents continents.
Et puis, au milieu du livre, quelques pages sont réservées à des photos d’enfants chargés d’armes et l’auteur pose la question suivante : « La parade des armes Tout le monde déplore la violence. Alors, pourquoi tant de ces gens semblent-ils si heureux ? »

Chroniques de la violence ordinaire
Novaprod
SOC 364.1 CHR

Ces deux DVD présentent six mois d’enquête, deux ans de tournage réalisés dans l’Oise.
Le bassin Crellois, où tous les indicateurs de la violence clignotent : violence urbaine, sexuelle, conjugale, sociale, délinquances et violences faites aux enfants.
Victimes et prédateurs. Parfois les deux. Et l’envie d’en sortir, de reconstruire ces vies décousues. De la cité-jardin, devenue cité de non-droit au Tribunal pour enfants, du couple qui se déchire au business des chéquiers volés, les histoires ici racontées ne justifient ni le discours sécuritaire ni l’angélisme de ceux qui ne vivraient pas là.
D’où viennent ces violences ordinaires ? Comment arrêter la spirale enclenchée ? Un document édifiant…

La Violence
Véronique Le Goaziou
Le Cavalier bleu (Idées reçues)
SOC 303.62 LEG

L’auteur , philosophe, sociologue ethnologue, fondatrice de l’Agence de Sociologie pour l’Action travaille depuis plusieurs années sur la violence et réalise diverses missions dans les quartiers difficiles de banlieue.
Elle s’attache, au delà de l’actualité et des faits divers, à analyser la violence sous toutes ses facettes. Après avoir rappeler les causes et origines de la violence, l’auteur brosse un tableau de la violence aujourd’hui pour enfin proposer des solutions et des réponses à ce phénomène.
La violence est-elle en augmentation ? Qui est violent ? Pourquoi ? Que faire face à la violence ? sont autant de questions auxquelles l’auteur répond dans un langage contrant les idées reçues.

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3 La violence dans des œuvres de fiction

Des auteurs dénoncent la violence à travers des oeuvres de fiction. Certains d’entre eux, la trouvant intolérable, se tournent vers elle pour la décortiquer, pour tenter de comprendre ce qui la rend inexorablement présente et invariablement incontournable quelque soit les époques, les lieux ou les personnes. Des écrivains se sont attelés à cette tache mais aussi des cinéastes, des peintres …

La Route
McCarthy
Edition de l’Olivier

« Les nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d’avant. »
Le rythme qui, joint au mystère dont est emprunt ce récit, à son austère lenteur, à sa lugubre beauté, confère à ce roman la grâce d’un long poème métaphysique, funeste et envoûtant. Un poème où se trouvent condensées les obsessions et les hantises de McCarthy, sans cesse revisitées, de livre en livre, depuis plus de quarante ans : la violence des hommes.
Un homme et un enfant marchent vers le sud, sans doute les choses ne vont pas mieux là-bas mais il y fait moins froid. Ils ont faim, ils ont peur. Ils arpentent un continent désolé, des campagnes ruinées, des villes mortes…. Il ne demeure manifestement plus grand monde à la surface de la terre. On ne sait pas très bien ce qui s’est produit - apocalypse nucléaire ou colère de Dieu ?
L’homme pense : « Qu’avaient-ils fait ? L’idée lui vint qu’il se pourrait même dans l’histoire du monde qu’il y eût plus de châtiments que de crimes mais il n’en tirait guère de réconfort. »
Entre roman d’épouvante et parabole, La Route est aussi un roman d’amour - cet amour qui unit l’adulte et l’enfant, et qui peut-être préserve l’homme de glisser vers la barbarie.



Francisco de Goya « Les Désastres de la guerre »

A partir de 1808, le peuple espagnol se révolte contre le roi d’Espagne : Godoy. A cette même époque, Napoléon Ier entreprend l’occupation de Madrid, et ses troupes chassent le roi. Le peuple espagnol se révolte alors contre les Français pendant 5 ans. Les " guérilleros " extrémistes, sont aussi violents et cruels que le sont les soldats pendant les combats qui ne cessent qu’après l’intervention des troupes anglaises, commandées par Wellington.
Goya, quant à lui, est partagé entre son patriotisme espagnol et les idées libérales venues de France. De 1810 à 1815, il grave une série d’estampes destinées à illustrer la guerre dans toute son horreur. Goya va s‘engager contre cette guerre.
Il dénonce la violence et la répression sanglante, l’horreur du combat et la barbarie humaine.
Goya représente l’inhumanité des hommes, qu’ils soient Espagnols ou Français. Il s’est inspiré des lieux ravagés par la guérilla ainsi que des témoignages des victimes. Ses images présentent des scènes violentes telles que des exécutions et des viols. Elles rendent compte de la barbarie des hommes qui n’hésitent pas à mutiler puis à abandonner des corps de centaines de civils sans aucun remords. Goya révèle aussi la folie des victimes qui deviennent tueurs pour se venger de leurs bourreaux avec autant de cruauté.

Orange mécanique
réal. et scénario Stanley Kubrick
F KUB

Adapté du roman d’Anthony Burgess, ce film a créé la controverse lorsque des délinquants britanniques ont affirmé avoir pris exemple sur le film pour perpétrer des actes de violence. Kubrick reçoit bon nombre de lettres de menace. Il prend peur et demande à Warner de retirer le film des salles britanniques, en dépit de son succès. La société de production acceptera.
Ce film raconte l’histoire d’Alex DeLarge (Malcolm McDowell), un jeune délinquant passionné par la musique de Beethoven, obsédé par le sexe et adepte de la violence. Alex et sa bande (les droogs) errent dans la ville en commettant des passages à tabac, des viols, des bagarres. Un jour, il est arrêté. Une thérapie révolutionnaire, financée par le gouvernement qui fait de lui son cobaye dans le cadre d’un programme expérimental d’éradication de la délinquance, va le dégoûter de la violence.
Ce film donne une représentation théâtrale de la violence, dans laquelle chaque élément contribue à la circonscrire, la mise en scène, la construction de l’image, sa composition, ses lignes de forces, ses gros plans et très gros plans mais aussi sa bande sonore, le rythme du montage, le travail sur les couleurs, sur la luminosité, sur les contrastes et le jeu des acteurs, tous ces éléments éloignent le spectateur du réalisme pour l’inscrire dans un univers baroque.

Exposition de peinture « Crime et châtiment (1791-1981) » Musée d’Orsay jusqu’au 27 juin 2010

Pourquoi l’homme tue-t-il l’homme ?
De cette obsédante interrogation est née cette exposition. Jean Clair, commissaire des inoubliables « L’âme au corps » et « Mélancolie », a rassemblé les œuvres des plus grands artistes, de David à Goya, de Victor Hugo à Cézanne. Sur un projet de l’ancien gardes des Sceaux Robert Badinter, la démonstration de Jean Clair est à la hauteur du pari : la peinture, en une image, exprime plus intensément le crime que n’importe quel écrit.
Michel Serres rappelle, dans le catalogue de l’exposition, que l’homme est de tous les animaux le seul -avec le rat- qui tue son semblable non pour lui disputer une femelle, un territoire ou le pouvoir. Il tue pour tuer.
Pourquoi l’homme tue-t-il l’homme ? De cette interrogation est née l’exposition.

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4 La violence et ses résistances

On ne peut considérer la violence sans nous tourner vers ses détracteurs, ceux qui luttent au prix de leur vie pour que la paix s’installe et que triomphe le droit des hommes à vivre sans redouter de menaces. Ces hommes, appartenant à des sociétés et à des époques différentes ont œuvré, chacun à leur manière, pour faire reculer ce fléau.

Gandhi et Martin Luther King
Marie Agnès Combesque
Autrement
SOC 323 COM

Après avoir brosser un tableau de la vie de ces hommes d’exception et mis en parallèle les grandes étapes de leurs vies (études, travail, engagements politiques, assassinat), l’auteur pose la question suivante : « Comment Gandhi et king fourbirent leurs armes contre la violence ? »
« Gandhi s’était battu contre l’injustice, contre l’Empire britannique, contre les traditions endormantes, contre la violence, contre lui-même. Il dit à un de ses confidents : « J’ai rêvé de créer une Inde sans classes et sans castes ; j’ai désiré d’un grand désir voir ce jour où il n’y aurait plus qu’une seule caste, où les brahmanes épouseraient des intouchables ! Je ne suis qu’un rebelle rêvant d’une société d’égaux. »
De son côté, Martin Luther King met l’accent sur un double combat, celui du citoyen noir qui doit agir sans relâche en faveur de la justice raciale et celui du chrétien qui doit agir au nom de l’amour qui est un des piliers de la foi.
La non-violence est pour les noirs du sud, depuis 1865, fin de la guerre civile, une stratégie de survie individuelle basée sur le contrôle de soi. C’est une technique auto-défense. En choisissant très vite de se rallier à la non-violence, King ne réagit pas en doctrinaire mais en leader pragmatique ; il adopte une manière spécifique d’agir plus qu’il ne réfléchit à une argumentation contre la violence car le mouvement n’a aucune chance de réussir autrement.
Après avoir confronter les biographies de deux chantres de la non-violence, l’auteur souligne les convergences dans leur parcours et rappelle enfin l’actualité de leurs combats.

Mon combat contre la violence
Jean-Marie Petitclerc
Bayard
SOC 364.1 PET

Le prêtre salésien J.-M. Petitclerc évoque sa jeunesse, sa formation, sa vocation, son entrée chez les salésiens et son expérience d’éducateur auprès de jeunes en difficulté.
Il surprend en affirmant que la violence est naturelle alors que la paix et la convivialité ne le sont guère mais son humour, sa bienveillance envers les hommes et la perspicacité lumineuse de ses analyses parviennent à convaincre les plus réticents.
Dans son travail de tous les jours, il fait des observations pertinentes : « Aussi stupide et inadapté soit-il, le comportement d’un jeune a toujours une explication. Cela ne veut pas dire que les jeunes aient raison d’agir de telle ou telle manière, car ils peuvent se tromper, se faire mal et faire mal aux autres. Mais, c’est à l’éducateur de découvrir ce qui a provoqué leur réaction. S’il ne le fait pas, il n’est pas dans son rôle. »
Jean-Marie respecte les trois conseils que donne le renard au petit prince ; ne pas s’approcher trop vite ni trop près, être régulier dans sa présence et trouver le point de bonne distance et de bonne proximité.
L’auteur rend compte de trois types de violence ; la violence comme explosion émotive, comme un cri quand on ne se sent pas reconnu et enfin la violence calculée et rend compte de la nécessité d’instaurer à la fois la prévention et la sanction.

L’Abolition
Robert Badinter
Fayard
SOC 364.66 BAD

« Je regarde la marche de la France.
La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l’éclat des idées, des causes, de la générosité qui l’ont emporté aux moments privilégiés de son histoire.
La France a été parmi les premiers pays du monde à abolir l’esclavage, ce crime qui déshonore encore l’humanité. …
Il se trouve que la France aura été, en dépit de tant d’efforts courageux, l’un des derniers pays, presque le dernier - et je baisse la voix pour le dire - en Europe occidentale, dont elle a été si souvent le foyer et le pôle, à abolir la peine de mort.
En vérité, la question de la peine de mort est simple pour qui veut l’analyser avec lucidité. Elle ne se pose pas en termes de dissuasion, ni même de technique répressive, mais en termes de choix politique ou de choix moral.…
Que la peine de mort ait une signification politique, il suffirait de regarder la carte du monde pour le constater. Je regrette qu’on ne puisse pas présenter une telle carte à l’Assemblée comme cela fut fait au Parlement européen. On y verrait les pays abolitionnistes et les autres, les pays de liberté et les autres.…
Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. »
Extrait des débats parlementaires à l’Assemblée nationale du jeudi 17 septembre 1981.

Résistants du 9ème art
DVD de Nicolette Fagiolo

Dans un monde où les armes nucléaires et les guerres inondent les titres de la presse, un groupe d’artistes luttent de manière non-violente contre les injustices. Ils sont non-violents dans leur façon de faire, mais pas pour autant inefficaces.
Les caricaturistes du continent africain démontrent tous les jours qu’ils peuvent changer leur monde avec leurs crayons. Ils s’opposent aux tyrans puissants, magnats du monde corporate et ils représentent la voix du peuple avec seulement leurs dessins comme arme. On dit souvent qu’une image vaut mille mots.
Regardez ces artistes qui font parler des images pour des milliers de personnes.

Préceptes de paix des prix nobel
Bernard Baudouin
Albin Michel (Espaces libres)
SOC 323 BAU

Anthologie de réflexions sur la non-violence, la tolérance, la fraternité entre les peuples, l’espoir, la lutte contre le racisme par des personnalités telles que Henri Dunant, Martin Luther King, Mère Teresa, le dalaï-lama ou Kofi Annan. Avec en annexe l’histoire du prix Nobel de la paix, la liste des lauréats depuis 1901 et la biographie d’une partie d’entre eux.
En ces temps troublés où les conflits se multiplient, cette anthologie rassemble les maîtres mots des prix Nobel de la Paix (de Henri Dunant, en 1901, à Kofi Annan, en 2001).
Rassemblées autour de thèmes tels que la foi, l’espoir, la tolérance, le refus de la guerre, ces citations sont autant de réflexions qui nous donnent à réfléchir.
« La culture de paix est un idéal qu’aucun gouvernement, aucune nation (même la plus belliqueuse) n’oserait contester. Personne ne remet non plus en cause l’étroite interdépendance qui existe entre la culture de paix et la culture de développement. Par contre, on peut se demander jusqu’à quel point les gouvernements sont disposés à reconnaître que la démocratie et les droits de l’homme sont indissociables de la culture de paix et par conséquent indispensables à un développement viable. »
Aung San Suu Kyi
Des annexes enrichissent cet ouvrage : histoire du prix Nobel de la Paix, liste des lauréats depuis sa création en 1901, biographie des principaux lauréats.

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Paroles
Jacques Prévert
Le sultan

Dans les montagnes de Cachemire
Vit le sultan de Salamandragore
Le jour il fait tuer un tas de monde
Et quand vient le soir il s’endort
Mais dans ses cauchemars les morts se cachent
Et le dévorent
Alors une nuit il se réveille
En poussant un grand cri
Et le bourreau tiré de son sommeil
Arrive souriant au pied du lit
S’il n’y avait pas de vivants
Dit le sultan
Il n’y aurait pas de morts
Et le bourreau répond D’accord
Que tout le reste y passe alors
Et qu’on en parle plus
D’accord dit le bourreau
C’est tout ce qu’il sait dire
Et tout le reste y passe comme le sultan l’a dit
Les femmes les enfants les siens et ceux des autres
Le veau le loup la guêpe et la douce brebis
Le bon vieillard intègre et le sobre chameau
Les actrices des théâtres le roi des animaux
Les planteurs de bananes les faiseurs de bons mots
Et les coqs et leurs poules les œufs avec leur coque
Et personne ne reste pour enterrer quiconque
Comme ça ça va
Dit le sultan de Salamandragore
Mais reste là le bourreau
Là tout près de moi
Et tue-moi
Si jamais je me rendors.

Ce document n’est absolument pas exhaustif et demeure par essence subjectif .

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