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Lartigue : la vie en couleurs
Présentation et sélection bibliographique, juin 2015

Exposition, Maison européenne de la photographie, du 24 juin au 23 août 2015

5/7 rue de Fourcy- 75004 Paris
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h00 à 19h45

Consulter le site de la Maison européenne de la photographie

L’exposition


L’exposition “Lartigue, la vie en couleurs“, présentée à la Maison Européenne de la Photographie du 24 juin au 23 août 2015, dévoile un pan inédit de son œuvre. Bien que la couleur représente plus d’un tiers de la totalité de ses clichés, celle-ci n’a jamais été montrée ou exposée en tant que telle. Il s’agit d’une réelle découverte pour le public, non seulement parce que les photos présentées le sont pour la première fois ou presque mais aussi parce qu’elles révèlent un Lartigue inconnu et surprenant.

« Depuis que je suis petit, j’ai une espèce de maladie : toutes les choses qui m’émerveillent s’en vont sans que ma mémoire les garde suffisamment », écrit Lartigue dans son journal de l’année 1965. Il n’en faut pas plus à Lartigue pour glaner et collectionner dès l’âge de 8 ans et pendant 80 ans ces milliers d’instants fugitifs.

Ce n’est qu’en 1963 que Jacques Henri Lartigue – qui a déjà 69 ans – expose pour la première fois au Museum of Modern Art de New York quarante-trois des quelque 100 000 clichés réalisés au cours de sa vie. La même année, le magazine Life lui consacre un portfolio qui fait le tour du monde. Il devient alors immédiatement célèbre pour ses clichés noir et blanc de la Belle Epoque et des années folles (femmes élégantes au Bois de Boulogne, courses automobiles, début de l’aviation…).

À son grand étonnement, Lartigue le dilettante devient du jour au lendemain l’un des grands noms de la photographie du XXe siècle, lui qui se croyait peintre.


Jacques-Henri Lartigue (1894-1986)


En 1963, Jacques Henri Lartigue expose pour la première fois à l’âge de 69 ans, au MoMA à New York, quelques-uns des nombreux clichés qu’il a réalisés au cours de sa vie. La même année, le magazine Life lui consacre un portfolio. Ce numéro annonçant la mort du président John Fitzgerald Kennedy fait le tour du monde. À son plus total étonnement, Lartigue devient du jour au lendemain l’un des grands noms de la photographie du XXe siècle.

La photographie, Jacques Henri Lartigue l’a apprise au contact de son père dès 1900. Répondant à l’enthousiasme de son fils, Henri Lartigue lui offre son premier appareil photographique à l’âge de 8 ans en 1902. Dès lors, il ne cesse de photographier sa vie d’enfant rythmée par les voyages en automobile, les vacances en famille et surtout par les inventions de son frère aîné, Maurice, surnommé « Zissou ». Les deux frères sont passionnés par l’automobile, l’aviation et tous les sports alors en plein essor. Lartigue les enregistre grâce à son appareil photographique. Il continuera adulte à fréquenter les manifestations sportives et à pratiquer lui-même quelques sports réservés à l’élite : ski, patinage, tennis, golf…

Photographie J. H. Lartigue © Ministère de la Culture - France / AAJHL

Cependant, pour cet enfant si soucieux de retenir le temps qui passe, la photographie est insuffisante. Comment, en effet, tout dire et tout retenir dans une image prise en quelques secondes ? Parallèlement, il entreprend donc la rédaction d’un journal qu’il poursuivra toute sa vie. Et, sans doute pour s’engager dans une activité reconnue, il commence à dessiner et à peindre. En 1915, il fréquente brièvement l’académie Julian. La peinture devient et restera son activité professionnelle, mais son œuvre peint, mondain et conventionnel, ne connaîtra jamais la notoriété de son œuvre photographique où il exprime toute son originalité. À partir de 1922, il expose dans plusieurs Salons à Paris et dans le sud de la France. Entre temps, en 1919, il a épousé Madeleine Messager (dite « Bibi »), fille du compositeur André Messager et a eu un fils, Dany, né en 1921. Ils divorceront en 1931.

Jusqu’au début des années 1930, il mène une vie luxueuse et mondaine. Mais la fortune des Lartigue s’étiole et Jacques est contraint de trouver d’autres sources de revenus. Se refusant à travailler par crainte de perdre sa liberté, il vit chichement de sa peinture durant les années 1930 et 1940. Dès les années 1950 et contrairement à la légende le prétendant inconnu de tous, Lartigue commence à exister comme photographe tout en continuant à peindre.

En 1962, avec Florette, sa troisième épouse, Jacques embarque à bord d’un cargo à destination de Los Angeles. Lors d’un petit détour par la Côte Est, ils rencontrent Charles Rado, de l’agence Rapho, qui contacte John Szarkowski, alors jeune conservateur du département photographique du MoMA. L’enthousiasme est général.
En 1975, la première rétrospective de son œuvre a lieu au musée des arts décoratifs à Paris. C’est probablement à cette période qu’il rencontre Doisneau : les deux artistes s’influencent réciproquement.

Un an auparavant, Lartigue avait réalisé en photographie le portrait officiel du président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. En 1979, l’acte de donation est signé : Lartigue est le premier photographe français à faire don, de son vivant, de son œuvre à l’État français. Il charge l’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue de conserver et de diffuser le fonds. En 1980, l’exposition parisienne "Bonjour Monsieur Lartigue" au Grand Palais répond à la volonté de Lartigue de voir ouvrir son "musée".

Photographie J. H. Lartigue © Ministère de la Culture - France / AAJHL

En 1971, il reçoit la mention du prix du Livre des Rencontres d’Arles (France) pour "Journal d’un siècle". Jusqu’à ses derniers jours, il poursuit son œuvre à travers la photographie, la peinture et l’écriture. Il s’éteint à Nice le 12 septembre 1986. Il laisse plus de 100 000 clichés, 7000 pages de journal et 1500 peintures.


Bibliographie


Jacques-Henri Lartigue
Centre national de la photographie, 1983
(Photo poche)
ART 770.92 LAR

Lartigue, Jacques-Henri : la traversée du siècle
Florette Lartigue
Bordas, 1990
ART 770.92 LAR

Les Envols de Jacques Lartigue et les débuts de l’aviation
Pierre Borhan, Martine d’Astier
Sers, 1989
ART 770.92 LAR

Jacques Henri Lartigue : le siècle en positif
un film de Philippe Kohly
France Télévisions, 2003
ART 770.92 LAR - DVD

Lartigue : la vie en couleurs
Martine d’Astier et Martine Ravache
Seuil, 2015
ART 770.92 LAR - Nouveauté

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