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Le Livre était presque parfait n°6 (Juin 2011)
Juin 2011

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Cherche auteur désespérément
Debra Ginsberg
Presses de la cité, 2008.
- R GIN

Angel Robinson aime les livres et la lecture. Lorsque la libraire qui l’emploie se voit contrainte de mettre la clé sous la porte, elle décroche un poste d’assistante dans l’agence de Lucy Flamma, l’un des agents littéraires les plus prisés de San Francisco. Souffre-douleur de sa patronne et de ses collègues, Angel doit notamment ouvrir et sélectionner les manuscrits reçus par la poste. C’est par ce biais qu’elle repère le roman d’un auteur anonyme, livré chapitre par chapitre. Elle finit même par tomber sous le charme. Jusqu’au jour où elle se rend compte que le texte s’inspire de sa vie à elle. Qui écrit ce roman ? Son petit ami, sa nouvelle patronne, un collègue... qui ? Angel pourrait bien être en danger...

Porté par une belle écriture, « Cherche auteur désespérément » est le premier roman de Debra Ginsberg. L’auteur nous fait entrer dans les coulisses des agences littéraires d’outre Atlantique, système peu connu en France, et en fait une critique des plus acerbes : la directrice, les assistants, les auteurs... personne n’est épargné ! Cette histoire est une manière drôle et surprenante d’apprendre les mécanismes de fabrication des best-sellers américains et de se livrer à un jeu de piste des plus sympathiques.
Aurélie


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Les Vies extraordinaires d’Eugène
Isabelle Monnin
JC Lattès, 2010.
- R MON

C’est l’histoire d’un deuil impossible, celui d’un père pour son petit garçon, Eugène, qui n’a vécu que six jours. « Attaqué » dès sa naissance prématurée par un staphylocoque doré, le nouveau né ne survit pas, laissant ses parents avec le souvenir d’une vie effroyablement éphémère. Le narrateur s’essaie à écrire l’histoire de son fils pour ne pas que sa vie sombre dans l’oubli, et il commence ainsi, de manière factuelle : « Notre fils est né le 17 novembre 2007. Il est mort le 23 novembre de la même année. » C’est l’histoire d’un père qui écrit pour que son fils continue à vivre, d’une manière ou d’une autre.

Isabelle Monnin, grand reporter au Nouvel Observateur, se met dans la peau d’un père, une fois n’est pas coutume dans la littérature sur le deuil d’un enfant. Entre humour et désespoir, celui-ci s’attache à tout décortiquer et se raccroche au peu qu’il lui reste de sa relation avec son fils. Quelques souvenirs et l’imagination d’un avenir impossible constituent son récit.  ?prouvant sans être larmoyant, le livre d’Isabelle Monnin aborde un sujet sensible de manière simple et sincère, et c’est bouleversant.
Clémence


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Vers l’autre été
Janet Frame
J. Losfeld, 2011.
- R FRA

Grace Cleave est un écrivain néo-zélandais qui vit à Londres. Elle est invitée par un couple d’"amis", les Thirkettle, à passer un long week-end dans le nord de l’Angleterre. A peine Grace se retrouve-t-elle dans le train qui l’emmène vers Relham, que le malaise commence à la gagner : mais pourquoi diable a-t-elle accepté d’être ainsi "délogée" de son appartement pour partager le quotidien de cette famille, elle qui a tant de mal à adopter les règles de sociabilité les plus élémentaires ? Car Grace Cleave est un "oiseau migrateur", une âme qui ne s’échappe jamais que vers elle-même. Pauvres Thirkettle, peut-on rêver plus mauvaise compagnie qu’un écrivain isolé dans son pays intérieur ?

Janet Frame est morte en 2004. Vers l’autre été n’a pas été publié de son vivant. Avec une justesse sans apprêt et une absolue -et déconcertante- franchise l’auteur y dépeint l’étrangeté d’être soi, l’isolement face à la bienveillance des autres, l’impolitesse de l’âme qui s’évade... L’embarras que ressentit Janet Frame -longtemps considérée comme schizophrène, et traitée comme telle- face à son texte pourrait bien être le nôtre, si nous consentions à tomber le masque...
Olivia


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La Mort de Staline
Sc. F. NURY, ill. de Thierry Robin
Dargaud, 2010.
- BD NUR M1

Fin février 1953, Joseph Staline fait une attaque dont il ne se réveillera pas. Très vite, les principaux dirigeants du régime (en bonne ou mauvaise posture…) arrivent à son chevet. Mais que faire ? On complote. Des clans se forment. Qui va devoir prendre la lourde décision de rendre publique la mort de Staline ?
 

Cette version romancée de l’histoire soviétique retranscrit parfaitement la lutte pour le pouvoir qui s’est opérée à l’époque (avant même que Staline ne rende l’âme). Cette BD nous rappelle le pouvoir qu’avait Staline sur les dirigeants du Parti. En URSS, derrière une normalité et une unité de façade, tout se jouait dans l’ombre. Une histoire passionnante et sombre.
Encore une fois, Fabien Nury signe un scénario impeccable.
Aurélie


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Méditations en vert
Stephen Wright
Gallmeister (Americana), 2009.
- R WRI

Comment parler de la guerre ? Redoutable problème pour le romancier...
L’auteur Stephen Wright a choisi une narration morcelée, délibérément perturbante, pour évoquer la vie d’un camp américain pendant la guerre du Vietnam et le retour de certains de ses soldats à la vie dite « normale » (à supposer que celle-ci existe...). Les deux époques se reflètent l’une l’autre, comme dans un miroir, séparées simplement par ces fameuses méditations en vert, véritables odes à la vie végétale, et expressions du désir de s’abstraire de ce monde…
Les scènes les plus violentes (par exemple l’attaque du camp tout à la fin du roman, alors que la projection du film « La Nuit des morts-vivants » suit tranquillement son cours…) alternent avec des scènes dont la folie sous-jacente n’est certainement pas moins dérangeante…

Un roman exigeant, certes, car son éclatement et son foisonnement sont bien réels, mais un vrai morceau de bravoure de la part de cet auteur -jusqu’alors inconnu en France-, qui ne cherche pas le confort d’un tragique éculé mais soumet l’art d’écrire à l’épreuve de la guerre.
NB : à lire du même auteur, « La Polka des Bâtards », un roman traitant de la guerre de Sécession à la cote R WHI.
Olivia


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