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Le Nôtre (1613-1700)
Espace Nature - Juin 2013




André Le Nôtre
est certainement le plus célèbre des " jardiniers " français. Toutefois, en l’absence d’écrits de sa main, et du fait de la disparition de ses
papiers, croquis ainsi que de multiples remaniements qu’ont subis ses jardins, le personnage et son oeuvre restent aujourd’hui largement méconnus.



Sa vie

1613 André Le Nôtre naît aux Tuileries. Il est fils et probablement petit-fils de jardiniers de ce même jardin. Cette charge se transmet à l’époque de génération en génération.
Le petit André passe sa jeunesse aux Tuileries, et une partie de sa formation se déroule dans la galerie du Bord de l’eau du Louvre.

1625 Son père, Jean, accède au titre de dessinateur des plants et jardins, et partage la responsabilité des Tuileries avec Claude Ier Mollet. Son grand-père serait Pierre Le Nôtre, chargé en 1572 de l’entretien des parterres aux Tuileries.

1630 André Le Nôtre travaille déjà dans le jardin sous les ordres de son père et de Claude Ier Mollet.

1635 André Le Nôtre devient à vingt-deux ans premier jardinier de Gaston de France, frère du roi Louis XIII, qui lui confie ses jardins de Saint-Cloud et du Luxembourg. Il devient ensuite, premier jardinier de Monsieur, frère du roi Louis XIV, mais ne réalisera ses grandes oeuvres qu’après la quarantaine.

1637 Il obtient le brevet de jardinier des Tuileries. Sa famille est logée dans le jardin dont il a la charge.

1640 Il épouse Françoise Langlois, fille d’un commissaire ordinaire de l’artillerie de France. Leurs trois enfants meurent en bas âge.

1650 Bénéficiant de revenus considérables, André Le Nôtre rassemble, à partir des années 50 une collection d’œuvres d’art d’une réelle cohérence. Celle-ci comprend des tableaux de peinture italienne, mais aussi hollandaise et flamande, des sculptures, des porcelaines et surtout en grand nombre des médailles modernes et des estampes.

1656 Il travaille sur les nouveaux jardins du château de Vaux-le-Vicomte pour Nicolas Fouquet (ministre des finances sous Mazarin). Cette commande s’étendra sur 10 ans.

En dépit des honneurs dont Louis XIV couvre son jardinier et de son offre de l’accueillir à Versailles, Le Nôtre reste très attaché à sa maison située à proximité du pavillon de Marsan, à l’extrémité Nord-Ouest du palais du Louvre. C’est dans cette demeure que le jardinier se retirera pour mourir.

1657 Il acquiert la charge de conseiller et contrôleur général des bâtiments du roi. Le Nôtre doit surveiller les travaux les plus divers, de la serrurerie, à la sculpture, en passant par la maçonnerie et contrôler les engagements des entrepreneurs, les paiements par les trésoriers généraux.

1661 A la demande du roi Louis XIV, il crée et aménage le parc du château de Versailles. C’est la plus célèbre oeuvre du jardinier, renommée dans le monde entier.

1675 Le sommet de sa carrière est, sans conteste, son anoblissement proclamé par le roi. Il reçoit à cette occasion l’ordre de Saint-Michel, suivi en 1681 de l’ordre de Saint-Lazare. Quand Louis XIV lui impose des armoiries, il se moque en disant qu’il a déjà
« trois limaçons couronnés d’une pomme de chou ».

1692 Le Nôtre commence à répartir sa charge de dessinateur des plants et parterres entre ses petits-neveux Le Bouteux et Desgots.

1693 Agé de 80 ans, il décide de se démettre de ses charges de responsable des jardins du roi (malgré le fait qu’il n’ait jamais reçu officiellement le titre de « premier jardinier du roi », même s’il en a occupé les fonctions pendant
plus de trente ans).
Cette même année, le roi le nomme « chevalier de l’ordre royal de Saint- Michel », distinction rare, réservée aux écrivains et aux artistes.
Pour exprimer sa reconnaissance Le Nôtre donne à Louis XIV près de soixante-dix tableaux, bronzes, bustes en marbre et porcelaines. Ce don révèle son goût éclairé et son accession à un statut social élevé. Parmi ces œuvres : trois Poussin (ci-dessous) un Dominiquin et deux Claude Gellée, exposés aujourd’hui au Musée du Louvre.

15 septembre 1700 Il meurt, chez lui, à proximité des Tuileries.
Selon ses dernières volontés, il fut enseveli à Saint-Roch, l’église de son baptême, dans la chapelle Saint-André, qu’il avait faite construire à ses frais.

De son tombeau, détruit et profané en 1793, subsiste seul le célèbre buste de Coysevox.

La légende fait de Le Nôtre un jardinier chaleureux, ami du grand roi, au verbe libre et « à la bêche sur l’épaule ». Mais cette simplicité supposée du personnage s’allie mal à sa renommée ! Les quelques courriers retrouvés de Le Nôtre nous présentent un homme d’esprit et un courtisan subtil, soucieux de sa notoriété et apprécié de ses proches.
Les artisans et artistes qu’il rencontre au château où travaille son père, lui permettent de se familiariser aux usages des « grands de la cour », ce qui lui sera utile pour sa future carrière.

Respectueux de la hiérarchie et malgré sa franchise contrôlée, il reste à l’écart des intrigues et sait s’attirer ainsi les bonnes grâces de son roi passionné de jardins.

Son apprentissage

Même s’il a, comme il le disait, débuté « une bêche à la main », Le Nôtre a complété son apprentissage sur le terrain par une formation artistique et une connaissance pratique des techniques de son époque.

Six années passées dans l’atelier de Simon Vouet premier peintre du roi Louis XIII lui apprennent très jeune le dessin des fleurs pour les tapisseries, la perspective pour les tableaux du maître au Louvre.
Au cours de cet apprentissage le jardinier rencontre le peintre Le Brun, qu’il retrouvera plus tard sur ses chantiers de Vaux et de Versailles.

Il étudie la sculpture auprès de Louis Lerambert,

l’architecture et la perspective auprès
de François Mansart.
Ses constructions dans l’espace
prouvent que Le Nôtre va assez tôt,
maîtriser les lois de la perspective
et de l’optique.

Il sera tout aussi capable de concevoir des ouvrages de grande envergure telle la terrasse de Saint-Germain-en-Laye en1669, ou, de plus petits projets décoratifs, comme celui d’une cascade baroque, d’un parterre de fleurs ou une simple fontaine.

En parallèle, il apprend la nature des sols et possède un véritable savoir-faire en matière d’hydraulique.

Très vite Le Nôtre n’intervient plus seulement dans les jardins du Louvre. Ses chantiers le conduisent également dans plusieurs hôtels particuliers : au Palais-Royal, en Ile-de-France, aux châteaux de Saint-Maur, Saint-Martin de Pontoise, Chaville, Louvois, Pontchartrain, Conflans, mais aussi en province : Gaillon, Guermantes, Castries, Les Rochers, Clagny, Maintenon, Saint-Cyr à la demande des grands hommes de ce XVIIe siècle : le roi Louis XIV, son ministre Fouquet, son frère « Monsieur » et même le Saint Père. En effet, son succès le conduira jusqu’en Italie où il sera reçu par le pape, en vue d’aménager les jardins du Vatican et plusieurs demeures romaines.

La "légende" de Le Nôtre semble s’être mise en place de son vivant au travers des témoignages de Saint-Simon qui insistent sur les relations d’estime, presque d’amitié, qui liaient son jardinier au roi Louis XIV malgré la bonhomie du personnage.
« La figure charismatique de ce créateur exceptionnel, la célébrité de ses vastes compositions et l’aura du Roi-Soleil semblent fusionner pour faire naître l’idée que tout le develop-
pement de l’art des jardins est dû à André Le Nôtre. »

A sa mort, le « Mercure Galant » (une revue, fondée en 1672) commente sa disparition en ces termes élogieux :
"Le Roy vient de perdre un homme rare, et zélé pour son service, fort singulier dans son art, qui luy faisoit honneur. C’est Mr. Le Nostre, Controlleur Général des Bastimens de Sa Majesté, Jardins, Arts et Manufactures de France. (...) Jamais homme n’a mieux çu que luy tout ce qui peut contribuer à la beauté des Jardins..."

Sa technique, son style

André Le Nôtre reproduit parfaitement les schémas des jardins antérieurs à son époque mais il y introduit systématiquement une transformation (due à sa maîtrise de l’optique et de la perspective). C’est cette intervention qui fera de son travail la référence absolue « des nouveaux jardins à la française », imitée à travers toute l’Europe.

Fidèle à la théorie de l’art classique, Le Nôtre propose une grande variété de combinaisons de figures géométriques qui suffisent à produire une diversité d’effets.

Dans la première moitié du XVIIe siècle, l’art des jardins s’enrichit, avec la création de grandes compositions dues à l’augmentation des surfaces des domaines.
Leur plan d’ensemble est commandé auprès des architectes. On passe des compartiments formant des cases indépendantes, aux grands parterres unitaires développant un motif d’ensemble. Ces parterres se discernent mieux du haut des terrasses et pour augmenter l’effet de grandeur, il faut tracer un rectangle et allonger les figures des parterres pour percevoir optiquement un carré au sol.
Le dessin de certains parterres est réalisé par des jardiniers qui accèdent peu à peu au statut de maîtres d’œuvre.

Le Nôtre lui-même ne s’est pas exprimé sur son art et n’a laissé que peu de traces matérielles (lettres, dessins....) en dehors de ses jardins eux-mêmes, qui ont été à multiples occasions transformés ou copiés. En revanche l’immense diffusion des gravures - véritables cartes postales de l’époque et supports de la propagande royale - a largement contribué à faire connaître ses oeuvres tant en France qu’à l’étranger.

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