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Mantegna 1431-1506
Espace Arts - Présentation et sélection bibliographique, septembre 2008

Exposition, Paris, Musée du Louvre, 26 septembre 2008 - 5 janvier 2009

Riche d’un ensemble remarquable de tableaux de Mantegna, de loin le plus important hors d’Italie, que vient compléter des prêts exceptionnels, le musée du Louvre consacre, pour la première fois en France, une rétrospective majeure à cette figure éminente de la Renaissance en Italie du nord. L’exposition s’attache à montrer, à travers des œuvres de techniques très diverses, les étapes principales de la carrière de cet artiste, menée entre Padoue, Vérone et Mantoue durant la seconde moitié du XVème siècle, son influence sur ses contemporains et la diffusion précoce de son art dans toute l’Europe.





Padoue : carrefour artistique (1440-1640)


Andrea Mantegna est le deuxième fils d’un menuisier nommé Biagio, il naît en 1431 à Isola di Carturo, entre Padoue et Vicence en République de Venise.

Dès l’âge de dix ans, il entre à Padoue comme apprenti dans l’important atelier de Francesco Squarcione, dont il devient aussi le fils adoptif en 1442.

Padoue est alors le lieu d’une effervescence extraordinaire dans laquelle baigne différentes générations d’artistes, de commanditaires et d’écrivains. Dans ce contexte, une nouvelle génération d’érudits à la recherche du passé se reconnaît dans les inventions « mantegnesques » du monde antique. Les éloges précoces décernés à Mantegna célèbrent le caractère fortement sculptural de sa peinture, élaborée dans un atelier où il est d’usage, comme souvent à l’époque, de passer d’une pratique à l’autre. Squarcione met, en effet, à la disposition de ses élèves sa collection « d’antiquailles », très appréciées dans une ville où les humanistes étaient férus d’archéologie.

Parmi les 137 élèves dont on fait crédit à Squarcione, beaucoup semblent aussi avoir été séduits par la modernité de son enseignement. Il met en effet ses disciples en contact avec les créations des maîtres florentins venus travailler en Vénétie dès les années 1430, notamment Donatello (1386-1466), présent dans la ville entre 1443 et 1453. Les figures et les reliefs, caractérisés par un plasticisme vigoureux et un fort pathétisme, que le sculpteur réalise pour l’autel de la basilique Sant’Antonio (dite Santo) de Padoue, ne pouvaient laisser indifférent un jeune artiste réfractaire par tempérament à la sophistication aimable du style gothique international.

Ainsi, à l’inverse de Pisanello, l’un des représentants les plus illustres de ce courant, Mantegna applique avec une rigueur nouvelle les principes en matière de perspective, énoncés par l’architecte et théoricien Leon Battista Alberti (1404-1472).

En 1448, Mantegna quitte Squarcione. Sa première oeuvre en tant que maître indépendant, aujourd’hui perdue, est un retable destiné à l’église Santa Sofia de Padoue. La même année il est appelé avec Nicolò Pizolo et deux peintres vénitiens, Antonio Vivarini et Giovanni d’Alamegna, à réaliser la décoration de la Chapelle Ovetari dans l’église des Eremitani (presque complètement détruite par un bombardement allié en 1944). Dès cette première oeuvre majeure, qu’il terminera seul, apparaissent les thèmes qui parcourront toute la carrière de l’artiste : celui de l’illusion et de l’antique. S’y révèle une autre de ses prédilections : l’introduction de ces personnages quelque peu désœuvrés, comme en retrait de la scène, qui ont frappé l’imagination de Marcel Proust. En récréant un monde antique, empli de fierté et de gravité, afin de faire coïncider narration esthétique et fait historique, Mantegna, peintre de la Renaissance, devient un peintre d’histoire et rentre dans l’Histoire.

Supplice et transport du cadavre de Saint-Christophe (1453-1457) Chapelle Ovetari, Eglise des Eremitani, Padoue


Giovanni Bellini et Mantegna


La mort de la Vierge - Musée du Prado, MadridEn 1453, Mantegna épouse Nicolosia Bellini, fille de Jacopo, sœur de Giovanni et Gentile, et s’apparente ainsi au plus important atelier de peinture de Venise.

La Sainte Justine du polyptyque réalisé par Mantegna pour l’église du couvent Santa Giustina de Padoue, terminé au début de 1455, reflète cette proximité artistique. Y transparaissent en effet une délicatesse et une tendresse dans les formes et les couleurs qui entrent en résonance avec la finesse et la sensibilité des toutes premières oeuvres de son beau-frère.

S’amorce donc dans les années 1450, un jeu d’influences réciproques entre Andrea et Giovanni, qui transparaît également dans La Vierge et l’Enfant avec trois saints du Musée Jacquemart-André et d’autres oeuvres de ces années-là.

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