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Maori, leurs trésors ont une âme
Présentation et sélection bibliographique, Octobre 2011

En pratique - Exposition, Paris, Musée du Quai Branly, du 4 octobre 2011 au 22 janvier 2012

Musée du Quai Branly
37 quai Branly
75 007 Paris

Ouvert le mardi, mercredi et dimanche de 11h à 19h
le jeudi, le vendredi et le samedi de 11h à 21h
le musée est fermé le lundi

Visiter le site du Musée du Quai Branly

L’exposition

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Le musée du quai Branly accueille l’exposition Māori, leurs trésors ont une âme qui présente la culture māori, à travers 250 oeuvres issues des collections du Musée de Nouvelle-Zélande Te Papa Tongarewa. Cette exposition inédite, présentée pour la première fois hors de Nouvelle-Zélande, se veut le témoignage d’une culture forte et toujours vivante, affirmation de la volonté d’un peuple de maîtriser sa culture et son devenir, en mettant l’accent sur plusieurs expressions de la notion de tino rangatiratanga, le contrôle ou l’autodétermination des Māori sur toute chose māori.

L’exposition rassemble des oeuvres très diverses (sculptures, parures, objets du quotidien, objets sacrés ou rituels, éléments d’architecture, photographies, oeuvres audiovisuelles…) et éclaire les liens existants entre les taonga, trésors ancestraux māori, et les productions artistiques contemporaines, pour une meilleure compréhension des grands concepts et enjeux de la culture māori au 21e siècle et des questions et débats essentiels liés à ce peuple aujourd’hui.

Cette exposition propose de découvrir la culture māori vue par les Māori, hors des perspectives et des modèles occidentaux. Ainsi, au coeur de l’exposition, les oeuvres présentées font dialoguer les histoires politique, rituelle ou esthétique qui ont façonné la culture māori.


L’art maori


Le mot Māori ne désignait pas un peuple à l’origine. Māori était un adjectif qui signifiait seulement : originel, indigène (par opposition aux nouveaux venus : les colons blancs, les "pakehas"). Ainsi, quand les indigènes se désignaient eux-mêmes comme étant des "tangata Māori", cela signifiait "hommes indigènes". Sous l’influence des colons, l’adjectif Māori devint un substantif. Ce changement eut lieu avant 1815. Tangata, véritable substantif Māori, signifie "être humain."

La question de l’origine des Maoris soulève encore des débats mais les scientifiques semblent s’accorder sur le fait qu’ils viendraient de Polynésie. Ce peuple aurait ainsi quitté l’île d’Hawaiki et voyagé en pirogues (waka). Après avoir traversé le Pacifique Sud, il serait arrivé en Nouvelle-Zélande, terre alors vierge de toute trace humaine, aux alentours du IXème siècle. Ils nommèrent ces lieux Aotearoa, "la terre au long nuage blanc". Les quelques pirogues ayant fait le voyage sont arrivées en différents endroits de l’archipel et chacune a formé une tribu.

Les Maoris ont développé un art très raffiné en travaillant le bois, l’os et la pierre.

On distingue quatre périodes dans l’art maori :

  • la période archaïque, du temps des premiers pionniers, descendants des navigateurs polynésiens arrivés en Nouvelle-Zélande. Leur art consistait en un travail de l’os et du bois, caractérisé par l’austérité des formes.

  • la période classique qui correspond au moment où les Maoris se sont sédentarisés et ont adopté un système tribal très codifié. James Cook a pu observer l’art maori de cette époque, s’exprimant à travers l’ornement des grandes pirogues de guerre, la fabrication des armes, le tatouage, les vêtements et les parures.

    Marae
  • la période historique qui débuta avec l’arrivée des Européens et de nouveaux objets comme les outils en métal, les armes à feu, les textiles, de nouvelles plantes, mais aussi le christianisme. Les Maoris abandonnèrent à cette époque les pas et les grandes pirogues de guerre, qui s’avérèrent inutiles face aux moyens de guerre des Pakehas. Les maisons communes (marae) jouèrent un rôle accru à cette époque et devinrent les foyers de la vie sociale et de la création artistique (des tikis étaient sculptés sur les éléments de ces maisons).

  • la période moderne qui s’étend du XIXe à nos jours. Les dernières décennies ont vu la renaissance de la culture indigène, maoritanga, associée à une nouvelle identité sociale et de nouvelles aspirations.

TikiOn peut classer les productions artistiques en 3 catégories :

  • les objets pour la communauté (pirogues de guerre)

  • les objets personnels (vêtements, peignes, boîtes, broches, parures en néphrite ou de plumes, instruments de musique) qui témoignent particulièrement du raffinement de l’art maori.

  • les objets religieux (bâtons sculptés - tiki wananga -, représentations des dieux de la fertilité). L’art maori servait divers buts religieux.



Durant les activités artisanales, hommes et femmes étaient séparés : tandis que les hommes travaillaient les matériaux durs, le bois, l’os et la pierre, les femmes préparaient des bandes de lin pour confectionner nattes et paniers, et des fibres de lin pour tisser des vêtements. En effet, d’après la mythologie, les premières femmes auraient été créées par le dieu Tane avec de la terre, et l’homme serait une création spirituelle du dieu Tu. Ainsi les femmes étaient "noa" (non sacrées) et les hommes "tapu" (sacrés). C’est pourquoi les femmes étaient écartées des pratiques religieuses élevées et des arts. L’art maori était de plus associée à l’exercice du pouvoir des chefs de guerre. Ils étaient les mieux habillés et armés et ils possédaient les plus belles parures car ils portaient tout le prestige de la tribu.

Les Maoris savaient utiliser habilement des matériaux les plus divers comme les os de mammifères marins ou terrestres, d’oiseaux, d’humains, les plumes et pelages, et la pierre. Le bois joua toutefois un rôle central dans la civilisation maorie et la sculpture sur bois est l’art le plus important et le plus ancien.

La forme humaine dominante est appelée "tiki", d’après le nom du premier homme de la création. Dans la sculpture, il symbolise les ancêtres et les dieux. Le hei-tiki en néphrite est la parure maorie la plus commune. Les tiki avaient souvent les yeux bridés, des mains en forme de serres et un bec en guise de bouche. Les Maoris représentaient aussi une figure d’homme oiseau, le "manaia" et ornaient des façades de baleines, "pakake". Mais en général la sculpture maorie ne cherchait pas à représenter la nature de manière réaliste.

Les Maoris considéraient et considèrent toujours la néphrite, ou pounamu, ou greenstone, comme sacrée. Ce minéral rare (on ne le trouve que sur la côte Ouest de l’île du Sud) est une pierre si dure qu’elle résiste à une pointe d’acier. Le travail de cette pierre verte était donc difficile et il fallait la frotter avec une lame de grés pour la tailler. De nos jours, les artisans utilisent des diamants de lapidaires.


Bibliographie


Les arts d’Océanie : société, rituels, aires culturelles
Elisabeth Gnecchi-Ruscone
Hazan, 2011 (Guide des arts)
ART 709.9 GNE

L’art de l’Océanie
Nicholas Thomas
Thames & Hudson, 1996 (L’univers de l’art)
ART 709.9 THO

L’art océanien
Gabrielle Baglione, Magali Mélandri
Scala, 2007 (Tableaux choisis)
ART 709.9 BAG

Le monde océanien
Anne d’Alleva
Flammarion, 1998 (Tout l’art)
ART 709.9 ALL

Arts d’Afrique, des Amériques et d’Océanie
Etienne Féau, Pascal Mongne, Roger Boulay
Larousse, 2006 (Comprendre et reconnaître)
ART 709 FEA

Les arts premiers
Bérénice Geoffroy-Schneiter
Assouline, 2005
ART 709 GEO

Histoires des Maoris, un peuple d’Océanie
Claire Merleau-Ponty, Cécile Mozziconacci
Actes Sud, 2006 (Contes et mythes de la terre)
JEU 398.2 MER

Petit maori
Patricia Geis
Mango, 2003 (Amis du bout du monde)
JEU 993 GEI PL


Ressources numériques


  • dans l’Encyclopedia Universalis
    consultable à la Médiathèque et dans les bibliothèques du réseau
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