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Maurice de Vlaminck
Présentation et sélection bibliographique, février 2015

En pratique

Exposition, Atelier Grognard, du 30 janvier au 25 mai 2015

6 avenue du château de Malmaison - 92500 Rueil-Malmaison
Ouvert tous les jours de 13h30 à 18h00.

Consulter l’article sur l’exposition Vlaminck sur le site de la ville de Rueil-Malmaison

L’exposition


Maurice de Vlaminck n’a fait l’objet que de deux grandes expositions rétrospectives : en 1956, deux ans avant sa mort, à la galerie Charpentier à Paris, puis en 1987, au musée des Beaux-Arts de Chartres.

L’objectif de cette exposition est de pallier cet oubli en présentant les diverses facettes de Maurice de Vlaminck, en jetant notamment un nouvel éclairage sur sa période de maturité. La Ville veut ainsi marquer son attachement à cet illustre artiste par la présentation de la diversité de son oeuvre. En effet, Maurice de Vlaminck s’est installé à Rueil-Malmaison, avec sa première épouse, en 1902. Il y demeura près de 10 ans. Il peint alors avec son ami Derain en utilisant des couleurs pures, ce qui le classe dans ce groupe d’artistes jugé « scandaleux », "les Fauves", dont il fut l’un des représentants les plus emblématiques.

Toujours dans sa période rueilloise, Vlaminck est influencé par le maître d’Aix, Cézanne. Vlaminck exprima son tempérament curieux et énergique de diverses manières. C’est son ami Derain qui l’incita à peindre, il partagea une passion de collectionneur d’art primitif avec Guillaume Apollinaire. Il fut un coureur cycliste médaillé et un musicien virtuose avant d ’être un peintre reconnu pour son expression personnelle. Il signa 26 livres, en illustra 21 dont certains furent écrits par lui, il fut aussi céramiste, graveur, sculpteur sur bois...

C’est ce que qui sera montré à travers les autres expositions présentées à la médiathèque Jacques-Baumel. Autodidacte et d’une farouche indépendance, Vlaminck a produit une oeuvre inspirée par son tempérament instinctif et son besoin d’exprimer ses émotions grâce à sa sensibilité pour la nature et le monde rural. Expressionniste, fauve puis cézannien, mais toujours Vlaminck, il s’éloigna progressivement des courants picturaux comme des cercles artistiques parisiens. Une redécouverte d’un artiste et d’un homme original et authentique.

© http://www.mairie-rueilmalmaison.fr


Maurice de Vlaminck, repères biographiques


Maurice de Vlaminck, est né à Paris le 4 avril 1876. Aîné des cinq enfants d’une famille flamande, le jeune garçon, élevé dans un milieu de mélomanes, s’intéresse d’abord à la musique mais commence, dès l’âge de douze ans, à peindre des paysages de bords de Seine. Il quitte sa famille à l’âge de 16 ans et s’installe à Chatou et exerce le métier de mécanicien.

Il fait de la peinture à ses moments perdus, passion qu’il partage aussi avec le cyclisme. Il devient rapidement coureur cycliste, métier qui lui permet de mieux gagner sa vie. A 18 ans, il rencontre Suzanne Berly qui deviendra sa femme. A l’issue d’une maladie vers l’âge de 20 ans, il quitte le sport et donne des leçons de violon. Il suit aussi les cours du peintre Robichon, mais il se lasse très vite de sa formation académique.

C’est en 1900 qu’il rencontre par hasard André Derain, avec qui il se lie d’amitié. Esprit contestataire, il se passionne alors pour les idées anarchistes. Il fait la découverte de Van Gogh qui l’impressionne considérablement. Vlaminck reconnait d’emblée chez le peintre l’instinct de la couleur pure et une violence chromatique aux antipodes de toute démarche intellectuelle qui correspond parfaitement à sa propre formation d’autodidacte et à son tempérament de rebelle. Il rencontre Henri Matisse et décide alors de se consacrer d’une manière définitive à la peinture.

C’est en 1904, qu’il rencontre Apollinaire, qu’il découvre et se passionne pour l’art nègre et qu’il expose pour la première fois. Débarrassé des contraintes du dessin, il se contente désormais d’étaler violemment ses couleurs en utilisant des tons purs. Il décline ensuite le procédé, réalisant ainsi des paysages tels que ses "Bords de Seine " peints à Nanterre ou Carrières. La primauté qu’il donne à la couleur et la vigueur de son pinceau le font naturellement ranger parmi les "Fauves" qui font scandale au Salon d‘Automne de 1905. Il expose huit tableaux aux côtés de Matisse, Dufy, Rousseau, Vuillard, Rouault, qu’un critique de l’époque suggère d’ enfermer dans une cage.

Puis il rencontre Ambroise Vollard qui l’aide financièrement par l’achat de quelques toiles, puis Van Dongen, Braque, Picasso, Jacob et Derain avec lesquels il débat et discute de Cézanne qu’il admire. Il rencontre après un séjour en Angleterre, Modigliani, Marinetti entre autres, et les menaces de la guerre lui font exprimer son profond antimilitarisme. Quand celle-ci éclate, c’est une profonde crise morale qui l’envahit et le sépare de son ami Derain, tandis que ses idées et ses recherches sur la peinture évoluent.

Marqué par la première guerre mondiale, il se retire en Eure-et-Loir après sa démobilisation. Tandis que Derain surmonte le traumatisme de la guerre en faisant une volte face vers la tradition picturale, Vlaminck renonce aux explosions colorées et s’engage alors dans une peinture de paysages tourmentés, aux tons sombres, qui définissent une nouvelle "manière" obscure, reflet de l’inguérissable cicatrice laissée par l’épreuve.

Il s’installe en 1919 à Valmondois et épouse sa seconde femme, Berthe Combes, tandis que son exposition à la Galerie Druet est un véritable succès.

La guerre et l’après-guerre ont entraînés un bouleversement profond chez les peintres, les artistes, les écrivains, comme dans toute la société : une interrogation sur l’histoire, les hommes, la politique, les valeurs. Vlaminck a horreur de l’art pour l’art, il pense que toute avant-garde ne peut s’exprimer que dans le cynisme à l’égard de son époque et il ressent alors l’immense solitude de l’artiste qui s’engage dans la défense de ses valeurs profondes "la solitude est une des plus grandes vérités de ce monde" et il ajoute : " je suis heureux tout seul, dans le vent, dans la pluie, dans les éléments, avec ma pipe ". Son credo est alors " Si tu es peintre, ne regarde que dans toi-même". Dans sa cohérence morale la plus intime qui persistera dans la continuité de son oeuvre, la peinture est, et demeure pour lui un langage physique, un langage des émotions, une langage de la vie dans son élan vital contre la mort.
A côté de ses travaux de peinture, il écrit, et publie en 1929 "Tournant Dangereux", où il s’exprime de toutes les insatisfactions et des révoltes qui sont les siennes, en s’enfermant dans un isolement tourné vers la peinture, sa passion pour l’art nègre, et son admiration de la nature. Il expose de nouveau Paris en 1933 au Palais des Beaux Arts, puis a New York en 1937.

Quelques années plus tard, à la veille de la seconde guerre, en mai 1939, au 16 de la Rue des Quatre Vents, à Paris, Vlaminck réunit des amis au restaurant des "Compagnons du Tour de France". Ils brûlent alors dans une revendication commune contre les menaces allemandes, un portrait d’Adolf Hitler, "critique d’art qui s’est permis, en qualité d’ex-peintre en bâtiment, d’affirmer que tous les artistes de l’Ecole Française, les Braque, Derain, Gauguin, Laurencin, Valadon, Kisling, Matisse.... étaient des peintres dégénérés ". En 1944, il participe au voyage organisé en Allemagne, par les autorités de la France occupée, qui lui vaudra des accusations et une arrestation après la guerre. Aigri et plein d’amertume, il s’isole encore davantage, continue à peindre et écrire : il publie en 1953 "Paysages et personnages", livre dans lequel il continue de dire sa révolte.

En 1956, la Galerie Charpentier lui organise une grande exposition qui provoque un débat sévère entre des critiques qui le considèrent comme le traître de la peinture moderne, tandis que d’autres le considère comme le maître du vrai modernisme dans la composition de ses paysages.

Il meurt deux ans plus tard dans son manoir de "La Tourillière" à Rueil-la-Gadelière en Eure-et-Loir.


Bibliographie


Vlaminck, un instinct fauve : exposition, Paris, Musée du Luxembourg, 20 févr. - 20 juill. 2008
Skira, 2008
ART 759.064 VLA

Vlaminck : un instinct fauve : visite de l’exposition
Réal. Christian Guyonnet. - Svo art, 2008
ART 759.064 VLA - DVD

Vlaminck : dvd junior = Vlaminck : initiation à l’oeuvre peinte
Réal. Guillaume Ho. - Svo art , 2008
JEU 759.06 VLA - DVD

Le fauvisme
Cécile Debray. - Citadelles & Mazenod, 2014
ART 759.064 DEB

A retrouver également à l’espace ARTS, cote 759.064
d’autres documents sur le mouvement fauve et ses peintres.

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