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Reggae I : les origines

Pays d’émigration massive, la Jamaïque est riche de multiples styles musicaux : le Mento, le Nyahbinghi, les sounds systems, le mouvement Rastafari, Early Reggae, Dub.
Découvrez le Reggae dans toute sa diversité.


L’ILE AUX MILLE SOURCES

Ile de la mer des Caraïbes, la Jamaïque est un pays indépendant, faisant partie des Antilles, située au sud de Cuba et à l’ouest de l’île Hispaniola, territoire d’Haïti et de la République dominicaine.

Les principales villes sont Kingston, la capitale et Montego Bay.

La Jamaïque fut découverte aux alentours de l’an 1000 par les Indiens Arawak, ils l’appelèrent Xaymaca.

Le 4 mai 1494 Christophe Colomb débarqua sur l’île. Pris par la fièvre de l’or, les espagnols fondent plusieurs villes. En 1538 débute le génocide indien et commence l’arrivée des esclaves africains pour les plantations de tabac et de canne à sucre.

En 1655, les Anglais prennent possession de la Jamaïque. Kingston devint la capitale en 1692 quand Port Royal, fut détruite par un tremblement de terre. Les esclaves noirs continuent à arriver dans l´île, principalement des ethnies Fante, Ashanti, Coromantee, Ibo et Yoruba. Certains s’enfuient dans les montagnes (les Marrons) et après des années de lutte finissent par être affranchis et par obtenir l´autonomie d´une partie de l´île (leurs descendants y habitent toujours). L´abolition de l´esclavage a lieu en 1834.

La Jamaïque gagna son autonomie au milieu des années 1940 et obtient son indépendance le 6 août 1962 dans le cadre du Commonwealth.

La Jamaïque est un pays d’émigration massive. Fin du XIXe siècle, début du Xxe siècle, de nombreux Jamaïcains émigrèrent en Amérique centrale, à Cuba et en République Dominicaine. Dans les années 1950 et 1960, le Royaume-Uni devint leur principale destination, jusqu’en 1962, date à laquelle il réduisit ses quotas. Les principaux flux se concentrent dès lors vers les  ?tats-Unis et le Canada. Des échanges croissants et significatifs se perpétuent entre les différents territoires et communautés. C’est ce brassage entre Africains, Européens, Chinois et Indiens qui donne aux Jamaïcains leur diversité physique et culturelle.

De tout temps, la musique a été le seul mode d’expression accordée aux esclaves, aux émigrants. De ce fait, cet art a tenu une place toujours grandissante dans la société jamaïquaine, profitant des influences communautaires. Les influences africaines et britanniques ont été dominantes.

Ainsi, « l’île aux milles sources » devint riche de multiples styles musicaux.

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Le Mento et autres courants musicaux

Le Mento

Le Mento est la première musique populaire jamaïcaine. Ce terme apparu au début du XIXe siècle décrit également la danse libre qui l’accompagne. Ce mouvement plonge ses racines dans les rituels ashantis, et d’autres ethnies ouest-africaines.

Il y a deux sortes de Mento :

- Le Mento issu des campagnes

- Le Mento des villes ou urbain

Le Mento issu des campagnes

Il s’agit du croisement d’influences européennes, ouest africaines et bantoue. Proche du calypso de Trinidad, le Mento s’en différencie par son rythme plus chaloupé que celui du calypso, et par son répertoire original (même si de nombreux airs de calypso furent adaptés en Mento au fil du temps).

Les instruments habituellement utilisés sont la guitare acoustique, le banjo, la rumba box, diverses percussions et un instrument à vent artisanalement construit en bambou (saxophone, flûte, ou clarinette). L’emploi du banjo et de la rumba box donne souvent à cette musique une saveur proche d’une sorte de Reggae acoustique primitif.

Le banjo remplit le rôle que la guitare remplira plus tard dans le Reggae, marquant le contretemps de façon continue ou pouvant jouer en tant que lead. La rumba box remplit le rôle de la basse. Il s’agit d’un gros piano à pouces produisant des notes graves, héritier de la Kalimba.

Le Mento urbain

Le Mento urbain apparaît plus tard. Ce style joué par des groupes professionnels lors de soirées dansantes est plus policé et professionnel. Les instruments en bambou sont remplacés par de « vrais » instruments, les percussions sont plus ordonnées et sont influencées par des musiques « latinos ». Ce mento est fortement influencé par le jazz (saxophone, trompette, piano, etc.) : en effet après-guerre, beaucoup de touristes américains viennent en Jamaïque en apportant avec eux le R&B. Les thèmes fréquemment abordés par le Mento sont les critiques de la vie sociale et politique, des chants de travail, et des textes à double sens où la sexualité a une grande importance.

Ce style disparaît dans les années 70, contrairement au style rural, toujours vivant de nos jours.

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L’Age d’or du Mento : Les années 50

Au début des années 50, le succès international du calypso de Harry Belafonte permit au Mento de sortir de Jamaïque et d’être popularisé aux USA. Fort de ce succès, quelques disques de Mentos jamaïcains furent enregistrés à destination du marché anglais. Des groupes firent leur apparition sur les chaînes de télévision américaines.

Au milieu des années 1950 les ondes radiophoniques de Wins, la radio américaine de Miami, seule radio captée, inonde l’île de R&B et de jazz. En effet, ces musiques ont déjà déferlé sur l’île avec les disques apportés par les soldats américains basés à Kingston durant la Seconde Guerre mondiale, alors que l’île de la Jamaïque vibrait au rythme chaloupé de la calypso et du Mento.

La mode du calypso s’éteignit au début des années 60, et le Mento disparut de la scène internationale.

Le Mento après l’âge d’or

En 1977, une maison de disques américaine de world music, Lyrichord, parraina le groupe Mento "les Jelly Boys" dont elle édita un album puis deux autres en 1989. Mais, il fallut attendre les années 2000 pour que le Mento connaisse à nouveau la réussite à l’intérieur et à l’extérieur des frontières de la Jamaïque.

L’influence Mento se ressentit également dans certains riddims dancehall (littéralement rythmes joués dans une salle de danse) tel le « Chaka Chaka » où l’on trouvait de l’harmonica, de la flûte, une ligne de basse proche d’une rumba box et un rythme proche du Mento. Ce riddim offrit des hits aux artistes dancehall Elephant Man et Beenie Man.

En avril 2006, la maison de disque Trojan publia le double CD « Dip and Fall Back ! Dr. Kinsey to Haile Selassie - Classic Jamaican Mento » comprenant des enregistrements allant des années 50 aux années 70. En juin 2006, le label Pressure Sounds édita la compilation « Take me to Jamaica » couvrant les années 50.

Le groupe Jamaica All Stars reprit et reprend toujours des classiques de mento. Par la suite parurent deux albums de Stanley Beckford qui remportèrent un certain succès.

Calypso Mento Folk 1954-1957
Harry Belafonte
061.2 BEL

Ecouter un extraitJamaïca farewell

Plays Mento
Stanley Beckford.
052.1 BEC

Ecouter un extraitPlays Mento

Reggaemento
Stanley Beckford
052.2 BEC

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Le Nyahbinghi

Il s’agit de musique jouée par des groupes de percussions et employée par les Rastafaris, principalement pour accompagner leurs chants traditionnels liturgiques.

C’est aussi également d’un ordre rastafari, à l’image des Twelves Tribes of Israel ou de l’ordre des Bobo Shantis. Mais contrairement aux autres ordres, ce mouvement n’est pas hiérarchiquement organisé mais communautaire.

Un type de percussions

Basiquement, un groupe nyahbinghi se compose de trois tambours différents. Le funde marque un rythme qui se rapproche des deux coups du battement du cœur humain ; le tambour basse, joué avec un maillet, joue le même rythme que le funde, en y ajoutant des variantes rythmiques ; enfin, le repeater, plus petit et joué aux doigts plus rapidement (en croches).

Les tambours employés sont proches des tambours africains issus des traditions burru et kumina. Les rastas nient en général l’influence kumina car elle renvoie à un culte africain permettant la communication avec les morts. Or, les rastas se targuent de n’entretenir aucun contact avec la mort, c’est d’ailleurs la raison de leur régime végétarien (ils parlent de cadavres en désignant la viande).

L’Origine de la musique nyahbinghi

C’est à un rastaman, Count Ossie, que l’on doit l’invention du style nyahbinghi.

Né en 1926, il fonda en 1951 un camp rasta à l’est de Kingston. Il créa ce style si particulier en mélangant les rythmes burrus africains à ses connaissances personnelles

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Influence du Nyahbinghi sur les styles musicaux à venir

Dans les années 1950, l’île était en pleine effervescence musicale. De nombreux musiciens allèrent au camp de Count Ossie et apprirent le style nyahbinghi. Parmi ces musiciens, les futurs Skatalites (créateurs ou amateurs de Ska) : Tommy Mc Cook (saxophone), Don Drummond (trombone), Ernest Ranglin (guitare), Johnny Moore (trompette) ou Roland Alphonso (saxophone).

Les percussions nyahbinghi se mariaient très bien avec les influences jazzy des cuivres. Cette formule fut d’ailleurs employée par les Mystics Revelation of Rastafari, l’un des groupes du maître Count Ossie. La musique créée par Count Ossie eut une influence certaine sur les musiciens qui, par la suite, accompagnèrent la plupart des interprètes de l’île.

Les Enregistrements de Nyahbinghi

Accompagné de divers groupe de percussions dont il est le fondateur, Count Ossie apparut sur de nombreux enregistrement dès 1961. Il participa notamment à l’enregistrement de la chanson « Oh Carolina », créditée au Count Ossie Afrocombo et aux Folkes Brothers et produite par Prince Buster en 1962. Plus tard, Count Ossie enregistra plusieurs albums avec le groupe, les Mystics Revelation of Rastafari.

L’exemple de Count Ossie fut bientôt suivi par Ras Michael qui monta un groupe et enregistra plusieurs très beaux albums où les percussions Nyahbinghi se mêlaient aux sons des cuivres en soutien des chants traditionnels.

Le style Nyahbinghi reste toujours présent dans la musique jamaïcaine et de nombreux chanteurs et DJ’s rastas contemporains en incluent un morceau sur leurs albums, quand ce n’est pas une série de riddims influencés par le style Nyahbinghi qui est créé.



Count Ossie : The Mystics Revelation Of Rastafari
052.2 OSS
Ecouter un extrait Ecouter un extrait Ras Michael : Nyahbinghi 052.1 RAS

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Les Sounds systems et jamaïcan shuffle

En 1950, les disques 45 tours en vinyle et les sonos apparaissent, faisant naître les sound systems : c’est une sorte de concert ou soirée itinérante extrêmement populaire. Il peut-être considéré comme une sorte de discothèque ambulante. La culture du sound system est généralement considérée comme une part importante de l’histoire musicale jamaïcaine, ayant permis de mettre en lumière, le ska, le rocksteady, le dub.

Le DJ est un des éléments phares du sound system : un des premiers à avoir enflammé les soirées en Jamaïque avait pour nom King Stitt, bien avant U Roy et Big Youth.

Pour les gens qui n’avaient pas accès aux journaux ou à la radio, le sound system était un bon moyen d’information sociale, les DJs abordant souvent des thèmes d’actualité.

Des 1960, Les DJSF fabriquent des disques et les vendent, ainsi commence l’émergence d’une industrie du disque.

En 1955, Duke Vin crée le premier sound system jamaïcain à Londres, ville où les émigrés affluent à la recherche de travail. En 1959, Chris Blackwell enregistre des dubplates qu’il teste dans les sound systems avant de faire presser ceux qui ont bien marché. Les juke-boxes se répandent, aidant en cela à la diffusion de la musique. C’est la naissance de l’industrie musicale jamaïcaine. En 40 ans, l’île produira plus de 100 000 disques, avec parfois plus de 200 singles par semaine ! La musique étant le meilleur moyen pour se sortir de la misère, il faut produire, toujours produire, car les enregistrements ne sont pas biens payés et les producteurs pas toujours honnêtes. Il faut donc jouer le plus possible pour gagner sa vie, d’où cette extraordinaire production.

Haut de pageSounds systems

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Le Mouvement Rastafari

Le mouvement rastafari commence en partie avec un jamaïcain installé à Harlem : Marcus Garvey. Celui-ci préconisait une doctrine nationaliste noire et radicale pour tenter d’unifier les Noirs du monde entier. Le thème rasta du rapatriement en Afrique, considérée comme la vraie patrie des Noirs, était une de ses théories. Il prédit également qu’un roi noir serait couronné en  ?thiopie.

En 1930, Ras Taffari fut couronné en  ?thiopie de la couronne du Négus Negast (roi des rois) et prit le titre de Haïlé Sélassié (qui signifie « puissance de la trinité »). Selon des écrits anciens, il serait le descendant du roi Salomon, personnage biblique mythique.

Les Premiers rastas

Il existait à l’époque de nombreuses sectes éthiopianistes en Jamaïque. L’une d’elles, dirigée par un certain Leonard Howell (considéré comme le père du mouvement), vit dans le couronnement de Haïlé Sélassié la réalisation de la prophétie de Marcus Garvey. Il fonda alors la première communauté rasta. Ces premiers rastas ne portaient pas encore de dreadlocks, ces nattes noueuses qui deviendront leur image de marque. Par contre, ils fumaient du chanvre, appelé ganja en Jamaïque._ Cette herbe fut introduite sur l’île par les colons britanniques qui la ramenèrent d’Inde. Les rastas la considéraient comme une herbe biblique, dont la consommation était un sacrement.

Back-a-Wall rasé

Dans les années 40, la communauté rasta de Howell prit de l’ampleur. Elle s’installa alors aux abords de Kingston et y construisit un bidonville qui prit le nom de Back-a-Wall. Il fut rasé dans les années 60. La plupart des rastas allèrent alors se réfugier dans le tout proche quartier de Trenchtown.

Mais le mouvement allait connaître un moment fort : la visite de Haïlé Sélassié. En effet, en avril 1966, Haïlé Sélassié, empereur d’ ?thiopie, se rendit en Jamaïque pour une visite diplomatique.

Celui que les rastafaris considéraient comme un dieu vivant et appelaient « Jah » fut accueilli à l’aéroport de Kingston par les percussions Nyahbinghi de Ras Michael et par des milliers de rastas en transe. Mais l’empereur ne connaissait pas les croyances des rastas et prit peur. Il fut finalement emmené hors de l’avion par un leader rasta, Mortimer Planno. La foule l’acclama alors. Sa visite marqua les esprits et fit décupler la ferveur de la communauté rasta. Beaucoup se convertirent à la suite de cette visite.

La Scission

Le mouvement rasta finira par se scinder en plusieurs mouvements dont les plus connus sont les Twelve Tribes Of Israël dont fit partie Bob Marley, et les Bobo Shantis, qui croient en la divinité de leur leader, Prince Emmanuel, autoproclamé troisième branche de la sainte Trinité. Les DJ’s modernes, Capelton, Anthony B ou encore Sizzla, sont tous issus de cette communauté. Mais l’immense majorité des rastas n’appartient à aucun mouvement et vit sa foi comme elle l’entend. Les rastas sont végétariens, vivent dans les montagnes pour être en communion avec la nature, ne boivent pas d’alcool et refusent tout médicament. Ils ne fument pas de tabac mais de la ganja « herbes sacrée » pour se rapprocher de Dieu. Ils refusent de se couper les cheveux, de se les peigner (d’où les dreadlocks). Les rastas choisissent la pauvreté afin de ne pas enrichir la société occidentale (Babylone), mercantile, décadente, pervertie, oppressive, et déshumanisée.

Haut de pageMouvement Rastafari

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Les Années 60

Dans les années 1960 vont naître deux grands labels TREASURE ISLE fondé par Duke Reid et STUDIO ONE par Clément Seymour Dodd dit Coxsone.

Le Ska

Le ska est une culture de ghetto. Il est né de la rencontre de la musique noire américaine avec les musiques antillaises. Le ska est le symbole de l’indépendance jamaïcaine obtenue en 1962.

C’est l’indépendance non seulement territoriale, mais aussi musicale, car le ska incarne maintenant l’identité de la nouvelle nation qui ne cesse de danser au rythme des cuivres. L’espoir et l’optimisme sont retrouvés.

Le ska consistait en un mélange jamaïcain de boogie, de shuffle, de jazz, de mento et de R&B. Le groupe de ska typique comprend une guitare, une batterie, une contrebasse, une section cuivres au complet (trompette, trombone et saxophone) et souvent un piano ou un orgue. Le contretemps, typique des musiques antillaises, est marqué par la guitare et parfois par les cuivres. Les solos de cuivres sont souvent nombreux et d’influence jazz. La contrebasse assure le rythme avec la batterie.

Clément "Coxsone" Dodd construit un studio d’enregistrement indépendant qui deviendra le mythique Studio One. Il fonde le groupe légendaire "Les Skatalites".

Le ska se dégage peu à peu des différents styles et se caractérise par ce rythme syncopé marqué par un temps fort sur les deuxième et quatrième temps de la mesure. Le jeu de guitare correspond au contretemps du R&B et au piano du boogie. Les cuivres sont ajoutés pour les solos de jazz, ainsi qu’une contrebasse très en avant, comme pour le merengue, le calypso et le Mento. Souvent, les morceaux joués sont instrumentaux, frénétiques et soutenus.

En 1960, le ska se distingue et devient un genre à part entière. Aussi, certains affirment que le mot « ska » est né du son que produit la façon sèche de plaquer des accords sur la guitare, d’autres affirment qu’il est la déclinaison du mot "skavoovee", crié par un pianiste qui a participé à l’émergence du genre.

De 1962 à 1967, la marque britannique Blue Beat d’Emile Shalett publie 600 vinyles (45 tours) produits en Jamaïque par Prince Buster : le ska sera souvent associé, au Royaume-Uni, au nom « blue beat », qui désigne une marque et non pas cette musique. Les disques sont le plus souvent pressés dans des usines américaines, les « Federal Records ».

En 1964, c’est l’explosion avec le premier hit international « _My Boy Lollipop » de Millie Small sur le label Island Record de Blackwell.

En 1965, Duke Reid monte son studio d’enregistrement "Treasure Isle" . Au long des années 1960, Duke Reid va montrer qu’il est finalement un producteur hors pair. La plupart des artistes découverts chez Studio One de Coxsone, se retrouvent rapidement chez Treasure Isle qui devient le label influent de Jamaïque, spécialisé dans le Ska.

Martin Luther King, pasteur pacifiste, est accueilli à Kingston en grande pompe, ce qui redonne espoir aux habitants, mais n’empêche pas la misère et la violence de s’accroître. Les musiciens appellent souvent, dans leurs lyrics, les rude boys à se calmer et à s’assagir en arrêtant de semer la terreur à tous les coins de rue du ghetto. Cette violence et cette hargne se ressentent dans le rythme de plus en plus frénétique du ska, qui redevient soudainement très lent, annonçant ainsi les prémices du rocksteady.

Ska spectacular : volume 1
052.2 A.SKA
Ecouter un extrait

War ina Babylon : An Island reggae anthology
052. 2 A. ISL

Studio one ska
052.2 A. STU

Studio One Story : the original
052.2 A. STU

Treasure Isle :
The Thrue story of ska, rocksteady, dub, and reggae

Compilation

052.2 A. TRE

Haut de pageles années 60

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Le Rocksteady

Le rocksteady incarne la voix des exclus, valorise les gangs, les truands, les déshérités des ghettos. C’est une chronique sociale.

Il y a plusieurs écoles en ce qui concerne l’apparition de rocksteady_ : en 1966, certains avancent qu’elle est due à une vague de chaleur qui amena les musiciens à ralentir le tempo, et d’autres affirment que ce sont les personnes âgées qui réclamaient un laps de temps avec du ska " plus lent " pour pouvoir danser lors des soirées dans les sound-systems (aux alentours de minuit, une période était réservée à la musique plus lente). Mais il représente surtout une transition entre le ska et le reggae auquel il ouvre la voie en 1968.

C’est une musique entre ska, soul nord-américaine et R&B, diffusée par les radios des  ?tats-Unis. La contrebasse est souvent remplacée par la basse électrique et le temps fort est marqué sur le troisième temps. Nouveautés_ : le chanteur est bien mis en avant, le musicien est confiné dans les studios et le producteur supervise tout de A à Z. Le plus grand producteur de Rocksteady fut Duke Reid.

Treasure Isle :
The Thrue story of ska, rocksteady, dub, and reggae

Compilation
052.2 A TRE

Studio One Soul / Leroy Sibbles ;
Norma Fraser ; Sound Dimension....

052.2 A. STUextrait vidéo {JPEG}

Haut de pageLe Rocksteady

Early Reggae et soul Reggae

Un style différent : le Early Reggae

Ce nouveau style se démarquait du rocksteady par un tempo plus rapide, un skank à l’orgue souvent doublé et une influence funk dans le jeu de basse alors que la batterie marquait le troisième temps d’une mesure de quatre temps, à la façon du rocksteady (dans le ska, il s’agissait des deuxième et quatrième temps).

Ce Reggae, très nerveux et mené par le jeu de l’organiste, connut beaucoup de succès en Angleterre auprès des skinheads anglais, au point qu’il prit parfois le nom de skinhead Reggae

.
Les artistes dominants de cette époque furent les Maytals, Desmond Dekker, Laurel Aitken et d’autres encore.

L’influence soul : le soul Reggae

L’influence du mouvement rastafari commençait à se faire sentir dans les textes de certains chanteurs, au point que l’on confondait parfois reggae et rastafari, à tort d’ailleurs car il existait de nombreux chanteurs non rasta. L’association Reggae et Rasta ne devint la norme qu’après 1972, quand les tempos commencèrent à ralentir. Ainsi de nombreux hits de cette première période du Reggae, souvent appelée Early Reggae, furent d’influence soul.

 ? Studio One, le nouveau groupe de musiciens, les Soul Dimensions, jouaient derrière des vieilles vedettes du rocksteady comme John Holt ou Alton Ellis ainsi que derrière de jeunes chanteurs comme Dennis Brown (qui n’avait que douze ans à l’époque), futur prince du Reggae (Bob Marley en sera le roi).
Parmi les autres groupes de musiciens, on trouvait les Upsetters de Lee Perry et les Crysalites de Derrick Harriot._ Les instrumentaux saccadés de ces deux formations, plus nerveux que ceux des Soul Dimensions, firent le bonheur des skinheads anglais. Ce style de Reggae très rapide se ralentit dès 1971 pour aboutir aux rythmes one drop du Reggae roots.

Jamaica 1968 : year of Reggae / Compilation
052.2 A. JAM

Never grow old / The Maytals
052.2 MAY

<img9016<Early reggae

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DUB

C’est en 1967 sur l’île de la Jamaïque que le DJ Rudy Redwood du très célèbre sound-system Supreme Ruler Of Sound va diffuser par accident le premier morceau de Reggae en version instrumentale (c’est-à-dire sans la partie vocale).

Cette erreur est en fait due à un mauvais pressage du vinyl. La surprise est immense et le public est alors très réceptif. Le DJ va immédiatement en parler au producteur du label Treasure Isle, Duke Reid, qui est à l’époque le plus important de Jamaïque et qui va dès lors éditer les 45 tours des groupes locaux avec en face B les versions instrumentales des morceaux.

Ce n’est que quelques mois plus tard que l’ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, très impressionné par les prestations du sound-system, va se lancer dans des expérimentations sur ces versions instrumentales. Tubby est néanmoins le producteur par lequel le mouvement s’est développé, en inventant ou popularisant la plupart des effets (basses saturées, réverbération, écho, phaser...) qui définissent le style. On enregistre la musique, un chanteur parle et chante dessus. Nous sommes en 1968 et le dub vient alors de naitre.

Rapidement développé par des artistes tels que Lee Scratch Perry, Bunny Lee, Jah Shaka ou Linton Kwesi Johnson, le style DUB va se caractériser par une accentuation rythmique lourde et dépouillée, sur une mélodie squelettique et une ligne de basse mise en valeur à l’aide d’effets qui vont alors permettre au DJ de faire un spectacle sonore très captivant.

Si King Tubby est communément considéré comme l’inventeur du dub, Lee Perry, avec ses Upsetters, est l’homme qui a élevé cette musique à son plus haut degré d’inventivité et, bien sûr, d’étrangeté, de plus Perry qui est un grand mystique, pense que le producteur est l’interface avec le divin.

Arkology / Lee [scratch] Perry
052.2 PER


Blackboard jungle - 14 dubs

052.2 PER

The End of the american dream / Perry Lee Scratch
052.2 PER

Lee Perry meets Mafia and Fluxy in Jamaïca / Lee Perry
052.2 PER

The Roots of dub / King Tubby
052.2 TUB

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