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Rembrandt van Rijn : 400ème anniversaire de sa naissance
Biographie et bibliographie, Avril 2006

A l’occasion du 400ème anniversaire de sa naissance, suivons Rembrandt, un des plus grands peintres de l’histoire de l’art baroque européen, et le plus important des peintres hollandais du XVIIème siècle.

“Autoportrait en apôtre Paul” (1661) - Rijksmuseum, Amsterdam
Peintre, dessinateur et graveur néerlandais, il fut l’un des plus grands artistes occidentaux du XVIIe siècle, célèbre pour ses effets de clair-obscur.
Rembrandt Harmenszoon Van Rijn, est également connu pour ses très nombreux autoportraits qu’il exécuta régulièrement tout au long de sa vie.

Les années de jeunesse


« Autoportrait (22 ans) » (1629) - Mauritshuis, La Haye
De milieu modeste, ses parents prirent grand soin de son éducation. Après avoir étudié très tôt le latin, il entra, dès l’âge de quatorze ans, à l’université de Leyde. Mais, il la quitta presque aussitôt pour étudier la peinture d’histoire auprès d’artistes tels que Jacob Van Swanenburgh et Pieter Lastman. Après avoir passé six mois dans les ateliers de ses maîtres, ayant déjà maîtrisé tout ce qu’on lui avait enseigné, il retourna à Leyde, où il s’établit. Il développa alors un style antiacadémique qui impressionna fortement (Balaam, 1626, Musée Cognacq-Jay, Paris ; David et Goliath, 1626, Musée des Beaux-Arts, Bâle) et lui valut l’estime générale, au point de devoir ouvrir son atelier à de jeunes disciples, malgré son très jeune âge (il avait alors vingt-deux ans).

« Balaam » (1626) - Musée Cognac-Jay, Paris

« La fuite en Egypte » (1627) - Musée des Beaux-Arts,ToursA la polychromie agressive des premières œuvres succéda bientôt un goût pour les harmonies brunes et les effets de clair-obscur mystérieux (la Fuite en Egypte, 1627, Musée des Beaux-Arts, Tours ; Samson et Dalila, 1628, Musée de Berlin-Dahlem) qui aboutirent, à partir de 1631, à son grand style, tout à la fois fantastique et poétique, intense, narratif et mystérieux.

Rembrandt partit pour Amsterdam en 1631. Son mariage, en 1634, avec Saskia Van Uylenburgh, la cousine d’un négociant en art prospère, lança sa carrière, le mettant en contact avec des mécènes aisés qui lui commandèrent de très nombreux portraits.

A la même époque, il réalisa son premier portrait corporatif : la Leçon d’anatomie du docteur Nicolaes Tulp (1632, Mauritshuis Museum, La Haye), remarquable par ses qualités d’observation et sa finesse picturale proche de Van Dyck. Elle présente le docteur Tulp parmi ses amis et admirateurs, en maître chirurgien en plein exercice. Le cadavre, dont les muscles du bras gauche ont été mis à nu, est d’une tonalité grise caravagesque. Tout, dans l’attitude et la disposition, vise à rendre l’intensité de l’échange intellectuel.

« La leçon d'anatomie du docteur Nicolae Tulp » (1632) - Rijksmuseum, Amsterdam

Les autres portraits des années 1630 frappent par leur grande force plastique, par la simplification des harmonies, ainsi que par le rythme symbolique des mains et des visages, peints le plus souvent sur un fond gris, qui confèrent à l’ensemble grandeur et monumentalité.

« Saskia en Flore » (1634) - Ermitage, Saint-PétersbourgCes tendances baroques furent également présentes dans les très nombreux autoportraits et dans les effigies que l’artiste fit de son épouse, parée des costumes orientaux qu’il affectionnait.

De même, dans les sujets religieux et les scènes mythologiques, également fort prisés, comme en témoigne la suite des cinq tableaux de la Vie du Christ, de l’Alte Pinacoteck de Munich (1633 à 1639), qui compta parmi les œuvres les plus mouvementées du maître, le schéma de composition s’inspire de ceux de Rubens, mais l’éclairage dramatique renvoie à une profonde émotion de l’âme. Les nombreux témoignages picturaux de cette période permettent de supposer qu’il voulut sans doute prouver qu’il était l’égal de Rubens en tant que narrateur dramatique et compositeur baroque de tableaux.

« Ascension » (1634) - Alte Pinacothek, Munich « Descente de la croix » (1633) - Alte Pinacothek, Munich
« Mise au tombeau » (1639) - Alte Pinacothek, Munich

Le souci de transformer le monde quotidien en vision onirique occupa ainsi ses paysages, puisant leurs sources dans une tradition allemande, introduite à Amsterdam par des artistes tels que Hercules Seghers (Paysage, 1639, Rijksmuseum, Amsterdam).

« Trois arbres » (1643, Eau-forte) - Louvre, Paris


Les années de maturité


Contrairement à sa carrière publique prospère, la vie privée de Rembrandt fut frappée, durant les années 1640, par le malheur. Entre 1635 et 1641, Saskia donna naissance à quatre enfants, mais seul le dernier, Titus, survécut. Elle-même mourut en 1642. Hendrickje Stoffels, engagée comme gouvernante vers 1649, devint finalement son épouse de droit coutumier et son modèle pour un grand nombre de ses tableaux. Parmi les chefs-d’œuvre de cette période figure la célèbre Ronde de nuit - également intitulée la Compagnie du capitaine Frans Banning Cocq (1642, Rijksmuseum d’Amsterdam) -, qui témoigne de l’activité agitée d’une compagnie militaire rassemblée derrière ses chefs, se préparant à un défilé ou à une riposte. En partant d’un mode statique coutumier, il peignit en ligne les personnages afin d’obtenir un effet dramatique puissant. L’alternance de l’ombre et de la lumière, de l’avant et de l’arrière, des mouvements de gauche à droite et inversement, des diagonales formées par les bras, les mousquets, les drapeaux et les piques, lui permirent de rendre ce qui lui fut si cher : « le mouvement le plus naturel ».
« La Ronde de nuit » (1642) - Rijksmuseum, Amsterdam

De nombreux tableaux des années 1640 montrèrent néanmoins l’influence du classicisme dans son style et son esprit. Ainsi, l’autoportrait de 1640 (National Gallery, Londres) est-il marqué par l’influence de Raphaël et de Titien , et empreint d’une expression de très grand calme intérieur. Dans Conversation du mennonite Anslo (1641, Staatliche Museen, Berlin), l’interaction entre les personnages fut rendue de main de maître : le prêcheur parle, explique peut-être un passage biblique à sa femme qui écoute avec attention. D’autres œuvres dépeignent des dialogues et, comme celui-ci, parviennent à saisir un instant précis. Dans le tableau en mouvement des Pèlerins d’Emmaüs (1648, Musée du Louvre, Paris), l’utilisation de la lumière traduit immédiatement la signification de la scène, alors que dans Bethsabée (1654, Musée du Louvre, Paris) ou Jacob bénissant les fils de Joseph (1656, Staatlische Gemäldegalerie, Kassel), la lumière diffuse adoucit l’atmosphère.
« Conversation du mennonite Anslo » (1641) - Staatliche Museen, Berlin

Les nombreux paysages de cette période sont des vues imaginaires, élaborées sur le souvenir d’endroits spécifiques. L’introduction de ruines et de collines, qui ne font pas partie de la campagne néerlandaise, comme dans Ruine (Staatliche Gemäldegalerie, Kassel), suggère une influence classique venant de l’Italie.

« Autoportrait » (1640) - National Gallery, LondresMalgré son succès financier en tant qu’artiste, professeur et négociant en art, son penchant pour un mode de vie ostentatoire le conduisit à la faillite en 1656. Un inventaire de sa collection d’œuvres d’art et d’antiquités, saisies avant une vente aux enchères tenue afin de régler ses dettes, montre l’étendue de son intérêt pour la sculpture ancienne, les tableaux flamands, la Renaissance italienne, l’art oriental, les œuvres néerlandaises contemporaines, les armes et les armures.




L’apogée


Ces problèmes personnels n’eurent apparemment pas de répercussions sur son travail. Son talent artistique s’accrut plutôt.

Les tableaux les plus importants datent en effet des deux dernières décennies de sa vie. Le drame baroque, la splendeur de l’extérieur et les détails superficiels n’y apparaissent plus. Ses autoportraits, ses portraits de personnages seuls ou ses scènes de groupes, ainsi que ses œuvres religieuses et historiques révèlent une préoccupation de l’expression des qualités spirituelles. Sa palette s’enrichit considérablement, son coup de pinceau devint de plus en plus épais, au point de sembler flotter miraculeusement sur la toile. Certains grands tableaux de cette époque témoignent de l’apogée de sa maturité : les Syndics des drapiers (1661, Rijksmuseum, Amsterdam), notamment, qui suggère une parfaite maîtrise du genre, dans laquelle la main « parlante » de l’orateur devient pilier fondateur de la composition, lien virtuel entre les personnages.

« Le syndic des drapiers » (1661) - Rijksmuseum, Amsterdam

La vie privée de Rembrandt continua d’être marquée par le chagrin : Hendrickje mourut en 1663, bientôt suivie par son fils, Titus, en 1668, avant que l’artiste ne s’en aille à son tour, onze mois plus tard.

« Autoportrait au chevalet » (vers 1669) - National Gallery, LondresCe fut sans aucun doute dans les autoportraits (environ soixante) qu’il se livra le plus, se soumettant à une autoanalyse pénétrante. Dans Autoportrait au chevalet (v. 1669, National Gallery, Londres), ses traits trahissent un esprit légèrement sarcastique. Le plus souvent, en effet, l’artiste supprime tous les détails narratifs au profit de l’expression et de la splendeur des couleurs, reflets de la vie intérieure.

Il semble ainsi difficile de dire aujourd’hui à quoi il a pu réellement ressembler, tant les ombres profondes qui couvrent son visage révèlent à peine ses traits, au profit de l’intensité de son regard.

Les sujets bibliques, quant à eux, occupèrent environ un tiers de sa production totale. Fait inhabituel dans la Hollande protestante du XVIIe siècle, puisque le mécénat ecclésiastique n’existait pas et que l’art religieux n’était pas considéré comme important. Ses premières œuvres bibliques et dramatiques furent mises en valeur par la présence d’un goût baroque, cependant que ses dernières, telles Joseph accusé par la femme de Putiphar (1655, Staatliche Museen, Berlin) et le très émouvant Retour du fils prodigue (v. 1669, Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersboug) se concentrent sur l’expression abstraite, mystique et surnaturelle d’une situation humaine, dépouillée des détails inhérents à leurs contextes historiques.
« Joseph accusé par la femme de Putiphar » (1655) - Staatliche museen, Berlin « Le retour du fils prodigue » (vers 1669) - Ermitage, Saint-Pétersbourg
















Œuvre graphique


Pour lui, le dessin et la gravure à l’eau-forte furent aussi importants que la peinture. Quelque mille quatre cents dessins lui sont attribués. Une grande partie de ces dessins sont considérés plutôt comme des œuvres à part entière que comme des études préparatoires de peintures ou de gravures. C’est parce qu’elles furent destinées à son usage personnel que la majorité de ces œuvres ne furent pas signées. Son moyen d’expression favori fut le crayon et l’encre sur papier blanc, souvent utilisés en combinaison, afin de leur prêter un accent tonal. Dans certains dessins, comme la Découverte de Moïse (v. 1635, Rijksprentenkabinet, Amsterdam), quelques lignes chargées focalisent la scène sur les trois personnages. D’autres dessins, au contraire, comme la Porte du Rhin à Rhenen vers Oostpoort (1648, Musée des Beaux-Arts, Bayonne), accentuent des détails d’architecture et de perspective.

Les gravures à l’eau-forte ont été très prisées de son vivant. Il utilisa ce procédé pour son potentiel extraordinaire à produire des lignes enchevêtrées, permettant d’obtenir une grande expressivité. En combinaison avec l’eau-forte, il obtint des effets uniques. Les gravures à l’eau-forte les plus impressionnantes datent de sa période de maturité. Parmi elles, il convient de citer le portrait grandeur nature de Jan Six (1647, Bibliothèque nationale, Paris), la célèbre Prédication de Jésus, dite Pièce aux cent florins (1642-v.1645), les Trois Arbres (1643) et le Christ prêchant ou la Petite Tombe (v. 1652), tous au British Museum, à Londres.

Les documents originaux relatifs à la vie ainsi qu’aux peintures, dessins et gravures étant très rares, la constitution de l’inventaire raisonné de son œuvre demeure encore aujourd’hui problématique.

Crédit : « Encyclopédie Microsoft ® Encarta ® 2002 en ligne
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