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Renoir au XXe siècle
Présentation et sélection bibliographique, Octobre 2009





Galeries nationales du Grand Palais
du 23 septembre 2009 au 4 janvier 2010










Pierre-Auguste Renoir (1913) par Ambroise Vollard (1868-1939)
Paris, musée Picasso
© Photo RMN / Droits réservés

L’exposition


Baigneuse aux cheveux longs (vers 1895) - Paris, musée de l'Orangerie © Photo RMN / Jean-Gilles Berizzi

« Je commence à savoir peindre. Il m’a fallu plus de cinquante ans de travail pour arriver à ce résultat, bien incomplet encore »
déclare le peintre Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) en 1913 au moment où l’on peut voir à la galerie Bernheim-Jeune à Paris une importante exposition de ses œuvres, parmi lesquelles des grands nus peints au tournant du XXe siècle. C’est une révélation.


Guillaume Apollinaire fait l’éloge de celui qu’il considère comme « le plus grand peintre vivant » : « Renoir grandit continuellement. Les derniers tableaux sont toujours les plus beaux. Ce sont aussi les plus jeunes ».


« Impérissable jeunesse » en effet, pour reprendre la formule admirative de Thadée Natanson en 1896, qui voit Renoir jouir d’un prestige incontesté sur la scène artistique du début du XXe siècle. Le peintre y est salué comme une figure emblématique de l’impressionnisme des années 1870 mais il est aussi admiré pour sa capacité à avoir dépassé et renouvelé un mouvement de plus en plus largement accepté.

A l’instar de ses contemporains et amis Paul Cézanne et Claude Monet, Renoir est une référence pour de jeunes générations d’artistes. Pablo Picasso, Henri Matisse, mais aussi Pierre Bonnard ou Maurice Denis professent leur admiration pour le maître, et en particulier pour sa « dernière manière », celle du tournant du XXe siècle.

De grands amateurs de l’art moderne, tels Leo et Gertrude Stein, Albert Barnes, Louise et Walter Arensberg ou encore Paul Guillaume, collectionnent Renoir aux côtés de Cézanne, Picasso ou Matisse.

Depuis, l’appréciation du « dernier Renoir » a bien changé : les tableaux de cette période sont peu connus et souvent mal aimés. Si le paysage (Renoir’s Landscapes 1865-1883, Londres-Ottawa-Philadelphie 2007-2008) et le portrait (Renoir’s Portraits, Ottawa-Chicago-Fort Worth 1997-1998) chez Renoir ont suscité de récentes expositions, les années tardives du peintre n’ont pas fait l’objet d’études et de manifestations spécifiques, comme cela a été le cas pour Monet ou Cézanne (« Monet in the 20the Century », Boston - Londres, 1998-1999 ; « Cézanne, les dernières années (1895-1906) », Paris - New York, 1978). C’est à l’exploration de ces années fécondes que l’exposition est dédiée.

Après les combats de l’impressionnisme, Renoir remet en cause vers 1880 les préceptes du mouvement au profit du retour au dessin et du travail en atelier, en référence avouée au passé. Ce moment de crise et de tâtonnement s’achève à l’orée des années 1890, qui ouvrent la voie à la reconnaissance publique, institutionnelle et commerciale de l’artiste. Sans renier l’impressionnisme, Renoir invente alors un art qu’il veut classique et décoratif. « Peintre de figures » comme il aime à se définir, Renoir désigne tout particulièrement le nu féminin, le portrait et les études d’après le modèle, en atelier ou en plein air, à des expérimentations novatrices.

Baigneuse - 1888. Collection privéeArtiste en perpétuelle quête, promis au défi, Renoir veut se mesurer aux grands exemples du passé qu’il a admirés au Louvre ou lors de ses voyages, tels que Raphaël, Titien et Rubens. Ses recherches sont dominées par le refus du monde moderne au profit d’une Arcadie intemporelle, peuplée de baigneuses sensuelles et inspirée du Sud de la France qu’il fréquente assidûment à partir des années 1890. Il perçoit le paysage méditerranéen comme une terre antique, à la fois berceau et dernier refuge d’une mythologie vivante, familière et actuelle. Renoir revient de façon régulière et obstinée à un nombre limité de thèmes qu’il n’hésite pas à explorer dans des techniques inédites pour lui, comme la sculpture. Au fil des années 1900, le travail d’après le motif et les modèles conduit à une recomposition complète et libre du sujet, dont les odalisques et surtout Les Grandes Baigneuses de 1918-1919 (Paris, musée d’Orsay) marquent le couronnement.



Renoir ne désigne-t-il pas ce tableau comme un « aboutissement » et un « tremplin pour les recherches à venir » ? C’est ainsi que l’entendent certains artistes en France au début du XXe siècle, dans le contexte souvent polémique du développement du cubisme et des abstractions : Renoir définit un point d’équilibre entre objectivité et subjectivité, entre tradition et innovation, à la source d’une modernité classique.

Aussi l’exposition est-elle construite selon une double perspective : faire redécouvrir une période et des aspects méconnus de l’œuvre de Renoir (les peintures décoratives, les dessins, la sculpture,...), tout en restituant le rayonnement de son art dans la première moitié du XXe siècle en France. L’exposition rassemblera une centaine de tableaux, de dessins et de sculptures de Renoir, provenant de collections publiques et privées du monde entier. Ces nus, portraits et études de modèles ont pour certains appartenu à Matisse ou Picasso. Répartis en une quinzaine de sections, ils seront ponctuellement confrontés à des œuvres de Picasso, Matisse, Maillol ou Bonnard, attestant la postérité de Renoir. Ainsi, l’exposition invite à revoir le dernier Renoir en sollicitant le regard que ces artistes de la première moitié du XXe siècle ont posé sur un maître du XIXe siècle qui était leur contemporain.

Cette exposition est organisée par la Réunion des musées nationaux, le musée d’Orsay et le Los Angeles County Museum of Art, en collaboration avec le Philadelphia Museum of Art. Elle sera présentée au Los Angeles County Museum of Art du 14 février au 9 mai 2010 puis au Philadelphia Museum of Art du 12 juin au 5 septembre 2010.

Source : RMN


Bibliographie


Classement à : ART 759.054 REN

Auguste Renoir
A.K. Vidéo, 2003 (Portrait d’artiste)
DVD

Charles Le Coeur [1830-1906], architecte et premier amateur de Renoir : exposition, Paris, musée d’Orsay, 16 oct. 1996 - 5 janv. 1997
RMN, 1996 (Les Dossiers du Musée d’Orsay)
ART 724.5 LEC

Correspondance Renoir et Durand-Ruel
1, 1881-1906
2, 1907-1919

Lettres réunies et annotées par Caroline Durand-Ruel Godfroy
Bibliothèque des arts, 1995 (Pergamine)
Magasin (disponible sur demande)

En écoutant Cézanne, Degas, Renoir
Ambroise Vollard
Grasset, 1994 (Les Cahiers rouges)
ART 759.05 VOL

Le Jardin de Renoir
Derek Fell
Laffont, 1992
Des photographies et des peintures de la maison et du jardin de Renoir, les Colettes à Cagnes-sur-Mer, où il vécut les dernières années de sa vie.

Renoir " Le bal du moulin de la Galette"
In La Naissance de l’impressionnisme
réal. Alain Jaubert
La Sept Vidéo, 2000 (Palettes)
ART 759.054 JAU

Les Nus de Renoir
Isabelle Cahn
Assouline, 1996
Le nu est très certainement le sujet préféré de Renoir qui en a peint tout au long de son oeuvre et jusqu’aux derniers jours de sa vie, faisant de ce thème le témoin de l’évolution de sa peinture. Cette immixtion dans l’univers intime du peintre nous plonge dans un monde extrêmement sensuel et innocent où la femme s’épanouit en toute liberté. Cette femme, tour à tour nymphe, baigneuse, femme-fleur ou femme-fruit, il l’aime charnelle et douce, les seins lourds, le ventre fécond, la peau de nacre. Par-delà son oeuvre il aura créé un archétype féminin que l’on n’hésite plus aujourd’hui à qualifier de "Renoir".

A Passion for Renoir : Sterling and Francine Clark collect, 1916-1951 : exposition, Williamstown (Mass.), Sterling and Francine Clark art insitute, 3 aout 1996 - 5 janv. 1997
Harry N. Abrams, 1996
Magasin (disponible sur demande)

Pierre Auguste Renoir
Edmond Renoir
Echoppe, 1990 (Envois)
Magasin (disponible sur demande)

Pierre-Auguste Renoir, mon père
Jean Renoir
Gallimard, 1981-1993 (Folio)
Magasin (disponible sur demande)

Les Portraits de Renoir : Impressions d’une époque
Colin B. Bailey, Linda Nochlin et Anne Distel
Gallimard, 1997
Des textes qui éclairent le travail de portraitiste de Renoir, définissent la place occupée par le portrait dans l’oeuvre de ses amis impressionnistes, et enfin se penchent sur le rôle d’un des plus ardents collectionneurs du milieu de carrière de Renoir.

Renoir : ″il faut embellir″
Anne Distel
Gallimard, 1993 (Découvertes 177. Peinture)
"Pour moi, un tableau doit être une chose aimable, joyeuse et jolie", déclarait Renoir, qui, en plus de cinquante ans de carrière et près d’un millier de tableaux, a révélé la grâce de ses personnages dans la lumière impressionniste.

Renoir
Barbara Ehrlich White
Flammarion, 1985
Magasin (disponible sur demande)

Renoir
Sophie Monneret
Chêne, 1989

Renoir
William Gaunt
Ars Mundi, 1982

Renoir, les femmes
Georgia Sion
Herscher, 1994 (Le Musée miniature)
Renoir, l’un des fondateurs du groupe impressionniste, a consacré à la femme une grande partie de son oeuvre. Ses tableaux nous plongent dans un monde heureux et comblé et rappellent souvent, par leurs thèmes, les grands maîtres anciens. Mais ce révolutionnaire a inventé une manière très personnelle de décrire les effets changeants de la lumière sur les étoffes, les cheveux, la peau de ses modèles. Les 37 chefs d’oeuvre présentés ici en sont un témoignage.

Renoir, un peintre, une vie, une oeuvre
préf. de Michel Hoog
Belfond, 1989
Lecture sur place

- En commande

Renoir au XXe siècle
catalogue de l’exposition
RMN


Renoir
Anne Distel
Citadelles & Mazenod (Les phares)



Renoir : 1841-1919
Pascal Bonafoux
Perrin




- Pour les enfants

Renoir : la couleur et la nature
David Spence
Saint-Jean, 2000 (Les grands maîtres. Introduction à l’histoire de l’art)
JEU 759.05 REN

Renoir : un éternel été
Jacqueline Loumaye
Casterman, 1996 (Le jardin des peintres)
JEU 759.05 REN

Un Dimanche avec Renoir
Rosabianca Skira-Venturi, Yves-Marie Maquet
Skira, 1990 (Un Dimanche avec)
JEU 759.05 REN

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