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Turner et ses peintres
Présentation et sélection bibliographique, mars 2010

La plage de Calais à marée basse (1830) - Bury Art Gallery, LancashireL’exposition

Exposition, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 24 février au 24 mai 2010

La profonde singularité du peintre de paysages britannique J.M.W. Turner (1775-1851) s’est nourrie de son dialogue avec la peinture tant des maîtres anciens que des ses contemporains tout au long de sa très longue carrière. Ce dialogue, souvent inquiet, pointilleux, volontiers compétitif mais toujours fécond, a nourri le parcours exigeant du peintre.


L’exposition « Turner et ses peintres » retrace et illustre cette construction de la vision de Turner, riche de rencontres multiples, fortuites ou provoquées, mais toujours opportunes et fécondes, tout au long de sa remarquable carrière. Elle rassemble près de 100 tableaux et œuvres graphiques (études, gravures) provenant de grandes collections britanniques et américaines, des musées du Louvre, du Prado, et de Londres.



Biographie


Joseph Mallord William Turner est un peintre, aquarelliste et graveur britannique, né le 23 avril 1775 à Londres et mort le 19 décembre 1851 à Chelsea. Initialement de la veine romantique anglaise, son œuvre est marquée par une recherche novatrice audacieuse qui fera considérer celui que l’on surnomme le « peintre de la lumière » comme un précurseur de l’impressionnisme, avec son contemporain John Constable.

Né à Covent Garden à Londres en 1775, William Turner est le fils d’un barbier et fabricant de perruques, William Gay Turner. Sa mère, Mary Marshall, perd progressivement la raison, probablement à cause du décès de la jeune sœur de William, Helen, morte en 1786. Elle mourra d’ailleurs dans un asile en 1804.

Le jeune Turner est envoyé en 1785 chez un de ses oncles maternels à Brentford, petite ville à l’ouest de Londres, sur les rives de la Tamise. C’est là que son intérêt pour la peinture s’éveille. Un an plus tard, il se rend à l’école à Margate, dans le Kent, à l’estuaire de la Tamise.  ? partir de cette époque, il commence à produire des dessins que son père expose à la vitrine de son commerce.

Il a seulement 14 ans lorsqu’il entre à l’école de la Royal Academy of Arts puis est admis à la Royal Academy un an plus tard. Turner marque un vif intérêt pour l’architecture, suivant notamment des cours de perspective et de topographie avec le dessinateur en architecture Thomas Malton, avant que l’architecte Thomas Hardwick ne lui conseille de persévérer dans la peinture. Une première aquarelle de Turner est acceptée à l’exposition d’été de la Royal Academy alors qu’il n’y est élève que depuis un an.

Il subit l’influence d’artistes tels que Guillaume Van de Velde, Aelbert Cuyp, John Robert Cozens, Wilson, Claude Gellée dit Claude le Lorrain ou encore Nicolas Poussin. Il est remarqué par un amateur d’art de l’époque qui lui permet de rencontrer divers artistes comme Thomas Girtin avec qui il se liera d’amitié. Il travaille d’abord la gravure.

Pêcheurs en mer - Tate Gallery, LondresD’un style alors plutôt rigoureux, il expose sa première huile, Pêcheurs en mer, en 1796, année à partir de laquelle il exposera chaque année à la Royal Academy, jusqu’à la fin de sa vie, à de très rare exceptions près. Son caractère romantique est alors révélé par ses représentations de paysages pittoresques de la Grande-Bretagne, mettant la technique au service de sa propre esthétique ; ses paysages maritimes se prêtent aisément aux jeux de reflets de lumière qu’il affectionne.

Renommé pour ses huiles, Turner est également un des plus grands maîtres anglais de paysages à l’aquarelle. Il y gagnera le surnom de « peintre de la lumière ». Ses tableaux, paysages et marines d’Angleterre, lui vaudront rapidement une grande réputation si bien qu’il devient membre titulaire de la Royal Academy à l’âge de 27 ans. De 1807 à 1828, il y enseigne la perspective et, en 1845, obtient un poste de professeur suppléant. Son talent lui apporte reconnaissance et confort et lui permet de posséder sa propre galerie à partir de 1804.

Turner voyagera beaucoup tout au long de sa carrière, d’abord en Angleterre et en  ?cosse, puis, après la paix d’Amiens en 1802, en France, en Suisse, aux Pays-Bas et en Italie, particulièrement à Venise, ville où il séjournera à trois reprises (en 1819, 1829 et 1840) qui lui sera une importante source d’inspiration. En Angleterre, Turner est souvent l’hôte de Lord Lamont à Petworth House dans le Sussex, ce qui donnera naissance à une célèbre série de peintures.

Le palais des Doges et Santa Maria della Salute, Venise (1843) - National Gallery of Art, Londres
Avec l’âge, Turner devient de plus en plus excentrique et taciturne. Il a peu d’amis et de proches, à l’exception notable de son père qui habitera avec lui jusqu’à sa mort en 1829, travaillant pour son fils comme assistant. La mort de son père affectera beaucoup Turner qui sera dès lors sujet à des accès de dépression. Turner ne se mariera pas, mais aura deux filles avec Sarah Danby, puis aura pour compagne la veuve Sophia Caroline Booth à partir de 1833, avec laquelle il vivra maritalement.

En 1846, il se retire de la vie publique, vivant sous le pseudonyme de Mr Booth. Il expose une dernière fois à la Royal Academy en 1850 et, le 19 décembre 1851, Turner meurt au domicile de sa compagne à Chelsea.  ? sa demande, il est enterré à la Cathédrale Saint-Paul de Londres où il repose aux côtés du peintre Joshua Reynolds. Dans son testament (rédigé en 1829) Turner lègue une grande partie de ses œuvres à la National Gallery. Aujourd’hui la majorité de ses réalisations sont conservées à la Tate Gallery de Londres.

Influence

Son passage d’une représentation plus réaliste à des œuvres plus lumineuses, à la limite de l’imaginaire (Tourmente de neige en mer, 1842), se fit après un voyage en Italie en 1819 (Campo Santo de Venise). Turner nous montre le pouvoir suggestif de la couleur, ainsi, son attirance pour la représentation des atmosphères le place comme un précurseur de l’impressionnisme jusqu’à devenir « le peintre des incendies » ; d’autres préfèrent pousser plus loin encore leur analyse en voyant dans l’absence de support descriptif dans les œuvres de Turner, les prémices de l’abstraction lyrique.


Bibliographie


Sur Turner / John Ruskin
Godefroy, 1983
ART 759.052 TUR

Turner / Denys Riout
Cercle d’art, 1996 (Découvrons l’art)
Turner (1775-1851) a bouleversé la peinture du paysage et influencera l’art moderne. Ses interprétations lumineuses et changeantes de la nature étonnaient déjà ses contemporains...
Annexe Renoir 759.052 TUR

Turner : l’incendie de la peinture / Olivier Meslay
Gallimard, 2004 (Découvertes)
William Turner (1775-1851) demeure célèbre pour avoir uni la tradition paysagiste à une recherche hardie sur les couleurs et les styles. Des travaux topographiques de sa jeunesse, il conserve la maîtrise de la perspective et un goût prononcé pour le pittoresque alliés à l’élaboration d’une peinture incandescente.
ART 759.052 TUR

Turner, Whistler, Monet : un dialogue artistique : exposition à Paris, aux Galeries nationales du Grand Palais, 11 octobre 2004 au 17 janvier 2005
RMN, 2004
Examine le dialogue artistique entre ces trois artistes qui n’ont cessé de se mesurer dans leur quête de la représentation de la réalité moderne. Met en avant les stratégies et les liens esthétiques de chacun ainsi que leur abandon progressif du réalisme pour contribuer à l’émergence du symbolisme, en passant par l’impressionnisme.
ART 759.052 TUR

Turner, Whistler, Monet : l’exposition du Grand Palais
Faton, 2004 (Dossier de l’art)
Publié à l’occasion de l’exposition présentée aux galeries nationales du Grand Palais de Paris d’octobre 2004 à janvier 2005, ce numéro contient un entretien avec Sylvie Patin, commissaire de l’exposition, cinq articles sur les travaux de ces trois peintres, centrés notamment sur la lumière, et des repères biographiques.
ART 759.052 TUR

Turner, Whistler, Monet : un siècle de lumière
Télérama, 2004 (Hors-série)
ART 759.052 TUR

Turner en voyage : France, Belgique, Luxembourg, Allemagne, Italie, Suisse / Andrew Wilton
Flammarion, 1983
ART 759.052 TUR

Turner et ses peintres : catalogue de l’exposition
RMN, 2010
Cette exposition rassemble une centaine d’œuvres et éclaire le complexe processus de formation du regard, de dialogue et d’affirmation du style personnel de Turner. La stratégie de ce dernier fut de se mesurer constamment à ses pairs, anciens ou contemporains. Il a puisé son inspiration chez Le Lorrain, Canaletto, Poussin, Rembrandt ou Rubens.
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Turner / John Gage
Citadelles & Mazenod, 2010 (Les phares)
Vie et oeuvre du peinte romantique anglais (1775-1851). Son goût du sublime le conduit à privilégier dans la nature ses aspects dramatiques ou les plus grandioses : couchers de soleil, reliefs abrupts, avalanches, tempêtes, incendies, lui permettent de déployer toutes les ressources de son art.
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