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Vincent Van Gogh ou La conscience de peindre
Présentation et sélection bibliographique, octobre 2015

Présentation et bibliographie proposée dans le cadre du Cycle de conférences Van Gogh ou la conscience de peindre proposé par la Médiathèque.

Issu d’une famille de pasteurs et de marchands d’art, Vincent van Gogh a longtemps cherché sa voie. Il l’a définitivement trouvée à vingt sept ans en prenant celle de la peinture. En à peine dix années il a produit une somme artistique prodigieuse : plus de deux mille toiles et dessins. Van Gogh, l’abondante correspondance qu’il a laissée le prouve, a peint en toute conscience. Dès l’instant où la décision de peindre fut prise, il mit en chantier le développement d’un art qu’il portait déjà en lui. Sa peinture, aujourd’hui plus que jamais, ne cesse de fasciner le grand public et les initiés.

Né à Zundert aux Pays-Bas, le 30 mars 1853, Vincent Van Gogh est mort en France, à Auvers-sur-Oise, le 29 juillet 1890. Pour marquer le 125e anniversaire de la mort de ce peintre qui influence encore bien des artistes contemporains, un ambitieux programme intitulé « 125 ans d’inspiration » a été élaboré par des musées et des lieux historiques, aussi bien aux Pays-Bas qu’en France et en Belgique.

Le cycle de conférences


Van Gogh : la persistance du dessin

  • Samedi 10 octobre - 15h00
Depuis son enfance van Gogh avait pour habitude de s’exprimer par le dessin. C’est sans doute le fil conducteur qui l’a mené jusqu’à la peinture. Le travail de van Gogh étalé sur une dizaine d’années peut-être divisé en plusieurs périodes stylistiques. La première qu’on pourrait qualifiée de" manière noire" où l’on devine l’influence qu’exercent sur lui principalement Rembrandt et Frans Hals.
Ensuite cette sombre palette s’éclaircit, quand arrivé à Paris, il découvre le travail effectué par les impressionnistes et les symbolistes. Vincent est confronté à une révolution picturale et il entend y participer. Les estampes japonaises qui font alors fureur en Europe modifieront aussi durablement sa façon de voir et de peindre.

Van Gogh en Arles : la lumière et ses vibrations

  • Samedi 12 décembre - 15h00
Van Gogh part en Arles. Sa peinture subit un processus d’accélération. Un style novateur voit le jour. Van Gogh et Gauguin travaillent de concert, mais très vite de graves divergences mettent fin à leur courte collaboration…

Van Gogh : l’affirmation de peindre

  • Samedi 12 mars - 15h00
Suite à un effondrement psychologique du au départ de Gauguin, le peintre se retrouve à l’hôpital psychiatrique de Saint-Rémy. Son style s’affirme plus encore. Rétabli mais fatigué, il part pour Auvers-sur-Oise, où un médecin amateur d’art et grand ami des peintres doit veiller sur lui. Il n’y demeurera que 71 jours ; ensuite van Gogh se suicide. En 71 journées, il aura peint 70 tableaux ! L’œuvre qui n’était déjà plus confidentielle va connaître la célébrité et la reconnaissance mondiale grâce au travail de promotion acharné de sa belle-sœur.

Repères biographiques


Vincent Van Gogh "Autoportrait" (1889) - Paris, Musée d'OrsayIncarnant jusqu’à l’outrance le mythe du génie incompris de son vivant, tant ses œuvres furent ignorées en son temps et sont aujourd’hui parmi les plus recherchées au monde, Vincent Van Gogh tenta d’exorciser par la peinture le tumulte intérieur qui le minait. Ses recherches sur la forme et la couleur marquèrent durablement les avant-gardes à venir.

« Il avait raison, Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies. » Antonin Artaud (Van Gogh, le suicidé de la société)

Durant ses dix années d’activité picturale, Vincent Van Gogh a produit un nombre impressionnant de tableaux. En les divisant par périodes, la longue liste se présente comme il suit :

  • La Haye – 1881-83 : 36 tableaux
  • Nuenen - 1883-85 : 189 tableaux
  • Paris – 1886-88 : 224 tableaux
  • Arles – 1888-89 : 187 tableaux
  • Saint-Rémy – 1889-90 (Période asilaire) : 142 tableaux
  • Auvers sur Oise – mai-juillet 1890 : 77 tableaux
    Les dessins parvenus jusqu’à nous sont au nombre de plus d’un millier.

1830 - Eugène Delacroix peint "La liberté guidant le peuple".

1848 - Jean-Louis Ernest Meissonnier "La barricade rue de la Mortellerie".
Naissance de Paul Gauguin.

1849 - Gustave Courbet "Un enterrement à Ornans".

1851 - Jean-Baptiste Corot "La Rochelle, entrée du port", Charles-François Daubigny "Moisson".

1853 - La 30 mars, naissance à Groot Zundert aux Pays Bas de Vincent Willem Van Gogh, premier des six enfants du pasteur Theodorus Van Gogh et de son épouse Anna Cornelia. Un an plus tôt, jour pour jour, un enfant mort-né était venu au monde, également prénommé Vincent Willem.

1857 - Le 1er mai, naissance de son frère Théodorus, dit Théo.

1862 - Jean-Auguste Dominique Ingres "Le bain turc".

1863 - Mort d’Eugène Delacroix. Naissance d’Edvard Munch.

1866 - Edouard Manet "Le joueur de fifre".

1867 - Jean-François Millet "L’angélus".

1868 - Jean-Léon Gérôme "Bonaparte devant le Sphinx".

1869 - Vincent entre comme commis chez Goupil & Cie à La Haye, succursale fondée par oncle Vincent (dit Cent).
Edgar Degas, « La Repasseuse ». Claude Monet « Bain à la Grenouillère ».
Naissance de Henri Matisse.

1872 - Début de la correspondance avec Théo.

1873 - Théo est admis à son tour chez Goupil, à Bruxelles. Mai : Vincent rejoint la succursale de Londres. Avant de s’y rendre, il fait un court séjour à Paris. Dans les musées qu’il visite, il s’intéresse surtout aux peintres de Barbizon et à l’école de La Haye. A Londres, il habite la pension de Mme Loyer et s’éprend de sa fille Ursula. Éconduit, il en est profondément affecté.

1874 - Première exposition impressionniste : l’exposition ouvre ses portes le 15 avril 1874, dans les anciens ateliers du photographe Nadar, succession de grandes pièces réparties sur deux étages, éclairées par de vastes verrières donnant sur le boulevard des Capucines. Les modalités d’accrochage ont été décidées démocratiquement. Sur une suggestion de Pissarro, l’emplacement des tableaux a été tiré au sort. L’exposition comprend plus de 100 toiles (parmi lesquelles la "Maison du pendu" de Cézanne, la "Loge" de Renoir et le "Berceau" de Berthe Morisot), des dessins, des pastels, des aquarelles, des eaux-fortes, des sculptures, des émaux. La diversité des techniques et des styles complique singulièrement la tâche du comité d’accrochage, dirigé par Renoir. Un catalogue donne le nom et l’adresse de chaque exposant, ainsi qu’une liste exhaustive des œuvres.
Le choc entre le public et les œuvres est immédiat, bien que limité ; le scandale de l’exposition, tel qu’il apparaît dans la presse, va quant à lui laisser des traces. On se passe le mot pour aller se divertir en contemplant de la peinture de fous comme on irait voir des monstres de foire. Cézanne, qui présente trois tableaux, est le plus violemment attaqué. Reprenant le titre du tableau de Monet, "Impression, soleil levant" (1872), le critique Louis Leroy amplifie la polémique autour de cette peinture, dont l’essentiel se résume à traduire une impression. On parle d’« Impressionnistes », d’« Impressionnalistes », d’« école de l’impression ». Même les journalistes républicains, a priori favorables à l’initiative du groupe et à son désir d’indépendance à l’égard des structures artistiques officielles (Académie, Salon, École des Beaux-Arts), sont surpris par l’étrangeté de ces œuvres. Jusqu’à son arrivée à Paris en 1886, Van Gogh paraît ignorer les impressionnistes.

1875 - Mai : il est envoyé définitivement à la galerie Goupil, rue Chaptal à Paris. Il se détourne progressivement du commerce de l’art, et se consacre de plus en plus à la lecture de la Bible. Mort de Jean-Baptiste Corot.

1876 - Au printemps, Vincent quitte la maison Boussod & Valadon, successeurs de Goupil. Après un bref séjour chez ses parents, à Etten, il repart en Angleterre. Il est d’abord instituteur dans une pension de Ramsgate puis, à partir de juillet, il assiste le révérend T. Slade Jones à Isleworth, près de Londres où il fait ses premiers sermons. A Noël, il rentre en Hollande.

1877 - Sûr de sa vocation, il s’installe chez son oncle à Amsterdam, pour préparer l’examen d’entrée à la faculté de théologie. Il admire les oeuvres de Rembrandt au musée du Trippenhuis. Décès de Gustave Courbet.

1878 - Vincent renonce à ses examens et se rend à Laeken pour suivre une formation de missionnaire évangélique. Il tente de contenir son goût pour le dessin.

1879 - Mort de Honoré Daumier (admiré par Van Gogh).
Van Gogh prédicateur au Borinage. Après avoir échoué à l’examen de théologie qui devait lui ouvrir la carrière de pasteur, tout comme l’était son père, il entame une très courte carrière (6 mois) de prédicateur laïc au milieu des mineurs du Borinage. Frappé par l’extrême dénuement des mineurs, par le travail pénible des femmes et des enfants, il partage avec eux le peu qu’il possède et se retrouve à son tour dans un état de grande pauvreté. Il va même jusqu’à descendre 700 mètres sous terre dans un des puits les plus dangereux du Bassin minier. Il se fait aussi le porte-parole des revendications ouvrières ce qui entraîne son rapide licenciement. Il a déplu à sa hiérarchie et les humbles, malgré les efforts qu’il déployé ne l’ont pas plus accepté. Le futur peintre traverse alors une crise terrible, se sentant abandonné de tous. Néanmoins la force des choses qu’il a vues et vécues le ramène à ce qui fut sa première passion : le dessin. Cette pauvreté, cet abandon des humains par les humains, il va le transposer sur des tableaux, il va consacrer son art aux petits, aux oubliés, aux brebis, pas aux loups. C’est dans ce pays de désolation, au milieu des terrils et des fumées d’usines qu’il prend une décision qui va bouleverser sa vie, tout comme celle de ses proches. Ce changement radical de cap vient d’une suggestion de Théo, et sans doute positivement électrisé par les rudes expériences qu’il vient de vivre, il décide de se lancer dans la carrière d’artiste peintre. Il prend cette décision à l’âge de 27 ans, certes, il dessine depuis toujours, mais passer de croquis servant d’aide-mémoire, au dessin artistique, puis à la peinture savante, cela relève de l’impossible. Son entourage demeure sceptique, des peintres professionnels rencontrés à Bruxelles semblent y croire tout de même un peu, ainsi que son cousin le peintre Anton Mauve. Pourtant, un seul homme s’engage vraiment à ses côtés, son frère cadet Théo. Il le fait de la manière la plus concrète, en le finançant à hauteur de ses propres moyens qui sont plutôt confortables.

1880 - Juillet : Vincent reprend sa correspondance avec Théo qui, engagé chez Boussod & Valadon à Paris, commence à lui envoyer chaque mois de l’argent. Encouragé par son frère, Vincent dessine les mineurs et copie les reproductions des oeuvres de Millet qu’il lui envoie. Van Gogh s’établit à Bruxelles. Il s’inscrit à l’Académie Royale de Bruxelles et y rencontre Anton Von Rappard qui lui ouvre les portes de son atelier. Une longue amitié les liera, puis ils se brouilleront à la suite d’une critique acerbe de Van Rappard.

1881 - Avril : Vincent rejoint Théo à Etten. Il dessine paysages et paysans, rend visite à son cousin Anton Mauve qui l’encourage à utiliser la couleur. L’amour malheureux qu’il porte à sa cousine Kees Vos dégrade les relations familiales : son père lui demande de quitter la maison.

1882 - Van Gogh s’installe à La Haye, auprès de Mauve. Il rencontre Clasina Maria Hoornik (Sien), ancienne prostituée, et vit quelque temps avec elle et sa fille. C’est elle que l’on voit sur le célèbre dessin "Sorrow", une des premières satisfactions de Vincent qui pense avec raison avoir réussi quelque chose capable d’émouvoir. Il participe à la vie artistique de La Haye, travaille l’aquarelle et s’initie à la peinture à l’huile et à la lithographie. Peu de dessins subsistent de cette période. Selon Théo, Vincent les aurait détruit, car ils manquaient selon leur auteur "de fraîcheur et de nervosité". C’est à la Haye qu’il décide de rompre une fois pour toute avec les conventions morales de son milieu d’origine. Il lui est désormais impossible de mener une existence "normale" et il l’assume. Ses convictions sociales forgées à la lecture de Balzac, de Victor Hugo, de Dickens ou de Zola se renforcent. Il ne sera jamais du côté des "loups", il préféra toujours être Abel que Caïn.
William Bougereau peint "La naissance de Vénus". Naissance de Pablo Picasso.

1883 - Vincent quitte Sien et part pour la Drenthe, une contrée aux paysages mornes, peuplée par des paysans peu nombreux à l’allure et aux moeurs sévères. Il y peint des paysages tristes dans lesquels on aperçoit les petites maisons sombres des habitants qui semblent enfoncées dans la terre. Mais la solitude lui pèse, le climat est rude, de plus Théo a des difficultés financières, ce qui réduit considérablement les moyens de Vincent qui dépend totalement de son frère cadet.
Décès d’Edouard Manet.

1885 - Van Gogh à l’idée d’une grande composition. Débute alors toute une série d’études de têtes de paysans, de paysans au travail dans les champs et au repos dans leurs maisons. Ces nombreuses études, Une cinquantaine de visages frôlant parfois la limite de la caricature, vont servir sa première grande composition. "Les mangeurs de pommes de terre" : considérée par un grand nombre comme son premier chef-d’œuvre, d’autres y voient un tableau raté avec des personnages anatomiquement faux, éclairés par une lumière improbable. Nombreux sont les critiques d’art qui vont jusqu’à nier toute valeur à la première période picturale de Van Gogh n’y trouvant que de sombres brouets, des personnages et des paysages boueux, terreux, charbonneux, pris comme dans une poussière affreuse , déformés par des proportions fantaisistes. Pourtant s’y l’on s’en tient à la peinture hollandaise, on voit planer dans ce tableau les ombres de Frans Hals et de Rembrandt. Van Gogh était alors tellement absorbé par ses travaux qu’il est resté comme étranger à la mort de son père, l’homme qu’il avait pourtant le plus longtemps admiré… Plus tard, bien plus tard, Van Gogh définira ce tableau comme une sorte d’antidote à l’orgie chromatique offerte à son pinceau par l’exubérante nature du Sud.
Edvard Munch « L’enfant malade ».

1886 - Janvier : Vincent s’inscrit à l’Académie et peut ainsi travailler d’après le modèle nu. Mars : il rejoint brusquement Théo à Paris. Il étudie dans l’atelier de Cormon, où il rencontre Russell, Toulouse-Lautrec et Emile Bernard. Il côtoie les impressionnistes, fréquente Guillaumin et Pissarro. En juin, les deux frères emménagent au n°54 de la rue Lepic. Vincent fait la connaissance du marchand de couleurs Julien Tanguy. Natures mortes de fleurs dans l’esprit de Monticelli, autoportraits, paysages urbains, et assimilation des principes impressionnistes.
1887 - Mars : Vincent organise une exposition d’estampes japonaises au café Le Tambourin. Il peint sur les bords de la Seine avec Émile Bernard et Signac. Novembre : exposition des "impressionnistes du petit boulevard", avenue de Clichy. Décembre : avec Seurat et Signac, Van Gogh expose au Théâtre libre d’Antoine.
1888 - Trois toiles de Vincent sont exposées au Salon des Indépendants en février. Le 20, il part pour Arles. Il arrive sous la neige, lui qui cherchait les couleurs vives des estampes japonaises dans un sud par avance mythifié ne peut-être que surpris.

Mai : il loue l’aile droite de la "maison jaune", place Lamartine.

Vincent Van Gogh "La chambre de Vincent à Arles" (1889) - Paris, Musée d'Orsay

Vincent, comme à son habitude se met tout de suite au travail. C’est ici qu’un processus de libération de la couleur et des formes s’opère et le peintre va produire des œuvres d’une importance capitale, frappants d’une beauté sauvage : une sorte de ré interprétation de la nature, des êtres et des choses qui n’avait pas jusque là son égal. Il n’y est plus question d’impressionnisme, de post-impressionnisme, de symbolisme ou tout autre « isme » - Van Gogh fait du Van Gogh et de ce fait ouvre de nouveaux horizons picturaux qui aujourd’hui encore demeurent des sources d’inspiration pour de nombreux artistes.

Vincent Van Gogh "La sieste" (1889-1890) - Paris, Musée d'OrsayEn juin, il passe cinq jours aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Marines et cabanes, puis série des moissons et des meules. Il peint "Le semeur" d’après Millet. En août, il réalise la série de "Tournesols".

Septembre : échange d’autoportraits avec Bernard et Gauguin. Van Gogh peint plusieurs vues de nuit ("Le café de nuit", "Terrasse de café", "Nuit étoilée sur le Rhône"). Gauguin le rejoint le 23 octobre et s’installe dans la "maison jaune". Le 23 décembre, après une violente dispute, Gauguin passe la nuit à l’hôtel. Van Gogh se mutile l’oreille gauche. Il est hospitalisé à Arles où il reçoit la visite de son frère. Le 26, Théo et Gauguin regagnent Paris.

1889 - Le 7 janvier, Vincent rapidement rétabli, regagne son domicile. Il peint "L’autoportrait à l’oreille coupée", "La chaise de Vincent avec sa pipe" et "La berceuse". Février : une attaque le renvoie à l’hôpital. Sorti le 17, il est à nouveau hospitalisé le 25 à la demande de ses voisins.

23 mars : visite de Signac. 8 mai : Vincent entre, à sa propre demande, à l’asile de Saint-Paul-de-Mausole, à Saint-Rémy-de-Provence, pour une période de trois mois. Il conserve durant tout son séjour, mises à part quelques périodes de dépression et ses "attaques", un esprit très imaginatif et créatif, peignant d’abord dans les jardins de l’asile une série de toiles comme "Les iris" ou "Les lilas".

Puis il trouve un style encore plus novateur, avec un graphisme plus fort, des couleurs plus vives, des lignes accentuées et des perspectives audacieuses, pour peindre les paysages de Provence dans des séries sur les cyprès, sur les oliveraies, et les champs et des toiles comme "Nuit étoilée".

Vincent Van Gogh "La nuit étoilée" (1888) - Paris, Musée d'Orsay

Juillet : nouvelle attaque. Les gravures de Millet, Delacroix, Rembrandt lui servent de sujet.

Vincent envoie régulièrement des toiles à Théo, en prenant soin d’effectuer des copies des oeuvres qu’il considère les mieux réussies, pour garder une trace de son évolution et pour les montrer à sa famille. "Iris" et "Nuit étoilée" seront exposées au 5ème Salon des Indépendants en septembre

1890 - Janvier : invité au Salon des XX à Bruxelles, il présente six toiles, dont "La vigne rouge", achetée par Anna Bloch. Le critique Albert Aurier lui consacre un article important dans la première parution du "Mercure de France".

Vincent qui oscille entre des périodes très productives et des moments de désespoir, en était venu à penser qu’il était parvenu à créer une oeuvre de valeur... avant de douter encore : "mon travail pendant ces dix ans se résume à de pitoyables études, des échecs".

Naissance du fils de Théo, prénommé Vincent.

Fin février : venu en Arles, Van Gogh est frappé par une forte crise ; il lui faut deux mois pour se rétablir. Grande série qui s’intitule "Souvenirs du Nord". Il envoie dix toiles au Salon des Indépendants.

16 mai : Vincent prend le train pour Paris et passe trois jours chez Théo. Il y fait la connaissance de Johanna sa belle-soeur. Puis il se rend à Auvers-sur-Oise où il sera soigné par le docteur Gachet. Il s’installe à l’auberge des Ravoux. Travail intense : il exécute quelque 80 toiles.

A une quarantaine de Kilomètres au nord de Paris, Auvers-sur-Oise était devenu un des endroits favoris de nombreux artistes (Cézanne, Pissarro, Sisley, Monet), et Van Gogh est séduit par son caractère rustique et pittoresque. Il commence très vite une série sur les maisons aux toits de chaume, les rues du village et son église, "Les chaumières" (22 mai), "L’église d’Auvers" (début juin), "Rue d’Auvers" . Décrivant son tableau "L’église", Van Gogh écrit : "c’est une fois de plus presque la même chose que les études que j’ai faites de la vieille tour et du cimetière de Nuenen, mais les couleurs sont probablement ici plus expressives et plus fortes". Cette phrase montre que l’artiste perçoit son oeuvre dans sa totalité. Van Gogh aura toute sa courte vie de peintre traité les mêmes thèmes, cherchant toujours à progresser en faisant évoluer son style, ses couleurs.

Vincent fait le portrait du Dr Gachet, puis de sa fille, suit de très près les moissons et peint de nombreuses études sur ce thème, ne s’attachant qu’aux seuls paysages, sans présence humaine, dont les célèbres "Champ de blé sous un ciel orageux" et "Champ de blé avec corbeaux" .

Les circonstances exactes de son suicide le dimanche 27 juillet 1890 au soir restent mystérieuses. Il se tire une balle de revolver, réussit à se relever, mais ne décède que le 29 juillet en présence de son cher frère Théo.

Son oeuvre vue dans sa totalité révèle une étonnante richesse artistique et un grand pouvoir d’expression né des longues observations que le peintre tenait pour fondamentales dans son travail. C’est sa belle-sœur, Johanna Bonder-Van Gogh qui rendra célèbre son œuvre, propulsant la peinture de Vincent dans le tourbillon de la consécration mondiale et des cotes les plus extravagantes.


Bibliographie


L’ABCdaire de Van Gogh
Flammarion, 1997 (L’ABCdaire)
Espace Arts - 759.05 VAN

Van Gogh : le soleil en face
Pascal Bonafoux. - Gallimard, 1995 (Découvertes)
Espace Arts - 759.05 VAN

Vincent Van Gogh : les chemins du soleil
Jean-Jacques Lévêque. - ACR, 1998 (Pochecouleur)
Espace Arts - 759.05 VAN

Van Gogh
Pierre Descargues. - Cercle d’art, 1993 (Points cardinaux)
Espace Arts - 759.05 VAN

Les débuts de Van Gogh : les dessins de la période hollandaise
Paul Nizon. - Les cahiers dessinés, 2014
Espace Arts - 759.05 VAN

Van Gogh au Borinage : la naissance d’un artiste
Catalogue de l’exposition du musée des Beaux-Arts de Mons. - Fonds Mercator, 2015
Espace Arts - 759.05 VAN

Van Gogh : catalogue complet des peintures
Bordas, 1991 (Les fleurons de l’art)
Espace Arts - 759.05 VAN

Vincent Van Gogh : aquarelles, gouaches et dessins
Miloslava Neumannova. - Ars Mundi, 1987
Espace Arts - 741.092 VAN (magasin - disponible sur demande)

Vincent Van Gogh - Antonin Artaud : le suicidé de la société
Catalogue de l’exposition du musée d’Orsay
Skira, 2014
Espace Arts - 741.092 VAN

The Van Gogh museum : paintings and pastels
Ronald de Leeuw. - Waanders, 1994
Espace Arts - 708.9 PAY

Van Gogh, la haute note jaune*"La chambre à Arles"
in La Révolution Cézanne
réalisé par Alain Jaubert. - Arte vidéo, 2006 (Palettes)
Espace Arts - 759.05 JAU (DVD)

Van Gogh, peintre absolu
réalisé par Laurent-David Samama. - M6 vidéo, 2014 (La grande expo)
Espace Arts - 759.05 VAN (DVD)

Van Gogh
AK vidéo, 2003 (Portrait d’artiste)
Espace Arts - 759.05 VAN (DVD)

Vincent Van Gogh
Van Gogh Museum, 2009
Espace Arts - 759.05 VAN (2 DVD)

Vincent Van Gogh : derniers jours à Auvers-sur-Oise
réalisé par Peter Knapp. - RMN, 2007
Espace Arts - 759.05 VAN (DVD)

Van Gogh ou L’enterrement dans les blés
Viviane Forrester. - Seuil, 1993
Espace Arts - 759.05 VAN bio (magasin - disponible sur demande)

  • Famille, amis et relations

Un ami de Cézanne et Van Gogh : le docteur Gachet
Catalogue de l’expo du Grand-Palais
RMN, 1999
Espace Arts - 759.05 AMI

Van Gogh, pèlerinages japonais à Auvers : études et présentation des livres d’or de Paul Gachet
Findakly, 2010
Espace Arts - 706 VAN

L’autre Van Gogh : une biographie de Théo Van Gogh
Marie-Angélique Ozanne et Frédérique de Jode. - Olbia, 1999 (Regard sur l’art)
Espace Arts - 706 VAN bio

  • Sur les traces de Van Gogh

Les chemins de Van Gogh
Gilles Plazy. - Chêne, 1997
Espace Arts - 759.05 VAN

Auvers-sur-Oise : le chemin de peintres
Marie-Paule Défossez. - Valhermeil, 1993
Espace Arts - 759.054 DEF

Van Gogh en Arles
Ronald Pickvance. - Skira, 1985
Espace Arts - 759.05 VAN

Itinéraires de Van Gogh en Provence
Roland Pécout. - Edition de Paris, 1994 (Itinéraires)
Espace Arts - 759.05 VAN

Van Gogh, la Provence
Russel Ash. - Herscher, 1993 (Le musée miniature)
Espace Arts - 759.05 VAN

  • Les écrits de l’artiste

Correspondance générale
Gallimard, 1990 (Biblos)
Espace Arts - 759.05 VAN (3 vol.)

Lettres illustrées de Vincent Van Gogh
Herscher, 1992
Espace Arts - 759.05 VAN

Dernières lettres
Mille-et-une nuits, 1998 (La petite collection)
Espace Arts - 759.05 VAN

Lettres à son frère Théo
Gallimard, 1984 (L’imaginaire)
Espace Arts - 759.05 VAN

Lettres à son frère Théo
textes lus par Michaël Lonsdale. - Frémeaux & associés, 1999
Espace Grands caractères et Livres sonores - 759.05 VAN (2 CD)

Lettres à Van Rappard
Grasset, 1991 (Les cahiers rouges)
Espace Arts - 759.05 VAN (magasin - disponible sur demande)

Paul Gauguin et Vincent Van Gogh : 1887-1888 : lettres retrouvées, sources ignorées
Avant Après, 1989
Espace Arts - 759.05 GAU (magasin - disponible sur demande)

  • Essais

Van Gogh par Vincent
Pascal Bonafoux. - Gallimard, 1986 (Folio)
Espace Arts - 759.05 VAN (magasin - disponible sur demande)

Van Gogh : études psychocritiques
Charles Mauron. - Corti, 1990
Espace Arts - 759.05 VAN

Van Gogh & Kenneth White
Flohic, 1994 (Musées secrets)
Espace Arts - 759.05 VAN

Van Gogh : le vertige de l’absolu
Claude Mettra. - Lebaud, 1997
Espace Arts - 759.05 VAN

La gloire de Van Gogh : essai d’anthropologie de l’admiration
Nathalie Heinich. - Minuit, 1991 (Critique)
Espace Arts - 759.05 VAN (magasin - disponible sur demande)

Triple suite en jaune à la gloire de Van Gogh / par Albert Ayme
[suivi de] Tournesols / de Michel Butor et Michel Sicard
Traversière, 1987
Espace Arts - 709.040 7 AYM (magasin - disponible sur demande)

Van Gogh vu par Bacon
Actes Sud, 2002
Espace Arts - 759.064 BAC

Van Gogh, le Suicidé de la société
in Oeuvres d’Antonin Artaud
Gallimard, 2004 (Quarto)
Espace Littératures - 840 ART

Les voisinages de Van Gogh
René Char. - Gallimard, 1985
Espace Littératures - 841 CHA

Mes passions de toujours : Van Gogh, Proust, Woolf, etc.
Viviane Forrester. - Fayard, 2006
Espace Littératures - 844 FOR

  • Quelques fictions...

La chambre de Van Gogh
Stanley Elkin. - Denoël, 1995 (Empreinte)
Espace Romans - R ELK

C’était mon frère... : Théo et Vincent Van Gogh
Judith Perrignon. - L’iconoclaste, 2006
Espace Romans - R PER

Vincent et Van Gogh
1. Vincent et Van Gogh
2. Trois lunes
Gradimir Smudja
Espace bandes dessinées - BD SMU (2 vol.)

La ligne de front : une aventure rocambolesque de Vincent Van Gogh
Manu Larcenet. - Dargaud, 2004 (Poisson pilote)
Espace bandes dessinées - BD LAR A2

Van Gogh
réalisé par Maurice Pialat, avec Jacques Dutronc. - Gaumont, 2004
Espace Cinéma - F PIA

  • Pour les enfants

A la rencontre de Vincent Van Gogh
Caroline Breunesse. - Palette, 2004 (L’art & la manière)
Espace Jeunesse - 759.05 VAN

Au pays des ponts : d’après les tableaux de Van Gogh
Francis Marcoin. - Calmann-Lévy : RMN, 1995 (La petite collection)
Espace Jeunesse - 759.05 VAN

Comment parler de Vincent Van Gogh aux enfants
Anne Cortey. - Baron perché, 2011 (Comment parler... aux enfants ?)
Espace Jeunesse - 759.05 VAN

V comme Van Gogh
Marie Sellier. - RMN, 1999 (L’enfance de l’art)
Espace Jeunesse - 759.05 VAN

Van Gogh
Andrew Hughes. - Gamma-Héritage, 1995 (Les grands maîtres de l’art)
Espace Jeunesse - 759.05 VAN

Van Gogh
Brigitte Labbé, Michel Puech. - Milan, 2004 (De vie en vie)
Espace Jeunesse - 759.05 VAN

Van Gogh : la petite note jaune
Jacqueline Loumaye. - Casterman, 1995 (Le jardin des peintres)
Espace Jeunesse - 759.05 VAN

Voyage dans un tableau de Van Gogh
Claire d’Harcourt. - Palette, 2010 (Voyage dans un tableau)
Espace Jeunesse - 759.05 VAN

Le Van Gogh : lettres à Théo
Mango, 2000 (Il suffit de passer le pont)
Espace Jeunesse - 846 VAN

Pour l’amour de Vincent
Brenda V. Northeast. - Mango, 2004 (Les p’tits albums)
Espace Jeunesse - A NOR


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