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William Hogarth (1697-1764)
Présentation et sélection bibliographique, septembre 2006

En pratique - Exposition, Paris, Musée du Louvre, du 20 octobre 2006 au 8 janvier 2007

Tous les jours sauf le mardi : 9h00 - 18h00
Mercredi et Vendredi : nocturne 22h00

Visiter le site du Musée du Louvre

William HOGARTH (1697-1764) Peintre et graveur anglais


Le peintre et son dogue, autoportrait - 1745 (Londres, Tate Gallery)Son père, originaire du Westmorland, fait modestement vivre sa famille de son métier de maître d’école, puis de correcteur d’épreuves
d’imprimerie.  ? seize ans, l’adolescent entre comme apprenti dans l’atelier d’un graveur sur argent, Ellis Gamble, où il cisèle des emblèmes sur des pièces d’orfèvrerie.

En 1725 il réalise dix-sept gravures pour Hudibras, de Samuel Butler, qui lui fournit également le sujet de douze estampes publiées séparément. Parallèlement, le jeune homme entre cette même année dans l’académie de dessin fondée trois ans auparavant par sir James Thornhill. Thornhill admirant la première série de tableaux de son gendre, A Harlot’s Progress (La carrière d’une prostitutée), aurait déclaré, selon Hogarth lui-même :

« L’homme capable de peindre des compositions comme celle-ci peut entretenir une femme… », ajoutant toutefois, « …sans dot. »

La carrière d'une prostituée : 2ème planche - 1731

De fait, depuis déjà une année, le jeune homme, qui continue de graver, s’affirme aussi comme peintre. Comme ses gravures, certaines de ses premières toiles témoignent de ses qualités de satiriste. D’autres manifestent une sensibilité particulière à la puissance d’expression du théâtre qui ne le quittera jamais.

Ainsi illustre-t-il John Gay (The Beggar’s Opera - L’opéra des gueux, 1728) et Shakespeare (Scene from The Tempest - Une scène de « La Tempête », v. 1736-38 ; David Garrick in the Character of Richard III - L’acteur Garrick dans le rôle de Richard III, 1745).

« Ma peinture est ma scène, écrira Hogarth, et mes personnages sont des acteurs qui y donnent une pantomime silencieuse. »

David Garrick as Richard III - 1745 (Liverpool, Walker art gallery)

C’est d’ailleurs dans la représentation de gens simples ou de représentants de la classe montante bourgeoise qu’il parvient à la plus grande expressivité. Mais Hogarth atteint à sa plus grande virtuosité dans les sujets contemporains et moraux qu’il appelait ses « pièces morales ». Sous la forme satirique que connaît alors la littérature anglaise avec Jonathan Swift, le peintre fustige les mœurs de la société britannique. Il s’intéresse aux réformes sociales, il est l’ami d’écrivains comme Tobias Smollett ou Henry Fielding, dont il partage le mépris pour la corruption politique. Aussi, malgré le succès de ses portraits, Hogarth, comme il l’écrira dans ses autobiographical notes (notes autobiographiques), tourne ses pensées « vers un genre encore plus original : la peinture et la gravure de sujets moraux modernes, un champ qui [n’a] encore été exploité à aucune époque et dans aucun pays. »

Ayant peint une toile représentant le lever d’une prostituée, Hogarth la montre à ses amis, qui l’en félicitent. Peut-être inspiré par un roman contemporain de Daniel Defoe, il décide alors de lui donner un pendant, et enfin de l’intégrer dans un ensemble de six tableaux qui content l’histoire malheureuse, mais au dénouement édifiant, d’une fille de la campagne : A Harlot’s Progress (La carrière d’une prostituée) sera achevée à la fin de 1731, son succès encourage l’artiste à mettre en chantier dès la fin 1733 une nouvelle série, A Rake’s Progress (La carrière du roué), achevée en 1735 qui narre les désordres auxquels peuvent conduire l’alcool et les femmes.

Mariage à la mode : 2ème planche - 1743-1745En 1735, l’artiste est l’un des signataires d’une pétition qui aboutira au vote par le Parlement de la « Loi Hogarth », qui interdit de tirer des estampes d’une œuvre d’art sans le consentement de l’auteur. Le souci de toucher le plus de monde possible, et dans toutes les couches de la société, pousse également le graveur à varier le style de ses estampes. Ainsi, Hogarth n’hésite pas à faire réaliser « par les plus grands maîtres de Paris », comme il l’annonce les six gravures sur cuivre du Mariage à la mode (v. 1743-1745), description satirique mais raffinée d’« une aventure moderne dans la plus haute société. » En revanche, il se rapproche de l’estampe populaire pour opposer les effets bienfaisants de la bière aux désastres provoqués par le gin (Beer Street and Gin Lane - La Rue de la Bière et la Ruelle du Gin, 1751) ou pour « écrire » les douze chapitres truculents d’une fable où s’opposent les carrières de deux apprentis (Industry and Idleness - Le Zèle et la Paresse, 1747). Les vertus de l’un l’amènent à devenir lord-maire de Londres, les vices de l’autre sont sanctionnés par l’échafaud.

Le bon samaritain - 1737 (Londres, St Bartholomeus Hospital)Si Hogarth réussit pleinement comme « peintre d’histoire comique » ainsi que l’appelle Fielding, il s’essaye également à la grande peinture d’histoire et à la peinture religieuse : il réalise notamment en 1735-1736 « Le Bon Samaritain » et « La Piscine de Béthesda » pour l’escalier d’honneur du St. Bartholomew’s Hospital et, en 1756, un grand triptyque pour St. Mary Redcliffe, à Bristol. Mais dans la protestante Angleterre, la peinture religieuse est peu prisée.

Dans son « Analysis of Beauty » (Analyse de la beauté, 1753), Hogarth affirme que le principe de la beauté réside dans la ligne ondulée ou serpentine baptisée par lui du nom de ligne de beauté.

Sa mort, le 26 octobre 1764, allait priver l’Angleterre d’un artiste éminemment original dont le réalisme et la puissance dramatiques sont restés inégalés.



Bibliographie


La peinture anglaise : 1260-1960
William Gunt
Thames & Hudson (L’univers de l’art)
ART 759.2 GAU

- En commande

William Hogarth, 1697-1764
catalogue de l’exposition. - Hazan

Histoire des arts en Grande-Bretagne
Laurent Bury
Ellipses

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