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Yue Minjun, l’ombre du fou rire
Présentation et sélection bibliographique, décembre 2012

En pratique

Exposition du 14 novembre 2012 au 17 mars 2013

Fondation Cartier pour l’art contemporain
261 boulevard Raspail - 75014 Paris
Tous les jours sauf le lundi de 11h à 20h
Nocturne le mardi jusqu’à 22h

Consulter le site de la Fondation Cartier pour l’art contemporain







L’exposition


La Fondation Cartier pour l’art contemporain présente la première grande exposition européenne consacrée à Yue Minjun. Une occasion unique de découvrir le travail de cet artiste chinois aujourd’hui reconnu et dont la célébrité contraste avec la grande discrétion.

Revisitant les codes du grotesque par une iconographie haute en couleur et hantée de personnages au rire énigmatique, son œuvre porte un regard ironique et désabusé sur le contexte social de la Chine contemporaine et sur la condition humaine dans le monde moderne.

 ? travers près de 40 tableaux issus de collections du monde entier, ainsi qu’une multitude de dessins encore jamais montrés au grand public, l’exposition dévoile l’esthétique singulière et complexe d’une œuvre qui se dérobe à toute interprétation.

Great Joy (1993) - Collection Turner family, Hong Kong


Repères biographiques


Ye Minjun est né en 1962 dans la province de Heilongjiang en Chine. Il vit à Beijing et est connu pour ses toiles le dépeignant en diverses mises en scène, figé dans un rictus hilarant. Bien que classé dans le mouvement chinois "réalisme cynique", Yue Minjun refuse ce label tout en "ne se sentant pas concerné par ce que les gens disent de lui." Il a exposé dans le monde entier, dans des manifestations et lieux prestigieux parmi lesquels à la biennale de Shangaï, au musée de Berne, au musée Beelden aan Zee aux Pays-Bas. Sa participation à la biennale de Venise en 1999 l’a rendu célèbre et lui a ouvert les portes du marché de l’art international.

Yue Minjun est diplômé de l’Hebei Normal University. Gonflé d’humour acide, son travail puise largement dans les chefs d’oeuvre de la peinture européenne et plus particulièrement ibérique (Goya, Vélasquez) afin de dévoiler l’anxiété contemporaine et la violence. Proche de la caricature et de l’esthétique pop, ses « grotesques » utilisent les couleurs acides. Des figures paradoxalement rieuses soulignent par effet de contrastes l’atrocité de scène où elles sont insérées. La plupart de ses toiles dépeignent le peintre lui-même en diverses mises en scène, figé dans un rictus hilarant. En 2007, une des ses huiles « Execution » a été vendue pour six millions de dollars, c’est l’œuvre la plus chère de l’histoire de la peinture contemporaine chinoise. Cette œuvre vendue par une galerie de Hong Kong à un collectionneur ne devait pas, selon les termes de la transaction de l’époque, être montrée en public sous peine d’exposer le peintre à des représailles compte tenu du thème traité.

Le peintre donne à voir de la façon la plus crue ce qui échappe à la vue. Mais le voyeur sera toujours déçu par une stratégie qui élimine volontairement des repères importants (dans "Execution" par exemple les armes servant au massacre sont occultées, seule la mise en joue est exposée). Le peintre réussit cependant à construire ses toiles comme des machines de guerre au cœur de son ironie plus violente qu’amère.

Fantôme ou réalité, on ne sait plus dans quel monde nous sommes exactement plongé. A l’aide de simples indices - qui prennent soudain une valeur générale - l’artiste reconstruit fantasmatiquement un univers de vengeance et de reconquête. Chaque œuvre devient un site particulier dans lequel Yue Monju aborde les problèmes de la perception visuelle et la découverte de la violence du monde. C’est là une manière de rejouer une histoire et l’Histoire à l’aide de fragments et vestiges en une œuvre d’essence parfaitement autobiographique mais qui se refuse de raconter quoi que ce soit qui ressemblerait à une confidence ou à un récit de souvenirs.

L’artiste chinois met ainsi en scène de indices à parcourir. Il nous apprend l’angoisse inhérente à tout acte de franchir une porte interdite, d’arpenter un lieu qui n’est pas le nôtre donc de vouloir entrer en effraction avec le secret de la violence. Minju reprend à son compte la descente de l’Igitur enfant de Mallarmé. Comme lui il émet un coup de dés et entre dans un “ tombeau ” pour le pénétrer et voir ce que cache les actes les plus violents afin d’en montrer sous l’apparente victoire politique la défaite humaine. Au cynisme officiel répond ainsi celui d’une œuvre dont la force épique reste indéniable.


Bibliographie


Yue Minjun : l’ombre du fou rire
Catalogue de l’exposition
Fondation pour l’art contemporain, 2012
En commande


A voir le reportage "Les fous rires de Yue Minjun exposés à Paris" d’Arte


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