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Espace Arts - Présentation et sélection bibliographique, septembre 07
Giuseppe Arcimboldo (1526-1593)
Exposition, Musée du Luxembourg, du 15 septembre 2007 au 13 janvier 2008
mardi 2 octobre 2007
v. imprimable
Biographie, p1
Bibliographie, p2


Brochure "Arcimboldo"
313.1 ko

Autoportrait (vers 1575) - 5.1 koL’exposition

L’exposition comprend une centaine d’oeuvres. Outre la présentation des célèbres têtes composées issues de collections privées et muséales du monde entier, un important ensemble de tableaux (dont de nombreux portraits inédits), de tapisseries, et d’œuvres graphiques rend hommage à l’étendue de l’extraordinaire univers pictural de l’artiste, d’une richesse allégorique et formelle inégalée. Quelques oeuvres de comparaison, dont des d’objets d’art provenant du célèbre Kunstkammer des Habsbourg et des ouvrages illustrés en lien direct avec l’artiste, permettent d’appréhender le contexte socio-culturel de l’époque et de la cour des Habsbourg, pour une meilleure compréhension de sa production.

Biographie

Giuseppe Arcimboldo est né à Milan en l’an 1527 et serait issu d’une famille patricienne.
C’est à 22 ans qu’il commence à se faire connaître, en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan. Il réalise alors des cartons de vitraux. Rapidement, il se fait remarquer par Ferdinand de Bohème qui lui commande cinq blasons pour la cathédrale. Sa renommée commence à s’étendre. Il est appelé à Prague en 1562 au service de Ferdinand Ier du Saint-Empire pour être le portraitiste de la famille impériale.
C’est peu après son arrivée au service de Ferdinand Ier que Giuseppe Arcimboldo commence la première série des quatre saisons, et laisse éclater un style pictural surprenant : les « têtes composées » portraits caricaturaux (ghiribizzi) ou allégoriques formés d’une juxtaposition de fruits, légumes, végétaux, symbolisant les saisons ou les métiers. Cette œuvre suscite un engouement considérable à la cour. Il peindra d’autres séries des quatre saisons en 1572 et 1573 (une série des quatre saisons se trouve au Louvre, dont l’Automne daté de 1573, commandés par l’empereur Maximilien II de Habsbourg pour être offert à l’électeur Auguste de Saxe).

L’été (1573) - Paris, Musée du Louvre - 9.3 ko

D’autres portraits mêlent animaux ou objets : les quatre éléments (le Feu et l’Eau de 1566, se trouvent au Kunsthistorisches Museum de Vienne) ou les personnifications de métiers (le Bibliothécaire, le Jardinier).

Le bibliothécaire (1566) - Suède, Skoklosters Slott - 14.5 ko

En dehors de quelques portraits, il a alors pour tâche principale d’enrichir les fameux Wunderkamern, cabinets d’art et de curiosités des empereurs Maximilien II et Rodolphe II. Doué d’un esprit inventif et ingénieux, il se voit confier l’organisation des fêtes princières et il est nommé conseiller artistique pour la formation des collections impériales. À partir de 1565, son nom apparaît dans la comptabilité impériale. Il se distingue notamment par l’invention d’une méthode colorimétrique de transcription musicale.
En 1587, il obtient de Rodolphe II la faveur de retourner en Italie pour y finir ses jours, promettant de continuer à peindre. Flora sera l’un de ses derniers tableaux.
Retiré à Milan, il est promu au rang de comte palatin en 1591 et y meurt en 1593.

Le style de ses compositions

Si l’on considère Arcimboldo comme un novateur dans la systématisation de ses portraits, il faut se rappeler qu’à son époque il existe déjà une tradition, depuis l’antique, de masques bachiques ou hellénistiques, formés d’éléments pris dans la Nature.
Plusieurs des artistes de la Renaissance, dont Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient déjà intéressés aux faciès monstrueux, aux portraits déformés par des jeux de glace, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés. Les peintures d’Arcimboldo sont donc conformes aux penchants maniéristes.
Son chef-d’œuvre est manifestement son Portrait de Rodolphe II en Vertumne (dieu grec des récoltes et de l’abondance) daté de 1590.

Si Arcimboldo n’a pas eu d’élève, il a inspiré de nombreux copistes en son temps et le genre des têtes composées se perpétue aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il est repris au XIXe siècle par les caricaturistes, notamment pour les figures de Napoléon Ier, de Napoléon III et des souverains belges, Léopold Ier et Léopold II..

Il est redécouvert au XXe siècle par les surréalistes adeptes du jeu de mots visuel.

Vertumne : portrait de Rodolphe II (1590) - Suède, Skooklosters Slott - 22.4 koFlora (1591) - Collection particulière - 15 ko