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BEETHOVEN : L’hymne à la joie

Escapades en Musique le Vendredi 16 octobre 2020, 19h30.
Cette soirée vous fera découvrir ou redécouvrir la 5ème symphonie de Ludwig van Beethoven sous un angle original. Monsieur Lasserre de Rozel vous invite à écouter la musique autrement. Il sollicite notre attention, bouscule nos préjugés, délivre un message basé sur l’échange. Une soirée ouverte aux questions et propice aux réponses.

Ludwig Von Beethoven est un compositeur allemand né à Bonn en 1770 et mort à Vienne en 1827.

« C’est dans la symphonie que je suis dans mon élément à moi. Quand j’entends quelque chose en moi, c’est toujours le grand orchestre. »
Beethoven préfère confier aux seuls instruments la tâche d’exprimer son univers intime et le lyrisme personnel qu’il souhaite donner à son œuvre.
Très tôt, le talent du musicien rayonne au-delà de ce cercle. Aussi, Beethoven effectue un voyage d’études à Vienne. Ses premières années dans la ville sont brillantes, mondaines grâce au soutien de l’aristocratie et marquées par ses éclatants succès comme pianiste. Il compose beaucoup pour le piano et écrit entre 1800 et 1802, ses deux premières symphonies.
Vienne offre le plus de chances à un musicien à cette époque. Or, au fil des ans, il va s’y trouver de plus en plus seul. Le musicien qu’il admire le plus passionnément, Mozart, est mort un an avant son arrivée. De ses maîtres, il déclare n’avoir rien appris.
Dès l’âge de 26 ans, Beethoven commence à souffrir d’une surdité croissante. Ce handicap le préserve sans doute des influences du moment, de la facilité ambiante. Romain Rolland se demande dans quelle mesure la surdité n’a pas agi comme un stimulant de création sur le compositeur.
« Si Beethoven avait été atteint d’otite scléreuse, c’est-à-dire s’il avait été plongé dans le noir acoustique, il est probable, pour ne pas dire certain, qu’il n’aurait écrit aucune de ses œuvres à partir de 1801. Mais sa surdité, d’origine labyrinthique, présentait cela de particulier que, si elle le retranchait du monde extérieur, elle avait l’avantage de maintenir ses centres auditifs dans un état constant d’excitation, en produisant des vibrations musicales et des bourdonnements qu’il percevait parfois avec tant d’intensité. Si elle avait supprimé les vibrations extérieures, elle augmentait les bruits intérieurs. » selon un médecin ayant étudié les lettres du compositeur.
C’est la surdité qui contraint Beethoven à abandonner la carrière de virtuose. Aussi, il échappe à un danger associé à la virtuosité, celui de la recherche du charme facile qui ravit le public. Beethoven n’aime pas plaire. Quand il abandonne le projet d’exécuter lui-même son œuvre, il n’a plus besoin de tenir compte des réactions immédiates d’une salle. Il n’est plus à la merci des exécutants et du public d’un soir. Beethoven en prend conscience et se sent les coudées franches.
Dès le début de sa carrière, on reconnait en Beethoven le plus patient des travailleurs. Il conclut un pacte avec le temps et met toute sa confiance dans la durée.
Chez Beethoven, la vie et l’art se confondent. Il s’applique à réaliser et à approfondir cette unité, cette rigoureuse adéquation de l’homme et de l’artiste, de ses raisons de vivre et de son objectif dernier : la création musicale.
Adepte des idées révolutionnaires françaises, il se situe à la jonction entre le classicisme dont il représente l’aboutissement et le romantisme dont il favorise l’éveil. Entre ces deux tendances, Beethoven s’impose en affirmant sa liberté, celle de concevoir sa propre musique.
Il sait ce qu’il veut : créer une musique dont l’impulsion soit telle qu’elle entraîne les hommes à conquérir la joie, dans la liberté, à travers l’action. Il a conscience qu’une telle musique ne peut provenir que d’une vie conforme à cette quête.

« Faire tout le bien qu’on peut,
Aimer la liberté par-dessus tout,
Et, quand ce serait pour un trône
Ne jamais trahir la vérité. »

Il semble que Beethoven soit le seul génie musical de sa génération. La conscience qu’il a de son isolement musical, ne provient d’aucune volonté de puissance mais seulement de sa lucidité. Il sait qu’il ne peut compter que sur lui-même. Les réactions du public, de ses confrères, des critiques ne le préoccupent pas.
Le but qu’il poursuit et qu’il fut sans doute le premier musicien à poursuivre, tient en un mot : s’exprimer. « Ce qui suscite mes idées, ce sont des dispositions d’esprit qui s’expriment avec des mots chez le poète et qui s’expriment chez moi par des sons, résonnant, bruissant, tempêtant jusqu’à ce qu’enfin ils soient en moi de la musique. »
Pour parler de sa musique, Beethoven emploie les mots suivants : « Venue du cœur, qu’elle aille au cœur ! »
Parallèlement, il est le premier à tirer parti du progrès technique des instruments et aux yeux de Romain Rolland, « les dernières sonates devancent et présupposent les nouveaux instruments à clavier dont Beethoven n’a jamais pu user. »
Déjà Richard Wagner estimait que l’orchestration de la Neuvième symphonie dépassait les possibilités des instruments de ce début de siècle.
« Il sait tout, disait de lui Schubert, mais nous ne pouvons pas tout comprendre encore et il coulera beaucoup d’eau dans le Danube avant que tout ce que cet homme a crée soit généralement compris. »
Enfin, le musicologue et écrivain Emmanuel Buenzod fait observer que la distance qui sépare le début et la fin de l’œuvre beethovienne est plus grande que la distance qui sépare en général une génération de musiciens de la suivante.

Goethe - Lieder. Dietrich Fischer-DieskauGoethe—lieder, Lieder von Gellert, Lieder nach verschiedenen Dichtern
Dietrich Fischer-Dieskau, baryton et Herta Klust, piano
EMI, 1995
MUS 3 BEE disponible ?

Le compositeur puisa son inspiration dans les écrits d’une trentaine de poètes, maître alors du grand courant romantique. Dans les poèmes interprétés, ce sont avant tout les élans mystiques et panthéistes qui dominent, sans oublier l’amour impossible. Il est vain de chercher une unité à ces mélodies. Elles sont davantage les épisodes d’un véritable journal intime livré au public restreint des salons viennois.

Missa Solemnis op 123 Missa Solemnis. Eva Mei. Marjana Lipovsek.
Eva Mei, soprano, Marjana Lipovsek, mezzo-soprano, Anthony Rolfe Johnson, ténor, Robert Holl, basse
Warner Music, 1993
MUS 3 BEE 43 disponible ?

Pièce majeure du répertoire sacré aux côtés de la Messe en si mineur de Bach et du Requiem de Mozart, elle est l’œuvre la plus longue du compositeur après son opéra Fidelio et celle qui lui a demandé le plus de travail.

Intégrales des sonates pour piano Intégrales des sonates pour piano. Alfred Brendel
Alfred Brendel
Brillant Classics, 2010
MUS 3 BEE 11.11 disponible ?

Les 32 sonates pour piano écrites entre 1795 et 1822, forment une des plus importantes séries d’œuvres dans l’histoire de la musique bien qu’à l’origine elles n’aient pas été destinées à être un ensemble et un tout cohérent. Adaptées à la fois à l’exécution privée et publique, les sonates forment « un pont entre les mondes du salon et de la salle de concert. »

9 symphonies 9 symphonies. Berliner Philharmoniker
André Cluytens
Berliner Philharmoniker
EuroArts, 2001
MUS 3 BEE 24

Ecrites entre 1799 et 1824, les neuf symphonies constituent peut-être le legs le plus important, celui qui le montre sous son jour le plus révolutionnaire, sinon le plus génial. Coffret en cours d’acquisition.

Fidelio Fidelio. Berliner Philharmoniker. Herbert Von Karajan
Herbert Von Karajan
Berliner Philharmoniker, 1988
MUS 3 BEE 35 disponible ?

Unique opéra du compositeur composé en 1804, ses principaux thèmes sont la dénonciation de l’arbitraire, l’appel à la liberté et l’amour notamment conjugal qui pousse Leonore, déguisée en homme, à risquer sa vie pour libérer son époux Florestan.

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