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Boris Pasternak : 1890-1960
Mai 2010

Boris Leonidovitch Pasternak,
poète et romancier russe

Né le 10 février 1890 à Moscou dans une famille juive, fils du peintre Leonid Pasternak et d’une pianiste, née Rosalie Kaufmann, il passe sa jeunesse dans une atmosphère cosmopolite. Puis il étudie la philosophie en Allemagne, où il réside une année avec sa famille. Revenu à Moscou en 1914, il y tisse des liens avec le groupe futuriste local. Il publie cette même année son premier recueil de poésie "Un Jumeau dans les nuages", sans grand écho auprès du public.

Son second recueil, "Par-dessus les barrières" (1917) connait le même sort. Dans ses deux œuvres de jeunesse tentées par les mouvements d’avant-garde, Pasternak cherche encore sa voie, on y décèle déjà le talent "musical" du poète qui l’éloigne du symbolisme pour le rapprocher du futurisme. Pasternak s’affirme avec son recueil suivant, "Ma sœur la vie" (1917) qui circule sous forme de manuscrit jusqu’à être publié en 1922.

Pendant la Première Guerre mondiale, il enseigne et travaille dans une usine chimique dans l’Oural ; ce qui lui donne de la matière pour sa célèbre saga "Docteur Jivago" plusieurs années plus tard. Il tombe en disgrâce auprès des autorités soviétiques pendant les années 1930 : accusé de subjectivisme (ses livres parlent du passé et non du présent, son style est poétique et non socialiste), il parvient néanmoins à ne pas être envoyé dans un goulag. A partir de 1947 il entretient une relation extra-conjugale passionnée avec Olga Ivinskaïa qui lui inspire le personnage de Lara dans "Le Docteur Jivago".

Il reçoit la visite de la poétesse uruguayenne Susana Soca, directrice des Cahiers de la Licorne, qui récupère des textes de l’auteur et les traduit en espagnol pour leur première publication mondiale sous les titres "Seconde naissance" et "Essai d’autobiographie". Elle meurt dans un accident d’avion et la correspondance Pasternak-Soca disparaît.

La publication en 1957 du "Docteur Jivago", digne héritier de la tradition classique du roman russe, motive la décision de l’Académie suédoise qui accorde le prix Nobel à Pasternak le 23 octobre 1958. Cela déclenche la colère des autorités soviétiques, considérant l’auteur comme un "agent de l’Occident capitaliste, anti-communiste et anti-patriotique", lequel est forcé de décliner la récompense, s’épargnant à lui ainsi qu’à ses proches de lourdes sanctions (après sa mort, Olga Ivinskaïa et sa fille Irina Emélianova sont arrêtées, entre autres, pour trafic de devises : le pouvoir décide de se venger).

Il meurt deux ans plus tard le 31 mai 1960 à Peredelkino près de Moscou des suites d’un cancer. Sur son lit de mort, il aurait dit à sa femme : « La vie a été belle, très belle, mais il faut aussi mourir un jour. J’ai aimé la vie et toi. ».

"Docteur Jivago" ne paraît en URSS qu’en 1988 à la faveur de la Pérestroïka.

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