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Chemins de traverse V

Partir, laisser le quotidien pour se retrouver sur les chemins, les mers et les continents... Coups de folie diront certains, coups de cœur diront d’autres. Passion des hommes ? Méditer, se rencontrer, ralentir le temps qui passe.Vivre son destin ailleurs, provoquer l’aventure, la rencontre, braver l’inconnu. � ?tre libre ! Simplement se faire plaisir. Découvrons quelques écrivains voyageurs d’hier et d’aujourd’hui qui ont franchi le pas, ces explorateurs du monde et de l’humain. Partez avec eux pour ailleurs...

Jon Krakauer

Into the wild :
voyage au bout de la solitude

Jon Krakauer
Presses de la cité
LOI 910.4 KRA

En avril 1992, Christopher Johnson McCandless, jeune homme issu d’une famille aisée , se rendit en auto-stop en Alaska et entreprit une randonnée dans une région inhabité au nord du mont McKinley. Quatre mois plus tard, un groupe de chasseurs d’élans trouva son corps dans la forêt.

Sportif accompli, étudiant brillant, au cours de l’été 1990, son entourage le perdit de vue. Christopher changea de nom (Alex), fit don de son argent, abandonna tout ce qu’il possédait pour vivre une nouvelle vie, parcourant l’Amérique du nord à la recherche de l’expérience pure et transcendante. Grand admirateur de Tolstoï dont il aimait l’ascétisme, c’était un être entier dont l’idéalisme inné s’accordait mal avec la vie moderne.

L’étrange aventure de McCandless a éveillé à l’époque et encore aujourd’hui un écho particulier chez beaucoup. Les avis divergent entre l’admiration sur cette poursuite d’un idéal, et la critique sévère de l’attitude farfelue, inconsciente, naïve, voir narcissique. L’auteur, John Krakauer, a tenté de reconstituer le déroulement de cette partie de vie de McCandless grâce aux témoignages, aux lettres de ceux rencontrés. Il y a intégré également des réflexions sur sa propre jeunesse pour tenter d’éclairer l’énigme que constitue ce jeune homme.

Livre-culte dans le monde entier, Into the Wild a d’emblée fasciné Sean Penn, qui en a réalisé une adaptation cinématographique applaudie par la critique.

Un récit attachant, émouvant, qui ne peut laisser indifférent, l’approche d’une quête... assouvie ?

« On peut vraiment dire qu’Alex était intelligent, continue Westerberg songeur en absorbant son troisième verre. Il lisait beaucoup, se servait de beaucoup de grands mots, je pense que, peut-être une partie de ses ennuis est venue de ce qu’il pensait trop. Parfois, il essayait de donner un sens au monde, de comprendre pourquoi les gens se font si souvent du mal. Une ou deux fois, j’ai essayé de lui dire que c’était une erreur d’essayer d’approfondir ce genre de truc, mais Alex n’en démordait pas. Il fallait toujours qu’il trouve la réponse avant de passer à autre chose. »

La conclusion de cette errance choisie, de ces réflexions anticonformisme, de ces rencontres , sera :

« Et ainsi, il apparut que seule une vie semblable à la vie de ceux qui nous entourent, unie à elle sans un accroc, est la vie véritable, et que le bonheur non partagé n’est pas le bonheur... et c’était cela qui était le plus contrariant... », [... ] « Le bonheur n’est vrai que quand il est partagé. »

« Salut Wayne,
Comment vas-tu ? J’espère que ta situation s’est améliorée depuis notre dernière conversation. Je circule à travers l’Arizona depuis environ un mois. Voilà un bon Etat ! Il y a toutes sortes de paysages extraordinaires et le climat est merveilleux. Mais le but principal de cette carte, outre l’envoi d’un petit salut, c’est de te remercier une fois encore pour ton hospitalité. Il est rare de rencontrer un homme aussi généreux et bon que toi. Quelquefois, cependant, je voudrais ne pas t’avoir rencontré. Il est trop facile de faire la route avec tout cet argent. Mes journées étaient plus intéressantes quand je n’avais pas le sou et qu’il fallait se mettre en quête du prochain repas. Mais, maintenant, je n’y parviendrais pas sans argent. Par ici, il y a très peu de culture de fruits en ce moment.

Remercie encore Kevin pour tous les vêtements qu’il m’a donnés. Sans eux, je serais mort de froid. J’espère q’il t’a remis le livre. Wayne, il faut vraiment que tu lises -Guerre et Paix-. C’est à ce livre que je pensais quand je disais que tu avais le caractère le plus élevé que j’ai rencontré. C’est un livre très fort et hautement symbolique. Il contient des choses que tu comprendras, je pense. Des choses qui échappent à la plupart des gens. Quant à moi, j’ai décidé de continuer à mener la même existence pendant quelques temps. La liberté et la beauté simple de cette vie sont trop bonnes pour que je les quitte comme ça. [...] »

« Le noyau central de l’esprit vivant d’un homme, c’est sa passion pour l’aventure. La joie de vivre vient de nos expériences nouvelles et donc il n’y a pas de plus grande joie qu’un horizon éternellement changeant, qu’un soleil chaque jour nouveau et différent. Si tu veux obtenir plus de la vie, Ron, il faut perdre ton inclination à la sécurité monotone et adopter un mode vie désordonné qui dans un premier temps te paraîtra insensé. Mais une fois que tu seras habitué à une telle vie, tu verras sa véritable signification et son incroyable beauté. [...] Si tu penses que la joie vient seulement ou principalement des relations humaines, tu te trompes. Dieu l’a disposée tout autour de nous. Elle est dans toute chose que nous pouvons connaître. Il faut seulement que nous ayons le courage de tourner le dos à nos habitudes et de nous engager dan une façon de vivre non conventionnelle. »

« Depuis deux ans, il marche sur la terre. Pas de téléphone, pas de piscine, pas d’animaux de
compagnie, pas de cigarettes. Liberté ultime. � ?tre extrémiste. Un voyageur esthète dont le domicile est la route. � ?chappé d’Atlanta. Tu n’y retourneras pas parce que « l’Ouest est ce qu’il y a de mieux ». Et maintenant, après deux années de déambulations, c’est l’aventure finale, la plus grande. La bataille décisive pour tuer l’être faux à l’intérieur de soi et conclure victorieusement le pèlerinage spirituel. Dix jours et dix nuits de trains de marchandises et d’auto-stopm’amènent dans le Grand Nord blanc. Il ne sera plus empoisonné par la civilisation qu’il fuit et il marche seul pour se perdre dans la nature. Alexandre supertramp. Mai 1992 »

[...]
« Et ainsi, il apparut que seule une vie semblable à la vie de ceux qui nous entourent, unie à elle sans un accroc, est la vie véritable, et que le bonheur non partagé n’est pas le bonheur... et c’était cela qui était le plus contrariant... », [... ] « Le bonheur n’est vrai que quand il est partagé. »

Vous aimez laisser votre esprit vagabonder au fil des paysages, découvrir et rencontrer au rythme de vos pas, pourquoi ne pas randonner ou vous aguerrir dans quelques voies ? Montagne et randonnée

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