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Chemins de traverses IV

Partir, laisser le quotidien pour se retrouver sur les chemins, les mers et les continents... Coups de folie diront certains, coups de cœur diront d’autres. Passion des hommes ? Méditer, se rencontrer, ralentir le temps qui passe.Vivre son destin ailleurs, provoquer l’aventure, la rencontre, braver l’inconnu. Etre libre ! Simplement se faire plaisir. Découvrons quelques écrivains voyageurs d’hier et d’aujourd’hui qui ont franchi le pas, ces explorateurs du monde et de l’humain. Partez avec eux pour ailleurs...

sylvain Tesson, Colin Thubron, Ricardo Uztarroz


L’Or noir des steppes :
Voyage aux sources de l’énergie

Sylvain Tesson
Photographies de Thomas Goisque
Arthaud
LOI 910.4 TES

Sylvain Tesson est parti du sud de l’Aral, et a suivi à pied et à vélo, le réseau des pipelines caspiens jusqu’à Bakou, puis de Bakou jusqu’à la Turquie orientale via l’Azerbaïdjan et la Géorgie. L’auteur retrace l’aventure moderne et l’histoire millénaire de l’or noir des steppes. Sylvain Tesson a été rejoint par Thomas Goisque. Cet ouvrage est l’album photographique du récit de Sylvain Tesson "Eloge de l’énergie vagabonde"


Eloge de l’énergie vagabonde

Sylvain Tesson
Editions des Equateurs
LOI 910.4 TES

Sylvain Tesson est parti en juin 2006 de la rive ouzbèke de la mer d’Aral avec l’intention de suivre à pied et à vélo quelques-uns des oléoducs et gazoducs qui dessinent à la surface de l’Asie centrale et du Caucase des lignes de tension entre les nations mais aussi des axes de force géopolitiques. Il a longé sur 3 000 kilomètres le tracé de ces tubes à travers des régions caractérisées par des situations politiques instables et des géographies tourmentées. Profitant de ce séjour en des terres à haute valeur énergétique, il a par ailleurs consacré ses trois mois de progression solitaire à réfléchir à la notion de « force vitale ». L’être humain possède au fond de ses profondeurs un gisement d’énergie. Qu’est-ce qui nous pousse à agir ? Qu’est-ce qui nous maintient en tension ? Comment libérer nos forces, comment les transformer en action ?

Vers la cité perdue
Colin Thubron
Hoébeke (Etonnants voyageurs)
LOI 910.4 THU

Cinq voyageurs européens traversent les Andes péruviennes pour atteindre la cité perdue de Vilcabamba, engloutie par la jungle depuis 400 ans. Leurs personnalités s’affrontent et découvrent leurs limites, dans un pays dangereux et énigmatique. L’auteur s’inspire de sa propre épopée en pays inca.

« Il relu sa prose, lentement, tenta quelques corrections, abandonna. Le pire était que cette écriture lui apparaissait douloureusement et presque désespérément familière. Un style solide, professionnel, son style à lui. Mais un style qui ne parvenait pas à renouveler le monde, un style incapable d’évoquer ce pays de torrents et de précipices. Tout ce qu’il avait écrit, dit ou pensé jusqu’à ce jour - tout ce qu’avaient pu écrire tous les autres - recouvrait ce monde d’une nuée défraîchie. Il songea : je suis prisonnier de ces phrases, de ces rythmes. Je ne peux leur échapper.[...]
Le lexique est trop mince, les mots qui correspondent à ce paysage n’existent pas. Il ne pouvait pas regarder ces montagnes sans un spasme d’admiration, mais lorsqu’il regardait ce qu’il avait écrit, il bouillonnait de frustration. [...] Il rangea son carnet, et son corps se détendit. Il vit apparaître les premières étoiles. Voilà, songea-t-il, la tranquillité que j’avais oubliée. Il s’était promis d’être attentif. De laisser la nature s’exprimer d’elle-même. De se contenter d’écouter. Nonchalamment, presque par fantaisie, il laissa son regard glisser jusqu’à l’Apurimac qui, tout en bas, s’assombrissait. Suivit des yeux les lacets encaissés entre les falaises. Attendit que les phrases prennent naturellement forme. Il se dit : En réalité, ça doit être simple, indolore. Il n’est pas question de chercher à être original. Il s’agit plutôt de traduire. D’écouter. »

La Véritable histoire de Robinson Crusoé et l’île des marins abandonnés
Ricardo Uztarroz
Arthaud (Esprit d’aventure)
LOI 910.4 UZT

L’île Robinson Crusoé est un lieu de légendes : marins abandonnés, actes de piraterie, quête d’or... Voici, une étude historique et contemporaine sur l’origine du mythe du roman de Daniel Defoe qui se serait inspiré d’un fait réel. Un corsaire écossais, Alexander Selkirk, forte tête et excellent marin, se querelle avec son capitaine lors d’une escale dans l’île déserte chilienne Mas a Tierra. Convaincu que rapidement un navire le recueillera, il demande qu’on le débarque. Erreur fatidique car il y restera quatre ans, et quatre mois. La fiction n’a rien à voir avec la réalité : Selkirk est réduit à l’état d’animal, comme renvoyé à l’origine de l’humanité.

« Que se passe-t-il quand autrui fait défaut dans la structure du monde ? » s’interroge Gilles Deleuze dans la postface de Vendredi ou les limbes du Pacifique. C’est un monde cru et noir, sans potentialités ni virtualités : c’est la catégorie du possible qui s’est écroulée ». Le plus cruel, dans le sort auquel est confronté Selrirk, n’est pas tant l’absence, mais l’ignorance dans laquelle il se trouve de pouvoir en déterminer son terme. L’homme se meurt dans un espace et un temps finis ; au-delà, c’est le territoire de l’imagination et des concepts. L’espace atteint ses limites là où se porte la vue ; la limite du temps correspond aux échéances fixées par la vie en société. C’est pour pouvoir établir ces échéances que l’homme a inventé le calendrier et les heures. Les journées du Robinson de Michel Tournier « ne sont plus différenciées par les étapes successives d’un plan en voie d’exécution ». Son héros souligne « Elle se ressemblent au point qu’elles se superposent exactement dans ma mémoire et qu’il me semble revivre sans cesse la même journée. » C’est pour cette raison, dans un réflexe de survie et afin de rester encore en contact avec l’humanité, que la première initiative de Selkirk fut de décompter les jours en gravant sur le tronc d’un arbre une encoche pour chaque journée écoulée. Ce calendrier rustique le prémunissait du vertige de l’éternité. Si rien ne bougeait dans sa vie, au moins avait-il la certitude que le temps s’écoulait. Pour lui, désormais, celui-ci ne se réduisait pas à une simple alternance de jours et de nuits comme c’est le cas pour un animal. Le calendrier lui rappelait les notions de passé, de présent et de futur, à savoir l’encoche qu’ il avait faite, l’encoche qu’il faisait et l’encoche qu’il ferait. Il a pensé également à graver son nom sur les arbres, sans douta pour se rappeler qu’il avait une identité ».

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