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Chemins de traverses IV

Partir, laisser le quotidien pour se retrouver sur les chemins, les mers et les continents... Coups de folie diront certains, coups de cœur diront d’autres. Passion des hommes ? Méditer, se rencontrer, ralentir le temps qui passe.Vivre son destin ailleurs, provoquer l’aventure, la rencontre, braver l’inconnu. Etre libre ! Simplement se faire plaisir. Découvrons quelques écrivains voyageurs d’hier et d’aujourd’hui qui ont franchi le pas, ces explorateurs du monde et de l’humain. Partez avec eux pour ailleurs...

Françoise Lapeyre, Philippe Lemonnier,Pete McCarthy, Alberto Moravia, Xavier Péron

Le Roman des voyageuses françaises (1800-1900)
Françoise Lapeyre
Payot
LOI 910.4 LAP

La société française du XIXe siècle préférait voir les femmes à la maison. Cela n’a pas empêché Louise Fusil, Léonie d’Aunet, Charlotte-Adélaïde Dard ou encore Fanny Loviot, Isabelle Massieu et de nombreuses épouses de scientifiques de parcourir le monde, pour le découvrir ou s’installer dans des contrées lointaines. Ces héroïnes que les lois et les mentalités de leur époque destinaient à la vie domestique révèlent de vrais talents d’observation et d’écriture. Il n’est pas rare que leurs témoignages interpellent nos consciences d’aujourd’hui sur les questions de la condition féminine, de la colonisation ou de l’esclavage. Un récit qui met en scène des femmes de toutes origines pour qui la quête de l’aventure n’était pas le seul but du voyage. Pour une première approche des récits de voyages.

« Partir et écrire : double émancipation dans une société qui veut limiter le territoire des femmes à la vie domestique.Louise Bourbonnaud, à qui un voyage solitaire de « 145 000 lieux terrestres, marines et aériennes » donne le droit de narguer les entraves, est la messagère de leur fierté :

« Quelle nature impressionnable que celle de la femme Comme un rien la bouleverse, l’effraie, lui fait perdre la tête ! Quelle organisation incomplète du point de vu du sang-froid, de la présence d’esprit, de l’impassibilité devant les difficultés dont la vie est hérissée et auxquelles elle se trouve en butte à chacun de ses pas. Sans l’homme, que ferait-elle ? Comment se débrouillerait-elle, la pauvre ? Eh bien, j’ai voulu montrer, moi femme, que ces idées émises plus haut sur la femme commencent à être bien vieillies et hors concours. Jeune encore, jouissant d’une assez belle fortune, veuve c’est-à-dire maîtresse de mes actions, j’ai entrepris de faire mon tour du monde. »

Le Voyage à pied :
Chroniques de la pérégrination

Philippe Lemonnier
Arthaud (Esprit d’aventure)
LOI 910.4 LEM

Une vingtaine de chroniques qui nous font traverser des aventures pédestres et humaines. L’auteur évoque tous ces voyageurs dont les témoignages sont conservés : pèlerins, compagnons, prédicateurs, aventuriers, exilés, évadés, et entraîne aussi le lecteur sur les traces de grands écrivains voyageurs : d’Hérodote à Jacques Lacarrière, de Robert Louis Stevenson à Bruce Chatwin... Une belle écriture, un premier récit pour les débutants en récit de voyage.

Le Monde McCarthy
Pete McCarthy
Hoëbeke (Etonnants voyageurs)
LOI 910.4 MCC

D’origine irlando-anglaise, Pete McCarthy, décédé en 2004, livre dans ce récit le voyage qu’il fit autour du monde à la rencontre des personnes portant son patronyme. De Tanger à New York, de l’Australie aux Caraïbes, un récit non-dénué d’humour qui permet de mieux comprendre l’âme irlandaise. Avec son franc parler, l’auteur partage avec nous ces découvertes, ces réflexions, son vécu parfois minute par minute. Récit hilarant, conversations saisies au vol , petites touches d’autodérision, portraits proches de la caricature mais également une certaine poésie, sensibilité... qui rend ce livre attachant, plus profond qu’il n’en a l’air.
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A lire petit à petit, sans se presser, pour passer d’anecdote en anecdote, tout en suivant la quête réelle de l’auteur.

« Tout en marchant, je me rends compte que je me suis pris d’une grande affection pour Tanger. A l’instar de Mohammed, la ville s’est faufilée dans mon cœur sans que je m’en aperçoive. C’es la ville d’Afrique la plus proche de l’Europe, mais elle ne figure jamais sur la liste des endroits à la mode où l’on peut aller passer le week-end. Elle ne possède aucune de ces célèbres attractions qu’il ne faut surtout pas rater ; ce qui, curieusement, est la plus puissante des attractions,libérée de la tyrannie des monuments à voir, en compagnie d’un tas d’autres couillons armés d’appareils photo, la cité proprement dite tient la vedette. Je comprends soudain que je me suis familiarisé avec elle, sans même essayer de le faire. Je me sens désormais comme chez moi sur le Petit Socco et le Grand Socco. Les lieux d’intérêt me paraissent aller de soi. Voilà la célèbre fenêtre de Matisse ; et voici la Grande Mosquée ; c’est ici qu’Orton et Haliwell, et Tennessee Williams avant eux, ont loué un appartement. Tandis que je parcours la rue en quête d’un restaurant susceptible de servir du vin, j’ai l’impression que je ne me déplace plus ave ce feint sentiment de savoir ce que je fais et où je suis, car il est devenu, de façon subliminale, un sentiment authentique. »

[...]
« Le Good Onya café est le dernier bastion de la bonne vieille camaraderie australienne sans fioriture, avant que le thème « crime et châtiment » ne prenne le dessus ; il y a d’abord la Boulangerie du Pays des Bagnards, puis un bar qui s’appelle Evasion. Peut-être qu’il y a un restaurant qui s’appelle Au Trou. Soudain, un écriteau à côté d’un mur en briques percé d’une fenêtre munie de barreaux annonce : « Bienvenue à Port Arthur ». Je me gare à côté d’une voiture marron à quatre roues motrices, avec sur le pare-chocs un sticker où l’on peut lire : « Mangez des pommes de terre, vous aimerez plus longtemps ». Me voilà dans un bled effrayant et isolé, au milieu de gens qui prennent les patates pour un aphrodisiaque. Difficile de ne pas sentir passer un frisson d’inquiétude. »

Une certaine idée de l’Inde
Alberto Moravia
Arléa (Littérature étrangère)
LOI 910.4 MOR

En 1961, l’écrivain entreprend un voyage en Inde, avec sa femme Elsa Morante et leur ami Pier Paolo Pasolini.De ce voyage, la littérature gardera deux livres, deux récits complémentaires et éblouissants : celui de Pier Paolo Pasolini,l’Odeur de l’Indeet celui d’Alberto Moravia, jusqu’alors inédit en fançais, et qui participe d’une plus réelle objectivité.. Moravia retrace sa vision d’un pays en plein bouleversement, d’un quasi-continent en train de relever un véritable défi social. Analysant les causes de la pauvreté, il s’en entretient avec Nehru, dénonçant le système des castes, les superstitions, les effets négatifs et positifs des colonialismes qui se sont succédés dans le pays. Moravia traduit également avec une belle élégance de style l’immensité et la douceur des paysages.

« L’Inde est une conception de la vie, celle qui veut que tout ce qui semble réel ne le soit pas, et que tout ce qui ne semble pas réel le soit. »

Je suis un Maasaï
Xavier Péron
Arthaud (La Traversée des mondes)
LOI 910.4 PER

Après une noyade, Xavier Péron fait, jusqu’à l’adolescence, un rêve étrange où un homme drapé de rouge l’entraîne dans une ronde de milliers d’enfants, autour d’un gigantesque rocher sphérique. Lorsqu’il rencontre, en 1982, au Kenya, cet homme, Kenny - porte-parole le plus respecté de la cause maasaï -, Xavier prend conscience qu’il a été choisi pour recevoir et transmettre l’énergie de ce peuple pastoral emblématique d’Afrique. Après nous avoir présenté quelques repères historiques et ethnographiques, sur les Maasaï, nous partageons le voyage personnel de Xavier Peron qui l’a guidé jusqu’à la culture maasaï. L’auteur nous raconte sa quête initiatique de ces vingt-cinq dernières années, ses expériences, ses voyages, ses évolutions et ses doutes.

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