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Jean-Pierre Marielle

« Je n’ai pas le sentiment d’avoir fait une carrière, mais des rencontres. »

« Certains trouvent que j’ai une tête d’acteur. Moi pas. J’ai une tête de rien. Au fond, c’est peut-être le mieux pour être comédien, avoir une tête de rien pour tout jouer. »

« Le danger, une fois la réputation assise, c’est qu’elle ne se relève pas. Se satisfaire de son sort est la pire complaisance. Autant rester debout, ou, tant qu’à faire, allongé. »

"Les César ? J’en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola."

Li’interview post-it Télérama ? Les cons ça fout les jetons

Rétrospective !

Adieu à jean-Pierre Marielle

Connu pour sa voix chaude et caverneuse, son allure doublée d’élégance et le Cannes 2016regard sage et décalé qu’il porte sur les choses de la vie sont la marque de fabrique de ce géant du cinéma français.

Le verbe traînant, l’air désabusé lui ont fourni une merveilleuse façade en trompe-l’œil dont il a peut-être usé avec un brin de malice. Pour tromper son monde et sans doute, aussi, pour avoir la paix, du moins avec les « cons » qu’il craignait comme la peste (« Ah oui, ça fout les jetons, les cons »). A l’inverse de cette allure de seigneur revenu de tout, Jean-Pierre Marielle, qui est mort mercredi 24 avril, a fait preuve, durant quatre-vingt-sept ans, d’un appétit d’ogre.

Jean-Pierre Marielle l a joué dans plus de cent films. Habitué des personnages comiques hauts en couleur (« Les Galettes de Pont-Aven », « … Comme la lune », « La Valise », « Le Diable par la queue… »), il s’est aussi fait remarquer dans les rôles dramatiques (« Les mois d’avril sont meurtriers », « Tous les matins du monde », « La Controverse de Valladolid », « Les Âmes grises »…) ou encore dans des classiques en demi-teinte comme « Quelques jours avec moi » de Claude Sautet.


Biographie



Jean-Pierre Marielle, né le 12 avril 1932 à Paris 13e arrondissement. Jean-Pierre Marielle est le fils de Georges Marielle, industriel qui dirige une entreprise agro-alimentaire et de Josette Coulbois, couturière vivant à Précy-le-Sec (Yonne) où il a grandi.
Ses premières expériences d’acteur remontent au lycée Carnot de Dijon où il monte quelques pièces de Tchekhov avec ses camarades. Il voulait initialement étudier la littérature mais l’un de ses professeurs l’encourage à devenir plutôt comédien de théâtre. Il monte à Paris, se présente au Centre d’art dramatique de la rue Blanche et intègre le Conservatoire national. Il s’y lie d’amitié avec Jean-Paul Belmondo et Jean Rochefort, au sein de la « bande du Conservatoire », et en sort avec le second prix de comédie classique en 1954. D’abord stagiaire au Théâtre-Français, il joue ensuite sur de petites scènes de la rive gauche, puis est engagé dans la compagnie Grénier-Hussenot.

Jean-Pierre marielle commence à jouer des petits rôles au cinéma à partir de Le diable par la queue1957. Peu convaincu par son expérience cinématographique, l’acteur retourne vers les planches et le cabaret, notamment aux côtés de Guy Bedos. Mais au cours des années soixante, Jean-Pierre Marielle obtient des rôles de plus en plus consistants pour le grand écran, notamment avec « Peau de banane » de Marcel Ophuls (1963), où il joue avec son ancien partenaire du Conservatoire Jean-Paul Belmondo. Il le retrouve dans la comédie « Dragées au poivre » la même année, puis dans le drame « Week-end à Zuydcoote » (1964) d’Henri Verneuil. A cette époque, Jean-Pierre Marielle joue souvent les éternels seconds, un rien séducteurs, dans des films comme « Monnaie de singe » (1966) d’Yves Robert ou « Le Diable par la queue » (1969) de Philippe de Broca.

Les années 70 débutent bien pour le comédien, puisqu’il décroche enfin des Calmospremiers rôles importants dans des films très différents : « Sex-shop » (1972) de Claude Berri et « La Valise » de Georges Lautner l’année suivante.
Marielle apprécie toujours autant la comédie, comme le prouve sa participation à l’un des derniers films de Michel Audiard : « Comment réussir quand on est con et pleurnichard » (1974). Souvent partenaire de Philippe Noiret, Marielle joue à ses côtés dans « Que la fête commence » de Bertrand Tavernier en 1975. L’année suivante, il fait la connaissance d’un cinéaste qu’il retrouve ensuite à plusieurs reprises : Bertrand Blier. Ils tourneront quatre films ensemble : « Calmos » (1976) , « Tenue de soirée » (1986) , , « Un, deux, trois, soleil » (1993) et « Les Acteurs » (2000).

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Au milieu des années 70, Jean-Pierre Marielle diversifie son jeu et enchaîne avec succès les rôles de composition : un pauvre type dans « Les Galettes de Pont-Aven » de Joël Seria (1975), un homme pris dans la tourmente d’un triangle amoureux dans « Un Moment d’égarement » (1977) de Claude Berri. Dans « Coup de torchon » (1981), il relève le défi que lui lance Bertrand Tavernier et interprète deux frères jumeaux, tenanciers d’une maison close. Après quelques films mineurs, Jean-Pierre Marielle casse la baraque dans "Hold-Up" (1985) d’Alexandre Arcady , aux côtés de Jean-Paul Belmondo et de Kim Cattrall. Il se tourne ensuite vers un film plus sombre, où il joue un flic désespéré dans « Les mois d’avril sont meurtriers » de Laurent Heynemann (1987).

Les années 90 commencent sous de bons auspices avec « Uranus » de Claude Uranus et le succès surprise de « Tous les matins du monde » (1991) d’Alain Corneau, pour lequel l’acteur est nominé aux César. Il poursuit avec le film qui lui vaudra une seconde nomination : « Max et Jérémie » (1992) de Claire Devers.
En 2003, Jean-Pierre Marielle revient au cinéma avec « La petite Lili » de Claude Miller avant d’enchaîner des projets aussi divers que le délirant « Atomik Circus », « le retour de James Bataille » (2004) des frères Poiraud ou le drame d’Yves Angelo, « Les Âmes grises » (2005). Il se fait également remarquer aux yeux du monde entier en incarnant le conservateur du musée du Louvre dans la superproduction américaine « Da Vinci code » (2006) de Ron Howard. Best scene Jean-Pierre Marielle/Jacques Saunière .

En 2007, il prête sa célèbre voix, à la fois grave et enjouée, au chef cuisinier Gusteau dans le film d’animation des Studios Pixar, « Ratatouille », avant de tenir le haut de l’affiche de la comédie « Faut que ça danse ! » de Noémie Lvovsky aux côtés de Valeria Bruni Tedeschi et de Sabine Azéma.
En 2008, il remporte le prix Lumière pour l’ensemble de sa carrière. Cependant, cette reconnaissance est loin de lui donner envie de prendre sa retraite !
Après quelques passages dans des docu-fictions à la Télévision, Marielle revient au cinéma dans l’univers enchanté de « Micmacs à tire-larigot » (2009) de Jean-Pierre Jeunet . Puis il explore le monde étrange de Jean-Teddy Filippe le temps du film « Le Mystère » au casting éclectique : Carole Bouquet, Alexandra Lamy et André Dussollier.

Mais la comédie n’est jamais très loin dans le parcours de l’acteur. C’est ce qu’il démontre à nouveau avec son rôle dans « Pièce montée » (2010), où une famille bourgeoise se dit ses quatre vérités pendant le mariage de Clémence Poésy et de Jérémie Renier. C’est dans un milieu tout à fait différent que l’on retrouve Jean-Pierre Marielle en 2012. Il se retrouve ainsi à aider une équipe de foot bretonne, dont font partie des joueurs confirmés de la comédie comme Omar Sy ou Gad Elmaleh, dans le film « Les Seigneurs » d’Olivier Dahan.

L’acteur s’oriente ensuite du côté du petit écran en apparaissant dans des téléfilms comme « Indiscrétions » ou « Des roses en hiver ». Il retourne un peu du côté du 7ème art en 2014 avec la comédie romantique « Tu veux ou tu veux pas » avec Patrick Bruel et Sophie Marceau. L’année suivante, le natif de Dijon prête sa voix caverneuse pour le film d’animation « Phantom Boy » avant de retourner vers la petite lucarne pour tourner un épisode de la série policière Capitaine Marleau avec Corinne Masiero.
À noter que le comédien a été nommé 7 fois au César du meilleur acteur sans jamais remporter la statuette. Il déclare à ce sujet :
"Les César ? J’en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola."
Il meurt le 24 avril 2019 à l’âge de 87 ans.

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Filmographie


Film de jean-Pierre Marielle à la médiathèque

Film de jean-Pierre Marielle à la bibliothèque Renoir

Film de jean-Pierre Marielle à la bibliothèque des Mazurières

Documents

Le Grand n’importe quoi
Jean-Pierre Marielle
avec Baptiste Piégay
Calman Levy
CIN FRA 791.430 94 MAR disponible ?

Sous forme d’abécédaire, l’autoportrait intime de l’acteur est composé de bons mots loufoques, de traits d’esprits, d’anecdotes sur le cinéma, avec l’évocation de ses goûts, de ses passions, des copains de toujours, des auteurs vénérés : le jazz, le vin, Jean-Paul Belmondo, Henri Salvador, Eugène Ionesco, Albert Camus.


Théâtre filmé

Les Mots et la chose
Une pièce de Jean-Claude Carrière
Adaptation scénique de Daniel Bedos
Avec Jean-Pierre Marielle et Agathe Natanson
dvd
T MOT disponible ?

Une comédienne fait du doublage de films pornographiques pour gagner sa vie et se plaint à un vieil érudit de la pauvreté de vocabulaire qu’on lui propose. Le vieux monsieur lui répond par un florilège pétillant de mots d’hier et d’aujourd’hui.

Le Nouveau testament
réal. de Bernard Murat et Yves Di Tullio
mise en scène de Bernard Murat et Jean-Pierre Marielle
texte de Sacha Guitry
dvd
T NOU disponible ?


Livre lu

Cher amour
Bernard Giraudeau
lu par Jean-Pierre Marielle
Audiolib
R GIR disponible ?


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