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LES INDISPENSABLES 2018

Les Indipensables 2018


En attendant les nouveautés de 2019, découvrez ou réécoutez la sélection de l’équipe du pôle musique des meilleurs albums et rééditions de 2018.

WORLD MUSIC

(Sélection Denise)

ANN O’ARO
Ann O’Aro
[Buda Musique]
011.2 OAR

Une voix capable d’asséner ou de caresser, une écriture viscérale, une musicalité et une force d’interprétation peu commune. Voilà qui pourrait résumer le blues écorché de la réunionnaise Ann O’aro. Son premier album, véritable manifeste poétique de l’intime, vient de sortir.



BCUC
Emakhosini
[Buda Musique]
012.2 BCU

Un groupe sud-africain, formé dans les rues de Soweto, dont la musique est un cocktail explosif de rythmes guerriers traditionnels, de groove funk et de rage punk. Formation atypique : une basse, des percussions, du chant et c’est tout. Non, ce n’est pas tout : aussi l’urgence, la foi, l’amitié, le collectif, l’esprit, la catharsis, et une présence scénique phénoménale.



Thabang TABANE
Matjale
[Mushroom Hour Half Hour]
012.2 TAB

Avec son premier album, qui sort quelques mois à peine après la mort de son père, il se présente lui-même comme la relève de ce jazz très percussif, aux vibrations hautement spirituelles. A ses côtés, on retrouve d’ailleurs son inséparable comparse, le guitariste Sibusile Xaba, que l’on a découvert grâce au même label l’an passé. Entre les deux, la parenté musicale est évidente : même son roots ­organique, même fébrilité mystique dans la voix, même énergie rituelle. Connecté aux esprits des anciens, dont celui de sa grand-mère (matjale en langue venda) guérisseuse, Tabane, lui, creuse une veine moins éthérée, plus syncopée, en ponctuant les boucles mélodiques des guitares de frappes intenses, de hochets boisés et de déclamations véhémentes : un mélange qui relève du groove autant que de l’art divinatoire.



COMPILATION
Two Niles to sing a melody : the violins & synths of Sudan
[Ostinato Records]
013.2 A. TWO

Ostinato Records revient avec une nouvelle compilation axée sur la musique du Soudan. Encore une fois le label est allé dénicher des perles perdues de cette scène si particulière. Après le coup d’état en 1989 par des religieux radicaux, beaucoup de musiciens et artistes ont été persécutés, torturés, assassinés, mettant fin à l’une des scènes musicales les plus appréciées d’Afrique à l’époque. Ici Ostinato a décidé de se concentrer sur le son doré issu de la capitale du Soudan, Khartoum, du violon hypnotique, de la musique orchestrale des années 1970 à la musique de synthétiseurs des années 1980 et la musique produite en exil dans les années 1990. Ainsi sur ’’Two Niles to Sing a Melody : The Violins & Synths of Sudan’’ vous retrouverez des chansons des grands noms, et d’autres plus confidentiels, de la musique soudanaise, arabophone et nubienne, comme Emad Youssef, Kamal Tarbas et son turban, Zaidan Ibrahim, Saied Khalifa, Samira Dunia, ou encore le célèbre Mohammed Wardi.



COMPILATION
Antilles méchant bateau
[Born Bad Records]
051.2 A. ANT

Explorant avec passion le champ de la musique française, avec une prédilection affirmée pour les marges, Born Bad ne limite pas ses investigations au territoire métropolitain. Ainsi lui doit-on diverses rééditions du grand Francis Bebey et, plus récemment, la compilation ’’Disque La Rayé’’ dédiée au boogaloo, style de musique (et de danse) très populaire aux Antilles françaises dans les années 1960.



FRANÇAIS

(Sélection Joanne)

BONBON VODOU
African discount
[Francofans]
099 BON

Bonbon Vodou c’est la rencontre d’Oriane Lacaille, fille d’une grande famille de musiciens réunionnais, et de Jerem, fils de deux psychiatres lacaniens, tous deux auteurs, compositeurs, interprètes de leurs chansons. Leur rencontre apporte à la chanson un métissage qui s’écoute avec plaisir. JereM et sa voix haut perchée, Oriane Lacaille et ses chœurs cristallins déroulent tout en nuances de bien jolies histoires sur des rythmes d’inspiration créole mais aussi de sons glanés de leurs voyages autour du monde.



FEU ! CHATTERTON
L’Oiseleur
[Universal]
099 FEU

Le deuxième album du groupe est un road trip lancé à toute allure, une collection de vignettes où s’entrechoquent réalisme contemporain et onirisme suranné, clins d’œil au cinéma pulp, poésie surréaliste, guitares new-wave et scansion rap.



JAIN
Souldier
[Spookland]
099.2 JAI

Devenue aujourd’hui une ambassadrice de la pop multiculturelle, Jain est de retour avec son deuxième album porté par le single ’’Alright’’ et à travers lequel, comme à son habitude, elle mélange habilement ses influences, en chantant la rupture avec toute la fraîcheur qu’on lui connaît.



PALATINE
Grand paon de nuit
[Yotanka]
099.2 PAL

Palatine, c’est une richesse instrumentale qui ravie l’oreille, des textes forts et poétiques et une voix d’une sensibilité telle qu’elle fait résonner toute l’authenticité des paroles chantées. Palatine, c’est le mélange d’une rythmique doucement entraînante et d’une mélancolie folk, accentuées par les sonorités d’un violoncelle. Par leurs envolées musicales, Palatine nous emmène avec eux dans le monde qu’ils créent ; complètement envoûtés, on se laisse volontiers traîner par la main dans leur univers d’une sombre douceur.



RADIO ELVIS
Ces garçons-là
[Le Label]
099.2 RAD

Deux ans après leur premier album, ’’Les conquêtes’’, sacré "Album révélation" aux Victoires de la Musique 2017, le trio revient avec Ces garçons-là. Un album libérateur qui fait de Radio Elvis une des grandes figures du rock français. Sans masque ni artifice, leur son neuf, produit par Pierrick Devin (Lomepal, Phoenix…) attrape d’emblée l’auditeur par le col, fort de nouvelles influences manifestement très new-yorkaises. Ces garçons-là s’inscrivent dans une tradition qui serpente dans les interlignes électriques de la pop francophone.



JAZZ

(Sélection Greg)

Camille BERTAULT
Pas de géant
[Sony Music]
1 BER

La chanteuse Camille Bertault sort "Pas de géant", son deuxième album. Elle fait danser ses textes raffinés comme Elis Regina, swinguer les mots comme Nougaro, aidé par une dream team franco-américaine : le pianiste Dan Tepfer, le saxophoniste Stéphane Guillaume, l’accordéoniste Daniel Mille, le tromboniste Matthias Malher, les bassistes Christophe ’’Disco’’ Minck ou Joe Sanders à la basse, Jeff Ballard à la batterie. Camille Bertault s’est créé un univers merveilleux, où la poésie des mots swingue en toute liberté.



Ambrose AKINMUSIRE
Origami harvest
[Blue Note Records]
1 AKI

Ambrose Akinmusire n’a jamais joué une musique facile et, par bien des aspects, ce quatrième album dense et foisonnant est peut-être le moins aisé à aborder. Le trompettiste a voulu dresser des ponts entre plusieurs opposés : masculin et féminin, improvisation et calcul, hip-hop et classique, etc. D’une main de maître il organise la collision entre le flow fauve de Kool A.D., une musique de chambre parfois échappée d’un cycle de Terry Riley et le jazz teinté de funk d’une formation comprenant pour l’essentiel des claviers et une batterie. Pourtant, une véritable fluidité se dégage de cet ’’Origami Harvest’’ qui se transforme en miroir parfait de son époque, avec ses contradictions, sa violence, son zapping frénétique.



Nik BÄRTSCH’S RONIN
Awase
[ECM]
1 BAR 90

Le groupe formé autour du pianiste et compositeur suisse, Nik Bärtsch, se déploie sous la forme d’un quartet. ’’Awase’’, un terme tiré des arts martiaux qui signifie « faire mouvement ensemble », paraît comme ses prédécesseurs sur le fameux label ECM de Manfred Eicher. Un album de Nik Bärtsch’s Ronin est immédiatement reconnaissable, c’est de la musique qui tourne comme de la mécanique de précision suisse, répétitive, et inspirée notamment par la musique contemporaine minimaliste (Reich, Glass...) ou la musique électronique. Mais au-delà de ça, c’est aussi ce groove hypnotique construit tout autour des motifs rythmiques des instruments qui est l’architecture même de cette musique.



Fidel FOURNEYRON
Animal
[Uqbar]
1 FOU

Fidel Fourneyron présente ’’Animal’’, un album et un trio inédit qui réunit autour du tromboniste, le contrebassiste Joachim Florent et le batteur Sylvain Darrifourcq. Avec eux le groupe rend hommage à quelques représentants du monde animal. Au fil des plages et des improvisations, le bestiaire prend forme et s’anime. Sur ’’Animal’’, les musiciens brossent huit portraits des animaux à la manière d’un mime ou d’un caricaturiste en suggérant des mouvements ou des expressions à grands traits d’improvisations inspirées. ’’Animal’’, ça groove, ça chante le blues, ça célèbre l’improvisation. Une musique dont le dépouillement permet à l’imaginaire de projeter les évocations animales très réussies dans leur milieu de vie.



Anne PACEO
Fables of Shwedagon
[Laborie Jazz]]
1 PAC 75

Après avoir présenté en quartet son disque "Circles", la batteuse Anne Paceo défend un autre projet, fruit d’une rencontre en Birmanie avec l’orchestre de musique traditionnelle Hein Tint. Exit les frontières entre jazz et musique birmane : ces "Fables of Shwedagon" est d’une rare spiritualité, et incarne à merveille l’idée de jouer ensemble. Contrebasse, guitare, piano et batterie, côtoient les percussions issues du folklore birman : si wa, hne et autres maung zaing. Les musiciens parviennent à abolir les frontières entres les genres et réunir leur ferveur dans un projet audacieux.



POP / ROCK

(Sélection Greg)

Haley HEYNDERICKX
I Need to start a garden
[Mama Bird Recording]
2 HEY

Quelque chose hante Haley Heynderickx qui finit par nous hanter aussi. Ce premier album de l’Américaine aux origines philippines est une beauté naturelle qui évolue dans un temps anachronique fort éloquent. Révélant un talent certain pour la composition de mélodies immédiatement envoûtantes, Haley captive l’auditeur par le charme des différents styles qu’elle traverse et affiche une maîtrise de son art rare pour son âge. Savamment construite autour d’un jeu de guitare expert, l’orchestration convie ainsi cordes, piano et cuivres au gré des humeurs et de l’imagination délicieusement espiègle de sa créatrice.



Julia HOLTER
Aviary
[Domino]
2 HOL

Avec ’’Aviary’’, Julia Holter témoigne de sa créativité musicale sans failles. Loin des allures pop de son prédécesseur, elle pousse le vice beaucoup plus loin où il faudra plusieurs écoutes pour pouvoir cerner le génie de la californienne pour une longue virée expérimentale et avant-gardiste. Durant 90 minutes, la compositrice nous livre un kaléidoscope d’ambiances et d’émotions, tantôt baroques ou tribales, tantôt burlesques ou oniriques. Sur "Aviary" Julia Holter a décidé de faire parler ses influences musicales qui sont multiples pour en faire une odyssée qui se veut totalement imprévisible où l’on passe du calme à la tempête en peu de temps.



LOW
Double negative
[Sub Pop Records]
2 LOW

Si le prédécesseur de ’’Double Negative’’, ’’Ones and Sixes’’, arborait déjà des prémices d’expérimentation électronique, le virage ici emprunté par le trio se veut résolument plus extrême, jusqu’à trancher totalement avec les sonorités auxquelles les américains nous avaient habitués jusqu’ici. Dépouillés à n’en plus finir, les morceaux sont structurés autour de batteries décharnées scandant un tempo qu’on dirait marcher à reculons, de chœurs passés au papier de verre, et de nappes en retrait qui ne se révèlent que quand tous les autres sons s’arrêtent. Si l’on excepte le sublime "Fly" qui met en avant la voix cristalline de Mimi Parker, et le calme "Always up", tout n’est que distorsions et saturations, faisant de l’opus une proposition forte et détonante, même pour un groupe aussi avant-gardiste que Low. Ainsi, cet opus se veut incroyablement riche et surprenant à tous les égards. Sa connotation à la fois esthétique et politique en fait l’une de ses oeuvres les plus marquantes, et semble flotter de manière atemporelle au dessus de tout ce que le trio a pu produire auparavant.



Stuart A. STAPLES
Arrhythmia
[Lucky Dog 21 / City Slang]
2 STA

Troisième album solo du chanteur des Tindersticks, et le premier depuis treize ans, “Arrhythmia” marque sans doute une date importante dans la discographie de Stuart A. Staples. Aujourd’hui Staples recherche l’épure et s’enfonce quelque peu dans l’expérimental et l’abstraction. ’’Arrhythmia’’ est construit sur 4 compositions, sa base est sa face A (en raisonnant à l’échelle du vinyle) constituée des trois premiers titres les plus structurés et concrets. Sa face B, “Music for ‘A year in small paintings’” étire sa mélodie entièrement instrumentale sur une demi heure, le climat y est très contemplatif, c’est une vraie douceur assortie de cordes, de piano et de clarinette. Stuart Staples atteint alors une forme de pureté musicale digne du maître en la matière, le désormais reclus et détaché Mark Hollis.



SUUNS
Felt
[Secretly Canadian]
2 SUU

Géniteur d’un son reconnaissable entre mille, Suuns est un des groupes les plus passionnants et innovants de ces dix dernières années. Audacieux, les canadiens l’ont toujours été, et le sont une fois de plus avec ce quatrième album, un disque sur lequel ils continuent avec brio de trouver l’équilibre entre l’étrangeté expérimentale qui est la leur et ce désir profond de la rendre accessible.



ÉLECTRO / HIP-HOP / R’n’B

(Sélection Greg)

Adrian YOUNGE & Ali Shaheed MUHAMMAD
The Midnight hour
[Linear Labs]
180 YOU

Le duo remarqué pour sa bande originale de la série ’’Luke Cage’’ revient avec ’’The Midnight Hour’’, célébration opulente de la Renaissance de Harlem à travers les décennies, les arts et les genres. Bebop, fusion, funk, blaxpoitation, electro, boom-bap : accompagnées des voix et artisans les plus vivaces et représentatifs de la soul contemporaine (Bilal, Raphal Saadiq, CeeLo Green, Questlove de The Roots, Eryn Allen Kane…), Younge et Ali Shaheed Muhammad se laissent aller à leurs instincts revivalistes et font un mezzé Great Black Music d’une opulence remarquable.



TIRZAH
Devotion
[Domino Recording]
185 TIR

Coincée quelque part entre pop, soul et r’n’b, Tirzah propose avec ’’Devotion’’ un premier album aussi expérimental qu’émouvant. Cet œuvre participe au renouvellement actuel de la scène UK, contribuant un peu plus à faire tomber les barrières entre les genres.



KNIFE KNIGHTS
1 time mirage
[Sub Pop Records]
291 KNI

Vingt ans après avoir tracé un des sillons fondamentaux du hip-hop avec Digeable Planets et son duo Shabazz Palaces, Ishmael Butler se consacre à un projet plus indépendant, plus personnel. ’’1 Time Mirage’’ est la concrétisation d’une amitié longue de quinze ans avec le musicien et ingénieur du son Erik Blood. Si le hip-hop reste la toile de fond de l’album, il s’évapore en surface, avec une ambiance abstrait et dada, le tout sur fond de mélodies d’un séduisant romantisme SF.



Kanye WEST
Ye
[Def Jam Recordings / Getting Out Our Dreams]
291 WES

Avec ’’Ye’’, la star du rap américain offre un maelström musical. Beaucoup s’y perdraient, noyés par des influences aussi éparses. Pas lui. En chef d’orchestre, il marrie samples hip-hop et soul en n’oubliant pas d’expérimenter. Avec “Ye”, il prend à rebours toute l’ambiance qui règne dans le hip-hop en 2018 et laisse un disque sans tube évident qui ne ressemble à rien d’autre qu’à un disque de Kanye West.



ARP
Zebra
[Kemado]
450 ARP

L’Américain Alexis Georgopoulos alias Arp revient avec un cinquième album en forme de voyage, foisonnant et inclassable, dans lequel on se perd avec délice. Avec ’’Zebra’’, il creuse encore une fois plusieurs sillons en même temps composé à partir de sources acoustiques et numériques, avec des influences venues à la fois de la musique orientale, tribale ou japonaise, mais tout en gardant une base très occidentale et contemporaine, qu’elle soit liée au jazz, a l’ambient music. Album instrumental, d’une limpidité et d’une beauté absolue, aux musiques très relaxantes, avec tout plein d’arrangements complexes (marimba, Mellotron, moog, bois…) mais à la portée de tous.



MUSIQUE CLASSIQUE

(Sélection Alexandra)

Anthony HOLBORNE, Matthew LOCKE, Jimmy PAGE…
Toys for two : from Dowland to California
[Accent]
304 TOY

Le mélange très particulier de virtuosité et de mélancolie, très caractéristique de la manière britannique de faire de la musique, est clairement associé à des compositeurs comme John Dowland ou encore Britten, Henry Purcell ou même les Beatles. Ainsi, en arrangeant les morceaux composés par Jimmy Page pour Led Zeppelin (oeuvres acoustiques avec un ancrage celtique prononcé), nous ne remarquons pas de différence significative entre Page et ses prédécesseurs, et il en résulte que ces oeuvres sont parfaitement adaptées aux instruments emblématiques des traditions irlandaise, écossaise, anglaise, galloise : le luth et la harpe. Les motifs, les fantaisies et les chants, mettent en opposition des sentiments et des situations, qui dévoilent la richesse.



Maurice RAVEL, Robert SCHUMANN, Béla BARTÓK
De la nuit
[ECM Records]
3 RAV 11.11

Un disque pour nous aider à apprivoiser la nuit, au moment où les jours raccourcissent… La proposition se refuse d’autant moins qu’elle est formulée avec imagination. En concoctant son programme, le pianiste Dénes Várjon a pris soin d’éviter les trop évidents ’’Nocturnes’’ popularisés par Chopin, et leur a préféré les ’’Fantasiestücke op. 12’’ de Robert Schumann, les trois poèmes du ’’Gaspard de la nuit’’ de Maurice Ravel, et les cinq étapes de la suite Szabadban (« En plein air ») de Béla Bartók, dont la quatrième pièce, ’’Klänge der nacht’’ (Les Sons de la nuit), semble offrir un écho direct au lancinant ’’Gibet’’ de ’’Gaspard de la nuit’’. Le disque nous fait ainsi parcourir près d’un siècle de musique, et si son fil est chronologique, chaque compositeur possède son propre univers – et sa part de modernité. De la douceur ouatée de ’’Des Abends’’ (Schumann) à la frénésie rythmique de ’’Hetzjagd’’ (Bartók), le piano fluide et souplement transformiste de Dénes Várjon prend les mesures exactes de chaque pièce, privilégiant selon les cas la fluidité, l’énergie, l’exubérance ou la grâce, avec un sens du drame que l’on ne peut que saluer.



Johann Sebastian BACH, Érik SATIE, Alessandro PICCININI…
Calling the muse : old & new pieces for theorbo
[Alpha Classics]
362 HEL

Bruno Helstroffer est un maître du théorbe. Dans Calling the Muse, il s’appuie sur son expérience de guitariste de blues et de spécialiste de la musique ancienne, illustrant un vaste paysage pour le répertoire de son instrument. L’album est un beau programme, bien synthétisé de compositions propres à Helstroffer et de compositions de Bach, Kapsberger et Satie, entre autres. Son jeu est hypnotique : Helstroffer est capable, sur son théorbe, de produire des sons ressemblant à de la dentelle la plus fine, ainsi que de créer des textures épaisses et robustes.



Johann Sebastian BACH
Flûtes en fugue
[Paraty]
3 BAC 19.70

La pratique du jeu en consort puise son origine à la Renaissance où les instruments étaient regroupés en famille (violes, luths, violons ou encore flûtes à bec) et déclinés sous différentes tailles (sopranos, altos, ténors, basses). La musique de Bach est une source inépuisable de matériau musical pour réaliser des transcriptions. Le choix de l’ensemble Brouillamini s’est porté sur des pièces où les flûtes permettaient d’en rendre tous les contours sans trop s’éloigner du texte original, dont la beauté a suscité l’intérêt.



Steve REICH
Pulse/Quartet
[Nonesuch]
4 REI 18

Deux pièces récentes de Steve Reich sont réunies dans cet album, et présentent le prolongement des recherches du compositeur sur la perception du temps et des durées, sur l’unité du matériau thématique. Un véritable instant de plaisir, à l’écoute d’oeuvres écrites avec une grande finesse.

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