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Les Chemins de traverse VII
Ecrivains-voyageurs

Partir, laisser le quotidien pour se retrouver sur les chemins, les mers et les continents... Ralentir le temps qui passe. Vivre son destin ailleurs, provoquer l’aventure, la rencontre, braver l’inconnu. � ?tre libre ! Découvrons quelques écrivains voyageurs d’hier et d’aujourd’hui qui ont franchi le pas, ces explorateurs du monde et de l’humain. Partez avec eux pour ailleurs... Frédérique

Y. Paccalet

Atlantide, rêve et cauchemar :

La quête du continent perdu

Yves Paccalet
Arthaud (Esprit d’aventure)
LOI 910.4 PAC

Où est l’Atlantide ? Peu de questions soulèvent autant de passions et de fantasmes... Où sont les fabuleux vestiges de cette île engloutie, qui concentre les mystères de l’Histoire et de la légende ? Depuis qu’il est enfant, Yves Paccalet, philosophe et journaliste, rêve de cet Atlantide. Son rêve se réalise lorsqu’il part, avec le commandant Cousteau, accomplir des missions archéologiques en Crète et à Santorin, en quête de la Cité perdue. Ici, il remonte le fil de cette légende fascinante et nous démontre l’importance essentielle de ce mythe dans nos civilisations. Une passionnante enquête, dans un style direct, le lecteur partage les réflexions de l’écrivain, s’instruit de ces notes historiques, sourit à son humour. Une belle quête !

[...] « Aucune légende n’a eu un retentissement aussi universel. Aucun mythe n’a développé un pouvoir de fascination aussi durable... La gloire et le drame des Atlantes ont subjugué les hommes en tout temps et en tout lieu, à commencer par les contemporains et les immédiats successeurs de Platon. Les humains se sont emparés de l’histoire et en font fait une obsession. L’Atlantide a fasciné la Grèce, Rome, Byzance, le monde arabe, le Moyen Age européen, la Renaissance ; enfin, la Terre entière. Le sortilège agit. On pourrait ironiser en disant que, si l’on empilait toutes les feuilles de papier noircies sur ce sujet elles iraient de la Terre à la Lune et constitueraient un formidable monument à l’imagination, à la poésie ou à la crédulité de notre espèce. Je résumerai dans ce livre, (qu’il faudra ajouter à la pile !), une partie de ces hypothèses plus ou moins sensées ou délirantes. On tire avantage à les connaître. Elles nous en apprennent au moins autant sur l’homme lui-même que sur l’Atlantide.

Pour l’heure, je rêve, accoudé au bastingage de la Calypso. Nous approchons de l’île de Santorin. Un goéland crie quelque chose dans une langue que Jason et Ulysse ont entendue. Des dauphins ondulent. Ils soufflent trois fois et plongent : une introduction au mystère... »

Kamtchatka, la terre des origines
Yves Paccalet
Lattès
LOI 910.4 PAC

« Je contemple la planète en création, un pan du globe des origines, tel qu’il fut voici 4,3 milliards d’années, 200 millions d’années après l’agglomération de poussières d’étoiles qui pétrit la rondeur de notre astre. J’ai sauté dans ce passé lointain par la magie des pierres, des cratères et des eaux... On contemple un monde impossible. On entre dans un délire. On se projette dans une folie. Jérôme Bosch, Edgard Poe et Lovecraft ont rêvé ce décor. »

Tel est le choc qui bouleverse Yves Paccalet en survolant cette région de la Russie, son extrême pointe orientale presque aussi grande que la France. Cent mille lacs, trois cents volcans (dont trente en activité), des millions de saumons, des milliers d’ours..., des geysers à profusion et des animaux à l’infini. Le Kamtchaka commence à se révéler au monde. Certainement l’un des lieux les plus puissants, les plus riches, les plus primitifs de notre univers, protégé des hommes par ses immenses forêts et sa ligne de feu qui entre régulièrement en éruption, habité de peuples, éleveurs de rennes ou Chamans des origines. C’est à cette extraordinaire découverte qu’Yves Paccalet nous convie tout en nous initiant à l’histoire de la naissance de la terre et de la vie.

Haut de pageOlivier, Paccalet

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Michael Palin


Le Tour du monde en 80 jours par un Monthy Python
Michael Palin
Hoëbeke (Etonnants voyageurs)
LOI 910.4 PAL

Comédien, humoriste et écrivain britannique, et accessoirement membre co-fondateur des légendaires Monty Python ! Michael Palin – prononcer Pay-lin – est un monstre sacré de l’humour british. Dans les années 1980, une équipe de la BBC pendue à son short, Michael Palin se lance le défi suivant : effectuer le tour du monde en 80 jours sans prendre l’avion, comme le fit sur le papier Phileas Fogg, le héros de Jules Verne.

Mais Phileas, personnage de roman, était taillé pour l’aventure et savait voyager. Michael Palin, lui, avec ses tee-shirts trop justes, ses chaussettes de tennis aux pieds et son appareil photo autour du cou, ressemble à un touriste à la petite semaine, celui que les vendeurs de babioles voient venir de loin avec un sourire en coin.
Mais, il tint bon et fut récompensé d’un BAFTA Award pour « Autour du monde en 80 jours » en 1989. Ainsi, le voyageur enchaîne les documentaires : "Du Pôle Nord au Pôle Sud" en 1991, "Autour du Pacifique" en 1996 ou encore "� ? la place d’Hemingway" en 1999.

Infatigable globe trotter, Michael Palin possède aussi une plume talentueuse. S’inspirant de ses reportages à travers le monde pour écrire plusieurs récits de voyages, véritable succès critique et public Outre-Manche.
Avec la traduction en français d’ « Autour du monde en 80 jours », nous découvrons Michael Palin l’écrivain : un Phileas Fogg des temps modernes, un drôle d’aventurier.

« Ayant fait porter sur ma note les prédictions d’avenir, je m’aventure en ville pour un dernier regard avant d’attraper mon train à destination de Madras cet après-midi. Je me retrouve dans un des quartiers les plus miséreux de Bombay. Sur plusieurs centaines de mètres, le long d’un haut mur, on peut voir des grappes d’habitations fabriquées à partir de vieux cartons, de tôle ondulée, de toile à sac et d’un assortiment de morceaux de bois et de métal. On dirait une longue décharge d’ordures, mais il s’agit, en réalité, de lotissements, sous leur forme la plus primitive. Pourtant en passant devant ces petits abris si ténus et si branlants, je ne vois guère d’aigreur ni de désespoir. On lit la dignité sur le visage des mères qui se lavent dans l’eau de la bouche d’incendie. Personne ne détourne le regard, dans un mouvement de gêne ou de honte ; les enfants réagissent avec entrain et curiosité.

Encore une fois, je suis dérouté et surpris par la manière dont fonctionne l’Inde. La pauvreté n’y fait pas figure d’échec, comme c’est le cas en Occident, me semble-t-il. Ici, elle fait partie de la vie. Il y a trop de gens et trop peu d’emplois. Ceux qui n’ont rien ou presque rien ne sont pas chassés des rues et cachés aux regards. Arriver à tirer quelque chose de ce rien comme le font ces familles blotties contre le haut mur, c’est déjà une réussite que leurs visages reflètent.

Mais, dés que nous nous mettons à filmer et que je cesse d’être un étranger solitaire qui se promène, le rapport entre nous change et les bambins qui se sont suspendus à mes bras en riant, quand ils m’ont vu faire le singe, posent soudain des tas de questions. D’autres enfants plus grands viennent se joindre au groupe. L’un d’eux tâte à l’intérieur de ma poche. A présent, le bruit s’et répandu que j’ai de l’argent et cet argent transforme l’attitude de la marmaille, qui au lieu de s’accrocher à moi dans la bonne humeur, se cramponne désormais d’un air menaçant ; à une vitesse effrayante, la curiosité se mue en colère. »


E. Sarner

Sur la route 66
Petites fictions d’Amérique

Eric Sarner
Hoëbeke
LOI 910.4 SAR disponible ?

Eric Sarner se sent très proche du continent « Amérique », pensant peut-être avoir « grandi en Amérique, en un temps révolu... Dès ma première visite aux Etats-Unis, j’ai eu la sensation d’un retour. Il y aura davantage qu’une route ».

La Route 66 est la voie la plus célèbre d’Amérique du Nord. Cette dénomination 66, assignée à la route Chicago-Los Angeles, date de 1926. Le projet, dès le début, fut de relier entre elles les principales communautés citadines et rurales tout au long du tracé. Longue d’environ 4 000 kilomètres, la Route 66 traverse huit états (Illinois, Missouri, Kansas, Oklahoma, Texas, Nouveau-Mexique, Arizona et Californie). Elle fut la première route transcontinentale goudronnée aux USA, il est donc peu surprenant que les Américains l’appellent la « Mother Road ». Elle a été officiellement déclassée le 27 juin 1985.

C’est cette Route qu’Eric Sarner a tenté de suivre. Tenté, car elle n’a pas toujours survécu à la modernité et certains tronçons finissent en cul-de-sac ou s’évanouissent dans les broussailles. Pourtant, si la Route 66 n’a plus d’existence « officielle », elle conserve un caractère mythique et c’est bien cette mythologie américaine en même temps que les Etats-Unis d’aujourd’hui que l’auteur a saisi, sur des visages, dans des voix, des manières d’être et des décors aussi nombreux que différents.

Dans ce "road book", Eric Sarner nous révèle son amour pour le continent, le pays, en partageant ses souvenirs d’une Amérique qu’l connaît bien et depuis longtemps, des souvenirs de musique, de littérature, de cinéma. C’est ainsi que lors des portraits de personnages rencontrés tels que la patronne de bar à Chicago, Milton le camionneur évangéliste, l’Indien Zuni , notre écrivain y mêlera Humphrey Boggart, John Steinbeck ou Elvis Presley, Billy the kid, et bien d’autres encore, pour notre plus grand plaisir ... Une balade pleine de nostalgie, d’airs de musique, de bobines de films qui roulent au vent de sable, de fantômes mais également de vie et d’espoir. Un récit de voyage dépaysant, agréable dans une carte postale dont les coins volent en éclat. Un superbe récit !

[Texas...] « Et le vent. La sécheresse. Une terre "tabula ras". Un pays très peu aimable et pourtant si puissant, si radicalement lui-même dans toute son ampleur naturelle qu’il en devient sidérant. Les premiers voyageurs à s’aventurer ici ressentaient le danger de s’y perdre et d’y sécher, Ils avaient pris l’habitude de planter des piquets au plus petit changement du sol, de manière à pointer le chemin. La région reçut même le nom de Plaine des Pieux. Comme l’on croise peu de monde, il n’est pas bien difficile de s’imaginer perdu. Et ma foi, il pourrait même y avoir là quelque chose de tentant ! L’habitacle du véhicule soudain me pèse. Je veux sentir cette nature, la laisser m’inquiéter. Prendre une poignée de terre sèche et la regarder partir au vent. J’étais là, complètement, dans ce temps et ce lieu, et peut-être étais-je capable de toucher du doigt ce qui ne se voit pas. »

[...] « Il y aurait un lieu intéressant sur la Route même appelé « The Nat », une salle de spectacle désaffectée, ou quelque chose de ce genre. J’en approche , sans grande conviction. On aperçoit une sorte de fausse muraille de château fort, crènelures comprises. L’entrée principale ne semble pas présenter de pont-levis mais, plus bêtement, elle est murée.

Je contourne le bâtiment à pied et arrive à la porte d’une librairie. Clochette. Derrière la caisse, ses lunettes sur le front, Jim Friffin doit avoir 60 ans, cheveux blonds-blancs, barbe blanche et blonde, l’air jovial, et distrait en même temps. Comme un client vient de sortir sans dire au revoir, il s’esclaffe. « Je crois que trop de gens ont de l’urticaire dans le ventre. Ils devraient essayer de rire ! » Derrière lui, c’est un espace géant équipé d’un beau parquet ciré sur lequel Jim circule en trottinette. La librairie contient 75 000 ouvrages qu’il a achetés dans des ventes, au fur et à mesure.

Pourquoi ce nom, "The Nat" ?

Nat, c’est pour Natatorium, la première piscine couverte, construite vers 1922. Par la suite, l’endroit est devenu une salle de spectacle, de danse. Comme la piscine n’a jamais été comblée, les gens ont dansé dessus sans le savoir ! De très grands musiciens ont joué ici, pendant quarante ans : des orchestres du coin mais aussi des stars -Tommy et Jimmy Dorsey, Harry James, Benny Goodman. A partir du milieu des années 1950, les grands orchestres ont commencé à disparaître, ça coûtait trop cher. Le Nat a alors reçu des petites formations et des gens comme Chuck Berry, Buddy Holly, Little Richard, Elvis Presley, Willie Nelson. Beaucoup de folk music, de country, de jazz.
Jim énonce la liste avec une grande gourmandise, comme un feu d’artifice.

« Il y a une histoire autour de Little Richard, vous voulez l’entendre ?... »


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P. Sauve

Horizon Dakota :

En canoë sur la rivière sacrée à la rencontre de la nation Sioux

Philippe Sauve
Presses de la Renaissance (Esprit de voyage)
LOI 910.4 SAU disponible ?

Nous retrouvons dans ce nouveau récit, Philippe Sauve, le voyageur au cœur gros. Fuyant les maux citadins, la routine, cherchant à vivre l’errance, aspirant à retrouver une sérénité, un calme intérieur qui l’ont quitté, espérant trouver le chemin initiatique qui l’aidera à mieux comprendre, à mieux vivre, notre écrivain-voyageur est parti en canoë sur la rivière Missouri à la rencontre de la nation sioux.

Philippe Sauve n’est pas un écrivain-voyageur comme les autres. A travers son écriture, son ressenti, son vécu, ses doutes, ses peurs sont palpables. Nous partageons sa vie dépouillée face à la rudesse de la nature et aux tourbillons de la rivière Missouri.

C’est l’histoire attachante d’un homme qui se cherche et trouve sa voie dans une communion intense avec la terre. Un récit ponctué de pensées sur la vie, les autres, le moment vécu. Une belle écriture pour une aventure éprouvante parfois, des rencontres déterminantes, des désillusions pour trouver enfin un combat à mener.

« Tandis que je continue d’observer les parages, je comprends très vite que se trame un autre événement. Le vent tourne et me ramène la tempête. Mais cette fois, c’est un mur noir couvrant toute la superficie du lac qui fonce droit dans ma direction. Le vent providentiel que j’appelais de mes vœux revient au pire des moments. Bouche bée, je regarde l’arrivée fracassante de ce mur strié des lumières vives de la foudre, mais aussi des gigantesques traînes blanches de la grêle. Je ne sais pas si un homme peut résister à une telle dévastation ! Que se passe-t-il derrière ce mur ? »

« Les battements des tambours sioux donnent la cadence à mon rythme cardiaque et à mes pas. Plus je marche autour du cercle, plus je m’imprègne de l’atmosphère féérique du pow wow. A chaque instant, mes yeux photographient des scènes éblouissantes : une femme portant son enfant est vêtue d’un habit traditionnel ; ses boucles d’oreilles en forme de papillon brillent d’une lumière incandescente, sa robe en cuir portée par-dessus des jambières est brodée de perles bleues, rouges et jaunes, et des plumes touffues fixées à ses longs cheveux tressés se balancent au gré d’un mouvement lent ; Toutes ces images dérobées, me remplissent d’émotion et les chants perçants me pénètrent comme l’on fait les tonnerres de la tempête. Mais ici, je ne crains pas que le Big Sky ne me tombe sur la tête.

Si la musique jouée paraît d’abord être une simple rengaine, sans profondeur, elle se transforme vite en symphonie complexe, truffée de sons énigmatiques. Tout ce qui est mis en scène en ces lieux possède une signification précise, mais qui échappe pour l’instant à mon esprit novice. Ce dont je suis sûr, c’est que la magie de la fête soulage mon cœur au point de le libérer de ses maux. »

Sibéria :

3.800 en canoë du lac Baïkal à l’océan Arctique

Philippe Sauve
Presses de la Renaissance (Esprit de voyage)
LOI 910.4 SAU

Traverser la Sibérie sur la Léna, fleuve de 3.800 kilomètres de long, en canoë, tel est le défi qu’a relevé Philippe Sauve. Pendant cinq mois, l’auteur a vécu au sein d’une nature hostile et isolée, peuplée par les Evenks et les Iakoutes, des éleveurs de rennes, dans la taïga et sur le plateau de Verkhoïansk. Le portrait brossé de cette terre secrète est d’une richesse insoupçonnée. Philippe Sauve dresse un portrait complet de cette terre : la faune, la flore, les coutumes locales et la vie quotidienne. Mais c’est aussi une belle rencontre personnelle. "L’aventure, c’est tout ce qui se passe lorsque l’on a peur. Et la grandeur du voyageur, c’est de vaincre sa peur... Je crois n’avoir pas lu depuis longtemps un récit de voyage aussi vrai, aussi dénué de fanfaronnerie" Sylvain Tesson.

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S. Tesson

Une vie à coucher dehors
Sylvain Tesson
Gallimard (Blanche)
LOI 910.4 TES

De ses nombreux voyages à pied, à cheval, en vélo, Sylvain Tesson est revenu avec des paysages, des personnages, des visions, des senteurs, des impressions plein la tête. Ses récits de voyages sont autant de découvertes des pays traversés, des vies devinées ou partagées un laps de temps.

Profitant de ces marches au rythme du jour, de la nuit, du temps qui s’écoule, Sylvain Tesson a cheminé en menant nombre de réflexions sur la place de l’homme dans la nature, sa relation aux autres, son histoire, sur la « res publica », les énergies en présence, le destin.

Riche de son expérience, des anecdotes, du vécu de ses hôtes, notre écrivain voyageur nous emmène dans quelques nouvelles bien pensées. Découvrez et savourez ses nouvelles aux couleurs, aux accents d’ailleurs, laissez vous enchanter, envoûter, surprendre par l’histoire qui se déroule sous vos yeux et attention à la chute ! Les espérances, les espoirs sont parfois feux de paille ...

Une écriture riche, alerte ... Un bon moment à passer en dehors du temps ! Un vrai régal !

[...] L’asphalte possède des propriété darwiniennes. Son épandage modifie les comportements des groupes humains. Les villageois raccordés au reste du monde par le goudron rattrapent en quelques mois leur arriération. Tsalka connut cette accélération. Après deux semaines, les rues étaient méconnaissables.

Edolfiux avait comparé l’asphalte à un cordon ombilical, c’était plus que cela : une aorte qui pulsait les mœurs d’en bas jusqu’à la lisière des alpages. Les enseignes lumineuses fleurirent. Des paraboles poussèrent dans l’encadrement des fenêtres. Un jour Tamara accrocha une pancarte « INTERNET HAUT DEBIT » sous le portrait de Lénine. Dans les vitrines apparurent des produits dont on n’avait à peine soupçonné l’’existence et qui s’avérèrent indispensables : des dessous féminins, des aquariums pour poissons tropicaux et des vélos d’appartement. Un panneau Pepsicola clignota sur le fronton de ciment de l’arrêt de bus.

Certains villageois prirent des habitudes à la ville, d’autres y tinrent leurs quartiers. Le trafic était incessant. Les jeunes descendaient à Batoumi pour le week-end et rentraient le lundi au village. Les femmes y faisaient leurs courses le samedi. Edolfius ne tousse plus sur le chemin des champs. Pendant quelques jours, il conserva le réflexe de se courber en portant son mouchoir à la bouche quand d’une voiture le croisait puis il cessa de le faire. »

Petit traité sur l’immensité du monde
Sylvain Tesson

Ed. des équateurs
LOI 910.4 TES

Sylvain Tesson, écrivain voyageur, journaliste, parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo, pour ralentir la fuite du temps dans les steppes d’Asie centrale, au Tibet et ailleurs. Récit romantique contre l’ordre établi, ce petit traité, plein d’humour, plaide pour un nouveau nomadisme, un vagabondage joyeux, une philosophie buissonnière.

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W. Thegiser


Les Carnets d’Abyssinie
Wilfred Thegiser
Hoëbeke (Etonnants voyageurs)
LOO 910.4 THE

Passionné de géographie, d’Afrique après ses études, Wilfred Thegiser a été invité au couronnement du nouvel empereur Haïlé Sélassié (1930). Il profite de ce voyage pour partir en expédition à la découverte du désert des Danakils, peuple nomade aux mœurs féroces. Sa mission était d’en faire le relevé géographique. Enthousiaste, avide de découvertes, parfois intrépide, vous suivrez jour après jour ce jeune voyageur à l’affut, tout excité par la magie du désert, ses forces obscures, cherchant le contact avec les « féroces » guerriers.

Dans ce livre, Wilfred Thesiger nous retranscrit des extraits de ses journaux personnels en Ethiopie et chez les Afars ou indigènes Danakil. Les descriptions sont belles, le rythme celui du pas du chameau dans le désert, l’auteur prend le temps de partager avec nous ses surprises, ses émerveillements, ses craintes, ses réflexions. Pour ceux qui ne sont pas déroutés par le style parfois de celui d’un reporter. Un récit de voyage pour les connaisseurs.

[...] « En voyant autour de nous dans la clairière les rangs des guerriers accroupis et le petit groupe isolé formé par mes propres hommes, je sus que cette rencontre au clair de lune au cœur de l’Afrique inconnue avec un potentat sauvage qui haïssait les européens constituait l’aboutissement de mes rêves d’enfance. Ce que j’étais venu chercher ici, c’était l’aventure : la cartographie, la collection d’animaux et d’oiseaux n’étaient que des prétextes. Je savais que tout près d’ici les trois expéditions précédentes avaient été exterminées ; je savais que nous ne pouvions attendre d’aide de personne, que nul ne savait au juste où nous étions. Je trouvais cela entièrement gratifiant. »


Dans les montagnes d’Asie
Wilfred Thesiger
Hoëbeke (Etonnants voyageurs)
LOI 910.4 THE

" Je ressentis comme une élévation de l’âme. Je n’avais jamais vu pareil paysage."

Telle est la réaction de Wilfred Thesiger en découvrant pour la première fois les montagnes enneigées du Kurdistan irakien. De 1950 à 1965, l’explorateur a voyagé dans le Kurdistan irakien, le Pakistan, l’Afghanistan, l’Inde et le Népal, découvrant des paysages et des populations qui avaient conservé l’aura mystérieuse de l’intérieur de l’Asie et des terres inconnues. Tiré de ses carnets inédits et mis en forme par Wilfred Thesiger lui-même, voici un document exceptionnel qui magnifie les épreuves, les dangers mais aussi les plaisirs que vécut le grand explorateur lors de ses voyages en Asie, proches de ceux éprouvés dans les déserts d’Arabie.

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N. Vanier, M. Vella


Mémoires glacées
Nicolas Vanier
Xo
LOI 910.4 VAN

Au terme de plus de vingt années de périple dans les pays d’en haut, Nicolas Vanier revient sur ses fabuleux voyages à travers la Sibérie, le grand Nord Canadien, l’Alaska, la Laponie.

Avec beaucoup d’humour, d’autodérision, un peu en colère parfois, Nicolas Vanier raconte ses aventures, seul, en famille ou en équipe, en compagnie d’Indiens, de trappeurs ou d’Inuits. Incroyables, drôles, émouvants ou surprenants, ses récits
sont toujours riches d’enseignements : les face à face avec les loups, la chasse au caribou,
les visions d’un chaman indien, le froid, les ours, l’étonnante complicité avec certains de ses chiens...

Au fil de ses souvenirs, Nicolas nous offre son regard et sa vision du monde, de la nature, des combats qu’il ne faut pas livrer sans discernement, de l’urgence à faire cesser la dégradation de cette nature qu’il aime et connaît si bien. Quel meilleur moyen, pour nous en convaincre, que de nous entraîner ainsi au cœur de territoires sublimes et inconnus, où la trace de l’homme s’efface devant celle, majestueuse, de la nature ?

"Allons voir David".

Cet Indien de 82 ans était une sorte de chaman, ou tout du moins quelqu’un en relation avec l’esprit de la terre du Nord.

"Il nous dira quand et où aller".

Mon scepticisme devait se voir. André me fit les gros yeux. On ne plaisantait pas avec André.

"Tu vas voir".

Je vis. C’était un très vieil homme petit et sec, souriant, duquel émanait une force tranquille qui impressionnait. Il nous fit mine de nous asseoir autour d’une table sur laquelle il demanda à ce que l’on déplie une grande carte du territoire. Une bougie éclairait celle-ci d’une lueur faible mais suffisante pour y lire les indications. Mais de toute façon, André était aveugle. Ses yeux ne lui servaient à rien. Il nous servit un thé et s’assit à son tour. Le silence se fit. Un long moment passa. Ils regardaient tous la carte comme si les caribous allaient apparaître sur les bords d’un lac ou d’une rivière. Ils ne parlaient pas, ne bougeaient pas. Des gouttes de sueur apparurent sur le front d’André trahissant l’effort de concentration qu’il faisait. Sa tête commença à se balancer d’avant en arrière. Ses lèvres se mirent à trembler. Je regardais André . Il le fixait sans le quitter des yeux, fasciné et respectueux. Il se tourna vers moi et me fit un signe de tête négatif. Je ne comprenais pas. Il avait l’air déçu. Il y avait de quoi. André sortant d’une sorte de transe qui l’avait emporté je ne sais où, dit qu’il n’avait rien vu, pas un caribou ni même une chouette.

Mon scepticisme ne fit que croître. La journée était magnifique. Il faisait moins trente et un énorme soleil faisait briller la neige qui n’attendait que nous. Mais comme le chaman n’avait rien vu, mes Indiens ne voulaient pas partir.

Mais quand verra-il quelque chose ?"

La Caravane amoureuse
Marc Vella
Presses de la Renaissance (Esprit de voyage)
LOI 910.4 VEL

Marc Vella a parcouru, avec son piano à queue, plus de 170 000 kilomètres sur les routes et chemins de plus de quarante pays pour célébrer l’humain. Grâce aux variacordes de son invention, le son de son piano est unique. Pianiste virtuose, primé, Marc vella nous raconte ses rencontres à travers le Maroc, la Roumanie, la Suisse, la Belgique. Fort de son expérience personnelle, sa seule volonté est de tenter d’insuffler dans les consciences le partage, seule énergie véritable pour les projets de tous. Son projet ? Accompagné de son piano, emmener et partir au loin avec des gens différents pour dire « je t’aime » au monde. C’est ainsi que naquit la caravane amoureuse.

Haut de pageVannier, Vella

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Marguerite Yourcenar


Le Bris des routines
Marguerite Yourcenar
Quinzaine littéraire (Voyager avec)
LOI 910.4 YOU

« Grande voyageuse, Marguerite Yourcenar ne se reconnaissait pas de patrie. Elle s’en attribuait une douzaine, sans plus de précision. Rappelons que, née en Belgique, mais française, elle négligea d’opter pour la double nationalité quand elle se fit naturaliser américaine en 1947. Elle aime voyager. [...] Parallèlement, les sites visités nourrissent l’œuvre : la découverte d’un pays a une incidence immédiate sur l’écriture. Le voyage devient une nécessité quasi vitale et Petite Plaisance, la maison de l’île des Monts Déserts, dans le Maine, où elle résida près de quarante années, n’était pour elle qu’un endroit où garager [s]es livres. C’est le lieu d’où elle part et où elle revient après ses longs voyages.

[...]
Marguerite Yourcenar, particulièrement réceptive à l’extérieur et à l’autre, mémorise lieux et faits qui resurgissent de manière inopinée lors de la rédaction de livres. Des carnets de notes ont été consacrés à ces multiples voyages, souvent édités, parfois inédits. Notes préparatoires ou notes après l’expérience vécue, parfois véritables essais aboutis ou abandonnés. Elles montrent l’exigence attachée à leur préparation : renseignements recueillis sur divers hôtels, mais aussi sur les sites recommandés par des amis, sur les moments les plus opportuns pour les visiter ; nombre impressionnant de livres lus sur l’histoire du pays, sur les religions qui y sont pratiquées, sur leur civilisation, leurs cultures, leurs spectacles ... On trouve même des listes de vocabulaire visant à maîtriser les langues étrangères, notamment un carnet avec des transcriptions en japonais.

[...]
Une fois sur place, Marguerite Yourcenar se conduit en touriste exemplaire, courant les musées, les églises, les ruines, mais elle consacre aussi énormément de temps à se promener dans les rues, à examiner les aspects contemporains, la misère, la laideur, la dégradation. Elle a une perception de l’âme des pays traversés avec lenteur et curiosité. Marguerite Yourcenar répétait ses visites aux mêmes sites et s’en imprégnait, en quelque sorte, y méditant longuement.

[...]
Voyager, pour elle, c’est aussi cela : être réceptif à la moindre émotion, rencontrer les petits miracles de l’existence, être prête, à tout moment, à les vivre. Non pas une conception uniquement intellectuelle du voyage, mais une ouverture aux hasards, aux sensations, aux êtres et aux songes. »
Michèle Goslar.

Ce recueil réunit des textes choisis et commentés par Michèle Goslar.

Il ne s’agit pas à proprement parler de récits de voyages racontés par un écrivain voyageur mais le récit d’un écrivain à qui il est arrivé de vivre plus ou moins longtemps ailleurs que chez lui, dans un autre espace-temps.

L’écriture est belle, riche, dense. N’hésitez pas à suivre pas à pas Marguerite Yourcenar. Un livre magnifique ! A savourer petit à petit.


Haut de pageM. Yourcenar

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Petite Phrase du moment


"Chaque expérience de beauté,
si brève dans le temps
tout en transcendant le temps,
nous restitue chaque fois la fraîcheur du matin du monde"

François Cheng












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